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samedi 24 octobre 2026 Actualités et politique nationales

Fonction publique du Canada

La Fonction publique du Canada est la main-d'œuvre civile qui soutient les ministères, les organismes et les autres entités publiques du gouvernement fédéral. Établie par des réformes amorcées en 1908, son principe fondateur est un système de nomination fondé sur le mérite, conçu pour garantir une administration professionnelle et politiquement neutre. La Fonction publique joue un rôle essentiel dans la prestation des programmes et services aux Canadiens. En 2025, elle emploie 357 965 personnes, ce qui en fait le plus grand employeur unique du Canada.

Développement historique et réformes

Les origines de la Fonction publique moderne remontent à l'administration coloniale de la province du Canada avant 1867, où les postes gouvernementaux étaient pourvus par favoritisme. Après la Confédération, le gouvernement du premier ministre John A. Macdonald a adopté la Loi sur la fonction publique du Canada en 1868, créant un Conseil de la fonction publique aux pouvoirs limités sur les examens à Ottawa. Cette première réforme n'a pas réussi à éliminer complètement les nominations politiques, conduisant à d'autres enquêtes et à la Loi sur la fonction publique de 1880, qui a créé un Bureau des examinateurs de la fonction publique. Le changement majeur est survenu en 1908 sous le premier ministre Wilfrid Laurier avec la Loi modifiant la loi sur la fonction publique, qui a établi la Commission de la fonction publique pour faire respecter un processus de nomination fondé sur le mérite pour les postes de la région de la capitale nationale.

Cette réforme a été considérablement élargie par la Loi sur la fonction publique de 1918 sous le premier ministre Robert Borden, qui a appliqué les principes du mérite à l'ensemble de la fonction fédérale et a imposé des restrictions claires sur les activités politiques des fonctionnaires. La Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale ont entraîné d'importantes fluctuations de la taille et de la gestion de la fonction publique. L'effort de guerre a vu la nomination temporaire de plus de 54 000 employés en vertu de la Loi sur les mesures de guerre, contournant les règles d'embauche normales. Après la guerre, la fonction publique s'est rapidement développée avec l'embauche préférentielle d'environ 55 000 anciens combattants d'ici 1949.

Une étape législative majeure a été la Loi sur la gestion des finances publiques de 1951, qui a officiellement établi le Conseil du Trésor comme l'autorité centrale de gestion de la fonction publique. En 1955, les restrictions sur l'emploi des femmes mariées, en vigueur depuis 1921, ont été levées. La Loi sur la pension de retraite de la fonction publique de 1924 avait auparavant établi un système de pension pour promouvoir une fonction publique de carrière. Ces réformes ont collectivement cimenté une fonction publique professionnelle et indépendante.

Examining new arrivals in the Immigration Examination Hall, Pier 21, Halifax, Nova Scotia, Canada.
Photo : Chris Lund/National Film Board of Canada (Crown Copyright) / Wikimedia Commons (domaine public)

Le cadre moderne de la Fonction publique

La Fonction publique du Canada contemporaine fonctionne sous un cadre juridique et administratif établi à la fin des années 1960. La Loi sur l'emploi dans la fonction publique et la Loi sur les relations de travail dans la fonction publique, toutes deux adoptées en 1967, ont abrogé l'ancienne Loi sur la fonction publique et créé le système moderne. La LEFP a consacré le principe du mérite et renommé l'organisme de surveillance la Commission de la fonction publique, tandis que la LRTFP a établi un cadre formel de négociation collective et créé le Conseil des relations de travail dans la fonction publique. La fonction publique est divisée en deux catégories principales : l'administration publique centrale et les organismes distincts.

L'administration publique centrale comprend les organisations énumérées aux annexes I et IV de la Loi sur la gestion des finances publiques, comme les ministères ministériels tels qu'Affaires mondiales Canada et les organismes tels que le Service correctionnel du Canada. Les organismes distincts, énumérés à l'annexe V de la LGFP, fonctionnent avec une plus grande autonomie en matière de ressources humaines et comprennent des entités majeures comme l'Agence du revenu du Canada et Parcs Canada. Le chef de la Fonction publique est le greffier du Conseil privé, le plus haut fonctionnaire non politique du gouvernement fédéral, un poste occupé par Michael Sabia depuis juillet 2025. La gestion quotidienne des personnes, des finances et de l'administration relève largement de la responsabilité des sous-ministres et des dirigeants des organismes distincts.

Le Conseil du Trésor, un comité de ministres, agit à titre d'employeur du gouvernement et de conseil de gestion central, établissant les politiques en matière de dotation, de rémunération et de relations de travail. Le Bureau du Conseil privé assiste le premier ministre et le Cabinet dans l'établissement des priorités et l'élaboration des politiques. La Commission de la fonction publique veille à ce que le recrutement soit fondé sur le mérite et exempt d'influence politique. Cette structure est conçue pour équilibrer l'orientation politique avec une administration professionnelle et non partisane.

Vidéo : Cuts to public service will harm Canadians, union warns (cpac, YouTube)

Taille, composition et organisations clés

En 2025, la Fonction publique du Canada emploie 357 965 personnes, ce qui en fait le plus grand employeur du pays. Elle est composée de 137 organisations distinctes, qui comprennent un large éventail d'organismes ayant différents mandats et structures. La main-d'œuvre est répartie à travers le pays, avec plus de 40 pour cent situés dans la région de la capitale nationale autour d'Ottawa et de Gatineau, et le reste servant les Canadiens depuis environ 1 600 autres emplacements. Le plus grand agent négociateur est l'Alliance de la Fonction publique du Canada, qui représente plus de 245 000 travailleurs.

D'autres grands syndicats professionnels incluent l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada. Les 137 organisations distinctes sont largement catégorisées en plusieurs types. Ces catégories sont définies en vertu de la Loi sur la gestion des finances publiques. La liste suivante détaille les types d'organisations et leur nombre.

  • Ministères ministériels (23) : Ce sont les principaux ministères, comme la Défense nationale et Santé Canada, dirigés par un ministre.
  • Organismes de service (3) : Fournisseurs de services centraux comme Services partagés Canada.
  • Sociétés ministérielles (17) : Organisations à vocation opérationnelle comme l'École de la fonction publique du Canada.
  • Organismes ministériels (50) : Organisations avec des mandats de service spécifiques, comme le Service correctionnel du Canada.
  • Organismes de service spécial (12) : Organismes qui fonctionnent comme des entreprises au sein du gouvernement, comme le Bureau de la traduction.
  • Agents du Parlement (6) : Organismes de surveillance indépendants comme le Bureau du vérificateur général du Canada.

Les sociétés d'État sont détenues par le gouvernement fédéral, mais leurs employés ne sont généralement pas considérés comme des fonctionnaires et sont plutôt employés par la société elle-même. Cette distinction signifie que le personnel des sociétés d'État ne fait pas partie de la Fonction publique centrale du Canada. La Fonction publique elle-même se compose de 137 organisations distinctes comme les ministères ministériels et les organismes. Cette séparation est importante pour comprendre l'étendue complète de la main-d'œuvre fédérale.

Dotation, rémunération et relations de travail

Le principe du mérite demeure la base fondamentale de l'embauche dans la fonction publique, bien que son application ait évolué. La Loi sur la modernisation de la fonction publique de 2003 et une nouvelle Loi sur l'emploi dans la fonction publique en 2005 ont considérablement réformé la dotation. L'autorité en matière de recrutement a été décentralisée de la Commission de la fonction publique vers les administrateurs généraux des ministères et organismes individuels. La définition du mérite a également été élargie, permettant aux gestionnaires de considérer quel candidat est le mieux adapté à une organisation, dépassant ainsi une approche strictement basée sur des règles du « mieux qualifié ».

La Commission de la fonction publique conserve son rôle de surveillance de l'intégrité du système de nomination, en effectuant des vérifications et en gérant des programmes de recrutement pour les étudiants et les diplômés. La négociation collective est régie par la Loi sur les relations de travail dans la fonction publique. Les négociations sur les salaires, les conditions de travail et les conditions d'emploi ont lieu entre le Conseil du Trésor et divers agents négociateurs comme l'AFPC. Les conventions collectives qui en résultent sont légalement contraignantes et couvrent la grande majorité des fonctionnaires.

Un défi majeur et continu a été la modernisation du système de paie du gouvernement. Le système de paie Phoenix, problématique, a commencé son déploiement en janvier 2016 et a entraîné des problèmes de paie généralisés pour des milliers d'employés. En mars 2026, le gouvernement fédéral fournissait des mises à jour sur le développement d'un nouveau système de paie de la fonction publique destiné à le remplacer. Dans un mouvement connexe sur les modalités de travail, Services publics et Approvisionnement Canada a annoncé qu'à compter du 4 mai 2026, les cadres seraient tenus de travailler sur place cinq jours par semaine, avec l'intention d'avoir tous les employés travaillant sur place quatre jours par semaine.

Équité en matière d'emploi et langues officielles

La Fonction publique a entrepris des initiatives importantes pour devenir un employeur plus représentatif et inclusif. Les efforts ont commencé sérieusement dans les années 1970 à la suite de rapports comme la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme. La Commission de la fonction publique a créé le Bureau de l'égalité des chances pour les femmes en 1971 et le Bureau de l'emploi des Autochtones en 1973. L'amendement de 1974 à la LEFP a ajouté l'état matrimonial comme motif de discrimination interdit.

Ces groupes désignés en quête d'équité sont maintenant officiellement reconnus en vertu de la Loi sur l'équité en matière d'emploi de 1986, qui identifie les femmes, les Autochtones, les personnes handicapées et les membres d'une minorité visible. La Loi appelle à des mesures positives pour promouvoir une fonction publique plus représentative. La performance est évaluée en comparant la représentation dans la fonction publique avec la disponibilité estimée de chaque groupe dans la main-d'œuvre canadienne. Les efforts récents se concentrent sur l'augmentation de la représentation de ces groupes parmi les cadres de la fonction publique.

Le bilinguisme est un autre élément clé de l'identité de la fonction publique. En 1963, le Centre de formation linguistique a été créé pour améliorer les capacités en langue française des fonctionnaires. Dès 1966, les compétences en français étaient considérées comme un élément du mérite pour les postes à Ottawa. Pour inciter à la capacité bilingue, une prime au bilinguisme a été introduite en 1979 pour les employés qui prouvent qu'ils peuvent communiquer en anglais et en français. La Loi sur les langues officielles exige que le gouvernement fédéral fournisse des services dans les deux langues et assure un milieu de travail où les deux communautés linguistiques peuvent s'épanouir.

Apprentissage, développement et priorités récentes

La formation et le perfectionnement professionnel sont coordonnés à travers la fonction publique. L'École de la fonction publique du Canada est le fournisseur central commun d'apprentissage, offrant des cours et des programmes pour développer le leadership et les compétences de base. Son plan ministériel pour 2026 à 2027 décrit ses priorités pour soutenir une main-d'œuvre qualifiée et adaptable. Les ministères individuels gèrent également leurs propres programmes de formation.

Par exemple, le plan du Service correctionnel du Canada pour 2026 à 2027 comprend la mise en œuvre de nouveaux guides pour aider le personnel à améliorer les services pour les délinquants autochtones. Les initiatives d'apprentissage sont soutenues par des ressources en ligne et des événements à l'échelle du gouvernement. La Commission de la fonction publique fournit des tests professionnels et des services de conseil en carrière. Les programmes d'emploi pour étudiants comme le Programme fédéral d'expérience de travail étudiant offrent également des opportunités de développement.

Ces dernières années ont été axées sur la modernisation et la résolution de défis opérationnels spécifiques. Les ministères publient des plans ministériels pluriannuels, comme le plan de la Commission de la fonction publique pour 2025 à 2026, pour communiquer leurs priorités au Parlement et aux Canadiens. Le gouvernement continue de travailler au remplacement du système de paie Phoenix problématique, avec des mises à jour fournies aussi récemment qu'en mars 2026. Les politiques de gestion de la main-d'œuvre évoluent également, comme on l'a vu dans la directive de 2026 augmentant la présence obligatoire au bureau pour les cadres et éventuellement tous les employés.

Défis et transformations

La Fonction publique du Canada a traversé plusieurs périodes de croissance et de contraction importantes, motivées par les conditions économiques et la politique gouvernementale. Les années 1970 ont vu une expansion parallèlement aux nouveaux programmes sociaux, passant d'environ 198 000 employés en 1970 à 274 000 en 1975. Cependant, des mesures d'austérité ont conduit à une réduction d'environ 7 000 postes d'ici 1979. La réduction la plus drastique s'est produite dans les années 1980 et 1990.

En 1986, 20 000 postes ont été supprimés. 45 000 postes permanents supplémentaires ont été éliminés sur trois ans à partir de 1995 sous le gouvernement du premier ministre Jean Chrétien. Ces réductions faisaient partie d'efforts plus larges pour contrôler le déficit fédéral et redéfinir le rôle du gouvernement. La Loi sur la réforme de la fonction publique de 1992 a également contribué à cette période de transformation.

Les défis modernes incluent la gestion d'une main-d'œuvre géographiquement dispersée et de plus en plus diversifiée, l'adaptation à la transformation numérique et le maintien de la confiance du public. L'échec du système de paie Phoenix a eu un impact significatif sur le moral des employés. Le récent virage vers plus de travail au bureau représente un autre changement important dans la culture du milieu de travail. La fonction publique doit continuellement adapter ses compétences et ses structures pour répondre aux priorités nationales émergentes telles que les changements climatiques, la cybersécurité et la réconciliation avec les peuples autochtones.

Fonction publique du Canada : questions fréquentes

Combien de personnes travaillent pour la Fonction publique du Canada ?

En 2025, la Fonction publique du Canada emploie 357 965 personnes, ce qui en fait le plus grand employeur unique du pays. Cette main-d'œuvre est répartie dans 137 organisations distinctes. Plus de 40 pour cent de ces employés travaillent dans la région de la capitale nationale, les autres étant situés dans environ 1 600 autres sites à travers le Canada. Le plus grand syndicat, l'Alliance de la Fonction publique du Canada, représente plus de 245 000 de ces travailleurs.

Qui est le chef de la Fonction publique du Canada ?

Le chef de la Fonction publique du Canada est le greffier du Conseil privé. Cette personne est le plus haut fonctionnaire non politique du gouvernement fédéral et agit à titre de sous-ministre du premier ministre et secrétaire du Cabinet. Le greffier fournit des conseils impartiaux au premier ministre et au Cabinet et dirige la fonction publique fédérale. Michael Sabia occupe ce poste depuis le 7 juillet 2025.

Quelle est la différence entre l'administration publique centrale et un organisme distinct ?

L'administration publique centrale se compose des organisations énumérées aux annexes I et IV de la Loi sur la gestion des finances publiques, principalement les ministères ministériels comme Affaires mondiales Canada et les organismes ministériels comme le Service correctionnel du Canada. Ils fonctionnent sous des politiques centralisées de ressources humaines et financières. Les organismes distincts, énumérés à l'annexe V de la même loi, ont plus d'autonomie dans la gestion de leur personnel et de leurs opérations. Les principaux exemples incluent l'Agence du revenu du Canada et Parcs Canada, qui ont leurs propres autorités distinctes en matière de ressources humaines.

Quel est le principe du mérite dans l'embauche de la fonction publique ?

Le principe du mérite est la règle fondatrice selon laquelle les nominations à et au sein de la Fonction publique doivent être fondées sur le mérite, c'est-à-dire la sélection de la personne la mieux qualifiée pour effectuer le travail. Ce système a été établi pour éliminer le favoritisme politique et assurer une main-d'œuvre professionnelle et non partisane. La Loi actuelle sur l'emploi dans la fonction publique définit le mérite de manière large, permettant aux gestionnaires d'embaucher en fonction du candidat le mieux adapté à l'organisation. La Commission de la fonction publique supervise l'intégrité de ce système de nomination par des vérifications et des programmes de recrutement.

Les fonctionnaires sont-ils tenus de travailler au bureau ?

Oui, le gouvernement fédéral a mis en œuvre de nouvelles exigences pour le travail au bureau. Une annonce de Services publics et Approvisionnement Canada a indiqué qu'à compter du 4 mai 2026, les cadres sont tenus de travailler sur place cinq jours par semaine. L'intention déclarée du gouvernement est d'avoir tous les employés de la fonction publique travaillant sur place pour un minimum de quatre jours par semaine. Cela représente un changement par rapport aux modalités de travail hybrides plus flexibles qui étaient courantes après la pandémie de COVID-19.

Sources : Wikipédia et les reportages publics récents, vérifiés par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-24.

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