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dimanche 1 novembre 2026 Actualités et politique nationales

Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés

La Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR) est la principale loi fédérale régissant l'immigration au Canada et la protection des réfugiés. Elle est entrée en vigueur le 28 juin 2002, remplaçant la Loi sur l'immigration de 1976. La Loi établit le cadre juridique pour la sélection des immigrants, la gestion des frontières et la détermination des demandes d'asile. Elle est administrée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) et l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). Le Tribunal de l'immigration et du statut de réfugié (TISR), un organisme indépendant, tranche les cas. La Loi a été modifiée à plusieurs reprises, notamment par la Loi renforçant le système d'immigration et les frontières du Canada en 2026.

Cadre législatif et administration

La Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés fournit l'autorité statutaire pour le système d'immigration canadien. La Loi énonce les objectifs de la politique d'immigration canadienne. Ces objectifs incluent la poursuite d'avantages sociaux, culturels et économiques pour le Canada. Ils incluent également la protection de la santé et de la sécurité des Canadiens et la promotion de la justice et de la sécurité internationales. La Loi vise en outre à enrichir le tissu culturel et social du Canada tout en respectant son caractère fédéral et bilingue. Elle cherche à soutenir le développement des communautés de langue officielle en situation minoritaire. Les détails opérationnels sont précisés dans le Règlement sur l'immigration et la protection des réfugiés (RIPR). La Loi attribue des responsabilités ministérielles claires. Le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté a la responsabilité globale. Le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile supervise les questions d'exécution et de sécurité. Cette division sépare l'élaboration des politiques de l'application de la loi aux frontières. Le Tribunal de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, indépendant, fonctionne comme un tribunal administratif. Il prend des décisions sur les demandes de protection, les appels en matière d'immigration et les enquêtes sur l'interdiction de territoire. Le TISR compte quatre sections : la Section de la protection des réfugiés, la Section d'appel des réfugiés, la Section de l'immigration et la Section d'appel de l'immigration.

Transparent Canada passport icon
Photo : Moxy / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Dispositions et catégories clés

La LIPR structure l'immigration en plusieurs grandes catégories. La catégorie de l'immigration économique comprend les programmes pour les travailleurs qualifiés, les gens d'affaires et les aides familiaux. Le Programme des travailleurs qualifiés (fédéral), le Programme des métiers spécialisés (fédéral) et la Catégorie de l'expérience canadienne sont des voies économiques clés. La catégorie du regroupement familial permet aux citoyens canadiens et aux résidents permanents de parrainer des membres proches de leur famille. Les parents admissibles incluent les époux, les conjoints de fait, les partenaires conjugaux, les enfants à charge, les parents et les grands-parents. La catégorie des réfugiés et des personnes protégées englobe le système d'asile au Canada et le programme de réinstallation des réfugiés. La Loi établit également des règles pour le séjour temporaire des visiteurs, des étudiants et des travailleurs étrangers temporaires. Un élément fondamental est la liste des motifs pour lesquels une personne peut être jugée interdite de territoire au Canada. Ces motifs incluent les menaces à la sécurité, les violations des droits de la personne ou du droit international, la grande criminalité, la criminalité organisée, les motifs sanitaires, les motifs financiers et les fausses déclarations. La grande criminalité fait généralement référence aux crimes passibles d'une peine d'emprisonnement maximale d'au moins 10 ans au Canada. Le processus de détermination de l'interdiction de territoire et les droits des personnes faisant face à une mesure de renvoi sont détaillés dans la Loi. La Loi contient également des dispositions pour la révision de la détention et la mise en liberté statutaire des étrangers détenus.

Vidéo : What is Canada's Immigration and Refugee Protection Act (IRPA) (Try To Be USEFUL, YouTube)

Contestations constitutionnelles et réformes

Les dispositions de la Loi ont fait l'objet d'un examen constitutionnel important en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés. Dans l'arrêt Charkaoui c. Canada de 2007, la Cour suprême du Canada a jugé que le processus des certificats de sécurité violait l'article 7 de la Charte. La juge en chef Beverley McLachlin a rédigé la décision. La Cour a statué que le processus permettait au gouvernement d'utiliser des preuves secrètes non pleinement divulguées au détenu. Cela ne fournissait pas un mécanisme suffisant pour que l'individu connaisse et conteste le dossier. La Cour a également jugé que certaines limites de temps de détention pour les étrangers étaient arbitraires, violant les articles 9 et 10 c) de la Charte. En réponse, le Parlement a modifié la LIPR en 2008 pour créer un système d'avocats spéciaux. Dans le cadre de ce système, des avocats ayant une habilitation de sécurité examinent les preuves confidentielles et défendent les intérêts du détenu lors d'audiences à huis clos. Ils ne peuvent pas partager les informations secrètes avec le détenu. Les avocats spéciaux sont nommés à partir d'une liste d'avocats ayant reçu une habilitation de sécurité. D'autres contestations notables en vertu de la Charte incluent Suresh c. Canada (2002), où la Cour suprême a jugé que renvoyer une personne vers un risque de torture violait généralement l'article 7. Les principes de l'arrêt pré-LIPR Singh c. Ministre de l'Emploi et de l'Immigration, qui a établi un droit à une audience orale pour les demandeurs d'asile, ont ensuite été intégrés dans la Loi.

The Centre Block, Canadian Parliament building, with the Peace Tower in front, Ottawa, Southern Ontario.
Photo : Saffron Blaze / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Modifications récentes et pressions sur le système

Le gouvernement fédéral a adopté la Loi renforçant le système d'immigration et les frontières du Canada, qui a reçu la sanction royale le 26 mars 2026. Cette loi modificatrice a introduit des changements à la LIPR conçus pour améliorer l'efficacité du processus d'asile. Les modifications législatives nécessitaient des modifications réglementaires complémentaires au RIPR. Ces modifications réglementaires, proposées en 2026, visaient à rationaliser le processus de demande et à résoudre les goulots d'étranglement. La nécessité d'une réforme a été mise en évidence par l'augmentation des volumes de demandes. Il y a eu environ 144 000 demandes en 2023, 173 000 en 2024 et 115 000 en 2025. Il s'agissait d'une forte hausse par rapport aux quelque 64 000 demandes en 2019. L'inventaire des demandeurs d'asile en attente d'une décision du Tribunal de l'immigration et du statut de réfugié est passé d'environ 70 000 à la fin de 2022 à près de 300 000 à la fin de 2025. Le gouvernement a estimé le coût de la mise en œuvre des changements réglementaires à 14,0 millions de dollars en valeur actuelle. Les modifications majeures antérieures à la LIPR incluent la Loi visant à protéger le système d'immigration du Canada (2012). La loi de 2012 a introduit le concept de pays d'origine désigné (POD) et imposé des délais plus serrés pour certaines demandes d'asile.

Niveaux d'immigration et changements de programme

Le plan des niveaux d'immigration annuel du gouvernement est établi en vertu de l'autorité de la LIPR. Le ministre de l'Immigration dépose le plan au Parlement chaque année. Le plan de 2026 a augmenté la part de l'immigration économique à 64 % des admissions globales. Cela a entraîné des réductions dans d'autres catégories. Les cibles pour la réinstallation des réfugiés depuis l'étranger ont été réduites. Les places pour les réfugiés parrainés par le secteur privé sont passées de 23 000 en 2025 à 16 000 en 2026. Les cibles pour les réfugiés pris en charge par l'État ont été abaissées de 15 250 à 13 250. Le plan incluait une initiative spéciale pour accorder la résidence permanente à 115 000 personnes protégées déjà au Canada sur deux ans. Cela visait à traiter un arriéré de près de 150 000 demandes. Les cibles d'immigration dans la catégorie du regroupement familial ont également été réduites. Le plan comprenait des réductions importantes des cibles pour les résidents temporaires, passant de 516 600 dans le plan de 2025 à 385 000 en 2026. Le plan de 2026 fixait la cible globale d'admission de résidents permanents à un niveau similaire à l'année précédente mais en modifiant la composition. Le Conseil canadien pour les réfugiés a critiqué les coupures dans le programme de réinstallation des réfugiés. Le groupe a noté que la réinstallation des réfugiés ne constituait que 8 % du plan global des niveaux d'immigration. C'était bien en deçà de leur recommandation de 15 %. Le Conseil a également critiqué les coupures dans les services d'établissement et l'accent mis sur la réduction des résidents temporaires au lieu d'assurer des voies vers la permanence.

CatégorieCible 2025Cible 2026
Réfugiés parrainés par le secteur privé23 00016 000
Réfugiés pris en charge par l'État15 25013 250
Personnes protégées au Canada (initiative sur 2 ans)S.O.115 000
Cible pour les résidents temporaires516 600385 000
Part de l'immigration économiqueNon spécifiée64 %

Règlements et règles

Le Règlement sur l'immigration et la protection des réfugiés est le principal ensemble de règles qui précise comment la LIPR est appliquée. Ces règlements couvrent les exigences détaillées pour chaque programme d'immigration. Ils incluent la grille de points pour le Programme des travailleurs qualifiés (fédéral), les niveaux de revenu minimum nécessaire pour les répondants et les protocoles d'examen médical. D'autres règlements et règles importants régissent des processus spécifiques en vertu de la Loi. Le Tribunal de l'immigration et du statut de réfugié a ses propres ensembles de règles pour ses sections. Ceux-ci incluent les Règles de la Section de la protection des réfugiés (DORS/2012-256), les Règles de la Section d'appel des réfugiés (DORS/2012-257) et les Règles de la Section de l'immigration (DORS/2002-229). D'autres règlements clés incluent le Règlement sur la protection des renseignements relatifs aux passagers (DORS/2005-346) et le Règlement sur le précontrôle au Canada (DORS/2019-183). Au fil du temps, certains règlements ont été abrogés et remplacés. Les Règles originales de la Section de la protection des réfugiés de 2002 ont été remplacées par de nouvelles règles en 2012. Le Décret sur les attributions ministérielles en vertu de la LIPR (TR/2015-52) délimite formellement les pouvoirs des ministres concernés. Le Décret désignant le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration (TR/2001-120) est un autre instrument clé. Les Règles sur la citoyenneté, l'immigration et la protection des réfugiés de la Cour fédérale (DORS/93-22) régissent les procédures à la Cour fédérale liées aux questions relevant de la LIPR.

  • Règlement sur l'immigration et la protection des réfugiés (DORS/2002-227)
  • Règles de la Section de la protection des réfugiés (DORS/2012-256)
  • Règles de la Section d'appel des réfugiés (DORS/2012-257)
  • Règles de la Section de l'immigration (DORS/2002-229)
  • Règles de la Section d'appel de l'immigration (DORS/2002-230)
  • Règlement sur la protection des renseignements relatifs aux passagers (DORS/2005-346)
  • Règlement sur le précontrôle au Canada (DORS/2019-183)
  • Décret sur les attributions ministérielles en vertu de la LIPR (TR/2015-52)
  • Règles sur la citoyenneté, l'immigration et la protection des réfugiés de la Cour fédérale (DORS/93-22)

Statistiques du système d'asile et contexte mondial

Le Canada est devenu une destination majeure pour les demandeurs d'asile. Il s'est classé au quatrième rang mondial pour le nombre de nouvelles demandes d'asile individuelles en 2024. C'était une hausse par rapport à la cinquième place en 2023. L'arriéré de demandes en attente d'une décision du Tribunal de l'immigration et du statut de réfugié représente un défi opérationnel important. Cela entraîne des délais d'attente de plusieurs années pour une décision finale. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a rapporté que 4,8 millions de personnes ont demandé une protection internationale dans le monde en 2024. Le financement annuel accru du gouvernement pour le système d'asile de 159,5 millions de dollars, annoncé dans le budget de 2024, était destiné à renforcer la capacité de traitement. Il a été jugé insuffisant pour gérer le volume élevé soutenu de nouvelles demandes. Cela a incité les réformes législatives et réglementaires de 2026. Le nombre de demandes d'asile réglées par le TISR a également varié. Le taux d'acceptation des demandes de réfugiés au Canada a historiquement fluctué. Les principaux pays d'origine des demandes d'asile au Canada ces dernières années ont inclus l'Inde, le Mexique et Haïti. L'Entente sur les tiers pays sûrs avec les États-Unis, mise en œuvre en vertu de la LIPR, oblige les demandeurs d'asile à demander une protection dans le premier pays sûr où ils arrivent, affectant les demandes faites aux postes frontaliers terrestres.

AnnéeDemandes d'asile au CanadaClassement mondial pour les nouvelles demandes
201964 000Pas dans le top cinq
2023144 0005e
2024173 0004e
2025115 000Données pas encore disponibles

Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés : questions fréquentes

Quel est l'objectif principal de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés ?

L'objectif principal est de fournir le cadre juridique pour gérer l'immigration au Canada et offrir une protection aux réfugiés. Elle établit des règles pour sélectionner les immigrants dans les catégories économique, familiale et humanitaire. Elle définit les procédures pour trancher les demandes d'asile et énonce les motifs pour refuser l'entrée ou procéder à un renvoi. La Loi vise à équilibrer les besoins économiques et sociaux du Canada avec ses obligations humanitaires. Les objectifs spécifiques énumérés dans la Loi incluent l'enrichissement du tissu culturel et social du Canada et le soutien au développement des communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Quels organismes gouvernementaux sont responsables de l'application de la LIPR ?

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) est responsable de l'administration globale, de l'élaboration des politiques et du traitement des demandes. L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) est responsable de l'exécution, des contrôles aux points d'entrée, des arrestations, des détentions et des renvois. Le Tribunal de l'immigration et du statut de réfugié du Canada (TISR), indépendant, entend et tranche les demandes d'asile, les appels et les enquêtes sur l'interdiction de territoire. Le TISR compte quatre sections : la Section de la protection des réfugiés, la Section d'appel des réfugiés, la Section de l'immigration et la Section d'appel de l'immigration.

Comment la Cour suprême du Canada s'est-elle prononcée sur le processus des certificats de sécurité de la LIPR ?

Dans l'arrêt Charkaoui c. Canada (2007), la Cour suprême a jugé que le processus des certificats de sécurité violait l'article 7 de la Charte. La Cour a jugé qu'il était inconstitutionnel car il permettait une détention basée sur des preuves secrètes non pleinement divulguées au détenu. Elle a également statué que certaines limites de temps de détention pour les étrangers étaient arbitraires, violant les articles 9 et 10 c) de la Charte. Cela a conduit aux modifications de 2008 créant le système d'avocats spéciaux. Les avocats spéciaux sont des avocats ayant une habilitation de sécurité qui examinent les preuves confidentielles mais ne peuvent les partager avec le détenu.

Quels changements ont été apportés à la LIPR par la Loi renforçant le système d'immigration et les frontières du Canada de 2026 ?

La Loi de 2026 a modifié la LIPR pour s'attaquer aux arriérés et aux inefficacités du système d'asile. Les changements visaient à rationaliser le processus de demande d'asile et à permettre un traitement plus rapide. Ils nécessitaient des modifications réglementaires de suivi au Règlement sur l'immigration et la protection des réfugiés. Les réformes visaient à s'attaquer à un arriéré qui est passé d'environ 70 000 demandeurs en attente d'une décision à la fin de 2022 à près de 300 000 à la fin de 2025. Les modifications majeures antérieures incluent la Loi visant à protéger le système d'immigration du Canada (2012) qui a introduit le concept de pays d'origine désigné.

Comment le Plan des niveaux d'immigration 2026 a-t-il affecté la réinstallation des réfugiés ?

Le Plan de 2026 a réduit les cibles pour la réinstallation des réfugiés depuis l'étranger. Les places pour les réfugiés parrainés par le secteur privé ont été réduites de 23 000 en 2025 à 16 000. Les cibles pour les réfugiés pris en charge par l'État ont été réduites de 15 250 à 13 250. Ces coupures faisaient partie d'un changement visant à augmenter la part de l'immigration économique à 64 %. Le plan incluait cependant une initiative spéciale de deux ans pour accorder la résidence permanente à 115 000 personnes protégées déjà au Canada. La cible globale d'admission de résidents permanents est restée à un niveau similaire à l'année précédente.

Que sont le Règlement sur l'immigration et la protection des réfugiés ?

Le Règlement sur l'immigration et la protection des réfugiés (RIPR) est l'ensemble de règles détaillées qui précisent comment la LIPR est appliquée. Il fournit les critères opérationnels pour tous les programmes d'immigration, y compris les systèmes de points et les exigences financières. Les règlements sont fréquemment modifiés. D'autres règles importantes en vertu de la LIPR incluent les Règles de la Section de la protection des réfugiés et les Règles de la Section de l'immigration, qui régissent les procédures au Tribunal de l'immigration et du statut de réfugié. Les Règles sur la citoyenneté, l'immigration et la protection des réfugiés de la Cour fédérale régissent les procédures judiciaires connexes.

Sources et lectures complémentaires

Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-11-01.

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