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vendredi 23 octobre 2026 Actualités et politique nationales
La famille de l'adolescent abattu par le SPAL pourra connaître les noms des policiers
Photo : Benh LIEU SONG / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)
Crimes et justice

La famille de l'adolescent abattu par le SPAL pourra connaître les noms des policiers

Un juge a entériné une entente donnant accès aux identités des agents à la famille, mais l'information est soumise à une interdiction de publication.

PA

Explication

Un juge de la Cour supérieure du Québec a approuvé une entente confidentielle permettant à la famille de Nooran Rezayi de connaître l'identité des policiers du Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL) impliqués dans la fusillade mortelle. L'adolescent de 15 ans a été tué en septembre 2025 après que des policiers soient intervenus à la suite d'un appel au 911 concernant un groupe de jeunes dans un secteur résidentiel. Selon l'entente entérinée jeudi, les noms des deux policiers directement impliqués seront communiqués à la famille de Rezayi et à quelques autres requérants, mais ceux-ci sont tenus de ne pas les divulguer publiquement. La Ville de Longueuil a indiqué que le juge avait ordonné la divulgation des documents contenant les identités, sous réserve de mesures de confidentialité strictes.

Yalda Machouf Khadir, avocate de la famille, a précisé que l'entente permet également l'accès aux procédures policières, au dossier du coroner et aux documents des services d'urgence liés à l'incident. « Les identités des deux policiers directement impliqués dans l'intervention font partie des détails qui seront divulgués à la famille et aux autres requérants », a écrit Me Machouf Khadir. Elle a ajouté que l'information demeure confidentielle en vertu d'ordonnances judiciaires interdisant sa divulgation ou sa publication. La famille et certaines familles des autres adolescents présents ce jour-là poursuivent la ville et son service de police, alléguant un usage de la force déraisonnable.

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Que sait-on de la fusillade ?

Les policiers sont arrivés sur les lieux dans l'arrondissement de Saint-Hubert à Longueuil après un signalement de jeunes présumément armés. Une vidéo diffusée par l'équipe juridique de la famille montre que Rezayi a été abattu très peu de temps après l'arrivée des policiers. Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) du Québec a par la suite rapporté que la seule arme à feu retrouvée sur place était celle appartenant au policier qui a tiré sur Rezayi. Les enquêteurs ont aussi saisi une batte de baseball, un sac à dos et des cagoules, mais aucun couteau ou autre arme blanche. Le BEI a terminé son enquête en mars et a transmis son rapport aux procureurs, qui doivent décider d'éventuelles accusations criminelles.

Les conclusions de l'enquête du BEI n'ont pas été rendues publiques. Si les procureurs décident de porter des accusations, les noms des policiers impliqués deviendraient alors publics. Une enquête distincte du ministère de la Sécurité publique du Québec examine pourquoi les policiers ont attendu 1 heure et 36 minutes avant d'aviser le BEI du décès. Une correspondance divulguée l'an dernier indiquait que la directrice du BEI jugeait inapproprié que les policiers de Longueuil aient continué à interroger des témoins sur les lieux après la fusillade.

Pourquoi les noms des policiers étaient-ils gardés secrets ?

La Ville de Longueuil s'est opposée à la divulgation publique des noms des policiers, invoquant de graves menaces à leur sécurité. Les documents judiciaires de la ville notaient que les policiers avaient reçu plusieurs menaces de mort sur les réseaux sociaux après la fusillade. Dans un cas, un adolescent a publié sur Instagram une photo d'un policier qu'il croyait impliqué et a offert une récompense de 2 000 $ pour son meurtre. Ce policier et sa famille ont été déplacés dans un endroit sécurisé pour leur protection. L'adolescent a par la suite été arrêté et reconnu coupable de harcèlement.

« Conformément à la position de la Ville, qui était de divulguer les documents pertinents aux requérants, y compris ceux contenant les identités des policiers, sous réserve du respect des mesures de confidentialité applicables, les parties en sont venues à une entente », a déclaré un porte-parole de la ville. L'avocat pénaliste montréalais Walid Hijazi, qui n'est pas impliqué dans le dossier, a qualifié cet arrangement de compromis raisonnable. « Il y a eu des menaces de mort proférées en ligne à l'endroit des policiers de Longueuil », a dit Me Hijazi. « Donc dans le cadre de cette entente, ils ont convenu que les noms des policiers impliqués qui font l'objet d'une enquête du BEI peuvent être communiqués à la famille, aux plaignants seulement. Ce n'est pas pour le public, mais juste pour eux. »

Qu'est-ce que cela signifie pour la poursuite civile de la famille ?

La poursuite civile contre la ville et la police allègue que la force utilisée était déraisonnable et disproportionnée. Dans le cadre de cette action, les familles demandaient les noms du policier qui a tiré et des autres policiers présents. Me Machouf Khadir a déclaré à Radio-Canada que la nouvelle entente aide à faire avancer leur cause. « On a réussi à conclure des ententes qui nous permettent, à nous et à nos clients, d'avoir accès à une certaine quantité d'information pour faire avancer le dossier, mais il y a des restrictions sur la publication et la diffusion de l'information », a-t-elle expliqué.

Elle a reconnu que le processus a été difficile pour la famille. « Le processus a été très opaque jusqu'à maintenant », a dit Me Machouf Khadir. « Maintenant, on commence à avoir accès à certaines informations qui vont apaiser certaines inquiétudes et certains soucis pour la famille. » Le professeur de l'Université Concordia Ted Rutland, qui étudie la violence policière, a affirmé qu'obtenir le nom est une étape cruciale pour la poursuite civile. « Sans le nom d'un policier, il n'y a personne dont la conduite peut être examinée dans une poursuite civile », a dit M. Rutland. « Donc le nom est essentiel. »

Quelles autres procédures judiciaires sont liées à ce dossier ?

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a mené une enquête criminelle distincte sur les événements ayant précédé la mort de Rezayi. Cette enquête a mené à des accusations contre 11 jeunes en juin, mais les procureurs ont suspendu ces procédures en août après que de nouvelles preuves aient soulevé une question juridique complexe. Aucune de ces accusations n'impliquait une arme à feu ou des blessures causées à autrui. Le rapport du BEI est maintenant entre les mains de la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) du Québec pour examen.

M. Rutland a noté que le délai pour cette décision peut varier considérablement. « Je pense qu'historiquement, on a vu le délai entre la soumission de l'enquête du BEI et l'annonce de la décision de la Couronne prendre entre six mois, parfois 12, parfois plus longtemps », a-t-il dit. « Et je pense que le public a raison de s'inquiéter de la durée de ce processus. Ce sont des procédures incroyablement importantes pour les personnes qui ont perdu un être cher à cause de la violence policière. »

Avec des informations de La Presse canadienne, Global News et CBC News