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vendredi 23 octobre 2026 Actualités et politique nationales

Agence spatiale canadienne

L'Agence spatiale canadienne (ASC) est l'agence spatiale nationale du Canada, créée par une loi du Parlement en 1990. Basée au Centre spatial John-H.-Chapman à Longueuil, au Québec, l'agence est responsable de mener le développement et l'application pacifiques des connaissances spatiales au profit des Canadiens et de l'humanité. L'ASC gère le corps d'astronautes canadien, développe et exploite des satellites, et contribue à des efforts internationaux d'exploration spatiale avec des technologies robotiques avancées comme le Canadarm. Son travail soutient la découverte scientifique, la croissance économique et les priorités nationales telles que l'observation de la Terre et la surveillance du climat.

Historique et mandat

Les origines des activités spatiales du Canada remontent à la recherche en défense après la Seconde Guerre mondiale, qui a notamment mené au développement de la fusée-sonde Black Brant. Un projet majeur a débuté en 1957 à l'Établissement de recherches sur les télécommunications de la défense, aboutissant à la création du premier satellite canadien, Alouette 1. Lancé par la NASA en septembre 1962, Alouette 1 a fait du Canada la troisième nation à opérer un satellite dans l'espace et a dépassé sa durée de vie prévue d'un an en fonctionnant pendant une décennie complète. Ce succès a stimulé le programme de satellites canado-américain ISIS, plus tard désigné comme jalon international du génie électrique par l'IEEE en 1993. Le lancement en 1972 du satellite de communication Anik A-1 a établi le premier réseau domestique de satellites géostationnaires au monde. Ces réalisations cumulées ont conduit le gouvernement à officialiser ses activités spatiales, et la Loi sur l'Agence spatiale canadienne a reçu la sanction royale le 10 mai 1990, entrant en vigueur le 14 décembre de la même année. Le mandat de l'agence est de promouvoir l'utilisation pacifique de l'espace, de faire progresser les connaissances scientifiques et de s'assurer que la technologie spatiale procure des avantages sociaux et économiques pour les Canadiens. En 1999, l'ASC est passée à un budget de base annuel fixe, qui a depuis été complété par des fonds pour des projets et initiatives spécifiques.

Black Brant 12 sounding rocket, launching from Wallops Flight Facility. See this site for more information about the Black Brant 12.
Photo : NASA/Wallops / Wikimedia Commons (domaine public)

Direction et coopération internationale

La présidente de l'Agence spatiale canadienne relève du ministre de l'Industrie et supervise les opérations et l'orientation stratégique de l'agence. Lisa Campbell occupe le poste de présidente depuis le 14 septembre 2020, succédant à une lignée de prédécesseurs qui comprenait le premier astronaute canadien, Marc Garneau, et l'ancien chef d'état-major de la Défense Walter Natynczyk. L'ASC entretient un partenariat unique et de longue date avec l'Agence spatiale européenne, détenant le statut spécial d'État coopérant depuis le 1er janvier 1979. Cet accord, renouvelé en 2010 pour 10 ans supplémentaires, permet au Canada de participer aux programmes et aux organes décisionnels de l'ASE et garantit un retour industriel équitable pour les entreprises canadiennes soumissionnant à des contrats. L'agence collabore également de manière robuste avec la NASA, l'Agence d'exploration aérospatiale japonaise, l'Organisation indienne pour la recherche spatiale et l'Agence spatiale nationale de Suède. Ces partenariats sont fondamentaux pour la participation du Canada aux grands projets internationaux, de la Station spatiale internationale aux télescopes spatiaux lointains. Le chef de la délégation canadienne auprès de l'ASE est la présidente de l'ASC, et en février 2009, 30 Canadiens étaient employés comme membres du personnel sur divers sites de l'ASE en Europe.

L'Agence spatiale canadienne a eu plusieurs présidents depuis sa création.

  • 1989 au 4 mai 1992 : Larkin Kerwin
  • 4 mai 1992 au 15 juillet 1994 : Roland Doré
  • 21 novembre 1994 à 2001 : William MacDonald Evans
  • 22 novembre 2001 au 28 novembre 2005 : Marc Garneau
  • 12 avril 2007 au 31 décembre 2007 : Larry J. Boisvert
  • 1er janvier 2008 au 2 septembre 2008 : Guy Bujold
  • 2 septembre 2008 au 1er février 2013 : Steven MacLean
  • 2 février 2013 au 5 août 2013 : Gilles Leclerc (intérim)
  • 6 août 2013 au 3 novembre 2014 : Walter Natynczyk
  • 3 novembre 2014 au 9 mars 2015 : Luc Brûlé (intérim)
  • 9 mars 2015 au 14 septembre 2020 : Sylvain Laporte
  • 14 septembre 2020 à aujourd'hui : Lisa Campbell
Vidéo : CSA astronaut Col. Jeremy Hansen honours Air Cadets in space (Canadian Space Agency, YouTube)

Astronautes canadiens et vols habités

L'Agence spatiale canadienne a sélectionné des astronautes lors de quatre campagnes de recrutement, commençant par une sélection en 1983 par le Conseil national de recherches. Dix Canadiens ont effectué 18 missions habitées à ce jour, comprenant 14 vols de la navette spatiale de la NASA, trois missions Soyouz de Roscosmos et une mission du programme Artemis. Le corps d'astronautes actif actuel de l'agence est composé de Jeremy Hansen, David Saint-Jacques, Joshua Kutryk et Jennifer Sidey. Hansen est assigné à la mission Artemis II, prévue pour 2026, ce qui fera de lui le premier Canadien à se rendre sur la Lune. Joshua Kutryk est programmé pour une mission de longue durée vers la Station spatiale internationale, également en 2026, marquant le premier vol d'un astronaute de l'ASC dans le cadre du programme Commercial Crew de la NASA. Ces vols font partie de l'engagement du Canada envers les vols spatiaux habités soutenus, sécurisés par des contributions comme le Système de service mobile à l'ISS. Deux anciens astronautes, Michael McKay et Ken Money, ont été sélectionnés mais n'ont jamais volé dans l'espace pour des raisons médicales et de démission.

STS-72 Mission Specialist Winston Scott (EV3) installs a thermal cube in preparation for Detailed Test Objective (DTO) 833 - Extravehicular
Photo : NASA / Wikimedia Commons (domaine public)

Programmes majeurs et contributions technologiques

Les contributions technologiques les plus célèbres du Canada à l'exploration spatiale sont ses systèmes robotiques. Le Canadarm original était un composant crucial de la flotte de navettes spatiales de la NASA pendant 30 ans. Son successeur, Canadarm2, avec le robot manipulateur Dextre et une base mobile, forme le Système de service mobile d'une valeur de 1,3 milliard $ sur la Station spatiale internationale. Ces systèmes utilisent le Système de vision spatiale avancé développé au Canada pour une opération de précision. L'agence a également un programme significatif d'observation de la Terre par satellite. La mission de la Constellation RADARSAT, un trio de satellites lancés en 2019, fournit des données vitales pour la surveillance maritime, la gestion des catastrophes et la surveillance des écosystèmes. Pour l'avenir, l'ASC développe de nouvelles missions stratégiques incluant WildFireSat, une constellation dédiée à la surveillance des feux de forêt dont on prévoit qu'elle permettra d'économiser entre 1 milliard $ et 5 milliards $ pour l'économie canadienne au cours de ses cinq premières années. La mission sur les aérosols, la vapeur d'eau et les nuages de haute altitude est également en développement pour améliorer la prévision météorologique et la modélisation du climat, avec un accent sur l'Arctique. L'ASC contribue à des composants pour des projets internationaux, comme le capteur de guidage fin pour le télescope spatial James-Webb, et soutient les universités et les entrepreneurs aérospatiaux canadiens dans la fourniture de technologies aux agences spatiales mondiales.

Les engins spatiaux canadiens clés incluent Alouette 1, lancé en 1962, qui a fait du Canada le troisième pays à mettre un satellite en orbite. Le Canada a contribué le Canadarm à la navette spatiale et le Canadarm2 à la Station spatiale internationale. Le lancement d'Anik A-1 en 1972 a fait du Canada le premier pays à avoir un réseau domestique de satellites de communication géostationnaires. Le Canada a également contribué au capteur de guidage fin du télescope spatial James-Webb de la NASA.

  • Alouette 1 (1962) : Premier satellite canadien, a étudié l'ionosphère.
  • Anik A-1 (1972) : Premier satellite de communication géostationnaire domestique.
  • Canadarm2 et Dextre (2001, 2008) : Système robotique de service sur l'ISS.
  • Constellation RADARSAT (2019) : Système d'observation de la Terre à trois satellites.
  • Capteur de guidage fin (2021) : Contribution canadienne au télescope spatial James-Webb de la NASA.
  • Canadarm3 (en développement) : Système robotique de nouvelle génération pour la passerelle lunaire.

Orientations futures et priorités actuelles

Une priorité clé est la participation du Canada au programme Artemis mené par la NASA et à la passerelle lunaire. En 2019, le Canada est devenu le premier partenaire international pour la passerelle, s'engageant à verser 2,05 milliards $ sur 24 ans pour développer le système robotique intelligent Canadarm3. L'ASC développe également un petit rover lunaire en partenariat avec la NASA, conçu pour survivre à la nuit lunaire et explorer une région polaire, avec un lancement prévu d'ici 2029. Sur le plan national, l'agence travaille à assurer la continuité de sa mission de la Constellation RADARSAT en ajoutant un satellite supplémentaire et en faisant avancer les missions d'observation de la Terre WildFireSat et HAWC. L'ASC soutient le secteur spatial commercial par des subventions et du financement pour les petites et moyennes entreprises, visant à favoriser l'innovation et à maintenir la compétitivité du Canada. En 2026, le gouvernement fédéral a annoncé un engagement de plus de 200 millions $ pour louer une rampe de lancement dédiée à Spaceport Nouvelle-Écosse pendant dix ans, une mesure destinée à établir une capacité de lancement domestique, bien que l'utilisateur principal sera le ministère de la Défense nationale. L'agence planifie également des réductions de dépenses qui impliqueront une diminution d'environ 45 postes équivalents temps plein d'ici 2028-29, réalisée par attrition naturelle et des plans de dotation révisés.

Four Black Brant sounding rockets launched from East Quoddy NS
Photo : Research Council / Wikimedia Commons (domaine public)

Installations et opérations

L'Agence spatiale canadienne exploite plusieurs installations clés à travers le pays. Son siège social est le Centre spatial John-H.-Chapman à Longueuil, au Québec, qui abrite également le Centre de conférences Marc-Garneau. Le Laboratoire David-Florida à Ottawa, en Ontario, est le principal centre d'assemblage, d'intégration et de test des satellites de l'agence. L'ASC maintient également un bureau au parc de recherche Innovation Place à Saskatoon, en Saskatchewan. Pour les services de lancement, le Canada a historiquement compté sur des partenaires internationaux, utilisant des sites comme Cap Canaveral et la base spatiale Vandenberg aux États-Unis, le centre spatial Satish-Dhawan en Inde et le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan. L'agence utilisait auparavant la base de recherche de fusées de Churchill au Manitoba pour les lancements de fusées-sondes, et des études ont été menées sur de futurs sites de lancement canadiens potentiels au Cap-Breton ou à la BFC Suffield, bien qu'aucun projet financé n'ait abouti. Les opérations de l'agence incluent la gestion de subventions pour la participation d'étudiants à des conférences internationales et le soutien à des initiatives éducatives comme l'Initiative CubeSat au Canada pour les STIM, qui engage les étudiants postsecondaires dans la conception de véritables missions spatiales. L'ASC organise également des événements comme le Forum national sur l'observation de la Terre, prévu en octobre 2026 à son siège social de Longueuil.

Budget et développements récents

Les ressources financières de l'ASC sont allouées par le biais des budgets fédéraux et des plans ministériels. Pour l'exercice 2026-27, les dépenses totales prévues de l'agence s'élèvent à 913 938 318 $. Dans le cadre des mesures de restriction des dépenses à l'échelle du gouvernement, l'ASC planifie des réductions qui impliqueront une diminution d'environ 45 postes équivalents temps plein d'ici l'exercice 2028-29, réalisée en grande partie par attrition naturelle et des plans de dotation révisés. Les dépenses de l'agence sont dirigées vers ses responsabilités essentielles, qui incluent l'avancement de l'exploration et de la science spatiales, la fourniture de services d'observation de la Terre et le soutien à un secteur spatial compétitif. Une part importante du financement est consacrée à des partenariats internationaux comme la passerelle lunaire et la poursuite du programme de la Station spatiale internationale. L'agence a également fait face à une controverse de sécurité en mars 2022 lorsque des informations ont indiqué que l'ASC avait été infiltrée par des agents chinois. En décembre 2021, un ingénieur, Wanping Zheng, a été inculpé par la GRC pour abus de confiance lié à une ingérence étrangère présumée, bien que les accusations n'aient pas été prouvées en cour. Zheng a démissionné de l'ASC après 26 ans de service, et des documents judiciaires ont allégué qu'il avait installé des logiciels non autorisés et négocié des accords de station satellite au nom d'une entreprise étrangère.

Domaine de responsabilité essentielleActivités clés prévues pour 2026-27
Vols spatiaux habitésSoutenir la mission Artemis II avec Jeremy Hansen. Lancer Joshua Kutryk vers l'ISS.
Observation de la TerrePoursuivre le développement des missions WildFireSat et HAWC. Ajouter un satellite à la Constellation RADARSAT.
Exploration spatialeFaire avancer le développement de Canadarm3 pour la passerelle lunaire et d'un rover lunaire canadien.
Secteur spatial commercialFinancer des petites et moyennes entreprises innovantes pour développer de nouvelles technologies.

Agence spatiale canadienne : questions fréquentes

Quels astronautes canadiens vont bientôt dans l'espace ?

Jeremy Hansen est membre d'équipage de la mission Artemis II de la NASA, le premier survol lunaire habité depuis 1972, prévu pour 2026. Cela fera de lui le premier Canadien à se rendre sur la Lune. L'astronaute Joshua Kutryk est programmé pour une mission de longue durée vers la Station spatiale internationale, également en 2026. Son vol sera le premier d'un astronaute de l'ASC dans le cadre du programme Commercial Crew de la NASA.

Quels satellites l'Agence spatiale canadienne exploite-t-elle ?

L'ASC exploite la mission de la Constellation RADARSAT, un trio de satellites lancés en 2019 qui utilisent un radar pour imager la planète. L'agence développe également de nouveaux systèmes satellitaires, dont WildFireSat pour la surveillance quotidienne des feux de forêt et la mission sur les aérosols, la vapeur d'eau et les nuages de haute altitude pour les données météorologiques et climatiques. Historiquement, les premiers satellites du Canada étaient les séries Alouette et ISIS pour la recherche ionosphérique.

Comment le Canada coopère-t-il avec d'autres agences spatiales ?

Le Canada est un État coopérant avec l'Agence spatiale européenne depuis 1979, ce qui permet la participation aux programmes de l'ASE et des contrats pour l'industrie canadienne. L'ASC entretient une collaboration de longue date avec la NASA, contribuant avec des robots à la navette spatiale et à la Station spatiale internationale et avec des instruments à des télescopes comme le James-Webb. Le Canada est également le premier partenaire international sur la passerelle lunaire de la NASA. Des partenariats supplémentaires existent avec des agences au Japon, en Inde, en Suède et en Russie.

Le Canada possède-t-il son propre site de lancement de fusées ?

Le Canada ne possède pas actuellement d'installation de lancement domestique majeure pour les engins spatiaux orbitaux et dépend de fournisseurs de lancement internationaux. L'agence utilisait auparavant la base de recherche de fusées de Churchill au Manitoba pour les lancements de fusées-sondes. En 2026, le gouvernement fédéral a annoncé un engagement de plus de 200 millions $ pour louer une rampe de lancement dédiée pendant dix ans à Spaceport Nouvelle-Écosse, principalement pour l'usage du ministère de la Défense nationale.

Qui est l'actuelle présidente de l'Agence spatiale canadienne ?

En 2026, la présidente de l'Agence spatiale canadienne est Lisa Campbell. Elle a pris ses fonctions le 14 septembre 2020. La présidente est responsable de diriger l'agence, qui relève du ministre de l'Industrie. Le siège social de l'agence est situé au Centre spatial John-H.-Chapman à Longueuil, au Québec.

Qu'est-ce que le Canadarm et qu'est-ce que Canadarm3 ?

Le Canadarm était le bras robotique utilisé sur la navette spatiale de la NASA. La contribution du Canada à la Station spatiale internationale inclut le Système de service mobile, comportant Canadarm2 et Dextre. Canadarm3 est le système robotique de nouvelle génération en développement pour la passerelle lunaire de la NASA. En février 2019, le Canada s'est engagé à dépenser 2,05 milliards $ sur 24 ans pour développer Canadarm3, marquant son plus important engagement financier unique pour un projet spatial.

Sources et lectures complémentaires

Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-23.

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