Nunavut
Le Nunavut est le plus grand et le plus septentrional des territoires du Canada. Il a été séparé des Territoires du Nord-Ouest en 1999, par le biais de la Loi sur le Nunavut et de la Loi sur l'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut, qui ont accordé ce territoire aux Inuit pour qu'ils s'y gouvernent eux-mêmes. Les frontières ont été tracées en 1993. La création du Nunavut a constitué le premier changement majeur de la carte politique du Canada en un demi-siècle, depuis l'entrée de la province de Terre-Neuve-et-Labrador en 1949. Le Nunavut comprend une grande partie du Nord canadien et la majeure partie de l'archipel Arctique. Son vaste territoire en fait la cinquième plus grande subdivision de pays au monde, mais il compte la plus petite population de toutes les provinces et tous les territoires canadiens.
Fondements historiques et création
L'histoire humaine de la région aujourd'hui connue sous le nom de Nunavut remonte à environ 4 500 ans, avec la migration de la culture pré-Dorset depuis le détroit de Béring. Elle a été suivie par la culture de Dorset il y a environ 2 800 ans. Les ancêtres des Inuit modernes, le peuple de Thulé, ont commencé à migrer de l'Alaska vers la région au 11e siècle. Vers 1300, l'étendue géographique de l'établissement thuléen comprenait la majeure partie du Nunavut actuel. Le premier contact européen enregistré a été celui de l'explorateur anglais Martin Frobisher en 1576. Les siècles suivants ont vu d'autres explorations, mais peu d'établissements européens permanents.
Le 20e siècle a apporté des changements profonds pour les communautés inuit. Dans les années 1950, dans le cadre de la relocalisation de l'Extrême-Arctique pendant la guerre froide, le gouvernement fédéral a déplacé des Inuit du Nunavik, dans le nord du Québec, vers Resolute et Grise Fiord. Le gouvernement a présenté des excuses officielles pour cette relocalisation en 2010. L'activisme politique pour l'autodétermination des Inuit s'est accru dans les années 1970. Le 14 avril 1982, un plébiscite sur la division des Territoires du Nord-Ouest a eu lieu, recevant un appui majoritaire. L'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut a été conclu en septembre 1992 et ratifié par près de 85 pour cent des électeurs du Nunavut. La Loi sur le Nunavut et la Loi sur l'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut ont reçu la sanction royale le 9 juillet 1993. Le territoire a vu le jour le 1er avril 1999. Une étape supplémentaire vers l'autonomie gouvernementale a été franchie le 18 janvier 2024, avec la signature de l'Accord de dévolution des terres et des ressources du Nunavut.

Géographie et climat
Le Nunavut couvre 1 836 993,78 kilomètres carrés de terres et 160 930 kilomètres carrés d'eau dans le Nord canadien. Il comprend une partie importante du continent canadien et la majorité de l'archipel Arctique, y compris toutes les îles de la baie d'Hudson, de la baie James et de la baie d'Ungava. Le territoire inclut l'île d'Ellesmere, où se trouve Alert, l'endroit habité en permanence le plus au nord du monde, ainsi que les parties est et sud de l'île Victoria. Le Nunavut partage des frontières terrestres avec les Territoires du Nord-Ouest et le Manitoba, et rejoint la Saskatchewan à un point quadruple. Il a de très petites frontières terrestres avec l'Ontario et le Québec via des exclaves sur la côte de la baie James et une courte frontière terrestre avec Terre-Neuve-et-Labrador sur l'île Killiniq. Le point culminant du territoire est le pic Barbeau sur l'île d'Ellesmere, à 2 616 mètres.
Le climat dans l'ensemble du Nunavut est principalement polaire, caractérisé par des hivers longs et extrêmement froids et des étés courts et frais. Dans les zones continentales plus au sud, on trouve des climats subarctiques très froids. La station météorologique d'Eureka sur l'île d'Ellesmere détient le record de la température annuelle moyenne la plus basse de toutes les stations canadiennes. La région se réchauffe à environ deux fois la moyenne mondiale. Ce changement environnemental rapide présente des défis continus pour les communautés et les écosystèmes construits autour des conditions arctiques.
Démographie et langue
Selon le recensement canadien de 2021, le Nunavut compte une population de 36 858 habitants, ce qui en fait la juridiction canadienne la moins peuplée. La population est massivement autochtone, avec 30 865 personnes s'identifiant comme Inuit, ce qui représente 84,3 pour cent du total. 180 autres personnes se sont identifiées comme Premières Nations, 120 comme Métis et 230 comme ayant des réponses autochtones multiples ou autres. La population non autochtone était de 5 210 personnes. Le Nunavut connaît depuis des décennies des taux de croissance démographique élevés, principalement tirés par des taux de natalité nettement supérieurs à la moyenne canadienne. Entre 2011 et 2016, il a enregistré le taux de croissance le plus élevé de toutes les provinces et tous les territoires canadiens, à 12,7 pour cent. La croissance a ralenti à 2,5 pour cent entre 2016 et 2021.
Le Nunavut a quatre langues officielles : la langue inuit (inuktitut et inuinnaqtun, collectivement appelées Inuktut), l'anglais et le français. Le recensement de 2016 a indiqué que 90,7 pour cent des Inuit du Nunavut pouvaient parler une langue inuit. Cependant, les préoccupations concernant la préservation de la langue persistent. Un rapport de 2000 commandé par le gouvernement territorial a mis en garde contre la menace à long terme de l'anglais et a proposé un plan de 20 ans pour créer une société pleinement fonctionnelle bilingue en inuktitut et en anglais d'ici 2020. Le recensement de 2016 a indiqué que 5,8 pour cent de la population du Nunavut ne connaissait ni l'anglais ni le français. Dans le recensement de 2021, 73,5 pour cent de la population s'est identifiée comme chrétienne, tandis que 24,9 pour cent ont déclaré n'avoir aucune affiliation religieuse.
- Inuktitut : Le dialecte inuit le plus largement parlé.
- Inuinnaqtun : Un dialecte parlé principalement dans la région de Kitikmeot, à l'ouest.
- Anglais : Une langue officielle largement utilisée dans le gouvernement et les affaires.
- Français : Une langue officielle avec une base de locuteurs plus petite.

Économie et principales industries
L'économie du Nunavut est tirée par le gouvernement inuit et territorial, l'exploitation minière, l'exploration pétrolière, gazière et minérale, les arts, l'artisanat, la chasse, la pêche, le tourisme, le transport et l'éducation. Le territoire dépend fortement du diesel expédié du sud du Canada pour l'électricité et le chauffage, bien que les efforts pour intégrer des sources d'énergie renouvelables se multiplient. Le transport se fait principalement par voie aérienne et par bateau de ravitaillement saisonnier, car il n'y a pas de liaisons routières ou ferroviaires reliant le Nunavut au sud du Canada. La Northern Transportation Company Limited, propriété de Norterra, est centrale pour le réapprovisionnement maritime. Au second semestre 2018, les voyageurs ont visité le Nunavut 134 000 fois et ont dépensé 436 millions de dollars, un tiers des visiteurs venant de l'extérieur du territoire.
L'exploitation minière est l'industrie dominante du secteur privé. Trois grandes mines sont en exploitation. La mine de fer de Mary River, dans le nord de l'île de Baffin, exploitée par Baffinland Iron Mines, est le plus grand employeur privé du territoire avec plus de 2 600 travailleurs et a représenté 23 pour cent de l'activité économique du Nunavut en 2019. La mine d'or de Meadowbank, exploitée par Agnico Eagle, était une exploitation à ciel ouvert dont la durée de vie s'est étendue de 2010 à 2020. La mine d'or de Hope Bay, exploitée par TMAC Resources, a atteint la production commerciale en 2017. Plusieurs mines historiques, comme les mines Lupin, Polaris et Nanisivik, ont déjà fonctionné sur le territoire. Le symposium minier annuel du Nunavut à Iqaluit présente les nombreuses activités économiques en cours dans le secteur.
| Mine majeure | Produit | Statut (selon les notes) |
|---|---|---|
| Mary River | Minerai de fer | En exploitation |
| Meadowbank | Or | Exploitée de 2010 à 2020 |
| Hope Bay (Doris North) | Or | En exploitation (production commerciale en 2017) |
Culture, médias et arts
Le Nunavut possède un riche patrimoine culturel distinct centré sur les traditions inuit. Le territoire est desservi par deux hebdomadaires régionaux, Nunatsiaq News et Nunavut News/North. L'Inuit Broadcasting Corporation est basée sur le territoire, et la Société Radio-Canada exploite un centre de production à Iqaluit. La production cinématographique est bien présente, notamment à travers la société Igloolik Isuma, cofondée par Zacharias Kunuk et Norman Cohn. Isuma a produit le film marquant de 1999 Atanarjuat : La Légende de l'homme rapide, premier long métrage écrit, réalisé et joué entièrement en inuktitut, qui a remporté la Caméra d'Or au Festival de Cannes 2001. L'Office national du film du Canada a collaboré à des initiatives comme le Nunavut Animation Lab.
La musique traditionnelle et contemporaine prospère, englobant le chant de gorge inuit, la danse du tambour, la musique country et le bluegrass. Le collectif des arts de la scène Artcirq, un groupe de cirque inuit d'Igloolik, a acquis une reconnaissance internationale, se produisant à des événements comme les Jeux olympiques d'hiver de 2010 à Vancouver. Les festivals culturels, la narration d'histoires et les arts visuels, en particulier l'estampe et la sculpture de communautés comme Kinngait (Cape Dorset), sont des expressions vitales de l'identité inuit. Le Nunavut participe aux Jeux d'hiver de l'Arctique, et Iqaluit a coorganisé l'édition de 2002. Le drapeau et les armoiries du territoire ont été conçus par Andrew Qappik de Pangnirtung.
- Atanarjuat : La Légende de l'homme rapide (1999) : Film novateur tourné en inuktitut.
- Inuit Broadcasting Corporation : Radiodiffuseur clé pour la programmation en langue inuit.
- Artcirq : Collectif de cirque inuit d'Igloolik.
- Nunavut Animation Lab : Initiative formant des animateurs sur le territoire.
- Collection Unikkausivut : Archive DVD et en ligne de films inuit.

Gouvernance et priorités contemporaines
Le Nunavut est un gouvernement public, ce qui signifie qu'il sert tous les résidents, mais il a été créé en grande partie à la suite d'une revendication territoriale inuit pour permettre l'autodétermination des Inuit. Le territoire est divisé en trois régions administratives : Qikiqtaaluk (Baffin), Kivalliq et Kitikmeot. Le gouvernement territorial, dirigé par un premier ministre et une Assemblée législative monocamérale, fonctionne sur un modèle consensuel sans partis politiques. Le commissaire du Nunavut est nommé par le gouvernement fédéral. Le Nunavut élit un seul député à la Chambre des communes. La dévolution historique de la gestion des terres et des ressources, finalisée dans l'Accord de dévolution des terres et des ressources du Nunavut de janvier 2024, marque une étape importante, permettant que les décisions concernant l'avenir du territoire soient prises au Nunavut.
Les défis contemporains auxquels le Nunavut est confronté sont importants et interconnectés. Le territoire est aux prises avec une grave pénurie de logements et un surpeuplement. L'insécurité alimentaire demeure un problème pressant, bien que de nombreux Inuit continuent de compter sur la récolte d'aliments du terroir. Le coût de la vie élevé, dû au coût du transport des marchandises, et le besoin de services améliorés en matière d'infrastructures et de soins de santé sont des préoccupations constantes. Les impacts des changements climatiques sont vivement ressentis, affectant la sécurité des déplacements, les schémas de la faune et les infrastructures communautaires. L'alcool est fortement réglementé, avec une prohibition dans certaines communautés, et le territoire a le taux de tabagisme le plus élevé au Canada. Malgré ces défis, les communautés inuit font preuve d'une résilience culturelle remarquable, avec des efforts axés sur la revitalisation de la langue et le renforcement des institutions d'autonomie gouvernementale.
Régions et communautés
Le Nunavut est divisé administrativement et culturellement en trois vastes régions, chacune avec des caractéristiques géographiques et communautaires distinctes. La région de Qikiqtaaluk, la plus à l'est, comprend l'île de Baffin et les îles de l'Extrême-Arctique, y compris l'île d'Ellesmere. Elle compte 13 communautés, dont la capitale, Iqaluit, qui est la plus grande. Les autres communautés de cette région incluent Arctic Bay, Cape Dorset (Kinngait), Clyde River, Grise Fiord, Igloolik, Pangnirtung, Pond Inlet et Resolute. Cette région présente des fjords, des montagnes et des calottes glaciaires spectaculaires.
La région de Kivalliq se compose du continent à l'ouest de la baie d'Hudson ainsi que de l'île Southampton et de l'île Coats. Elle est caractérisée par l'immense toundra arctique et de grands lacs. Il y a sept communautés dans cette région, dont Arviat, Baker Lake (Qamani'tuaq), Chesterfield Inlet, Coral Harbour, Naujaat, Rankin Inlet (le centre régional) et Whale Cove. La région de Kitikmeot est la plus à l'ouest, comprenant des parties de l'île Victoria et du continent adjacent. Ses cinq communautés sont Cambridge Bay (le centre régional), Gjoa Haven, Kugaaruk, Kugluktuk et Taloyoak. La géographie de cette région inclut une toundra vallonnée. Toutes les communautés du Nunavut sont éloignées, accessibles uniquement par avion ou par bateau de ravitaillement saisonnier.
Nunavut : questions fréquentes
Quand le Nunavut est-il devenu un territoire ?
Le Nunavut est officiellement devenu un territoire du Canada le 1er avril 1999. Cela a suivi l'adoption de la Loi sur le Nunavut et de la Loi sur l'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut par le Parlement canadien le 9 juillet 1993. La création a été le résultat de décennies d'activisme politique et de négociations inuit, aboutissant à un accord sur les revendications territoriales en 1992, ratifié par près de 85 pour cent des électeurs de la région.
Que signifie « Nunavut » ?
Le nom « Nunavut » vient de la langue inuktut et se traduit par « Notre terre ». Ce nom a été choisi pour refléter la création du territoire comme patrie pour le peuple inuit de l'Arctique de l'Est, leur offrant une région autonome.
Quelle est la capitale du Nunavut ?
La capitale du Nunavut est Iqaluit, située sur l'île de Baffin dans la région de Qikiqtaaluk du territoire. Avec une population de 7 429 habitants selon le recensement de 2021, c'est la capitale la moins peuplée du Canada. La ville était connue sous le nom de Frobisher Bay jusqu'en 1987 et a été choisie comme capitale lors d'un plébiscite en 1995.
Quelles sont les principales industries du Nunavut ?
L'économie du Nunavut est tirée par le secteur public, l'exploitation minière et les activités traditionnelles. L'exploitation minière est la plus grande industrie du secteur privé, avec des opérations importantes incluant la mine de fer de Mary River. D'autres secteurs importants comprennent les arts et l'artisanat, la chasse, la pêche et le tourisme. Au second semestre 2018, les dépenses de voyage sur le territoire ont atteint 436 millions de dollars.
Quelle est la population du Nunavut ?
Selon le recensement canadien de 2021, le Nunavut compte 36 858 habitants. Cette population est principalement inuit, avec 30 865 personnes s'identifiant comme telles, ce qui représente 84,3 pour cent de la population totale. Le territoire a une vaste superficie, ce qui se traduit par une densité de population extrêmement faible.
Quel était l'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut ?
L'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut était un règlement global de revendication territoriale entre les Inuit de l'Arctique de l'Est et le gouvernement fédéral canadien. Il a été conclu en septembre 1992 et ratifié par près de 85 pour cent des électeurs du Nunavut. Cet accord, ainsi que la Loi sur le Nunavut, a conduit à la création du territoire du Nunavut le 1er avril 1999.
Sources et lectures complémentaires
- Nunavut (Wikipédia, en anglais)
- Nunavut (indigenouspeoplesatlasofcanada.ca)
- Indigenous peoples of Nunavut | Social Sciences and ... (ebsco.com)
- About Canadian Inuit (itk.ca)
- 2025 to 2026 Highlight report: Inuit (rcaanc-cirnac.gc.ca)
Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-18.



