Nunavik
Le Nunavik est la terre ancestrale des Inuits du Québec, constituant le tiers nord de la province et formant une partie essentielle de l'Inuit Nunangat. Couvrant une superficie terrestre de 443 684,71 kilomètres carrés au nord du 55e parallèle, c'est la patrie des Inuits du Québec. Presque tous les 14 045 habitants de la région, dont 90 % sont inuits, vivent dans quatorze villages nordiques sur la côte du Nunavik et dans la réserve crie de Whapmagoostui, près du village nordique de Kuujjuarapik. Les négociations pour l'autonomie régionale et le règlement des revendications territoriales en suspens ont eu lieu dans les années 2000. Les négociations visant à renforcer les droits politiques des Inuits sur leur territoire sont toujours en cours.
Géographie et paysage physique
Le Nunavik occupe un immense territoire dans la partie la plus septentrionale du Québec, bordé par la baie d'Hudson à l'ouest et le détroit d'Hudson et la baie d'Ungava au nord. La péninsule d'Ungava forme les deux tiers nord de la région, et elle partage une frontière avec la région de la Côte-Nord du Québec et la région du Labrador de Terre-Neuve-et-Labrador. Le territoire se situe à la fois dans les zones climatiques arctique et subarctique, dominé par la toundra caractérisée par une végétation limitée. Il n'y a pas de liens routiers entre le Nunavik et le sud du Québec, bien que la route Trans-Taïga se termine à plusieurs centaines de kilomètres au sud de Kuujjuaq près du réservoir de Caniapiscau. Les liaisons aériennes toute l'année et le transport maritime saisonnier sont les principales méthodes de transport pour les quatorze villages, et certaines parties de l'intérieur sud sont accessibles via des sentiers partant vers le nord depuis Schefferville. La région présente des formations géologiques notables, dont cinq cratères météoritiques : le cratère des Pingualuit, le cratère du lac Couture, le cratère de La Moinerie et les deux cratères qui forment les lacs Clearwater. Les villages sont situés à des centaines de kilomètres les uns des autres sur les rives de la baie d'Hudson, du détroit d'Hudson et de la baie d'Ungava, le principal centre administratif étant Kuujjuaq sur la rive sud de la baie d'Ungava.

Climat et changements environnementaux documentés
Le climat du Nunavik se caractérise par des hivers longs et froids alors que les mers environnantes gèlent, éliminant l'effet modérateur maritime. Les étés sont également modérés en raison de la mer en dégel, avec des maximales moyennes en janvier de -21 °C et des maximales estivales de seulement 13 °C à Inukjuak, ce qui est exceptionnellement froid pour une localité au niveau de la mer à cette latitude. Les zones moins affectées par la modération marine estivale ont des températures légèrement plus chaudes et présentent une taïga marginale où les températures moyennes estivales dépassent 10 °C. Les études sur les changements climatiques utilisant la recherche communautaire et le savoir écologique traditionnel documentent des transformations importantes rapportées par les communautés inuites, notamment des hivers plus courts et plus chauds et des changements observables dans la croissance de la végétation, les précipitations, la glace de mer, le pergélisol et les niveaux d'eau. La glace de mer s'amincit et sa durée de vie diminue au cours des hivers, créant des conditions plus risquées pour le transport et la chasse sur glace. Les températures plus chaudes ont entraîné une croissance accrue d'arbres et d'arbustes comme le saule arctique et le peuplier baumier, ainsi que de plantes à baies incluant la chicouté, le bleuet, la camarine noire et la canneberge. Des baisses des niveaux d'eau douce ont été rapportées en raison de la diminution des précipitations annuelles, et ces changements environnementaux présentent des risques directs pour la santé des communautés.
La détérioration de la qualité de l'eau au Nunavik peut être associée à des maladies gastro-intestinales, par exemple la giardiase. Des cas de maladies gastro-intestinales associées à des sources naturelles ont été signalés comme augmentant en mars lorsque la glace de mer commence à se briser, ainsi qu'à l'automne pendant la période de migration du caribou. Les niveaux environnementaux de plomb changent également dans l'Arctique avec les changements climatiques, suscitant des inquiétudes quant à l'intoxication au plomb dans les communautés nordiques. Au Nunavik, les concentrations de plomb dans le sang maternel étaient les plus élevées au Canada, à 50 microgrammes par litre. L'augmentation des niveaux de plomb dans l'environnement est également associée à l'utilisation de la grenaille de plomb pour la chasse, qui a été interdite en 1999, bien que des cartouches au plomb continuent d'être expédiées vers les communautés nordiques.
Contexte historique du transfert territorial aux revendications territoriales
La région maintenant connue sous le nom de Nunavik faisait partie du district d'Ungava des Territoires du Nord-Ouest de 1870 jusqu'à son transfert au Québec en 1912 en vertu de la Loi sur l'extension des frontières du Québec. La province a entrepris peu de développement dans la région jusqu'après la Révolution tranquille dans les années 1960, une période qui a également vu la région nommée « Nouveau-Québec », la francisation des toponymes et la diffusion de l'enseignement du français dans les écoles. En 1971, le gouvernement du Québec a annoncé le projet hydroélectrique de la Baie-James, décrit comme le « projet du siècle », qui allait détourner plusieurs grandes rivières et leurs bassins versants sans consulter les Inuits et les Cris. Les droits des Inuits et des Cris ont été ignorés, ce qui a poussé un jeune Inuk nommé Charlie Watt à former la Northern Quebec Inuit Association (NQIA). La NQIA et l'Association des Indiens du Québec ont demandé une injonction à la Cour supérieure du Québec en 1972 pour arrêter le projet, un jugement en leur faveur qui a été rapidement renversé mais qui a déclenché des événements menant à un règlement hors cour. Ce règlement est devenu la Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ), signée en novembre 1975, la première grande entente globale sur les revendications territoriales dans le Nord canadien et la première revendication territoriale globale des Inuits au Canada.
Un événement distinct mais traumatisant a été la relocalisation dans le Haut-Arctique des années 1950, où huit familles inuites d'Inukjuak sur la péninsule d'Ungava ont été déplacées de force à Grise Fiord et Resolute pour démontrer la souveraineté canadienne pendant la Guerre froide. On leur avait promis des maisons et du gibier à chasser, mais ils ont découvert qu'il n'y avait aucun bâtiment et très peu de faune familière, et on leur a dit plus tard que l'offre de rentrer chez eux après un an avait été retirée pour protéger les revendications de souveraineté du Canada. Les Inuits relocalisés ont finalement appris les routes de migration locales du béluga et ont survécu en chassant sur une superficie de 18 000 kilomètres carrés chaque année. La Commission royale sur les peuples autochtones a enquêté sur la relocalisation en 1993, publiant un rapport intitulé « La relocalisation dans le Haut-Arctique : Rapport sur la relocalisation de 1953-55 » l'année suivante. Le gouvernement a versé 10 millions de dollars en compensation aux survivants et à leurs familles, et le premier ministre a finalement présenté des excuses officielles en 2010. La CBJNQ a jeté les bases juridiques de la création du Nunavik au sein du Québec, et une entente subséquente, l'Entente sur les revendications territoriales des Inuit du Nunavik couvrant les zones extracôtières et les îles, est entrée en vigueur en 2007 après un processus de négociation de 14 ans entre Makivik et le gouvernement fédéral.

Structure de gouvernance et processus d'autodétermination
La structure de gouvernance du Nunavik découle de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois. L'Administration régionale Kativik (ARK) est la principale administration publique pour les quatorze villages nordiques, avec un conseil composé de représentants municipaux et tous les habitants, tant inuits que non inuits, sont admissibles à voter à ses élections. Elle détient des compétences en administration supramunicipale, en développement économique, en transport, en télécommunications et en protection de la faune, environ 72 % de son financement étant fourni par le gouvernement du Québec, 18 % par le gouvernement fédéral et 10 % provenant d'autres sources de revenus. La Société Makivik, dont le siège est à Kuujjuaq, représente les Inuits du Nord québécois, gère les fonds patrimoniaux de la CBJNQ et promeut le développement économique et social par le biais d'entreprises comme le transport aérien et maritime. Le Service de police régional Kativik, établi en 1996 pour fournir des services policiers dans la région de Kativik, a été renommé Service de police du Nunavik au milieu de 2021. Une proposition visant à établir un Gouvernement régional du Nunavik, qui aurait eu un conseil de style parlementaire élu et des droits sur les redevances des ressources naturelles, a été rejetée par environ 66 % des électeurs lors d'un référendum en 2011.
Depuis l'échec du référendum, les efforts d'autodétermination se sont intensifiés par le biais d'un processus distinct mené par la Société Makivik. La Déclaration des Inuit du Nunavik de 2018, adoptée lors d'une réunion de toutes les organisations du Nunavik, a donné à Makivik le mandat d'établir un gouvernement autochtone basé sur les valeurs, l'héritage, l'identité, la culture et la langue inuites. En 2019, Makivik a nommé Mary Simon, ancienne présidente de Makivik, du Conseil circumpolaire inuit et de l'Inuit Tapiriit Kanatami, ainsi que première ambassadrice du Canada dans l'Arctique, comme négociatrice en chef pour l'autodétermination du Nunavik et le gouvernement inuit. Un Groupe de travail sur la constitution du Nunavik a été établi pour élaborer une constitution du Nunavik en consultation avec les Inuits du Nunavik. Les négociations avec le gouvernement fédéral sur un protocole d'entente directeur ont commencé en octobre 2018, et ces efforts sont fondés sur la reconnaissance du droit inhérent à l'autonomie gouvernementale en vertu de l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 et de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones adoptée par le Canada en 2016. Le gouvernement proposé serait basé sur le territoire, et non sur l'ethnicité, et intégrerait les structures existantes comme l'ARK, la Commission scolaire Kativik et le Conseil régional de la santé et des services sociaux du Nunavik en une nouvelle entité avec une fonction publique responsable de la prestation de services sociaux comme l'éducation et la santé.
La Convention de la Baie-James et du Nord québécois de 1978 a conduit à une plus grande autonomie politique pour la majeure partie de la région du Nunavik avec la fondation de l'Administration régionale Kativik. Tous les habitants des 14 villages nordiques, tant inuits que non inuits, votent aux élections régionales. La Société Makivik, dont le siège est à Kuujjuaq, représente les Inuits du Nord québécois dans leurs relations avec les gouvernements du Québec et du Canada. Les gouvernements du Québec, du Canada et du Nunavik avaient négocié une proposition pour établir un Gouvernement régional du Nunavik, mais cette proposition a été rejetée par environ 66 % des électeurs lors d'un référendum en 2011.
- L'Administration régionale Kativik, établie par la CBJNQ en 1978.
- La Société Makivik, l'organisation de revendications territoriales mandatée pour protéger les droits et intérêts des Inuits.
- Le Service de police du Nunavik, fournissant des services policiers depuis 1996.
- La Convention de la Baie-James et du Nord québécois (1975).
- L'Entente sur les revendications territoriales des Inuit du Nunavik (2007).
- L'Entente Sanarrutik (2002), un partenariat économique avec le Québec sur les ressources.
- L'Entente Sivunirmut (2004), consolidant le financement des programmes en une seule enveloppe.
- La Nation naskapie de Kawawachikamach, qui possède une zone de chasse dans le sud du Nunavik et est représentée à l'ARK.
Démographie, population distincte et vie communautaire
Le recensement de 2021 a enregistré 14 045 habitants au Nunavik, dont environ 90 % sont inuits, une population qui a augmenté en ligne avec les taux de croissance élevés dans les communautés autochtones. La population est répartie dans quatorze villages éloignés sur les rives de la baie d'Hudson, du détroit d'Hudson et de la baie d'Ungava, avec environ 100 Inuits vivant également dans le village cri de Chisasibi dans la baie James. Les villages varient en taille de Kuujjuaq, le centre administratif avec 2 375 personnes, à Aupaluk avec 195 personnes, et la réserve crie de Whapmagoostui forme une enclave sur la rive est de la baie d'Hudson près du village nordique de Kuujjuarapik. Les résidents s'appellent Nunavimmiut, et une étude génétique de 2019 par des chercheurs de l'Institut et hôpital neurologiques de Montréal de l'Université McGill a révélé que les Inuits du Nunavik sont génétiquement distincts de toute autre population connue. Ils possèdent des signatures génétiques distinctes dans les voies liées au métabolisme des lipides, leur permettant de s'adapter à des régimes plus riches en graisses et au froid extrême de l'Arctique canadien, et leurs plus proches parents génétiques sont les Paléo-Esquimaux qui habitaient l'Arctique avant les Inuits. La langue principale est l'inuktitut, et le défi depuis le milieu du 20e siècle a été de maintenir un équilibre entre les valeurs, la langue et la culture inuites et l'adaptation au monde moderne.
La vie communautaire dans les villages est soutenue par des institutions distinctes dirigées par les Inuits et fait face à des défis sociaux importants. La Commission scolaire Kativik, connue sous le nom de Kativik Ilisarniliriniq, dispense l'éducation dans toute la région, et en 2025, il n'existe aucun établissement d'enseignement postsecondaire au Nunavik, bien que la commission et le Collège John Abbott aient conjointement établi certains cours postsecondaires. Le mouvement coopératif est fort grâce à la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec (FCNQ), qui, aux côtés de Makivik, est un moteur économique majeur dans le commerce de détail, l'approvisionnement en pétrole et les télécommunications. Le Nunavik fait face à une surpopulation persistante et à un logement inadéquat, une crise mise en lumière dans le Plan d'action national inuit pour les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA+ inuites disparues et assassinées, et pour l'exercice 2025-2026, 51,6 millions de dollars de financement fédéral ont été alloués à des logements nouveaux et améliorés dans l'Inuit Nunangat. La connectivité communautaire et le partage d'information sont maintenus par des médias comme Taqramiut Nipingat Incorporated (TNI) Radio, qui a diffusé en direct les réunions de toutes les organisations du Nunavik de 2018 et 2019 à toute la région et via Internet aux Inuits vivant à l'extérieur du Nunavik.
| Village | Population (Recensement 2011) |
|---|---|
| Kuujjuaq | 2 375 |
| Aupaluk | 195 |

Secteurs économiques, développement des ressources et partenariats
L'économie du Nunavik combine la chasse de subsistance traditionnelle, l'administration publique et l'extraction de ressources à grande échelle. La région est riche en gisements minéraux, notamment en nickel à la mine Raglan près de Salluit, qui est l'une des plus grandes mines de la région. La production a commencé à la mine en 1997, et sa durée de vie estimée actuelle dépasse 30 ans, avec des plans pour augmenter la production dans une nouvelle mine à Raglan Sud. Le site minier, situé dans le pergélisol subarctique avec une température annuelle moyenne de -10 °C et une température ambiante moyenne souterraine de -15 °C, nécessite des techniques de construction et d'exploitation minière spéciales pour protéger le pergélisol fragile. Il est relié par des routes toutes saisons à l'aéroport de Kattiniq/Donaldson et aux installations de stockage de concentré et de chargement de navires à la baie Deception. Au-delà de l'exploitation minière, le mouvement coopératif est une force économique majeure par le biais de la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec (FCNQ), qui opère dans les secteurs du commerce de détail, de l'approvisionnement en pétrole et des télécommunications, desservant les quatorze villages. La Société Makivik est également un moteur économique important, possédant et exploitant de grandes entreprises rentables dans le transport aérien et maritime, ainsi que dans l'alimentation et la pêche, générant des emplois pour les Inuits et promouvant le développement socio-économique.
Les ententes de partenariat économique avec le gouvernement du Québec ont joué un rôle déterminant dans l'orientation du développement. L'Entente Sanarrutik de 2002 contenait des dispositions sur les ressources hydroélectriques, l'exploitation minière et le développement de parcs, visant à accélérer le développement du Nunavik. L'Entente Sivunirmut de 2004 a renforcé cela en consolidant le financement des programmes gouvernementaux en une seule enveloppe de ressources, ce qui a simplifié la gestion des fonds et donné à l'Administration régionale Kativik une plus grande autonomie pour établir ses priorités pour les initiatives impliquant les villages nordiques. Ces ententes s'inscrivent dans le contexte plus large de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, qui consacre les droits de récolte et les régimes de gestion des ressources et établit des catégories de terres avec des degrés variables de contrôle autochtone et de la Couronne. L'Entente plus récente sur les revendications territoriales des Inuit du Nunavik de 2007, qui couvre la gestion des zones extracôtières et des îles dans les baies d'Hudson et d'Ungava, offre également de nouvelles opportunités au Nunavik de bénéficier du développement des ressources, avec plus de 30 ans d'expérience de mise en œuvre des revendications territoriales guidant l'utilisation des nouveaux droits et compensations pour améliorer le bien-être économique et social.
Pratiques culturelles, arts et institutions sociales
La culture inuite au Nunavik maintient un lien fort avec le territoire et les activités traditionnelles comme la chasse au caribou, au phoque et aux mammifères marins, bien que le début du 20e siècle ait vu les chasseurs abandonner les armes traditionnelles au profit des armes à feu. Une pratique culturelle distinctive est le katajjaq, ou chant de gorge, appelé Kattajaq en inuktitut, qui implique un concours amical entre deux femmes qui se font face et imitent les sons de la nature comme le vent, l'eau qui coule d'une rivière ou les cris d'animaux. La scène artistique a des liens étroits avec la culture inuite et l'environnement naturel, les Nunavimmiut sculptant des sculptures en stéatite similaires à leurs voisins du Nunavut, et la région a un drapeau proposé conçu par l'artiste Thomassie Mangiok lors d'une consultation Plan Nunavik à Ivujivik en 2013. La langue inuite, l'inuktitut, est activement promue parallèlement à la nécessité de s'adapter au monde moderne, un équilibre qui a été un défi depuis la seconde moitié du 20e siècle. Après la Seconde Guerre mondiale, la société inuite a été considérablement affectée par l'introduction des premiers programmes gouvernementaux fédéraux en éducation, soins de santé et logement, conduisant à un établissement permanent et à des structures sociales qui reflètent de plus en plus celles des sociétés canadiennes du sud.
Les institutions sociales au Nunavik sont largement administrées par les Inuits, découlant de la CBJNQ. La Commission scolaire Kativik (Kativik Ilisarniliriniq) dispense l'éducation, et depuis 1985, les étudiants du Nunavik ont formé des groupes à Montréal en se concentrant autour de certains appartements lorsqu'ils poursuivaient leurs études à l'extérieur de la région. Les services de santé et sociaux sont gérés par le Conseil régional de la santé et des services sociaux du Nunavik. Le mouvement coopératif par le biais de la FCNQ joue un rôle majeur dans la vie économique et communautaire. Le Nunavik fait face à de graves défis sociaux, y compris la crise des femmes, filles et personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones disparues et assassinées, qui est abordée dans le Plan d'action national inuit répondant aux appels à la justice de l'Enquête nationale. La Voie fédérale pour s'attaquer à la tragédie des femmes, des filles et des personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones disparues et assassinées du gouvernement fédéral reconnaît les défis uniques auxquels font face les communautés inuites, y compris l'insécurité économique et les préjudices à la langue et à la continuité culturelle. Les événements communautaires et les réunions politiques, comme l'assemblée générale annuelle de Makivik tenue à Aupaluk en mars 2019 où la résolution sur l'autodétermination a été adoptée, sont diffusés en direct via TNI Radio, assurant une large participation communautaire et un partage d'information à travers le vaste territoire.
Représentation politique et fondements constitutionnels
La représentation politique du Nunavik existe à plusieurs niveaux au sein des systèmes politiques canadien et québécois. Au Québec, la région fait partie de la circonscription provinciale d'Ungava, les résidents du Nunavik constituant un peu moins de la moitié de la population totale de la circonscription. Le gouvernement du Québec a exprimé le souhait d'ajouter un siège distinct à l'Assemblée nationale pour représenter le Nunavik, qui serait la deuxième circonscription la moins peuplée de la province, légèrement plus peuplée que les Îles-de-la-Madeleine qui existe sous une exception aux lois sur la répartition de la population. Sur la scène nationale, les Inuits du Nunavik ont été des acteurs clés lors des négociations constitutionnelles de 1982 qui ont affirmé les droits ancestraux et issus de traités à l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, offrant une protection constitutionnelle aux ententes globales sur les revendications territoriales. Charlie Watt, fondateur de la Northern Quebec Inuit Association, a été sénateur canadien pendant 34 ans jusqu'à sa retraite en 2018, après quoi il a été élu président de Makivik. Mary Simon, la négociatrice en chef pour l'autodétermination, est une ancienne ambassadrice du Canada au Danemark et dans l'Arctique, a contribué à la rédaction de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et a joué un rôle déterminant dans la création du Conseil de l'Arctique en 1996.
L'orientation politique future du Nunavik est fermement axée sur le processus d'autodétermination fondé sur ces instruments constitutionnels et internationaux. Le processus est explicitement basé sur le droit inhérent à l'autonomie gouvernementale reconnu comme un droit ancestral existant en vertu de l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 et de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, que le Canada a adoptée en 2016. Les négociations en cours visent à établir un gouvernement des Inuit du Nunavik qui gérerait ses propres affaires sur la base des valeurs, de l'héritage, de l'identité, de la culture et de la langue inuites, tout en assurant que tous les résidents du territoire, quelle que soit leur origine ethnique, puissent participer pleinement à la nouvelle structure gouvernementale. Cela représente une continuation de la distinction politique de la région, qui a une langue, une culture, un climat et un comportement électoral différents du reste du Québec, et fait partie de la tendance plus large vers la dévolution dans les territoires arctiques du Canada. Bien que le Québec et le Canada maintiendraient leur pleine juridiction, l'établissement réussi d'un tel gouvernement marquerait un nouveau chapitre dans la mise en œuvre du « nouveau départ » envisagé par Makivik lors de la signature de la première revendication territoriale en 1975.
Nunavik : questions fréquentes
Que signifie le nom Nunavik ?
Le nom Nunavik vient du dialecte local de l'inuktitut et signifie « grande terre ». Ce nom reflète le vaste territoire et le lien profond que le peuple inuit entretient avec sa terre ancestrale. Les habitants inuits de la région se désignent eux-mêmes comme Nunavimmiut. Le Nunavik est l'une des quatre régions inuites qui forment ensemble l'Inuit Nunangat, la patrie des Inuits au Canada.
Où se situe le Nunavik ?
Le Nunavik constitue le tiers nord de la province de Québec, au Canada. Il est situé au nord du 55e parallèle et est presque coextensif avec la région de Kativik. Il est bordé par la baie d'Hudson à l'ouest, le détroit d'Hudson et la baie d'Ungava au nord, et partage des frontières avec la région de la Côte-Nord du Québec et le Labrador. La péninsule d'Ungava constitue les deux tiers nord du Nunavik.
Qu'était la Convention de la Baie-James et du Nord québécois ?
La Convention de la Baie-James et du Nord québécois a été une entente historique. Elle a conduit à une plus grande autonomie politique pour la majeure partie de la région du Nunavik avec la fondation de l'Administration régionale Kativik. Cette entente a jeté les bases juridiques initiales de la création du Nunavik au sein du Québec. Elle a résulté de la première organisation politique des Inuits au Canada, la Northern Quebec Inuit Association, qui s'est battue pour aboutir à la Convention de la Baie-James et du Nord québécois.
Qui gouverne le Nunavik ?
Le Nunavik est gouverné par une structure établie par la CBJNQ. L'Administration régionale Kativik (ARK) est la principale administration publique pour les quatorze villages nordiques. La Société Makivik, basée à Kuujjuaq, représente les droits des Inuits et gère les fonds de compensation et le développement économique. Le maintien de l'ordre est assuré par le Service de police du Nunavik. Il existe également un processus en cours vers une plus grande autodétermination, avec des négociations menées par la négociatrice en chef Mary Simon pour établir un gouvernement des Inuit du Nunavik.
Quelles sont les principales activités économiques au Nunavik ?
L'économie du Nunavik comprend la chasse traditionnelle, l'emploi dans le secteur public et le développement des ressources. L'exploitation minière est importante, notamment la mine de nickel Raglan près de Salluit. Le mouvement coopératif, par le biais de la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec, est un acteur majeur dans le commerce de détail et l'approvisionnement. La Société Makivik gère des entreprises dans le transport aérien et maritime. Les partenariats économiques avec le Québec, comme l'Entente Sanarrutik, orientent également le développement dans des secteurs comme l'hydroélectricité et les parcs.
Comment les changements climatiques affectent-ils le Nunavik ?
Les changements climatiques affectent profondément le Nunavik, les communautés signalant des hivers plus courts et plus chauds. Cela entraîne un amincissement de la glace de mer, ce qui pose des risques pour les déplacements et la chasse. Les températures plus chaudes provoquent une croissance accrue de la végétation et le dégel du pergélisol. Les changements dans les précipitations affectent les niveaux et la qualité de l'eau douce, liés à des problèmes de santé comme les maladies gastro-intestinales. Les niveaux environnementaux de plomb sont également préoccupants, le Nunavik ayant les concentrations sanguines de plomb les plus élevées chez les mères au Canada, une situation influencée à la fois par les pratiques de chasse historiques et les changements climatiques.
Sources et lectures complémentaires
- Nunavik (Wikipédia, en anglais)
- Nunavik (indigenouspeoplesatlasofcanada.ca)
- Inuit (quebec.ca)
- Nunavik Inuit Pass Significant Self-Determination Resolution (makivvik.ca)
- 2025 to 2026 Highlight report: Inuit (rcaanc-cirnac.gc.ca)
Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-23.





