Nationalisme canadien
Le nationalisme canadien est une idéologie politique qui vise à promouvoir la souveraineté et l'identité distincte du Canada, historiquement par rapport au Royaume-Uni et aux États-Unis. Depuis les années 1960, sa forme dominante est un nationalisme civique cherchant à unir la population multiculturelle du pays, y compris les Canadiens anglophones et francophones, qui ont historiquement fait face à de la discrimination. Cette idéologie a façonné des débats nationaux cruciaux, comme l'élection fédérale de 1988 portant sur l'Accord de libre-échange canado-américain et le référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec. Elle continue d'influencer les discussions sur l'indépendance et l'unité nationale du Canada.
Fondements historiques et évolution
Les racines du nationalisme canadien remontent à l'époque coloniale, avec les premiers mouvements dans le Haut-Canada et le Bas-Canada cherchant l'indépendance de l'Empire britannique, culminant avec les rébellions avortées de 1837, qui avaient des tendances républicaines et pro-américaines. Après la Confédération en 1867, l'idéologie s'est cristallisée autour de la quête d'un gouvernement autonome au sein de l'Empire britannique et d'une indépendance économique face aux États-Unis. Cette politique préconisait des tarifs protectionnistes, l'expansion vers l'ouest et l'immigration pour bâtir une économie transcontinentale isolée de l'influence américaine, et elle était très populaire dans l'est industrialisé du Canada. Le débat sur la relation du Canada avec la Grande-Bretagne s'est intensifié pendant les guerres mondiales. Certains historiens soutiennent que le sacrifice partagé de la Première Guerre mondiale, notamment lors de batailles comme celle de la crête de Vimy, a favorisé un sentiment de nation canadienne plus fort, distinct de l'identité impériale britannique. D'autres historiens, comme Phillip Buckner, contestent que la guerre ait détruit une identité hybride impériale-nationale, arguant que la plupart des Canadiens anglophones continuaient de voir le Canada comme une nation « britannique » au sein du Commonwealth.

Le débat sur le libre-échange et le nationalisme économique
Le conflit entre le libre-échange et le protectionnisme économique est une caractéristique déterminante de la politique nationaliste canadienne depuis avant la Confédération. Pendant plus d'un siècle, les nationalistes se sont opposés au libre-échange ou à la réciprocité avec les États-Unis, craignant l'assimilation économique et culturelle, une position illustrée par la position populiste et anti-libre-échange du Parti conservateur. Cette position a été centrale dans le succès électoral conservateur, notamment en battant les propositions libérales pour des liens commerciaux plus étroits à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Le débat a été relancé de façon spectaculaire dans les années 1980 lorsque le premier ministre progressiste-conservateur Brian Mulroney a renversé la position traditionnelle de son parti et a négocié l'Accord de libre-échange canado-américain, croyant qu'il résoudrait le chômage et un déficit croissant. L'élection fédérale de 1988 est devenue un référendum sur l'entente, les libéraux de John Turner et le Nouveau Parti démocratique s'y opposant. Bien que les conservateurs aient remporté une majorité parlementaire avec 43 % du vote populaire, les partis opposés ont ensemble obtenu 51 % du vote populaire, illustrant une profonde division publique. Les opposants soutenaient que l'accord menaçait la souveraineté canadienne et les programmes sociaux, des préoccupations que des groupes de défense comme le Conseil des Canadiens continueraient d'exprimer contre des initiatives d'intégration ultérieures comme le Partenariat pour la sécurité et la prospérité. L'argument nationaliste contre le libre-échange, ancré dans la crainte de l'assimilation, était un thème clé du livre de George Grant, Lament for a Nation (1965), qui soutenait que le Canada avait succombé au continentalisme américain.
Le nationalisme québécois et le mouvement souverainiste
Le nationalisme canadien-français, axé sur la préservation de la langue et de la culture québécoises, existe depuis la conquête de la Nouvelle-France au milieu du 18e siècle. Au début du 20e siècle, Henri Bourassa, fondateur de la Ligue nationaliste canadienne, a plaidé pour un Canada biculturel et souverain, moins dépendant de la Grande-Bretagne ou des États-Unis et pour une autonomie économique complète, inspirant à la fois la pensée pan-canadienne et nationaliste québécoise. Après la Révolution tranquille des années 1960, ce nationalisme a évolué vers un mouvement souverainiste québécois moderne. Le Front de libération du Québec radical a déclenché la crise d'Octobre en 1970 en kidnappant le ministre provincial Pierre Laporte et le diplomate britannique James Cross. Le mouvement a ensuite poursuivi des référendums démocratiques sur la séparation, le camp fédéraliste remportant le référendum de 1980 par 59,56 % contre 40,44 % et l'emportant de justesse au référendum de 1995 par 50,58 % contre 49,42 %. Le vote de 1995 a marqué le sommet du soutien populaire au mouvement souverainiste. Le Parti québécois souverainiste est revenu au pouvoir en tant que gouvernement minoritaire après l'élection provinciale d'octobre 2025, mais le soutien à un nouveau référendum sur la souveraineté reste faible, autour de 20 % selon des sondages récents, et le chef Paul St. Pierre Plamondon a promis de ne pas en tenir un tant que Donald Trump sera président des États-Unis.

Expressions politiques modernes et groupes
Les tentatives de former un parti électoral purement axé sur le nationalisme canadien ont largement échoué, une tendance déplorée par le philosophe George Grant. Le Parti national du Canada, dirigé par l'ancien éditeur Mel Hurtig, a obtenu 1,38 % des voix (plus de 183 000 votes) lors de l'élection de 1993 avant de se dissoudre en raison de luttes intestines. Le Parti action canadienne, fondé en 1997 par l'ancien ministre libéral de la Défense Paul Hellyer, n'a pas non plus réussi à gagner en traction. L'activisme s'est souvent exprimé par le biais de groupes de défense non partisans. Le Conseil des Canadiens, fondé en 1985, est une organisation progressiste de premier plan qui milite contre l'intégration profonde avec les États-Unis et pour la protection des services publics, et il a joué un rôle de premier plan dans la protestation contre le Partenariat pour la sécurité et la prospérité. En revanche, une nouvelle mouvance de groupes de droite et ethnonationalistes a émergé, dont le Parti populaire du Canada fondé en 2018 par Maxime Bernier.
- Conseil des Canadiens (1985 à aujourd'hui) : Une organisation de défense progressive, de gauche, axée sur la souveraineté, la démocratie et la justice sociale.
- Parti action canadienne (1997 à 2017) : Un petit parti politique fédéral promouvant le nationalisme économique et l'antimondialisation.
- Parti populaire du Canada (2018 à aujourd'hui) : Un parti fédéral de droite dirigé par Maxime Bernier, critique des niveaux d'immigration actuels et du multiculturalisme.
- Dominion Society of Canada (2025 à aujourd'hui) : Un groupe ethnonationaliste et anti-immigration prônant la « rémigration » ou la déportation massive.
- Parti national du Canada (1993 à 1997) : Un parti fédéral éphémère fondé par l'éditeur Mel Hurtig.
- The Waffle (1969 à 1974) : Une faction d'extrême gauche au sein du Nouveau Parti démocratique plaidant pour un Canada socialiste indépendant, plus tard purgée par le chef David Lewis.
- Comité pour un Canada indépendant (1970 à 1981) : Une ancienne organisation de défense politique.
- Canada First (1868–c. 1896) : Une organisation de défense politique qui a brièvement été un petit parti politique fédéral.
- Alliance nationale des citoyens (2014 à 2023) : Un petit parti politique fédéral.
- Parti progressiste canadien (2004 à 2019) : Un petit parti politique fédéral.
La Dominion Society of Canada, fondée en 2025 par Daniel Tyrie, ancien cadre du Parti populaire du Canada, représente un développement important dans l'organisation nationaliste d'extrême droite. Elle promeut la théorie du complot du « grand remplacement » et prévoit la déportation de cinq à neuf millions de personnes, y compris les travailleurs étrangers temporaires et les personnes nées au Canada de parents non citoyens. Le groupe a attiré l'attention pour avoir organisé la conférence DomCon 2026 à Hamilton, en Ontario, ce qui a suscité des critiques de la part de réseaux anti-haine et d'élus locaux comme la mairesse Andrea Horwath. Le Réseau canadien anti-haine affirme que le groupe compte des membres néonazis et partage des membres avec des groupes comme Diagolon et Second Sons, et son directeur Evan Balgord le décrit comme la branche politique du mouvement nationaliste blanc cherchant à rendre ses idées grand public.
Défis contemporains de l'unité nationale
Dans les années 2020, l'unité nationale a été mise à l'épreuve par des sentiments sécessionnistes en Alberta et une résurgence de la politique souverainiste au Québec. En octobre 2025, l'Alberta a tenu un référendum sur l'opportunité d'entamer le processus constitutionnel en vue d'un vote contraignant sur la séparation, un vote organisé par la première ministre Danielle Smith qui s'opposait elle-même à la sécession. La proposition a été rejetée de façon décisive, environ 75 % des électeurs ayant choisi de rester au Canada, un résultat conforme aux attentes des sondages avant le vote. Ce résultat a permis au gouvernement du premier ministre Mark Carney de se concentrer sur d'autres priorités comme la sécurisation de partenaires commerciaux et des projets de construction nationale, bien que l'aliénation de l'Ouest et les griefs concernant des domaines comme l'énergie et la politique d'immigration persistent. Au Québec, le Parti québécois a remporté un gouvernement minoritaire en octobre 2025 mais avec seulement 28 % du vote populaire, le plus bas pour tout parti gagnant dans l'histoire provinciale canadienne, ce qui s'est traduit par 59 sièges, cinq de moins que la majorité. Le chef du PQ, Paul St. Pierre Plamondon, a déclaré qu'il ne tiendrait pas de référendum sur la souveraineté tant que Donald Trump sera président des États-Unis, invoquant la guerre commerciale et l'incertitude géopolitique, une position que beaucoup considèrent comme renforçant l'unité nationale. Les sondages montrent systématiquement qu'une majorité au Québec s'oppose à un nouveau référendum, un récent sondage Léger plaçant le soutien à seulement 20 %, et le gouvernement minoritaire rend difficile l'adoption d'une loi référendaire sans le soutien des neuf sièges de Québec solidaire. Ces développements ont temporairement réduit la menace immédiate de séparation, mais les griefs régionaux sous-jacents en Alberta et au Québec font de l'unité nationale un enjeu récurrent pour le gouvernement fédéral, aggravé par les clivages urbains-ruraux et la mobilisation politique autochtone.
Sentiment public et fierté nationale
Les sondages indiquent qu'une forte majorité de Canadiens expriment une fierté envers leur identité nationale, reflétant la force d'une identité nationale inclusive et civique. Près de neuf personnes sur dix (87 %) déclarent être fières d'être canadiennes, plus de la moitié (61 %) affirmant être très fières. Cette fierté est la plus élevée concernant l'histoire du Canada en tant que dominion de l'Empire britannique (70 %), les forces armées (64 %), le système de santé (64 %) et la Constitution (63 %). La fierté est la plus faible concernant l'influence politique mondiale du Canada, à 46 %. Il existe des variations régionales notables, la fierté envers l'identité canadienne à l'extérieur du Québec allant de 91 % en Colombie-Britannique à 94 % à l'Île-du-Prince-Édouard. Au Québec, 70 % expriment de la fierté, bien que les résidents y soient systématiquement moins susceptibles d'exprimer de la fierté pour des réalisations canadiennes spécifiques. Les sentiments de fierté sont plus prononcés chez les aînés et les femmes, et les immigrants de première et de deuxième génération montrent les niveaux de fierté les plus élevés à la fois envers leur identité canadienne et les réalisations nationales. Ces données montrent que pour de nombreux Canadiens, l'identité nationale n'est pas liée à une ethnicité exclusive, mais à une histoire, des institutions partagées et au modèle civique de citoyenneté promu depuis les années 1960.
L'essor de l'ethnonationalisme et la réponse sociétale
Une mouvance distincte et controversée du nationalisme canadien a gagné en visibilité avec la formation de groupes comme la Dominion Society of Canada. Fondée en 2025, l'organisation prône des restrictions sévères à l'immigration et la « rémigration » ou déportation d'environ cinq à neuf millions de personnes, y compris les travailleurs étrangers temporaires, les résidents permanents et certains citoyens naturalisés. Le Réseau canadien anti-haine décrit le groupe comme la branche politique d'un mouvement nationaliste blanc, notant qu'il partage des membres avec des groupes plus extrêmes comme Diagolon et utilise un langage codé comme le nombre 88, utilisé par les suprémacistes blancs. La conférence DomCon 2026 de la Dominion Society, prévue à Hamilton avec des conférenciers internationaux, a suscité une condamnation généralisée de la part des autorités et des groupes anti-haine. La mairesse de Hamilton, Andrea Horwath, a écrit aux entreprises locales pour les sensibiliser à l'idéologie du groupe, et l'ancien premier ministre de l'Alberta et ministre fédéral de l'Immigration, Jason Kenney, a critiqué ses propositions politiques basées sur la race comme étant catégoriquement différentes des débats légitimes sur les niveaux d'immigration. Le fondateur Daniel Tyrie a déclaré que le groupe ne s'intéressait pas aux mouvements politiques étrangers des années 1930 et qu'il se concentrait sur l'héritage canadien, mais des experts comme Barbara Perry de l'Université Ontario Tech affirment que les arguments du groupe sont intrinsèquement racistes et xénophobes parce qu'ils blâment les immigrants pour les problèmes du pays. Cette émergence met en lumière une tension au sein du nationalisme moderne, entre un modèle civique et multiculturel historiquement dominant et une vision ethnonationaliste exclusive qui cherche le pouvoir politique pour mettre en œuvre son programme, et elle représente un défi pour l'identité nationale inclusive que, selon les sondages, la plupart des Canadiens embrassent.
Nationalisme canadien : questions fréquentes
Comment le débat sur le libre-échange est-il lié au nationalisme canadien ?
Le débat sur le libre-échange avec les États-Unis est une question nationaliste centrale depuis plus d'un siècle. Les nationalistes s'opposaient traditionnellement au libre-échange, craignant qu'il ne mène à une dépendance économique et à une assimilation culturelle. C'était au cœur de la Politique nationale de sir John A. Macdonald. Le débat a culminé lors de l'élection fédérale de 1988, qui a porté sur l'Accord de libre-échange canado-américain. Bien que les progressistes-conservateurs pro-accord aient gagné, les partis libéral et néo-démocrate opposés ont ensemble remporté la majorité du vote populaire, reflétant de profondes préoccupations nationalistes sur la souveraineté qui persistent dans les débats sur l'intégration économique.
Quelle est la différence entre le nationalisme canadien et le nationalisme québécois ?
Le nationalisme canadien cherche généralement à renforcer l'unité et la souveraineté du Canada dans son ensemble, englobant souvent une vision bilingue et multiculturelle. Le nationalisme québécois, ou nationalisme québécois, priorise la préservation et la promotion de la langue française et de la culture unique du Québec. Alors que certains nationalistes québécois sont des autonomistes cherchant plus de pouvoirs au sein du Canada, les souverainistes visent à faire du Québec un pays indépendant. Les deux nationalismes ont souvent été en tension, plus dramatiquement pendant les référendums sur la souveraineté du Québec en 1980 et 1995.
Que s'est-il passé lors du référendum sur la sécession de l'Alberta en 2025 ?
En octobre 2025, l'Alberta a tenu un référendum demandant si le gouvernement provincial devait entamer le processus constitutionnel en vue d'un vote contraignant sur la séparation. La proposition a été fermement rejetée, environ 75 % des électeurs ayant rejeté la voie vers l'indépendance. Le résultat a été un revers majeur pour le mouvement sécessionniste albertain et a apporté un soulagement au gouvernement fédéral, lui permettant de se concentrer sur d'autres priorités nationales. Cependant, le vote a révélé une minorité persistante d'environ 25 % en faveur, indiquant que les sentiments d'aliénation de l'Ouest persistent.
Qu'est-ce que la Dominion Society of Canada ?
La Dominion Society of Canada est un groupe ethnonationaliste et anti-immigration fondé en 2025 par Daniel Tyrie, un ancien cadre du Parti populaire du Canada. Elle prône la « rémigration », une politique de déportation massive ciblant des millions de personnes, et promeut la théorie du complot du « grand remplacement ». Le groupe, que le Réseau canadien anti-haine associe aux mouvements nationalistes blancs, a gagné en notoriété pour avoir planifié la conférence DomCon 2026 à Hamilton. Son idéologie représente un écart marqué par rapport au nationalisme civique et multiculturel qui a prédominé au Canada depuis la fin du 20e siècle.
Le soutien à la souveraineté du Québec est-il en croissance aujourd'hui ?
Non, le soutien à la souveraineté du Québec ne croît pas actuellement. Bien que le Parti québécois souverainiste ait formé un gouvernement minoritaire après l'élection provinciale d'octobre 2025, il l'a fait avec une part historiquement faible du vote populaire (28 %). Les sondages d'opinion publique montrent systématiquement qu'une forte majorité au Québec s'oppose à la tenue d'un nouveau référendum sur la souveraineté, un récent sondage indiquant un soutien de seulement 20 %. Le chef du PQ, Paul St. Pierre Plamondon, s'est engagé à ne pas tenir de référendum tant que Donald Trump sera président des États-Unis, invoquant des risques économiques et géopolitiques, rendant un vote à court terme très improbable.
Quel est l'objectif principal du nationalisme canadien ?
L'objectif central du nationalisme canadien a historiquement été d'atteindre et de maintenir la souveraineté canadienne, d'abord face à l'Empire britannique et plus tard face à la domination économique et culturelle perçue des États-Unis. Cet objectif a été poursuivi par des mouvements comme les rébellions de 1837 et plus tard par des politiques comme la Politique nationale de protectionnisme économique. Il cherche à encourager une identité nationale unifiée, particulièrement entre les Canadiens anglophones et francophones, comme on le voit dans la vision de figures comme Henri Bourassa. Dans sa forme civique moderne, il vise à promouvoir une citoyenneté multiculturelle et égale au sein d'un État canadien fort et indépendant, tout en protégeant les intérêts économiques et les institutions culturelles canadiennes contre un contrôle externe.
Sources et lectures complémentaires
- Nationalisme canadien (Wikipédia, en anglais)
- Alberta, Quebec, and the Perpetual Work-in-Progress of ... (policymagazine.ca)
- Update on Canada's Two Secession Movements (reason.com)
- Hamilton mayor asks businesses to be aware of anti- ... (ici.radio-canada.ca)
Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-30.





