Le terrorisme au Canada
Le terrorisme au Canada englobe les actes de violence ou les menaces visant à intimider la population ou à contraindre les gouvernements pour des motifs politiques, religieux ou idéologiques, tels que définis par la loi canadienne. Son histoire inclut à la fois l'extrémisme domestique, comme la crise d'octobre 1970 impliquant le FLQ, et le terrorisme international, dont l'attentat le plus meurtrier reste le bombardement du vol 182 d'Air India en 1985. Au 21e siècle, la menace a évolué pour inclure des attaques inspirées par des organisations terroristes étrangères comme l'EI, comme en témoignent les attaques de 2014 à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa. La réponse du gouvernement canadien repose sur un cadre juridique complet, des agences de sécurité dédiées et une stratégie nationale de lutte contre le terrorisme.
Cadre juridique et politique
Le fondement de l'approche canadienne en matière de terrorisme est sa définition légale, codifiée dans le Code criminel. Une activité terroriste y est définie comme un acte ou une omission, au Canada ou à l'étranger, entrepris pour un motif politique, religieux ou idéologique dans l'intention d'intimider le public quant à sa sécurité, y compris sa sécurité économique, ou de contraindre une personne, un gouvernement ou une organisation à agir ou à s'abstenir d'agir. Cet acte doit intentionnellement causer des formes spécifiques de préjudice grave, comme la mort, des lésions corporelles graves, un danger pour la vie ou une entrave grave aux infrastructures essentielles. Le ministre principalement responsable de la sécurité nationale et de la lutte contre le terrorisme est le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, qui dirige Sécurité publique Canada. D'autres ministres clés dans ce domaine incluent le ministre des Affaires étrangères et le ministre de la Défense nationale. Le régime juridique a été considérablement renforcé après les attaques du 11 septembre 2001 avec l'adoption de la Loi antiterroriste, déposée sous la forme du projet de loi C-36 le 15 octobre 2001. Cette législation a modifié plusieurs lois, dont le Code criminel, la Loi sur les secrets officiels, la Loi sur la preuve au Canada et la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité, a créé une liste d'entités terroristes et a remplacé la Loi sur les secrets officiels par la Loi sur la protection de l'information. D'autres modifications sont intervenues avec la Loi sur la lutte contre le terrorisme en 2013, qui a créé quatre nouvelles infractions pour empêcher les individus de quitter le Canada à des fins liées au terrorisme. La Loi sur la justice pour les victimes du terrorisme permet aux victimes de poursuivre les auteurs et les soutiens étatiques du terrorisme devant les tribunaux canadiens, tandis que des modifications à la Loi sur l'immunité des États permettent des poursuites contre des pays inscrits sur la liste comme la Syrie et l'Iran, qui y ont été ajoutés en 2012. En vertu du Code criminel, une personne qui commet une attaque terroriste ou en donne l'ordre à quelqu'un d'autre écope d'une peine d'emprisonnement à perpétuité obligatoire, tandis que toute personne qui facilite une attaque est passible d'une peine maximale de dix ans de prison. Le Service des poursuites pénales du Canada poursuit ces infractions au nom du gouvernement fédéral. Pour l'inscription des entités terroristes, la Loi antiterroriste prévoit que le gouverneur en conseil peut établir une liste par règlement sur recommandation du ministre de la Sécurité publique, visant les entités qui ont sciemment mené, tenté, participé à ou facilité une activité terroriste. Le Plan antiterroriste du gouvernement, dont la Loi antiterroriste était un élément clé, avait quatre objectifs, notamment empêcher les terroristes d'entrer au Canada et les traduire en justice. Ce cadre juridique est conçu pour répondre aux obligations internationales du Canada en vertu de la résolution 1373 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée le 28 septembre 2001, qui exigeait des États membres qu'ils préviennent le financement du terrorisme et refusent un sanctuaire aux terroristes.

Incidents historiques clés et évolution des menaces
Le Canada a connu du terrorisme provenant à la fois de mouvements séparatistes internes et d'idéologies internationales sur plusieurs décennies. La crise d'octobre 1970, impliquant le Front de libération du Québec (FLQ), a été un événement domestique fondateur qui a inclus les enlèvements du diplomate britannique James Cross et du ministre du Travail du Québec Pierre Laporte, dont le meurtre a conduit à l'invocation de la Loi sur les mesures de guerre. L'acte terroriste le plus meurtrier de l'histoire canadienne s'est produit le 23 juin 1985, lorsque le vol 182 d'Air India a été détruit par une bombe, tuant les 329 personnes à bord, dont 280 Canadiens. Un bombardement connexe à l'aéroport de Narita au Japon a tué deux préposés au chargement des bagages. Cette attaque, liée à l'extrémisme sikh, a conduit à une enquête publique majeure lancée le 1er mai 2006, qui a examiné des questions comme le financement du terrorisme et la coopération interagences. De décembre 2011 à juillet 2012, le gouvernement canadien a offert un paiement ex gratia unique aux familles des victimes en guise de démonstration de sollicitude face au mépris administratif qu'elles avaient subi. La tragédie a conduit à l'établissement d'une Journée nationale de commémoration pour les victimes du terrorisme observée chaque 23 juin. Le profil de la menace a évolué au 21e siècle avec l'émergence du terrorisme inspiré par des groupes extrémistes islamistes comme Al-Qaïda et plus tard l'État islamique (EI). En octobre 2014, deux attaques se sont produites à quelques jours d'intervalle. Le 20 octobre, Martin Couture-Rouleau, qui utilisait le pseudonyme en ligne Ahmad LeConverti, a foncé sur deux membres des Forces armées canadiennes à Saint-Jean-sur-Richelieu, tuant l'adjudant Patrice Vincent. Le 22 octobre, Michael Zehaf-Bibeau a abattu le caporal Nathan Cirillo au Monument commémoratif de guerre à Ottawa avant de se diriger vers l'édifice du Centre du Parlement où il a été tué dans une fusillade. Ces incidents, motivés par l'idéologie de l'EI et la participation du Canada aux frappes aériennes contre le groupe, ont montré le défi des attaques d'acteurs isolés. Des menaces plus récentes incluent l'émergence de réseaux extrémistes en ligne décentralisés comme l'entité désignée sous le nom de 764, un réseau transnational d'extrémistes violents nihilistes dont les membres se livrent à des activités criminelles pour éroder les normes sociales. Ce réseau a été lié à des incidents incluant un cas en février 2024 en Alberta où un membre de 14 ans a été accusé de possession de pornographie juvénile et de crimes liés à des explosifs, et une attaque au couteau en janvier 2025 en Suède par un mineur qui a téléversé une vidéo depuis un compte lié à 764.
Les incidents et complots historiques notables incluent plusieurs affaires majeures qui ont façonné la réponse sécuritaire du Canada. La crise d'octobre 1970 impliquant le FLQ a été un moment déterminant en matière de terrorisme domestique. Le bombardement du vol 182 d'Air India en 1985 a entraîné la plus grande perte de vie humaine due à un seul acte terroriste. Une série d'arrestations en 2006 dans la région du Grand Toronto a impliqué des individus accusés d'avoir planifié des attaques. Les attaques de 2014 à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa ont marqué les premières attaques mortelles réussies par des individus inspirés par l'EI. La fusillade de 2017 dans une mosquée de Québec a été un acte violent contre une communauté religieuse. L'attaque à la camionnette de Toronto en 2018, bien que non classée légalement comme terrorisme, a utilisé des tactiques terroristes. L'attaque au couteau de 2020 à Toronto a été inspirée par l'idéologie de l'EI. D'autres opérations significatives incluent le Projet Shock, lancé par la GRC après les attaques du 9/11 pour recueillir des informations sur les menaces potentielles provenant de musulmans au Canada, et le Projet Thread, une opération policière de 2003 qui a conduit à l'arrestation de 24 immigrants dans la région du Grand Toronto pour des liens présumés avec Al-Qaïda. Le gouvernement du Canada a interdit plus de 52 organisations terroristes. Parmi elles figurent Al-Qaïda, le Groupe islamique armé, Euskadi Ta Askatasuna (ETA), les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), la Fédération internationale de la jeunesse sikhe, le Front de libération de la Palestine, le Front populaire de libération de la Palestine, le Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général, le Hamas, le Jihad islamique palestinien, le Hezbollah, Kahane Chai et les Talibans. En 2019, Combat 18 et Blood & Honour ont été les premiers groupes néonazis au Canada à être interdits par le gouvernement. En avril 2006, le gouvernement canadien a désigné les Tigres de libération de l'Eelam tamoul comme groupe terroriste. En décembre de la même année, le gouvernement a étendu l'interdiction fédérale du Hezbollah de la seule branche militante à l'ensemble de ses 16 sous-organisations.
Institutions et coordination de la lutte contre le terrorisme
Un large éventail d'organisations fédérales travaille à prévenir, enquêter et répondre aux menaces terroristes au Canada, opérant dans un cadre coordonné. Le Service canadien du renseignement de sécurité est la principale agence nationale de renseignement, responsable de la collecte, de l'analyse et de la production de rapports sur les menaces à la sécurité, et il héberge le Centre des opérations mondiales. Le SCRS accueille également le Centre intégré d'évaluation de la menace terroriste, une initiative coopérative visant à faciliter le partage et l'analyse de l'information du renseignement au sein de la communauté du renseignement canadienne et auprès des premiers intervenants comme les forces de l'ordre. La Gendarmerie royale du Canada détient la responsabilité principale de l'application de la loi en matière de sécurité nationale et des enquêtes criminelles en vertu de la Loi sur les infractions en matière de sécurité, et elle mène des enquêtes extraterritoriales sur les activités terroristes commises contre ou par un citoyen canadien à l'étranger. La GRC opère les Équipes intégrées de la police nationale des mesures d'exécution qui rassemblent des ressources policières et de renseignement fédérales, provinciales et municipales pour collecter, partager et analyser l'information pour les enquêtes criminelles et les évaluations de la menace. La GRC gère également l'initiative des Agents d'information sur le contre-terrorisme pour fournir une formation de sensibilisation au terrorisme aux premiers intervenants et opère un Centre national des opérations comme centre de commandement ouvert 24 h sur 24, 7 jours sur 7. Pour la coordination des interventions d'urgence, le Centre des opérations gouvernementales, sous l'égide de Sécurité publique Canada, soutient la coordination pangouvernementale pendant les incidents critiques et les événements majeurs au nom du gouvernement fédéral. Les Forces armées canadiennes, par le biais du Commandement du Canada qui coordonne avec d'autres ministères fédéraux, et les unités des forces spéciales comme la Force opérationnelle interarmées 2, qui existe pour combattre le terrorisme et les menaces contre les Canadiens au pays et à l'étranger, peuvent être appelées à soutenir les réponses aux incidents terroristes en vertu de la Loi sur la défense nationale ou de la prérogative royale.
D'autres agences critiques forment un réseau étendu soutenant les efforts de lutte contre le terrorisme sous différents angles. L'Agence des services frontaliers du Canada contrôle les voyageurs et surveille les flux transfrontaliers de devises, avec son programme de contrôle de sécurité en immigration qui détecte les mouvements de sujets d'intérêt potentiels demandant la résidence ou le statut de réfugié en vertu de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés. Le Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada travaille à prévenir et à décourager le financement du terrorisme en vertu de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes. Le Centre de la sécurité des télécommunications, administré sous l'égide du ministère de la Défense nationale, est responsable du renseignement électromagnétique étranger et de la protection des réseaux de communication électronique du gouvernement. Transports Canada est le ministère responsable de la sécurité des transports pour les systèmes aériens, maritimes, ferroviaires et routiers, opérant en vertu de lois comme la Loi sur l'aéronautique et la Loi sur la sûreté du transport maritime. L'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien gère le contrôle de sûreté aérien, tandis que le Centre canadien pour la cybersécurité se concentre sur la préparation et la réponse en matière de cybersécurité nationale. Le soutien politique et d'évaluation provient du Secrétariat de la sécurité et du renseignement du Bureau du Conseil privé, qui soutient le Conseiller à la sécurité nationale et coordonne les comités, et de son Personnel d'évaluation internationale, qui fournit des évaluations neutres sur le plan politique des développements étrangers. Le Conseiller à la sécurité nationale est responsable de fournir des conseils sur la sécurité et le renseignement au premier ministre, de coordonner la communauté de la sécurité et du renseignement et de superviser l'évaluation du renseignement. Diverses organisations fédérales, en particulier le Centre canadien d'engagement et de prévention de la violence, collaborent étroitement avec des partenaires des Five Eyes (États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Nouvelle-Zélande), du Groupe des Sept (G7) et de l'Union européenne. Le gouvernement canadien participe également à la Coalition mondiale contre Daech, un partenariat de 79 pays qui travaille à vaincre Daech par des activités comme empêcher le flux de combattants terroristes étrangers à travers les frontières.
Évaluation de la menace et stratégie nationale
Le gouvernement canadien évalue la menace terroriste par le biais du Niveau de menace terroriste nationale communiqué publiquement, qui identifie la probabilité qu'un acte de terrorisme violent se produise au Canada. Au 22 mai 2021, le niveau est fixé à Moyen, indiquant qu'un acte de terrorisme violent pourrait se produire, et ce niveau est en vigueur depuis octobre 2014. Une cote Moyen signifie que les renseignements indiquent que les groupes et individus extrémistes, tant au Canada qu'à l'étranger, ont l'intention et la capacité de mener une attaque au Canada. Le document stratégique global guidant les efforts du gouvernement est la stratégie de lutte contre le terrorisme de 2013 intitulée Renforcer la résilience face au terrorisme, qui a été la première stratégie de ce type au Canada. Cette stratégie repose sur quatre piliers : Prévenir l'engagement des individus dans le terrorisme, Détecter rapidement les activités terroristes, Refuser aux terroristes les moyens et les occasions d'agir, et Répondre efficacement pour atténuer les effets des attaques. Elle vise à contrer à la fois le terrorisme domestique et international pour protéger le Canada, ses citoyens et ses intérêts à l'étranger, et elle évalue la nature et l'ampleur de la menace tout en établissant les principes de base des activités gouvernementales. La stratégie met l'accent sur l'engagement communautaire et le renforcement de la résilience sociétale pour contrer les idéologies extrémistes violentes, affirmant que la sécurité des Canadiens est la priorité absolue du gouvernement. Le Conseiller à la sécurité nationale du premier ministre coordonne la communauté de la sécurité et du renseignement et supervise l'évaluation du renseignement, soutenu par le Secrétariat de la sécurité et du renseignement du Bureau du Conseil privé. Cette approche structurée est conçue pour équilibrer les mesures de sécurité avec la protection des droits et libertés des Canadiens tels qu'énoncés dans la Charte canadienne des droits et libertés, et elle opère de concert avec les partenaires internationaux tout en étant une solution conçue au Canada.
L'évaluation du renseignement est une fonction critique répartie entre plusieurs agences clés au sein de l'appareil de sécurité canadien. Le Service canadien du renseignement de sécurité compile des informations provenant de ses propres collectes et d'autres sources pour fournir au Parlement des évaluations du renseignement sur les menaces terroristes. Le Centre intégré d'évaluation de la menace terroriste, hébergé au SCRS, intègre le renseignement provenant de divers ministères et agences ainsi que de partenaires externes pour produire ses évaluations pour le gouvernement et les premiers intervenants. Le Centre de la sécurité des télécommunications fournit du renseignement électromagnétique étranger qui contribue au tableau global de la menace. Le Personnel d'évaluation internationale du Bureau du Conseil privé aide à coordonner les efforts de la communauté d'évaluation canadienne et fournit aux clients gouvernementaux de haut niveau des évaluations des développements et tendances étrangers pouvant affecter les intérêts canadiens. Ce processus d'évaluation multiagences garantit que les niveaux de menace et les réponses stratégiques sont basés sur une analyse complète de toutes les informations disponibles, provenant à la fois des enquêtes domestiques et du partage du renseignement international. L'engagement du gouvernement envers cette stratégie a été réitéré avec le dépôt du projet de loi C-59 en juin 2017, une législation conçue pour renforcer la sécurité nationale tout en sauvegardant les droits et libertés, reflétant une évolution continue de la réponse politique. Le 11 décembre 2018, le Centre canadien d'engagement et de prévention de la violence a lancé la « Stratégie nationale de prévention de la radicalisation menant à la violence », qui explique la radicalisation menant à la violence et décrit l'approche et les priorités clés du gouvernement fédéral pour contrer et prévenir ce phénomène. La mise en œuvre de la Stratégie nationale est supervisée par le Comité national d'experts sur la prévention de la radicalisation menant à la violence.
Mesures de sécurité financière et frontalière
Perturber le flux d'argent vers les organisations terroristes est une composante critique des efforts canadiens de lutte contre le terrorisme, traitée par un régime juridique et administratif spécifique. La législation principale abordant cette question est la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes, qui fonctionne aux côtés de la Loi de l'impôt sur le revenu et de la Loi sur l'enregistrement des organismes de bienfaisance (renseignements de sécurité). Ce régime est conçu pour prévenir et réprimer le financement des actes terroristes, criminaliser la fourniture volontaire de fonds pour le terrorisme et s'assurer que les organismes à but non lucratif ne soient pas détournés, conformément à la résolution 1373 du Conseil de sécurité des Nations Unies et aux Recommandations spéciales du GAFI sur le financement du terrorisme adoptées en octobre 2001. Le Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada est l'agence dédiée à la collecte, à l'analyse et à la divulgation du renseignement financier lié au blanchiment d'argent et au financement des activités terroristes. La Direction générale des organismes de bienfaisance de l'Agence du revenu du Canada examine les demandes, effectue des vérifications et collecte du renseignement multisource pour détecter et traiter les risques pour le secteur caritatif canadien en vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu et des lois connexes. Le ministère des Finances dirige les efforts canadiens dans les activités internationales connexes, particulièrement concernant les travaux du Groupe d'action financière sur le blanchiment d'argent. À la frontière, la sécurité est gérée en vertu de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, qui facilite l'évaluation de l'admissibilité pour ceux qui demandent la résidence temporaire ou permanente ou le statut de réfugié. L'Agence des services frontaliers du Canada effectue le contrôle de sécurité en immigration pour détecter les mouvements de sujets d'intérêt potentiels et surveille le flux transfrontalier de devises, avec le pouvoir de saisir les devises non déclarées soupçonnées d'être liées à la criminalité ou au financement du terrorisme.
Le gouvernement utilise des instruments juridiques spécifiques en vertu de la LIPR pour gérer les menaces provenant de non-citoyens au Canada. Des certificats de sécurité peuvent être émis pour détenir et expulser les étrangers et tous les autres non-citoyens résidant au Canada qui sont perçus comme une menace pour la sécurité nationale. Un certificat peut être émis contre un résident permanent ou tout non-citoyen soupçonné de violations des droits de la personne ou d'appartenance au crime organisé, en plus des menaces terroristes. Cet outil permet l'éloignement des individus qui présentent un risque pour la sécurité mais ne peuvent être poursuivis devant un tribunal public pour des raisons de confidentialité de la sécurité nationale. Le mouvement transfrontalier des menaces potentielles est une responsabilité conjointe de l'ASFC et d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, qui travaillent ensemble pour évaluer les demandes et appliquer les décisions d'admissibilité. Ces mesures financières et frontalières sont intégrales au pilier Refuser de la stratégie canadienne de lutte contre le terrorisme, visant à refuser aux terroristes les moyens et les occasions de mener leurs activités en coupant les financements et en restreignant leur capacité à entrer ou à opérer au Canada. Le fonctionnement continu de ces systèmes repose sur la coopération interagences et le partage d'informations internationales pour suivre les transactions et mouvements suspects à l'échelle mondiale. Sécurité publique Canada et Transports Canada supervisent conjointement la liste d'interdiction de vol canadienne, appelée le Programme de protection des passagers, qui identifie les individus pouvant présenter une menace pour la sécurité aérienne et les empêche de monter à bord d'un aéronef.
Tendances récentes et contexte statistique
Bien que le Canada connaisse moins d'incidents terroristes que de nombreux autres pays, la nature de la menace continue d'évoluer avec de nouveaux défis émergeant de la radicalisation en ligne et des réseaux décentralisés. Selon l'Indice mondial du terrorisme 2026, le Canada a enregistré des incidents depuis 2007 ayant entraîné un total de 28 décès. Les années 2017 et 2018 ont été particulièrement graves, avec 18 décès et 52 incidents combinés, influencés par la fusillade de la mosquée de Québec en 2017 et l'attaque à la camionnette de Toronto en 2018 que les forces de l'ordre n'ont pas reliée au terrorisme. La tendance des dernières années a impliqué des attaques perpétrées par des individus inspirés par la propagande extrémiste en ligne plutôt que dirigées par des cellules terroristes formelles, un changement qui rend la détection et la perturbation exponentiellement plus difficiles. Ces acteurs isolés utilisent souvent des tactiques simples comme les attaques par véhicule-bélier ou au couteau, qui nécessitent peu de planification ou de coordination. La réponse à ces menaces évolutives implique une adaptation continue des pratiques de sécurité et de renseignement, avec un accent sur la surveillance des espaces en ligne pour la radicalisation et les indicateurs de menace par des initiatives comme la formation des Agents d'information sur le contre-terrorisme de la GRC pour les premiers intervenants. Le gouvernement travaille également à contrer les récits extrémistes par des programmes de prévention menés par les communautés et en s'attaquant aux causes profondes de la radicalisation dans le cadre d'une approche large et multifacettes. Le niveau de menace nationale Moyen persistant reflète l'évaluation selon laquelle les conditions sous-jacentes pour de telles attaques demeurent, avec à la fois l'intention et la capacité présentes parmi les éléments extrémistes.
Le gouvernement canadien affirme qu'il n'y a pas eu d'augmentation, et qu'il n'en attend pas, du nombre de Voyageurs extrémistes canadiens (VEC) qui sont retournés au Canada. Le nombre total de VEC identifiés par le gouvernement comprend environ 190 individus ayant un lien avec le Canada, et près de 60 qui sont retournés. En 2026, le Service canadien du renseignement de sécurité a déclaré que les extrémistes khalistanis constituaient une menace pour la sécurité nationale, soulignant que le groupe utilise des institutions pour promouvoir son « programme extrémiste violent » dans le pays. L'agence, dans son Rapport public 2025, avait déclaré que l'implication d'extrémistes khalistanis basés au Canada (EKBC) dans des activités violentes « continue de représenter une menace pour la sécurité nationale du Canada et pour les intérêts canadiens ». Le Projet Kanishka était une initiative de 10 millions $ CA sur cinq ans de Sécurité publique Canada qui a fourni du financement à la recherche sur des questions liées au terrorisme affectant le Canada. Annoncé en juin 2011, il a financé près de 70 projets et contribué à l'organisation de divers événements liés à la discussion sur la lutte contre le terrorisme. Le Réseau canadien pour la recherche sur le terrorisme, la sécurité et la société (TSAS), situé à l'Université de Waterloo, est un réseau de recherche universitaire destiné à former une recherche multidisciplinaire sur la radicalisation terroriste. Il a été créé en 2012 avec un financement à la fois du Projet Kanishka et d'une subvention du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH).
| Métrique | Détail |
|---|---|
| Total des décès dus au terrorisme (2007 à 2026) | 28 décès (Indice mondial du terrorisme 2026) |
| Attaque unique la plus meurtrière | Vol 182 d'Air India (1985), 329 tués |
| Niveau de menace nationale (2014 à 2021+) | Moyen |
| Réponse législative clé post-11 septembre | Loi antiterroriste (2001) |
| Stratégie principale de lutte contre le terrorisme | Renforcer la résilience face au terrorisme (2013) |
| Paiements ex gratia pour les familles d'Air India | Paiements effectués pour 275 victimes (2011 à 2012) |
| Voyageurs extrémistes canadiens identifiés | ~190 individus ayant un lien avec le Canada |
| Voyageurs extrémistes canadiens retournés | ~60 individus |
| Organisations terroristes interdites | Plus de 52 organisations |
| Financement du Projet Kanishka | 10 millions $ CA sur cinq ans |
| Budget annuel du Fonds pour la résilience communautaire | 7 millions $ disponibles chaque année (à partir de 2019‑2020) |
Le terrorisme au Canada : questions fréquentes
Quelle a été l'attaque terroriste la plus meurtrière de l'histoire canadienne ?
L'attaque terroriste la plus meurtrière de l'histoire canadienne a été le bombardement du vol 182 d'Air India le 23 juin 1985. L'explosion a tué les 329 passagers et membres d'équipage à bord, dont 280 citoyens canadiens. Un bombardement connexe à l'aéroport de Narita au Japon le même jour a tué deux préposés au chargement des bagages. Cette tragédie est commémorée chaque année lors de la Journée nationale de commémoration pour les victimes du terrorisme.
Quel est le niveau actuel de menace terroriste au Canada ?
Au 22 mai 2021, le Niveau de menace terroriste nationale du Canada est Moyen. Ce niveau est en vigueur depuis octobre 2014 et indique qu'un acte de terrorisme violent pourrait se produire. La cote Moyen signifie spécifiquement que les groupes et individus extrémistes, tant au Canada qu'à l'étranger, sont évalués comme ayant à la fois l'intention et la capacité de mener une attaque terroriste au Canada. Le gouvernement canadien utilise ce système pour identifier la probabilité qu'un acte terroriste se produise.
Qu'est-ce que la Loi antiterroriste ?
La Loi antiterroriste est une pièce législative clé adoptée par le Parlement canadien à la suite des attaques du 11 septembre 2001. Déposée sous la forme du projet de loi C-36 le 15 octobre 2001, il s'agit d'une loi modificatrice qui a changé plusieurs lois, dont le Code criminel. La Loi antiterroriste a créé un cadre juridique pour définir l'activité terroriste, établi une liste d'entités terroristes et introduit de nouveaux outils d'enquête et infractions. Elle a également remplacé la Loi sur les secrets officiels par la Loi sur la protection de l'information.
Quelles agences gouvernementales sont responsables de la lutte contre le terrorisme au Canada ?
Plusieurs agences fédérales partagent les responsabilités de lutte contre le terrorisme. Le Service canadien du renseignement de sécurité est la principale agence de renseignement, tandis que la Gendarmerie royale du Canada a la responsabilité principale de l'application de la loi. L'Agence des services frontaliers du Canada s'occupe de la sécurité frontalière, et le Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada suit le financement du terrorisme. Le Centre de la sécurité des télécommunications fournit du renseignement électromagnétique étranger, et les Forces armées canadiennes peuvent être déployées en réponse à des incidents. D'autres organismes clés incluent le Centre intégré d'évaluation de la menace terroriste et le Centre canadien d'engagement et de prévention de la violence.
Quelle a été la signification des attaques d'octobre 2014 au Canada ?
Les attaques de Saint-Jean-sur-Richelieu et d'Ottawa en octobre 2014 ont marqué un changement significatif, représentant les premières attaques mortelles réussies sur le sol canadien inspirées par l'État islamique (EI). Le 20 octobre, Martin Couture-Rouleau a tué l'adjudant Patrice Vincent dans une attaque par véhicule. Deux jours plus tard, Michael Zehaf-Bibeau a abattu le caporal Nathan Cirillo au Monument commémoratif de guerre avant de prendre d'assaut l'édifice du Centre du Parlement. Ces attaques d'acteurs isolés ont mis en lumière les défis de détection et de prévention des attaques par des individus auto-radicalisés.
Les victimes du terrorisme peuvent-elles poursuivre les auteurs au Canada ?
Oui, les victimes du terrorisme peuvent poursuivre les auteurs et leurs soutiens en vertu de la Loi sur la justice pour les victimes du terrorisme. Cette loi permet des poursuites pour perte ou dommage résultant d'un acte de terrorisme commis au Canada ou à l'étranger. Des modifications à la Loi sur l'immunité des États permettent également des poursuites contre les pays inscrits par le Canada comme soutiens étatiques du terrorisme, comme la Syrie et l'Iran qui ont été inscrits en 2012. Ces lois permettent aux victimes de demander réparation devant les tribunaux canadiens.
Sources et lectures complémentaires
- Le terrorisme au Canada (Wikipédia, en anglais)
- Currently listed entities (publicsafety.gc.ca)
- Canada's New Challenges Facing Terrorism At Home (cgai.ca)
- Premier's statement on National Day of Remembrance for ... (news.gov.bc.ca)
- About the Anti-terrorism Act (justice.gc.ca)
Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-30.





