Eby demande aux conservateurs de la C.-B. de congédier leur directrice de campagne en raison de publications anti-islam
Le chef du NPD affirme que le parti doit renvoyer Katy Merrifield pour des commentaires sur les réseaux sociaux faits en réaction à un rapport britannique.
COURTENAY · Le chef du NPD de la Colombie-Britannique, David Eby, a exigé samedi que le chef conservateur intérimaire, Lorne Doerkson, congédie la directrice de campagne de son parti en raison de publications sur les réseaux sociaux prenant l'islam pour cible. Eby a lancé cet appel lors d'un événement de campagne à Courtenay, à la suite du récent renvoi d'un candidat conservateur pour des remarques offensantes envers les musulmans. La directrice de campagne, Katy Merrifield, a publié en juin sur X un message incluant une insulte avant le mot «islam» et exhortant les gens à défendre «la civilisation occidentale». Dans une autre publication, elle a décrit l'islam comme une «idéologie abjecte» qui doit être expulsée. Ces publications étaient une réaction à un rapport britannique financé par le privé intitulé «Rape Gang Inquiry».
Eby a qualifié les commentaires de Merrifield de «si haineux, dirigés vers une communauté religieuse très spécifique de notre province». Il a soutenu que si la directrice de campagne d'un grand parti peut prendre les musulmans pour cible, alors «aucune communauté de cette province n'est en sécurité». Le chef du NPD a déclaré que la décision de Doerkson de congédier ou non Merrifield révélerait ses principes. «Soit il la renvoie, soit il devient très clair qu'il ne renvoie un candidat que lorsqu'il n'a aucune chance de gagner», a dit Eby. Les conservateurs avaient précédemment écarté le candidat Joachim Agou pour des commentaires sur les musulmans, un geste auquel Eby a fait référence.
Merrifield, qui n'est pas candidate, est une ancienne responsable des communications du chef conservateur fédéral, Pierre Poilievre. Elle s'est expliquée sur la controverse dans une publication sur les réseaux sociaux vendredi, indiquant que sa réaction était influencée par son expérience de survivante d'un viol. Elle a déclaré que la lecture des récits d'abus sexuels sur enfants dans le rapport britannique l'avait laissée «le cœur brisé, horrifiée et en colère». «J'ai retiré ma publication originale en quelques heures parce que ma colère était dirigée contre l'extrémisme utilisé pour justifier ces crimes horribles, et non contre les musulmans ou leur foi», a écrit Merrifield. Elle a ajouté qu'elle abhorre ceux qui commettent des violences justifiées par une idéologie extrémiste.
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Le Conseil national des musulmans canadiens a déclaré avoir été profondément blessé par les déclarations de Merrifield et par une série de publications ultérieures qu'il considère comme islamophobes. Le conseil a indiqué sur X que Merrifield ne s'était pas excusée pour son commentaire ni reconnu la douleur qu'il a causée. «Il n'y a pas de place pour la haine dans aucun domaine de la politique canadienne», a affirmé le conseil. Il a noté une augmentation significative de l'islamophobie en Colombie-Britannique, citant des incidents de véhicules fonçant sur des personnes, des attaques contre des imams et des actes de vandalisme dans des mosquées. Selon Statistique Canada, les crimes haineux signalés par la police contre les musulmans au Canada ont augmenté d'environ 173 % entre 2020 et 2024.
La cheffe de CentreBC, Elenore Sturko, a critiqué les conservateurs dans une vidéo publiée vendredi. Elle a déclaré qu'il était révélateur que des publications problématiques d'un membre de l'équipe de campagne émergent à peine un jour après que le parti eut congédié un candidat pour racisme en ligne. «Ce sont les mêmes vieilles personnes et le même vieux parti conservateur», a déclaré Sturko. Elle a ajouté que si Doerkson «ne peut pas défendre tous les Britanno-Colombiens», il ne devrait pas chercher à devenir premier ministre. Le Conseil national des musulmans canadiens a déclaré qu'il était ouvert à des discussions de bonne foi avec les conservateurs, mais a insisté sur le fait que l'islamophobie doit être combattue. Les Britanno-Colombiens voteront lors de l'élection provinciale le 24 octobre.
Avec des informations de La Presse canadienne, The Globe and Mail et CBC News