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vendredi 23 octobre 2026 Actualités et politique nationales
La première ministre du Québec allègue une ingérence américaine à l'approche des élections
Photo : Freepik
Politique

La première ministre du Québec allègue une ingérence américaine à l'approche des élections

Christine Fréchette affirme avoir contacté le SCRS et souhaite rencontrer le premier ministre après des rapports sur des efforts américains pour soutenir les souverainistes.

ML

QUÉBEC · Les allégations d'une possible ingérence américaine ont dominé la campagne électorale québécoise vendredi, incitant la première ministre Christine Fréchette à demander une rencontre avec le premier ministre Mark Carney et à contacter l'agence de renseignement canadienne. « Je veux l'aide du gouvernement fédéral pour faire la lumière sur cette question », a déclaré Mme Fréchette aux journalistes, ajoutant que seuls les Québécois devraient décider qui formera le prochain gouvernement provincial. La chef de la Coalition avenir Québec réagissait à un reportage de Québecor citant des sources anonymes affirmant que des responsables américains avaient tenté de négocier des tarifs directement avec le Québec. Le reportage mentionnait également un essai publié en février par un groupe de réflexion basé aux États-Unis, la Defense Analyses and Research Corporation, qui appelait les Américains à déstabiliser la fédération canadienne.

L'essai préconisait de soutenir l'élection de souverainistes lors des scrutins canadiens et de « militariser » la réconciliation avec les Premières Nations pour « pousser doucement » le pays sur la voie de la dissolution. Mme Fréchette a confirmé que des responsables américains avaient contacté son gouvernement au printemps au sujet de secteurs liés à l'Accord Canada-États-Unis-Mexique. « Quand mon équipe m'en a parlé, j'ai fermé la porte tout de suite. Parce que, pour moi, c'est impensable que le Québec puisse signer un accord avec les États-Unis », a-t-elle affirmé.

Son bureau a publié une déclaration indiquant que son équipe l'avait informée samedi dernier des essais du groupe de réflexion, ce qui a mené à un contact avec le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) mardi et à une rencontre avec l'agence mercredi. La déclaration ajoutait que l'équipe de Mme Fréchette n'avait reçu aucune information confirmant une ingérence dans la campagne électorale. Le porte-parole du SCRS, Eric Balsam, a déclaré que l'agence avait offert des séances d'information sur l'ingérence étrangère à tous les partis politiques au Québec, ce qui est désormais une pratique standard lorsqu'une campagne est déclenchée. « Détecter et dissuader l'ingérence étrangère, et protéger nos processus démocratiques, est au cœur du mandat du SCRS », a déclaré M. Balsam dans un communiqué.

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Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a questionné le moment choisi pour ces allégations, le vote par anticipation débutant dimanche. « On me dit que l'information était disponible dès janvier. On parle d'événements qui auraient pu avoir lieu début septembre », a-t-il dit. « Et on n'en entend parler que deux jours avant le début du vote. »

Il a déclaré que son parti n'avait pas été contacté par des responsables américains et qu'il n'avait vu aucune preuve d'ingérence. M. St-Pierre Plamondon a exhorté les Québécois à se rendre aux urnes « en toute sérénité » et à ne pas permettre aux gouvernements fédéral et américain de « kidnapper » l'élection. Le chef libéral, Charles Milliard, a affirmé que Mme Fréchette aurait dû être plus transparente et informer tous les chefs de parti lorsque les allégations sont apparues. La porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a réclamé une plus grande transparence.

« Qu'est-ce qu'elle nous dit ? Après sa rencontre avec M. Carney, il est crucial qu'elle informe tous les Québécois de la nature de l'ingérence, s'il y a eu ingérence », a déclaré Mme Ghazal. Elle a suggéré que le gouvernement américain pourrait avoir un intérêt dans les mouvements séparatistes tant au Québec qu'en Alberta. La ministre fédérale des Affaires étrangères, Anita Anand, a déclaré qu'Ottawa prenait les allégations au sérieux.

« Protéger notre démocratie est d'une importance capitale pour notre pays », a-t-elle déclaré. Mme Anand a dit ne pas croire qu'il y ait actuellement quoi que ce soit qui affecte la démocratie canadienne, mais a ajouté qu'elle soulève ses préoccupations auprès de ses homologues, dont le secrétaire d'État américain Marco Rubio, lorsque des problèmes surviennent. Thomas Juneau, professeur à l'Université d'Ottawa, a déclaré que le caractère amateur du rapport du groupe de réflexion le fait se demander s'il y a d'autres aspects à ce qui a été détecté. « Quoi qu'il en soit exactement, le simple fait que nous y pensions devrait nous dire, si quelqu'un avait encore des doutes, que les relations avec les États-Unis ne sont plus ce qu'elles étaient », a affirmé M. Juneau. Le vote par anticipation débute dimanche, et l'élection provinciale est prévue pour le 5 octobre.

Avec des informations de La Presse canadienne, Global News et CBC News