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mardi 3 novembre 2026 Actualités et politique nationales

Style et titre du souverain canadien

Le style et le titre du souverain canadien constituent le mode formel d'adresse du monarque du Canada. Le titre actuel, établi par proclamation royale le 8 janvier 2024, est Charles Trois, par la grâce de Dieu Roi du Canada et de ses autres royaumes et territoires, Chef du Commonwealth. Ce titre a été autorisé par la Loi sur les titres royaux, qui a reçu la sanction royale le 22 juin 2023. Il identifie distinctement le monarque comme Roi du Canada, soulignant la nature distincte et indépendante de la Couronne canadienne.

Le titre actuel et sa signification

Le titre formel du monarque canadien, tel qu'établi par proclamation royale le 8 janvier 2024, est Charles Trois, par la grâce de Dieu Roi du Canada et de ses autres royaumes et territoires, Chef du Commonwealth. Ce titre a été autorisé par la Loi sur les titres royaux, qui a reçu la sanction royale le 22 juin 2023, et il a remplacé le titre précédent utilisé depuis 1953. La nouvelle formulation a été conçue pour clarifier le rôle distinct du monarque en tant que Roi du Canada, constitutionnellement et légalement indépendant de son rôle de roi du Royaume-Uni. Le titre est utilisé dans tous les contextes officiels et vise à souligner le statut du Canada en tant que membre égal parmi les pays du Commonwealth qui partagent la même personne comme monarque. Le monarque est généralement désigné par le titre de Roi du Canada et il est attendu qu'il se réfère à lui-même en tant que Roi du Canada lorsqu'il est à l'étranger ou qu'il agit au nom du pays. Par exemple, la reine Elizabeth II a déclaré en 1973 : « C'est en tant que reine du Canada que je suis ici. Reine du Canada et de tous les Canadiens, pas seulement d'une ou deux souches ancestrales. » Depuis l'adoption du titre, le gouvernement fédéral en a promu l'utilisation comme symbole du statut souverain et indépendant du Canada. Le premier ministre John Diefenbaker a dit du titre en 1957 : « La reine du Canada est une expression que nous aimons utiliser parce qu'elle représente parfaitement son rôle en cette occasion. » Le titre est également inclus dans le serment d'allégeance, qui fait partie du serment de citoyenneté, et on le trouve sous la forme « Charles III Dei Gratia Rex Canada » sur l'avers des médailles canadiennes.

Coin from Canada
Photo : The coin design, reverse (rabbit): Alex Colville (1920-2013) / Wikimedia Commons (CC0)

Évolution historique du titre

Après la Confédération canadienne, le premier ministre John A. Macdonald a été entendu à plusieurs reprises se référer à la reine Victoria comme à la reine du Canada. À l'approche du couronnement du roi Édouard VII en 1902, le premier ministre Wilfrid Laurier souhaitait que les mots « roi du Canada » soient inclus dans le titre royal d'ici la cérémonie. Ce souhait ne s'est pas réalisé, et le Canada a hérité du titre britannique complet lorsque le pays a obtenu son indépendance législative du Royaume-Uni en 1931. Le député libéral Eugène Marquis a déposé en 1945 une motion à la Chambre des communes proposant qu'un changement du titre du roi soit un sujet de discussion à la prochaine conférence des premiers ministres du Commonwealth. Marquis suggérait que le titre inclue chacun des dominions du roi, lui donnant la désignation de roi du Canada. La motion n'a pas été adoptée. Le Parlement canadien a adopté sa propre Loi sur les titres royaux en 1947 et un décret a été émis le 22 juin 1948 pour retirer le terme « empereur des Indes » du titre canadien du souverain. En 1949, le Cabinet a suggéré que le titre du roi soit modifié pour qu'au Canada, il soit « George Six, par la grâce de Dieu, du Canada et des autres nations du Commonwealth britannique, Roi », mais cette proposition n'a pas abouti. Les proclamations de l'accession d'Elizabeth II au trône en février 1952 différaient entre le Canada et le Royaume-Uni. Cette divergence a suscité des discussions parmi les premiers ministres du Commonwealth. Le premier ministre de l'époque, Louis St-Laurent, a déclaré qu'il était important de s'entendre sur une nouvelle composition du titre royal pour « souligner le fait que la reine est reine du Canada, indépendamment de sa souveraineté sur les autres pays du Commonwealth. » Le format préféré du Canada était « Elizabeth Deux, par la grâce de Dieu, reine du Canada et de ses autres royaumes et territoires, chef du Commonwealth, défenseur de la foi. » Un compromis a été trouvé qui incluait le Royaume-Uni ainsi que, pour la première fois, une référence distincte au Canada. Le Parlement canadien a adopté la Loi sur les titres royaux en 1953, prévoyant l'émission d'une proclamation royale modifiant le titre du monarque, qui a été émise le 28 mai 1953. Au printemps 2023, le Cabinet fédéral a présenté un projet de loi modifiant le titre du monarque en supprimant la référence au Royaume-Uni et l'expression « défenseur de la foi ». Le projet de loi a reçu la sanction royale le 22 juin 2023, et une proclamation royale du nouveau titre a été signée le 8 janvier 2024. En février 2025, l'Île-du-Prince-Édouard continue d'émettre des proclamations faisant référence au Royaume-Uni et au « défenseur de la foi », tandis que l'Ontario a poursuivi cette pratique jusqu'à la fin août 2024.

Titres conférés par les peuples autochtones

Lors des négociations de traités entre les Premières Nations et les agents de la Couronne britannique à la fin des années 1700 et au début des années 1800, le terme « Grand Père » est venu à être utilisé pour désigner le roi George III. Cette appellation a été reprise lors de la formation des traités numérotés au cours du dernier quart du 19e siècle, lorsque la reine Victoria était désignée par des termes familiaux tels que « la Grande Mère Reine » et « la Grande Mère Blanche ». Les titres informels, utilisés conjointement avec l'expression « enfants indiens » pour désigner les Autochtones, n'étaient à l'origine ni destinés ni perçus comme un signe d'infériorité. L'arrière-petit-fils de Victoria, Édouard, prince de Galles, s'est vu attribuer le titre d'« Étoile du matin » par le chef Little Thunder lorsqu'il a été intronisé chef des nations Nakoda et Kainai à Banff, en Alberta, en 1919. Au cours d'une longue rencontre avec des peuples salish de la côte près de Nanaimo, en Colombie-Britannique, lors de sa tournée royale au Canada en 1959, la reine Elizabeth II s'est vu attribuer par les leaders salish le titre de « Mère de tous les peuples ». Charles III, en tant qu'héritier du trône, a reçu des titres de diverses tribus. En 1976, les Inuit des Territoires du Nord-Ouest lui ont conféré le titre d'« Attaniout Ikeneego ». Des étudiants cris et ojibwés du Manitoba ont nommé Charles « Étoile directrice » en 1986. Les Cris de la Saskatchewan ont honoré le prince du titre « Kīsikāwipīsimwa miyo ōhcikanawāpamik », qui se traduit par « Le soleil veille sur lui d'une bonne manière ». Ce titre a été donné en 2001 par l'aîné, chef et leader de la danse du soleil, Gordon Oakes, lors de cérémonies au parc patrimonial Wanuskewin marquant le 125e anniversaire de la signature du traité no 6.

Queen Elizabeth receiving flowers from young girl wearing feathers in her hair
Photo : BiblioArchives / LibraryArchives / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Rôle constitutionnel et symbolisme

Le titre du souverain est lié à son rôle constitutionnel de chef d'État du Canada, un rôle défini par la Loi constitutionnelle de 1867, qui a conservé la reine Victoria et ses héritiers et successeurs comme source de l'autorité exécutive et comme une composante du Parlement. En 1931, le Statut de Westminster a codifié la divisibilité de la Couronne, faisant du souverain du Canada une fonction distincte des autres postes occupés par le monarque. George VI a été le premier souverain à exercer des fonctions de chef d'État sur le sol canadien lors de sa tournée de 1939. Les lettres patentes de 1947 ont délégué presque tous les pouvoirs souverains de la constitution canadienne au gouverneur général, qui exerce désormais la plupart des autorités au nom du souverain. Les devoirs du souverain incluent l'octroi de la sanction royale aux projets de loi adoptés par la Chambre des communes et le Sénat, l'ouverture du Parlement et la lecture du discours du Trône, la détention des pouvoirs de commandant en chef et l'invitation du premier ministre à former un gouvernement, bien que ces tâches soient généralement accomplies par le gouverneur général. Le titre de « Roi du Canada » incarne légalement ce rôle, et le serment de citoyenneté exige des individus qu'ils professent leur loyauté envers le souverain. Avec le rapatriement de la constitution canadienne en 1982, la fonction de reine a été placée sous la procédure de modification unanime, nécessitant le consentement du Parlement et de toutes les législatures provinciales pour tout changement. Le souverain sert d'incarnation de l'État canadien et de symbole de sa continuité. Le souverain actuel du Canada est le roi Charles III, qui a succédé au trône le 8 septembre 2022 à la mort de sa mère, la reine Elizabeth II. Le souverain est déterminé par un processus de succession héréditaire régi par l'Acte d'établissement de 1701, l'héritier actuel étant le fils aîné du roi, William, prince de Galles, suivi de son fils, le prince George.

Le titre dans un contexte comparatif

Le titre du souverain canadien est unique parmi les pays du Commonwealth, chacun ayant sa propre formulation pour le monarque partagé. Le titre de 2024 omet délibérément toute référence directe au Royaume-Uni, un point de différenciation par rapport aux titres utilisés plus tôt sous le règne d'Elizabeth II. La suppression du « défenseur de la foi » distingue également le Canada de pays comme le Royaume-Uni, où le terme se rapporte spécifiquement au rôle du monarque avec l'Église d'Angleterre et l'Église d'Écosse. Au Canada, le terme avait une signification plus vague, évoquant seulement une croyance en une puissance supérieure, comme l'a expliqué le premier ministre St-Laurent en 1953. L'élément constant dans tous ces pays est l'inclusion de « chef du Commonwealth », un titre détenu personnellement par le monarque depuis 1949. Le tableau ci-dessous illustre les éléments clés du titre canadien par rapport à son prédécesseur immédiat, montrant les changements majeurs mis en œuvre en 2024.

ÉlémentTitre (1953 à 2024)Titre (2024–présent)
Référence au Royaume-UniIncluse (« du Royaume-Uni, du Canada... »)Omise
Désignation territoriale principale« du Royaume-Uni, du Canada et de ses autres royaumes... »« Roi du Canada et de ses autres royaumes et territoires »
Référence religieuse« Défenseur de la foi » inclus« Défenseur de la foi » omis
Chef du CommonwealthInclusInclus

Le style et le titre du souverain canadien constituent le mode formel d'adresse du monarque du Canada. Alors que divers territoires canadiens changeaient de propriétaire et que le pays gagnait progressivement son indépendance, le style et le titre des monarques ont souvent changé. La nouvelle législation a conféré publiquement et légalement la réalité d'une monarchie constitutionnelle unique pour le Canada. Le titre du souverain canadien a été discuté par intermittence jusqu'à la fin du 20e siècle et au début du 21e siècle.

Coin from Canada
Photo : Awmcphee / Wikimedia Commons (CC0)

Style et titre du souverain canadien : questions fréquentes

Quel est le titre officiel actuel du roi du Canada ?

Le titre officiel actuel est Charles Trois, par la grâce de Dieu Roi du Canada et de ses autres royaumes et territoires, Chef du Commonwealth. Ce titre a été établi par une proclamation royale émise le 8 janvier 2024. Il a été autorisé par la Loi sur les titres royaux qui a été adoptée par le Parlement canadien en 2023. Le titre a été composé pour mentionner distinctement le Canada et souligner le statut partagé du monarque à travers les royaumes du Commonwealth.

Pourquoi le titre royal a-t-il été changé en 2024 ?

Le titre a été changé pour le moderniser et refléter plus clairement le statut indépendant du Canada. Le Cabinet fédéral a présenté le projet de loi en 2023 pour supprimer la référence au Royaume-Uni et l'expression « défenseur de la foi » du titre précédent utilisé depuis 1953. Ce changement a été considéré comme faisant partie de l'évolution de la Couronne canadienne en tant qu'institution distinctement canadienne. Le projet de loi a reçu la sanction royale le 22 juin 2023 et le nouveau titre a été proclamé le 8 janvier 2024.

Comment s'adresse-t-on habituellement au monarque au Canada ?

On s'adresse habituellement au monarque en disant « Sa Majesté ». Ce style d'adresse utilisant « Majesté » trouve son origine au Royaume-Uni à partir du 12e siècle et a été importé en Amérique du Nord à l'époque coloniale. Il est resté en usage depuis que le Canada est devenu un royaume en 1867 et s'applique maintenant au monarque canadien. Le souverain au Canada est désigné simplement par Sa Majesté, bien que le style « Sa Majesté canadienne » soit parfois utilisé pour différenciation. Les styles d'adresse canadiens sont officiellement maintenus par le Bureau du protocole du ministère du Patrimoine canadien.

Quand le titre « reine du Canada » a-t-il été utilisé officiellement pour la première fois ?

Le titre « reine du Canada » a été utilisé officiellement et légalement pour la première fois après l'accession de la reine Elizabeth II au trône. Il a été officialisé par la Loi sur les titres royaux de 1953 et une proclamation royale émise le 28 mai 1953. Le gouvernement canadien avait préféré ce format pour clarifier le rôle du souverain en tant que monarque du Canada. La reine Elizabeth II elle-même a déclaré en 1973 que « c'est en tant que reine du Canada que je suis ici ».

Quelle est la signification du titre dans le serment de citoyenneté ?

Le titre fait partie du serment d'allégeance dans le serment de citoyenneté. En prêtant allégeance au roi du Canada, les nouveaux citoyens affirment leur loyauté envers l'État canadien et son système constitutionnel. Le souverain est le chef d'État et le fondement légal de la branche exécutive du gouvernement. Le titre apparaît également en latin sous la forme « Charles III Dei Gratia Rex Canada » sur l'avers des médailles canadiennes comme la Médaille du couronnement du roi Charles III.

Les peuples autochtones ont-ils donné des titres aux souverains canadiens ?

Oui. Le roi George III était appelé le Grand Père. La reine Victoria était désignée comme la Grande Mère Reine et la Grande Mère Blanche. En 1959, la reine Elizabeth II s'est vu attribuer le titre de Mère de tous les peuples par des leaders salish de la côte. Charles III, en tant qu'héritier, a reçu des titres dont Attaniout Ikeneego des Inuit en 1976 et Étoile directrice d'étudiants cris et ojibwés en 1986.

Sources et lectures complémentaires

Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-11-03.

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