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vendredi 23 octobre 2026 Actualités et politique nationales
Un éditeur québécois rompt avec un auteur après la découverte de traces d'IA dans un roman
Photo: Pexels
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Un éditeur québécois rompt avec un auteur après la découverte de traces d'IA dans un roman

L'éditeur ne réimprimera pas le livre et ne publiera plus d'œuvres de Thélyson Orélien après une analyse externe.

ET

Explication

La maison d'édition montréalaise Les Éditions du Boréal a annoncé mercredi mettre fin à sa relation professionnelle avec l'auteur Thélyson Orélien. L'éditeur affirme que de nouvelles informations confirmées ces derniers jours indiquent que l'intelligence artificielle a été utilisée dans le processus d'écriture du premier roman d'Orélien, C’était ça ou mourir. En conséquence, Boréal a déclaré qu'il ne réimprimerait pas le livre et ne publiera plus aucun autre livre d'Orélien. L'auteur n'a pas répondu à une demande de commentaire de La Presse canadienne. L'éditeur a indiqué avoir commandé une analyse externe de toutes les versions de travail du manuscrit après que les premières tentatives pour établir un dossier avec l'auteur ont échoué. « Les résultats, reçus cette semaine, ont révélé des traces de marqueurs d'IA dans les métadonnées de certains documents », a écrit l'éditeur. Il a précisé que même s'il ne sait pas dans quelle mesure l'IA a été utilisée, et qu'il n'aura peut-être jamais de réponse définitive, la situation s'est résumée à une question de confiance entre l'auteur et l'éditeur.

Si nous n'acceptons pas, aujourd'hui comme demain, de jouer le rôle d'enquêteur envers nos auteurs, cette situation extraordinaire a rendu clair que nous ne pouvions pas simplement laisser les choses en l'état.

Boréal a déclaré avoir communiqué sa décision à Orélien avant de la rendre publique. L'éditeur a également exhorté les gens à faire preuve de retenue pour mettre fin aux attaques personnelles contre Orélien. Dans son communiqué, l'éditeur a déclaré : « Comme nous l'avons dit dès le départ, au-delà du livre et de la controverse, il y a d'abord et avant tout un être humain. » Le roman, C’était ça ou mourir, raconte l'histoire d'un migrant haïtien qui quitte son pays pour le Canada, une histoire inspirée de la propre expérience d'Orélien quittant Haïti après le séisme de 2010.

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Qu'est-ce qui a déclenché les premières allégations ?

Les allégations d'utilisation de l'IA ont émergé sur les réseaux sociaux en septembre. Un compte utilisant le nom « Balance ton Claude » a affirmé que, selon le logiciel Pangram, des extraits du roman d'Orélien avaient été écrits « presque entièrement par intelligence artificielle ». Cela s'est produit le 21 septembre, le même jour où le roman a remporté le Prix du roman Fnac. Après sa publication au printemps, le roman avait été salué par de nombreux acteurs du milieu littéraire francophone et avait obtenu des nominations pour plusieurs grands prix français. Depuis l'émergence des allégations, il a été retiré de la course pour le prestigieux Prix Goncourt en France.

Comment l'auteur a-t-il réagi ?

Orélien a nié à plusieurs reprises avoir utilisé l'IA pour écrire le livre. Dans un communiqué du 13 octobre, il a déclaré avoir commencé à y travailler en 2017 et avoir terminé la première ébauche en 2019, et n'avoir utilisé l'IA que pour la recherche. « Ce que je vis est cruel, a-t-il écrit. En attribuant un texte, qui est le mien... à une machine, on a non seulement remis en question mon statut d'écrivain, mais aussi mon humanité. » Dans une déclaration la semaine dernière, Orélien a qualifié les accusations de « calomnie et d'hérésie », affirmant que le texte, la structure et l'intrigue venaient « tout droit de mes tripes ». Par ailleurs, il a admis des actes de plagiat dans certains de ses premiers travaux après que des médias ont rapporté des ressemblances ou des paragraphes presque identiques entre ses textes et d'autres sources. Il s'est excusé pour ce qu'il a décrit comme des erreurs inacceptables de sa jeunesse, tout en maintenant qu'aucune phrase de son roman n'avait été générée par une machine.

Quelle a été la réaction du milieu littéraire ?

Pierre-Yves Villeneuve, président du syndicat des écrivains du Québec, a salué la décision de l'éditeur. « On vient de déclarer clairement que ce type de travail n'a pas sa place sur nos tablettes », a-t-il déclaré en entrevue. Il a critiqué la position ambiguë antérieure de l'éditeur, qui, selon lui, a placé un fardeau injuste sur les lecteurs. « C'était une situation totalement injuste, parce que le lecteur n'avait aucune information pour savoir si ce livre avait vraiment été écrit par Thélyson (Orélien) », a affirmé Villeneuve. Bien que satisfait de la décision, il a exhorté Boréal à publier plus de détails sur les preuves de l'utilisation de l'IA afin d'aider les lecteurs et de fournir une feuille de route pour des situations similaires. « Ils nous avaient promis un dossier détaillé, et ils ne l'ont pas livré », a déclaré Villeneuve.

Les librairies cesseront-elles de vendre le roman ?

Floriane Claveau, porte-parole de la grande chaîne de librairies québécoise Renaud-Bray, a déclaré à La Presse canadienne que la décision de Boréal ne ferait pas une grande différence pour les librairies tant que les exemplaires existants ne seraient pas épuisés. « Si un livre est disponible et qu'il y a une demande, on le garde simplement disponible. On ne se positionne pas comme des juges ou des censeurs du contenu », a-t-elle déclaré. Claveau a noté que le livre était épuisé dans plusieurs succursales de Renaud-Bray. Le livre devait être réimprimé cette semaine, ce que Boréal a maintenant annulé. L'éditeur avait précédemment suspendu les activités promotionnelles pour le roman en septembre, invoquant des inquiétudes pour le bien-être de l'auteur. Boréal a déclaré que cette affaire soulève une question fondamentale sur la confiance. « Nous avons choisi ce livre parce qu'il nous a profondément émus, bien avant son succès en librairie et dans les prix, a écrit l'éditeur. Nous comprenons la déception ressentie par certains, et nous la partageons. »

Avec des informations de La Presse canadienne, Global News et CBC News