Accord du lac Meech
L'Accord du lac Meech était une série d'amendements proposés à la Constitution du Canada négociés en 1987 par le premier ministre Brian Mulroney et les dix premiers ministres provinciaux. Son objectif principal était d'obtenir l'acceptation formelle du Québec de la Loi constitutionnelle de 1982, qui avait été rapatriée sans le consentement de la province. L'Accord proposait de reconnaître le Québec comme une société distincte, d'accorder aux provinces des pouvoirs accrus dans des domaines comme l'immigration et les nominations à la Cour suprême, et de modifier la formule de modification constitutionnelle. Malgré un large soutien politique initial, l'Accord n'a pas réussi à obtenir la ratification avant l'échéance de juin 1990, approfondissant les tensions constitutionnelles et ravivant le mouvement souverainiste québécois.
Contexte constitutionnel et les cinq conditions du Québec
L'Accord du lac Meech était une réponse directe à l'exclusion du Québec du rapatriement de la Constitution canadienne en 1982. En 1981, des négociations menées par le premier ministre Pierre Trudeau aboutirent à la Loi constitutionnelle de 1982, mais le premier ministre québécois René Lévesque et le gouvernement souverainiste du Parti québécois refusèrent de l'approuver. La Cour suprême a par la suite statué dans le Renvoi sur le veto du Québec que le Québec ne possédait pas de veto constitutionnel, de sorte que la nouvelle constitution s'appliquait à la province malgré tout. L'élection fédérale de 1984 porta au pouvoir le progressiste-conservateur Brian Mulroney, qui s'était engagé à faire accepter la constitution par le Québec avec honneur et enthousiasme. L'élection du fédéraliste Robert Bourassa et du Parti libéral du Québec en 1985 créa une nouvelle opportunité de réconciliation. Bourassa formula cinq conditions spécifiques pour que le Québec endosse la constitution, qui devinrent la base de toutes les négociations subséquentes. Ces conditions exigeaient la reconnaissance constitutionnelle du Québec comme société distincte, un veto provincial sur les futurs amendements, un rôle provincial dans la nomination des juges à la Cour suprême, une autorité provinciale accrue en matière d'immigration et des limites au pouvoir de dépenser du fédéral dans les domaines de compétence provinciale. Bourassa considérait ces demandes comme pratiques, car des éléments avaient déjà été offerts par Ottawa auparavant. Lors d'une réunion en août 1986 à Edmonton, les premiers ministres convinrent de la Déclaration d'Edmonton, qui priorisait un cycle de négociations sur le Québec basé sur ces cinq conditions avant de poursuivre d'autres réformes constitutionnelles.

Négociations et consensus d'avril 1987
Le premier ministre Brian Mulroney, croyant qu'une entente était à portée de main, convoqua une réunion des onze premiers ministres à la maison Willson, au lac Meech dans les collines de la Gatineau au Québec, le 30 avril 1987. Contrairement aux conférences passées plus publiques, les négociations furent menées exclusivement par les premiers ministres eux-mêmes, les conseillers étant tenus à l'écart et les médias exclus. La réunion, présidée par Mulroney, passa rapidement en revue les conditions du Québec. Un accord fut facilement trouvé sur l'enchâssement des rôles provinciaux dans les nominations à la Cour suprême et en immigration, ce qui formalisait largement des pratiques existantes. Le seul nouvel élément ajouté à l'ordre du jour, outre les conditions du Québec, fut la réforme du Sénat, où Mulroney proposa initialement l'abolition mais accepta des listes de candidats provinciaux en attendant une réforme future. Les enjeux les plus litigieux furent la formulation précise de la clause de société distincte et les changements à la formule de modification. Après neuf heures de discussion, un consensus fut annoncé. Les amendements convenus incluaient plusieurs dispositions clés conçues pour répondre aux demandes du Québec et aux préoccupations provinciales plus largement.
- Le Québec serait reconnu constitutionnellement comme une société distincte à l'article 2 de la Loi constitutionnelle de 1867, une clause qui servirait de guide d'interprétation pour l'ensemble de la constitution.
- La liste des modifications constitutionnelles exigeant le consentement unanime des provinces en vertu de l'article 41 serait élargie pour inclure la réforme du Sénat, les changements à la représentation proportionnelle à la Chambre des communes et la création de nouvelles provinces.
- Les pouvoirs provinciaux en matière d'immigration seraient accrus et les accords fédéraux-provinciaux existants obtiendraient un statut constitutionnel.
- Les provinces pourraient se retirer de nouveaux programmes fédéraux à frais partagés dans des domaines de compétence exclusivement provinciale et recevoir une compensation financière raisonnable si elles établissaient un programme compatible.
- Les provinces fourniraient des listes de candidats pour les nominations au Sénat et à la Cour suprême, modifiant ainsi cette prérogative traditionnelle du premier ministre.
- L'Accord exigeait également la tenue d'au moins une conférence des premiers ministres chaque année pour discuter de la réforme du Sénat et des pêches.
Rédaction de l'entente finale et opposition de Pierre Trudeau
Le choc initial de l'entente fit place à une session de rédaction à Ottawa le 2 juin 1987, destinée à produire le texte juridique final. Cette réunion, censée être une formalité, s'étira sur 19 heures en raison de pressions de dernière minute. L'intervention la plus significative ne vint pas d'un premier ministre, mais de l'ancien premier ministre Pierre Trudeau. Dans une lettre ouverte publiée fin mai dans le Toronto Star et La Presse, Trudeau lança une attaque féroce, qualifiant l'Accord de capitulation devant le provincialisme qui affaiblirait le gouvernement fédéral et mènerait à la fin d'un Canada unifié. Il traita Mulroney de faible et les premiers ministres de pleurnicheurs, et invoqua le rejet passé par Bourassa de la Charte de Victoria comme signe de concessions à venir. Son statut de Québécois éminent et fédéraliste ardent donna du poids à ses critiques et sema le doute parmi des groupes comme les peuples autochtones, les communautés ethniques et les organisations de femmes, qui craignaient que la clause de société distincte ne prime sur les droits de la Charte. À la réunion d'Ottawa, les premiers ministres Howard Pawley du Manitoba et David Peterson de l'Ontario, confrontés à des pressions internes, poussèrent pour des protections plus fortes de la Charte et des limites plus strictes au pouvoir de dépenser du fédéral. Ils convinrent de se suivre mutuellement pour éviter d'être pointés du doigt comme responsables de l'effondrement. Finalement, une clause fut ajoutée stipulant que la clause de société distincte ne dérogerait pas à la Charte canadienne des droits et libertés, y compris les protections des droits multiculturels et autochtones. Lors d'un appel nominal final à 4 h 45 le 3 juin, Mulroney enfreignit la convention en prenant le vote dans l'ordre inverse autour de la table. Pawley, après des pressions du chef du NPD fédéral Ed Broadbent, céda, et Peterson approuva en dernier. L'Accord final fut signé lors d'une cérémonie symbolique plus tard dans la journée, le premier ministre Bourassa déclarant la réintégration du Québec au Canada sous une ovation debout.

Le processus de ratification et les obstacles croissants
Parce que l'Accord modifiait la formule de modification, il exigeait le consentement unanime des dix législatures provinciales et du Parlement fédéral dans un délai de trois ans, conformément à l'article 39(2) de la Loi constitutionnelle de 1982. L'approbation rapide du Québec le 23 juin 1987 déclencha le compte à rebours, fixant une échéance finale au 22 juin 1990. La Saskatchewan ratifia le 23 septembre 1987, et l'Alberta suivit le 7 décembre 1987. Le premier revers majeur survint au Nouveau-Brunswick, où le premier ministre Richard Hatfield fut incapable de faire adopter l'Accord avant de perdre tous ses sièges lors de l'élection d'octobre 1987 au profit des libéraux de Frank McKenna. McKenna avait fait campagne en demandant des changements, notamment des protections pour la dualité linguistique du Nouveau-Brunswick, et exigea ceux-ci avant de faire adopter l'Accord. Le consensus provincial unanime était désormais rompu. Au Manitoba, le gouvernement majoritaire néo-démocrate du premier ministre Howard Pawley tomba en avril 1988 après une révolte de députés d'arrière-ban, menant à une élection qui produisit un gouvernement minoritaire progressiste-conservateur sous Gary Filmon, tacitement soutenu par le NPD. La cheffe de l'opposition libérale, Sharon Carstairs, était une opposante fervente qui croyait pouvoir rallier des votes contre l'Accord. Au niveau fédéral, Trudeau fut invité à témoigner devant les comités parlementaires, et le Sénat, dont une majorité étaient ses propres nommés, rejeta l'Accord. L'élection fédérale de 1988 fut dominée par l'Accord de libre-échange Canada-États-Unis, et non par la constitution, car tous les grands partis soutenaient encore officiellement l'Accord. Le soutien tacite de Bourassa aux conservateurs sur le libre-échange fut plus tard spéculé comme ayant causé un décalage entre les intellectuels de gauche et l'Accord.
Opposition grandissante et événements clés
Le soutien public et politique à l'Accord s'éroda significativement entre 1988 et 1990. Un événement majeur fut la décision de la Cour suprême en décembre 1988 dans l'affaire Ford c. Québec, qui statua que l'interdiction par le Québec des affichages en anglais violait la Charte des droits et libertés. Tout en reconnaissant que la protection du français était un objectif urgent, la Cour invalida la loi. La pression nationaliste força le premier ministre Bourassa à utiliser la clause dérogatoire pour contourner le jugement, un geste qui mit en colère de nombreux Canadiens anglais et mit en lumière les tensions mêmes que l'Accord était censé apaiser. En réponse, le premier ministre du Manitoba Gary Filmon mit fin aux audiences publiques sur l'Accord. L'élection de 1989 à Terre-Neuve porta au pouvoir le libéral Clyde Wells, qui avait fait campagne contre l'Accord. Wells s'opposait aux changements à la formule de modification avant une réforme du Sénat et estimait que le Québec utiliserait la disposition de société distincte pour obtenir un statut spécial. En avril 1990, Wells invoqua l'article 46(2) de la Loi constitutionnelle de 1982 pour révoquer l'assentiment antérieur de Terre-Neuve à l'Accord. Cela signifiait que l'Accord nécessitait désormais l'adoption dans trois provinces : le Manitoba, le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve.

Négociations finales et effondrement en 1990
En mars 1990, une commission dirigée par Jean Charest recommanda un accord d'accompagnement pour répondre aux préoccupations tout en conservant le texte original. Bourassa rejeta le rapport. Le 22 mai 1990, le ministre fédéral de l'Environnement Lucien Bouchard démissionna après un différend avec Mulroney, formant plus tard le Bloc québécois souverainiste. Une dernière réunion des premiers ministres débuta le 3 juin 1990. Après une semaine de négociations, un accord d'accompagnement fut convenu. Il incluait une garantie que la clause de société distincte n'affaiblirait pas l'égalité des sexes, donnait aux territoires une implication dans les nominations, et promettait de futures conférences sur les enjeux autochtones et des langues minoritaires. Le premier ministre de Terre-Neuve, Clyde Wells, apposa un astérisque à côté de sa signature mais promit de soumettre l'Accord à la législature. Cependant, la remarque subséquente du premier ministre Mulroney au Globe and Mail, disant qu'il avait intentionnellement programmé la conférence à la dernière minute pour faire pression sur les participants, provoqua l'indignation. À la législature du Manitoba, le consentement unanime était requis pour entamer le débat. Elijah Harper, un député cri, brandit une plume d'aigle et refusa le consentement chaque jour, arguant que l'Accord ignorait les droits autochtones. Son opposition empêcha un vote. Le 22 juin 1990, dernier jour, la législature du Manitoba ajourna sans voter. Wells annula ensuite le vote prévu à Terre-Neuve. L'Accord du lac Meech mourut à minuit le 22 juin 1990, non ratifié. Il avait reçu l'assentiment du gouvernement fédéral et de huit provinces, représentant 96 % de la population.
Conséquences immédiates et à long terme
L'échec de l'Accord envoya des ondes de choc à travers la politique canadienne, plus profondément au Québec. De nombreux Québécois interprétèrent l'effondrement comme un rejet définitif par le Canada anglais, menant à une poussée dramatique du soutien à la souveraineté. Les sondages montraient 61 à 64 % en faveur de la souveraineté-association. Dans un discours le lendemain, le premier ministre Robert Bourassa déclara que le Québec était une société distincte, libre et capable d'assumer son destin. Le gouvernement fédéral, cherchant à sauver la situation, lança un nouveau cycle de négociations plus large incluant des chefs autochtones et des représentants territoriaux, aboutissant à l'Accord de Charlottetown de 1992. Cette proposition répondait à certaines critiques de Meech en incluant une clause Canada, des propositions pour un Sénat élu, et la reconnaissance de l'autonomie gouvernementale autochtone. Elle fut soumise à un référendum national en octobre 1992 et fut rejetée par une majorité d'électeurs tant au niveau national qu'au Québec. L'héritage de l'échec du lac Meech est durable. Il ancra un profond sentiment de grief au Québec, contribuant directement au référendum sur la souveraineté de 1995, qui fut défait par une marge de moins de un pour cent. Le processus démontra l'extrême difficulté d'obtenir le consentement provincial unanime pour un changement constitutionnel et mit effectivement fin à une ère de négociations constitutionnelles majeures au Canada.
Arguments clés pour et contre l'Accord
Le débat sur l'Accord du lac Meech tournait autour de visions concurrentes du fédéralisme et du processus de changement constitutionnel. Les partisans, menés par Mulroney et Bourassa, soutenaient que c'était un pont nécessaire pour ramener le Québec dans la famille constitutionnelle et assurer une génération de paix. Bourassa décrivit l'exclusion du Québec de l'entente de 1982 comme un trou dans le cœur qu'il fallait réparer. Ils soutenaient que reconnaître le Québec comme une société distincte ne faisait qu'affirmer un fait sociologique, un point soutenu par l'expert constitutionnel Peter Hogg et noté par le juge en chef Brian Dickson concernant la pratique existante des tribunaux. Les partisans affirmaient que les réformes des nominations au Sénat et à la Cour suprême favorisaient le fédéralisme coopératif et réduisaient le pouvoir du cabinet du premier ministre. Les opposants, galvanisés par Trudeau, attaquaient à la fois le fond et le processus secret. Ils soutenaient que la clause de société distincte créait un statut spécial pour le Québec qui saperait la Charte et mènerait à un fédéralisme asymétrique, potentiellement nuisible aux communautés de langues minoritaires. Beaucoup dans l'Ouest et les provinces de l'Atlantique s'opposaient au manque de réforme substantielle et élue du Sénat et à la nouvelle exigence de consentement unanime pour l'atteindre. Les groupes autochtones, les activistes féministes et les communautés ethniques étaient en colère d'avoir été exclus des négociations entre onze hommes en costume, un processus que les universitaires critiquaient comme étant de l'accommodement entre élites. Le processus fut critiqué comme étant non démocratique, seul le Québec ayant tenu des audiences publiques avant que l'entente ne soit conclue.
Analyse comparative : Meech et l'Accord de Charlottetown
L'échec de l'Accord du lac Meech mena directement à la négociation de l'Accord de Charlottetown en 1992, une tentative plus large mais finalement infructueuse de réconciliation constitutionnelle. Les deux accords partageaient l'objectif central d'obtenir le consentement du Québec à la constitution mais différaient significativement en portée, en processus et en contenu spécifique. L'Accord de Charlottetown tenta de répondre aux critiques qui avaient fait échouer Meech en incluant un plus large éventail d'intervenants et un ensemble de propositions plus complexe. Le tableau suivant présente les principales différences entre les deux accords sur plusieurs dimensions.
| Dimension | Accord du lac Meech (1987) | Accord de Charlottetown (1992) |
|---|---|---|
| Focus principal | Les cinq conditions du Québec. Pouvoirs provinciaux. | Ensemble plus large : Québec, réforme du Sénat, autonomie gouvernementale autochtone, clause Canada. |
| Processus de négociation | Rencontres à huis clos des 11 premiers ministres seulement. | Incluait des représentants fédéraux et provinciaux, des chefs autochtones et des leaders territoriaux. |
| Société distincte | Reconnaissance pour le Québec seulement, comme clause interprétative. | Incluse dans une clause Canada plus large reconnaissant le Québec comme société distincte, avec d'autres caractéristiques fondamentales. |
| Droits autochtones | Aucune mention. Un point majeur d'opposition. | Droit inhérent à l'autonomie gouvernementale reconnu et négocié. |
| Réforme du Sénat | Listes de candidats provinciaux seulement. Réforme future soumise à l'unanimité. | Proposait un Sénat élu avec une représentation égale de chaque province. |
| Méthode de ratification | Exigeait l'approbation législative unanime dans un délai de 3 ans. | Soumis à un référendum national pour approbation. |
L'Accord de Charlottetown fut rejeté lors d'un référendum national le 26 octobre 1992. Suite à ces tentatives, d'autres amendements à la Constitution sont reconnus comme extrêmement difficiles. En réponse au processus de Meech, la Colombie-Britannique et l'Alberta adoptèrent des lois exigeant que les futurs amendements constitutionnels soient soumis à un référendum avant d'être approuvés par la législature. Ce changement reflétait la critique généralisée du caractère non démocratique et secret des négociations du lac Meech.
Accord du lac Meech : questions fréquentes
Quel était l'objectif principal de l'Accord du lac Meech ?
L'objectif principal de l'Accord du lac Meech était de persuader le gouvernement du Québec d'approuver symboliquement les amendements constitutionnels de 1982. Il cherchait à le faire en répondant aux cinq conditions formulées par le premier ministre du Québec Robert Bourassa en 1985. Ces conditions incluaient la reconnaissance du Québec comme société distincte, l'octroi d'un veto constitutionnel au Québec, une participation provinciale aux nominations à la Cour suprême, l'augmentation des pouvoirs provinciaux en immigration et des limites au pouvoir de dépenser du fédéral. L'Accord visait à réparer la fracture constitutionnelle et à ramener le Québec dans le giron constitutionnel comme participant à part entière.
Pourquoi l'Accord du lac Meech a-t-il échoué ?
L'Accord a échoué parce qu'il n'a pas été ratifié par les dix législatures provinciales avant l'échéance du 22 juin 1990. Des changements politiques portèrent au pouvoir des opposants au Nouveau-Brunswick, au Manitoba et à Terre-Neuve. Au Manitoba, le député cri Elijah Harper bloqua les procédures législatives, arguant que l'Accord ignorait les droits autochtones. Une opposition publique grandissante et des critiques du processus secret érodèrent également le soutien. L'Accord expira avec l'assentiment de seulement huit provinces et du gouvernement fédéral.
Qu'est-ce que la clause de société distincte ?
La clause de société distincte était un amendement proposé à la Loi constitutionnelle de 1867 qui reconnaîtrait le Québec comme une société distincte. Elle était conçue pour fonctionner comme une clause interprétative pour l'ensemble de la constitution, reconnaissant le caractère principalement francophone et la culture unique du Québec. Les partisans comme l'expert constitutionnel Peter Hogg soutenaient qu'elle ne faisait qu'affirmer un fait sociologique déjà pris en compte par les tribunaux. Les opposants, y compris des groupes féministes et autochtones, craignaient qu'elle ne permette au Québec de déroger à certaines parties de la Charte des droits et libertés pour préserver son identité distincte.
Comment Elijah Harper a-t-il contribué à l'échec de l'Accord ?
Elijah Harper contribua à l'échec de l'Accord en bloquant sa progression à la législature du Manitoba. En tant que seul membre autochtone de la législature, il refusa de donner le consentement unanime requis pour introduire l'Accord en débat dans les derniers jours avant l'échéance du 22 juin 1990. Son opposition, symbolisée par le lever d'une plume d'aigle, reflétait des protestations autochtones plus larges contre leur exclusion des négociations. Ce blocage procédural empêcha un vote au Manitoba, ce qui, avec le retrait du soutien de Terre-Neuve, fit expirer l'Accord non ratifié.
Que s'est-il passé au Québec après l'échec de l'Accord ?
Le soutien à la souveraineté du Québec augmenta fortement, les sondages montrant 61 à 64 % en faveur. Le ministre fédéral Lucien Bouchard démissionna et aida à fonder le Bloc québécois. Le premier ministre Robert Bourassa fit adopter le projet de loi 150, qui promettait un référendum d'ici octobre 1992 sur une nouvelle entente ou la souveraineté. L'échec contribua directement au référendum sur la souveraineté de 1995. Dans un discours, Bourassa déclara que le Québec était une société distincte, libre et capable d'assumer son destin.
Qu'était l'Accord de Charlottetown ?
L'Accord de Charlottetown était un deuxième ensemble de propositions constitutionnelles en 1992, élaboré à travers des consultations plus larges incluant des chefs autochtones. Il contenait une clause Canada, des propositions pour un Sénat élu, la reconnaissance de l'autonomie gouvernementale autochtone et des pouvoirs provinciaux accrus. Il fut rejeté lors d'un référendum national le 26 octobre 1992. L'échec des deux accords marqua la fin d'une ère de mégaprojets constitutionnels complets au Canada.
Sources et lectures complémentaires
- Accord du lac Meech (Wikipédia, en anglais)
- Meech Lake Accord (thecanadianencyclopedia.ca)
- Meech Lake Accord | History | Research Starters (ebsco.com)
- Meech Lake Accord | History, Contents & Debate (study.com)
- Post Meech Lake and Charlottetown | Federalism-E (ojs.library.queensu.ca)
Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-24.





