Mary Simon
Mary Simon est une fonctionnaire, diplomate et ancienne animatrice canadienne qui a occupé le poste de 30e gouverneure générale du Canada de 2021 à 2026. Elle est inuk du côté de sa mère, ce qui fait d'elle la première personne autochtone à occuper cette fonction. Son mandat de cinq ans a été marqué par des événements nationaux importants, dont le jubilé de platine de la reine Elizabeth II, la visite papale du pape François et la transition vers le règne du roi Charles III. Son mandat a été défini par un engagement envers la réconciliation et le concept inuktitut d'ajuinnata, un vœu de persévérance.
Jeunesse et années formatrices
Mary Jeannie May Simon est née le 21 août 1947 à Fort Severight, une communauté éloignée du nord du Québec aujourd'hui connue sous le nom de Kangiqsualujjuaq. Son père, Bob May, était un gérant de la Compagnie de la Baie d'Hudson d'origine anglaise du Manitoba, et sa mère, Nancy, était inuk. Le père de Simon a noté qu'il était le premier employé blanc de la CBH à épouser une femme inuk, une pratique interdite par la compagnie à l'époque. On lui a donné le nom inuk Ningiukudluk, qui se traduit par « petite vieille dame autoritaire ». Simon a été élevée en immersion dans la culture inuite traditionnelle, apprenant des compétences comme la chasse, la pêche, la couture de vêtements traditionnels et les déplacements en traîneau à chiens. Son éducation a commencé dans une école fédérale de jour à Fort Chimo, aujourd'hui Kuujjuaq, et elle a ensuite fréquenté le lycée Fort Carson au Colorado avant de terminer ses études secondaires par correspondance de retour à Fort Chimo. L'histoire orale et les enseignements culturels transmis par sa mère et sa grand-mère maternelle, Jeannie Angnatuk, ont fourni un lien fondamental avec son héritage inuit qui allait guider son militantisme tout au long de sa vie.

Carrière dans le militantisme et la diplomatie
Le parcours professionnel de Mary Simon a commencé par l'enseignement de l'inuktitut à l'Université McGill et par un travail de productrice et annonceuse pour le service nordique de Radio-Canada de 1969 à 1973. Son entrée dans la fonction publique s'est faite par le biais d'organisations inuites, commençant par son élection comme secrétaire du conseil d'administration de l'Association des Inuit du Nord québécois. Elle est ensuite devenue vice-présidente, puis présidente de la Société Makivik, un poste qu'elle a occupé jusqu'en 1985. Durant cette période, Simon s'est profondément impliquée dans Inuit Tapiriit Kanatami, l'organisation nationale inuite du Canada, et a agi comme négociatrice inuite principale lors du rapatriement de la Constitution et des discussions sur l'Accord de Charlottetown. Elle a également contribué en tant que membre de la Commission de mise en œuvre du Nunavut et comme codirectrice des politiques de la Commission royale sur les peuples autochtones.
Son profil international s'est développé grâce à son travail avec la Conférence circumpolaire inuite, où elle a siégé au Conseil exécutif de 1980 à 1983, a été présidente de 1986 à 1992 et envoyée spéciale de 1992 à 1994. En 1986, en tant que présidente, elle a dirigé une délégation d'Inuit du Canada, de l'Alaska et du Groenland à Moscou et en Tchoukotka pour rencontrer des responsables russes et les Inuit de l'Extrême-Orient russe. Sa carrière diplomatique a atteint son apogée en 1994 lorsque le premier ministre Jean Chrétien l'a nommée première ambassadrice du Canada aux affaires circumpolaires, un poste qu'elle a occupé jusqu'en 2004. Dans ce rôle, elle a été la négociatrice principale du Canada pour la création du Conseil de l'Arctique, qui regroupe huit nations et a été officiellement établi par la Déclaration d'Ottawa de 1996, laquelle prévoyait notamment la participation active des peuples autochtones. Parallèlement, de 1999 à 2002, elle a servi comme ambassadrice du Canada au Danemark. Après ses postes d'ambassadrice, Simon a poursuivi son travail de défense des droits, servant comme présidente d'Inuit Tapiriit Kanatami à partir de 2006 et siégeant à divers conseils d'administration, dont celui de l'Institut international du développement durable. De 2004 à 2005, elle a été conseillère spéciale de l'Association des Inuit du Labrador pour l'Accord sur les revendications territoriales des Inuit du Labrador.
- Élue secrétaire du conseil d'administration de l'Association des Inuit du Nord québécois, débutant ainsi sa carrière dans la fonction publique.
- Présidente de la Société Makivik de 1978 à 1985.
- Négociatrice inuite principale lors des pourparlers sur le rapatriement constitutionnel et des conférences des premiers ministres de 1982 à 1992.
- Présidente de la Conférence circumpolaire inuite de 1986 à 1992, dirigeant une délégation en Russie en 1986.
- Nommée première ambassadrice du Canada aux affaires circumpolaires en 1994, en poste jusqu'en 2004.
- Ambassadrice du Canada au Danemark de 1999 à 2002.
- Élue présidente d'Inuit Tapiriit Kanatami le 7 juillet 2006.
- Membre du conseil d'administration de l'Institut international du développement durable de 2004 à 2007.
Nomination historique comme gouverneure générale
À la suite de la démission de la gouverneure générale Julie Payette au début de 2021, le premier ministre Justin Trudeau a proposé la nomination de Mary Simon pour le poste de vice-reine. La reine Elizabeth II a approuvé la nomination le 6 juillet 2021, faisant de Simon la 30e gouverneure générale et la première personne autochtone à occuper ce rôle. Sa nomination a rompu la longue tradition du bilinguisme français-anglais pour les gouverneurs généraux, car Simon parle anglais et inuktitut mais n'était pas compétente en français, un point qui a suscité des critiques de certaines communautés francophones. Elle a eu une audience virtuelle avec la Reine le 22 juillet en raison de la pandémie et a été officiellement installée à l'édifice du Sénat du Canada le 26 juillet 2021. Lors de son installation, elle a assumé les rôles de chancelière de l'Ordre du Canada, de l'Ordre du mérite militaire, de l'Ordre du mérite des corps policiers et de l'Ordre de Saint-Jean au Canada, et a reçu la Décoration des Forces canadiennes.

Mandat et événements clés
La gouverneure générale Simon a défini son mandat autour du concept inuktitut d'ajuinnata, qu'elle a décrit comme un vœu de ne jamais abandonner, un engagement à agir peu importe l'ampleur de la tâche. Son mandat a couvert une période d'événements royaux et nationaux importants. En octobre 2021, elle a effectué sa première visite d'État en Allemagne, rencontrant le président Frank-Walter Steinmeier et la chancelière Angela Merkel. L'année 2022 a été particulièrement chargée, marquée par le jubilé de platine de la reine Elizabeth II. Simon et son mari ont rencontré la Reine pour la première fois au château de Windsor en mars, et en mai, ils ont accueilli le prince de Galles et la duchesse de Cornouailles lors d'une tournée du Canada pour le jubilé. Simon s'est ensuite rendue à Londres pour participer aux célébrations du jubilé au Royaume-Uni en juin.
Simon a joué un rôle central lors du pèlerinage pénitentiel du pape François au Canada en juillet 2022, participant aux événements et reconnaissant les émotions complexes suscitées par les excuses papales pour le rôle de l'Église catholique dans le système des pensionnats autochtones. Le décès de la reine Elizabeth II le 8 septembre 2022 a fait de Simon la première gouverneure générale à servir sous deux monarques depuis Lord Tweedsmuir en 1936. Elle a signé la proclamation d'accession pour le roi Charles III et a dirigé la délégation canadienne aux funérailles d'État de la Reine à Londres. En mai 2023, elle a facilité une audience au palais de Buckingham entre le Roi et trois dirigeants autochtones nationaux avant le couronnement, auquel elle et son mari ont assisté. Son mandat s'est conclu le 8 juin 2026, lorsqu'elle a été remplacée par la juriste Louise Arbour. Avant son départ, le gouvernement fédéral a annoncé un financement de 5 millions de dollars pour une initiative en santé mentale dans les communautés nordiques et rurales nommée en l'honneur de Simon.
- Première visite d'État en Allemagne en octobre 2021, rencontrant la chancelière Angela Merkel.
- A accueilli le prince Charles et Camilla, duchesse de Cornouailles, lors de leur tournée du Canada pour le jubilé de platine en mai 2022.
- A assisté aux célébrations du jubilé de platine de la Reine à Londres du 2 au 6 juin 2022.
- A participé aux événements lors de la visite du pape François au Canada du 24 au 29 juillet 2022.
- A signé la proclamation d'accession du roi Charles III le 10 septembre 2022.
- A dirigé la délégation canadienne aux funérailles d'État de la reine Elizabeth II à Londres le 19 septembre 2022.
- A assisté au couronnement du roi Charles III à l'abbaye de Westminster le 6 mai 2023.
- A conclu son mandat et quitté Rideau Hall le 8 juin 2026.
Initiatives notables et héritage du départ
Tout au long de son mandat, la gouverneure générale Simon a défendu la sensibilisation à la santé mentale, particulièrement dans les communautés nordiques et autochtones, entreprenant une tournée d'écoute et d'apprentissage en santé mentale de deux ans. Alors qu'elle se préparait à conclure son service, le gouvernement fédéral, en partenariat avec la Fondation Rideau Hall, a annoncé un projet d'héritage en son honneur. L'initiative, nommée « Ajuinnata : Le catalyseur Mary Simon pour le mieux-être mental », a été lancée avec un investissement fédéral initial de 5 millions de dollars, avec un engagement à jumeler les collectes de fonds supplémentaires jusqu'à 10 millions de dollars. Le projet vise à fournir du counseling, des services ancrés dans la culture et des soins de santé mentale dirigés par des pairs. Lors de sa cérémonie d'adieu début juin 2026, Simon a décrit son service comme gouverneure générale comme « l'honneur de sa vie ». Le premier ministre Mark Carney l'a remerciée pour son dévouement et pour avoir incarné la responsabilité permanente de la réconciliation dans son service au pays. Avant son départ, une réception d'adieu a eu lieu à Ottawa le 3 juin 2026, et elle a présidé sa dernière cérémonie de l'Ordre du Canada à Rideau Hall le 13 mai 2026.

Controverses et critiques
Le mandat de Simon n'a pas été exempt de controverse. Son manque de compétence en français est resté un point de discorde tout au long de son mandat. Malgré des engagements à apprendre la langue, des rapports en septembre 2024 indiquaient qu'elle était toujours incapable de tenir une conversation en français au-delà de simples salutations, ce qui a suscité des critiques de la part de personnalités comme le chef du Bloc Québécois Yves-François Blanchet. En avril 2026, le premier ministre Carney a explicitement déclaré que la prochaine gouverneure générale parlerait français, menant à la nomination de la francophone Louise Arbour. Simon a également fait l'objet d'un examen minutieux concernant les dépenses officielles, notamment en juin 2022 pour des coûts de restauration en vol dépassant 93 000 $ lors d'un voyage de huit jours au Moyen-Orient. Elle a qualifié ces critiques d'injustes car elle n'était pas impliquée dans la planification logistique. En février 2023, son bureau a fermé les commentaires publics sur ses publications de médias sociaux en raison d'un nombre croissant de commentaires abusifs. Dans un commentaire juridique de juin 2025, l'analyste Murray Simser a critiqué Simon pour ses remarques publiques sur des questions comme les affaires autochtones et les pensionnats, arguant qu'elles risquaient de saper l'impartialité constitutionnelle attendue de la fonction.
Vie personnelle, honneurs et affiliations
Mary Simon est la deuxième d'une famille de huit enfants. Son frère Johnny May est un pilote de brousse bien connu au Nunavik. Elle a été mariée trois fois : d'abord à Robert Otis en 1967, puis à George Simon, et enfin en 1994 au journaliste et auteur Whit Fraser, ancien président de la Commission canadienne des affaires polaires. Elle a trois enfants. À l'âge de 40 ans, Simon a connu une dépression et un épuisement professionnel, dont elle s'est progressivement remise. Ses nombreux honneurs et affiliations reflètent une vie de service. Elle a été chancelière de l'Université Trent de 1995 à 1999 et de nouveau en 2002. Simon est membre de l'Institut arctique de l'Amérique du Nord et de la Société géographique royale du Canada. Elle a occupé de nombreux postes au sein de conseils d'administration et de comités consultatifs, notamment pour Indspire, l'Université de l'Arctique et la Fondation des enfants et des jeunes de l'Arctique. Elle est également conseillère pour le programme de surveillance de l'Arctique de l'Agence spatiale européenne et membre du Cercle consultatif de la Fondation de bienfaisance Walter et Duncan Gordon.
- Chancelière de l'Université Trent (1995 à 1999, 2002).
- Membre de l'Institut arctique de l'Amérique du Nord.
- Membre de la Société géographique royale du Canada.
- Présidente de la Fondation des enfants et des jeunes de l'Arctique.
- Membre du conseil d'administration d'Indspire.
- Membre du conseil des gouverneurs de l'Université de l'Arctique.
- Conseillère pour le programme de surveillance de l'Arctique de l'Agence spatiale européenne.
- Membre du Cercle consultatif de la Fondation de bienfaisance Walter et Duncan Gordon.
Mary Simon : questions fréquentes
Qu'est-ce que l'ajuinnata et pourquoi était-ce important pour Mary Simon ?
L'ajuinnata est un concept inuktitut que Simon a décrit comme un thème central de son mandat. Il n'a pas de traduction anglaise en un seul mot, mais englobe un vœu ou une promesse de ne jamais abandonner, et un engagement à agir peu importe la difficulté de la cause. Simon a appris ce concept de sa mère et de sa grand-mère et a déclaré que l'esprit de l'ajuinnata a motivé son implication dans les mouvements visant à améliorer la vie des Inuit. Elle a appliqué cette philosophie à son travail sur la réconciliation et la défense de la santé mentale.
Mary Simon parlait-elle français ?
Mary Simon n'était pas compétente en français. Elle parle anglais et inuktitut. Son manque de maîtrise du français a rompu la longue tradition du bilinguisme français-anglais pour les gouverneurs généraux et est devenu un point de critique après sa nomination en 2021. Malgré son engagement déclaré à apprendre la langue, des rapports aussi tard qu'en 2024 indiquaient qu'elle ne pouvait pas tenir une conversation en français. Ce fut un facteur cité lorsque sa successeure, la francophone Louise Arbour, a été nommée en 2026.
Quel est le projet d'héritage lancé en l'honneur de Mary Simon ?
Alors que Simon concluait son mandat, un projet d'héritage nommé « Ajuinnata : Le catalyseur Mary Simon pour le mieux-être mental » a été annoncé. Dirigée par la Fondation Rideau Hall, l'initiative se concentre sur la fourniture de soutiens en santé mentale comme le counseling et des services ancrés dans la culture aux communautés nordiques et autochtones. Le gouvernement fédéral s'est engagé à verser 5 millions de dollars initialement et a promis de jumeler les collectes de fonds supplémentaires jusqu'à 10 millions de dollars. Le projet s'appuie sur la tournée d'écoute et d'apprentissage en santé mentale de deux ans entreprise par Simon pendant son mandat.
Qui a succédé à Mary Simon comme gouverneure générale ?
Mary Simon a été remplacée par la juriste Louise Arbour. Le premier ministre Mark Carney a annoncé la nomination d'Arbour en mai 2026, notant que la prochaine gouverneure générale serait francophone. Arbour, une juge retraitée de la Cour suprême du Québec, a officiellement assumé ses fonctions le 8 juin 2026, après une cérémonie d'adieu pour Simon. Le mandat de cinq ans de Simon s'est conclu à cette date, marquant la fin de son service historique.
Pourquoi la nomination de Mary Simon comme gouverneure générale était-elle historique ?
La nomination de Mary Simon était historique car elle est devenue la première personne autochtone à servir comme gouverneure générale du Canada. Elle est inuk du côté de sa mère. Le premier ministre Justin Trudeau l'a proposée à la suite de la démission de Julie Payette, et la reine Elizabeth II a approuvé la nomination en juillet 2021. Son mandat a représenté une étape importante dans la relation de la Couronne avec les peuples autochtones. En tant que 30e gouverneure générale, elle a servi de 2021 jusqu'à la conclusion de son mandat de cinq ans en 2026. Lors de son installation, elle a été investie comme chancelière de l'Ordre du Canada et d'autres ordres nationaux.
Quel a été le rôle de Mary Simon dans la création du Conseil de l'Arctique ?
Mary Simon a été la négociatrice principale du Canada pour la création du Conseil de l'Arctique. Elle a assumé ce rôle alors qu'elle servait comme première ambassadrice du Canada aux affaires circumpolaires, un poste qu'elle a occupé de 1994 à 2004. Agissant sur les instructions du gouvernement du Canada, elle a négocié la création du conseil regroupant huit pays. Le forum a été officiellement créé par la Déclaration d'Ottawa de 1996, qui incluait de manière unique la participation active des peuples autochtones en tant que participants permanents. Sous sa direction, elle a travaillé en étroite collaboration avec les autres États arctiques et les représentants autochtones du monde circumpolaire.
Sources et lectures complémentaires
- Mary Simon (Wikipédia, en anglais)
- Governor General Mary Simon to join Prime Minister for ... (gg.ca)
- Statement by Prime Minister Carney to thank Her Excellency ... (pm.gc.ca)
- Mary Simon says serving as Governor General was the ' ... (ipolitics.ca)
Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-22.





