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jeudi 29 octobre 2026 Actualités et politique nationales

Liste des pensionnats autochtones au Canada

La liste des pensionnats autochtones au Canada recense les institutions qui ont formé un système financé par le gouvernement et administré par des églises pendant plus de 150 ans. Ce réseau, que la Commission de vérité et réconciliation du Canada a qualifié d'instrument de génocide culturel, a séparé de force les enfants autochtones de leurs familles pour les assimiler. Le système a fonctionné dans toutes les provinces et tous les territoires, sauf à l'Île-du-Prince-Édouard et au Nouveau-Brunswick, le dernier établissement reconnu par le gouvernement fédéral ayant fermé ses portes en 1997. La liste officielle, centrale pour les règlements juridiques et la commémoration nationale, comprend 139 écoles reconnues dans le cadre de la Convention de règlement relative aux pensionnats autochtones de 2007, des établissements de Terre-Neuve-et-Labrador étant reconnus séparément.

Portée historique et fonctionnement

Le système des pensionnats autochtones au Canada a fonctionné pendant plus de 160 ans, la première école administrée par une église ayant ouvert en 1831 et un système formel financé par le gouvernement fédéral s'étendant à partir des années 1880. Le système était une collaboration entre le gouvernement canadien et diverses églises, dont les églises catholique romaine, anglicane, unie et presbytérienne. Son intention explicite était d'assimiler les enfants des Premières Nations, des Inuits et des Métis en les retirant de leurs familles, de leurs communautés et de leurs cultures. Une modification de la Loi sur les Indiens en 1920 a rendu la fréquentation obligatoire pour les enfants ayant le statut d'Indien inscrit âgés de 7 à 15 ans, imposant leur inscription. Les écoles étaient souvent situées loin des communautés d'origine des élèves, rompant délibérément les liens familiaux et culturels. Les institutions étaient fréquemment sous-financées et surpeuplées, offrant une éducation de qualité inférieure tout en punissant sévèrement les enfants qui parlaient leurs langues autochtones.

Les origines des pensionnats autochtones au Canada remontent aux efforts missionnaires antérieurs du 17e siècle, bien avant la consolidation du système fédéral. Le modèle a été importé d'autres contextes coloniaux, y compris les écoles industrielles utilisées aux États-Unis, en Irlande, en Afrique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Le gouvernement canadien considérait le système comme un moyen de résoudre ce qu'il appelait la « question indienne », visant à éliminer les identités autochtones distinctes pour faciliter le contrôle des terres et des ressources. Le fonctionnement du système suivait un schéma cohérent à travers le pays, les enfants étant retirés de force de leur foyer, soumis à des routines régimentées et privés de contact avec leurs cultures. Les conditions difficiles et les abus généralisés documentés dans ces écoles étaient des caractéristiques systémiques de cette politique d'assimilation agressive.

L'entente de règlement et les écoles reconnues

La Convention de règlement relative aux pensionnats autochtones (CRPA), mise en œuvre en 2007, est le document juridique fondateur qui a officiellement reconnu une liste spécifique d'écoles aux fins d'indemnisation des survivants. La CRPA reconnaissait à l'origine 130 écoles, un nombre ajusté plus tard à 139 suite à des décisions judiciaires et à des révisions. Cette liste constitue le catalogue officiel des pensionnats autochtones soutenus par le gouvernement fédéral, mais elle n'est pas exhaustive, car elle exclut certaines institutions qui fonctionnaient sans soutien fédéral. Une omission importante de la CRPA originale concernait les pensionnats autochtones qui fonctionnaient à Terre-Neuve-et-Labrador avant l'entrée de la province dans la Confédération canadienne. Les survivants de ces écoles ont conclu une entente d'indemnisation distincte avec le gouvernement fédéral en 2016 à la suite d'un recours collectif réussi. La dernière école à être ajoutée à la liste de la CRPA est Kivalliq Hall à Rankin Inlet, au Nunavut, qui a fermé en 1997 et a été reconnue en 2019, ce qui en fait le dernier pensionnat autochtone reconnu par le gouvernement fédéral.

La CRPA a été une réalisation juridique historique résultant du courage et de la persévérance des survivants et de leurs défenseurs. Le règlement comprenait plusieurs éléments clés conçus pour remédier aux préjudices causés par les écoles. Les principaux éléments de l'entente étaient le Paiement d'expérience commune, le Processus d'évaluation indépendant pour les demandes d'abus graves, la création de la Commission de vérité et réconciliation et des fonds pour des projets de guérison et de commémoration. Il est crucial de reconnaître les limites du règlement. Notamment, les survivants de la Nation métisse n'étaient pas inclus dans la CRPA, et un règlement distinct pour les survivants des externats indiens fédéraux n'a été conclu qu'en 2019. La liste des écoles de l'entente reste le point de référence définitif pour la reconnaissance historique et l'indemnisation juridique, façonnant la façon dont cette histoire est officiellement enregistrée et commémorée.

Répartition géographique et exemples notables

Les pensionnats autochtones ont fonctionné dans toutes les provinces et tous les territoires canadiens, sauf l'Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick et, initialement, Terre-Neuve-et-Labrador. La Colombie-Britannique et l'Ontario comptaient les plus fortes concentrations d'écoles. La répartition géographique était une fonction directe de la politique coloniale et de l'emplacement des communautés autochtones. La carte interactive maintenue par le gouvernement fédéral permet de visualiser les emplacements des 140 sites associés à la CRPA. Chaque point sur la carte fournit des détails sur le fonctionnement de l'école, l'organisme confessionnel responsable et l'état actuel du site. Parmi les exemples notables, on trouve l'ancien pensionnat autochtone de Kamloops en Colombie-Britannique, qui a été désigné lieu historique national en 2024. Cette école, administrée par l'Église catholique romaine de 1890 à 1978, a accueilli des enfants de plus de 108 communautés et d'au moins 38 nations autochtones. Un autre exemple est le pensionnat autochtone Crowfoot à Blackfoot Crossing, en Alberta, et le pensionnat Coqualeetza à Sardis, en Colombie-Britannique, tous deux fréquemment cités dans les récits historiques.

Le système des pensionnats autochtones a fonctionné dans toutes les provinces et tous les territoires canadiens, sauf l'Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick. Les écoles étaient situées partout au Canada, souvent près des réserves autochtones. Le système a été un aspect clé du colonialisme et de la politique du gouvernement fédéral pendant plus de 150 ans. La première école a ouvert en 1828 et la dernière a fermé en 1997.

Ces écoles, comme toutes les autres du système, ont été des lieux de perte culturelle profonde et de traumatisme personnel. Leur héritage physique varie, certains bâtiments ayant été démolis, d'autres réaffectés, et quelques-uns, comme Kamloops, préservés comme lieux de conscience et de commémoration. La carte interactive fédérale fournit des photographies aériennes historiques de ces sites, offrant un enregistrement visuel de leurs paysages dès 1924. La carte comprend des outils pour filtrer par emplacement et comparer les images historiques et actuelles, facilitant à la fois la recherche et la commémoration.

Impacts documentés et chemin vers la vérité

Les impacts du système des pensionnats autochtones sont profonds, intergénérationnels et bien documentés. Le rapport final de la CVR a détaillé les abus physiques et sexuels généralisés, la négligence et les décès évitables d'enfants dans les écoles. On estime que des milliers d'enfants sont morts alors qu'ils étaient dans le système, bien qu'un nombre exact reste inconnu car les registres ont souvent été détruits ou perdus. Le traumatisme vécu par les survivants a eu des effets en cascade sur les familles et les communautés, contribuant à des défis sociaux et à l'érosion des langues et des pratiques culturelles. Le témoignage courageux des survivants devant la CVR et dans d'autres forums a été le catalyseur crucial de la reconnaissance publique et des règlements juridiques. Leur plaidoyer a conduit directement à la création du Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR) à l'Université du Manitoba, qui sert maintenant d'archive permanente pour toutes les déclarations, documents et registres liés aux pensionnats autochtones.

La Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR) s'est appuyée sur la Commission royale sur les peuples autochtones de 1996. La CVR a conclu que les pensionnats autochtones étaient une tentative systématique, parrainée par le gouvernement, de détruire les cultures et les langues autochtones. Elle a qualifié cette intention de génocide culturel. La CVR a émis des Appels à l'action pour la réconciliation, y compris un appel pour une journée nationale de commémoration.

Le Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR) poursuit le travail de la CVR en préservant les archives des déclarations des survivants. Il tient un registre des milliers d'enfants connus pour être morts dans les pensionnats autochtones. Le rapport final de la CVR s'intitule « Honorer la vérité, réconcilier pour l'avenir ». Le CNVR soutient la recherche et l'éducation continues sur l'histoire des pensionnats autochtones.

Commémoration et reconnaissance nationale

La reconnaissance nationale formelle de l'importance du système des pensionnats autochtones a considérablement augmenté depuis la fin des travaux de la CVR. En septembre 2020, le gouvernement du Canada, sur avis de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada, a désigné le système des pensionnats autochtones comme événement historique national. Cette désignation reconnaît son impact durable et négatif sur la formation de la société canadienne. En réponse à l'Appel à l'action 80 de la CVR, le Parlement canadien a adopté une loi créant la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. La première commémoration a eu lieu le 30 septembre 2021, en faisant un jour férié fédéral annuel pour honorer les survivants, leurs familles et leurs communautés. Au niveau local, les communautés et les nations autochtones mènent des efforts de commémoration, comme la préservation des bâtiments scolaires par la Première Nation Tkʼemlúps te Secwépemc sur le site de Kamloops. Parcs Canada collabore avec les communautés pour installer des plaques commémoratives sur les sites des anciennes écoles afin de s'assurer que l'histoire soit physiquement marquée et commémorée.

Le processus de désignation du système comme événement historique national a été initié par une nomination du Centre national pour la vérité et la réconciliation, qui incorporait les commentaires de survivants de tout le pays. Cette reconnaissance officielle dans le cadre du Programme national de commémoration historique marque une étape cruciale pour s'assurer que cette histoire ne soit ni oubliée ni minimisée. La désignation de sites scolaires individuels, comme l'ancien pensionnat autochtone de Kamloops comme lieu historique national en 2024, fournit d'autres points tangibles pour l'éducation et la réflexion. Ces actes de commémoration sont essentiels pour l'éducation du public et font partie du processus à long terme de réconciliation demandé par les survivants et la CVR. L'annonce par le gouvernement de la désignation d'événement historique national le 1er septembre 2020 a été le résultat direct de la sensibilisation croissante du public, portée par le plaidoyer des survivants.

Ressources et soutien continus

Reconnaissant la nature traumatisante de cette histoire, plusieurs services de soutien dédiés existent pour les survivants et leurs familles. La Ligne d'écoute téléphonique nationale de crise pour les pensionnats autochtones, disponible 24 heures sur 24 au 1-866-925-4419, offre un soutien immédiat en situation de crise et des références. Pour les Premières Nations, les Inuits et les Métis, la Ligne d'écoute d'espoir pour le mieux-être offre un soutien gratuit au 1-855-242-3310. Le Centre national pour la vérité et la réconciliation poursuit son travail en tant que principal gardien des archives des pensionnats autochtones et des déclarations des survivants. Il maintient et développe le registre des enfants décédés alors qu'ils fréquentaient les écoles. L'accès du public à l'information historique est facilité par des outils en ligne comme la Carte interactive des pensionnats autochtones, qui fournit des données géographiques et contextuelles sur chaque école. Ces ressources servent collectivement le double objectif de soutenir la guérison et de s'assurer que tous les Canadiens peuvent accéder à ce chapitre difficile de l'histoire nationale et le comprendre.

Le mandat du CNVR va au-delà de l'archivage pour inclure l'éducation du public et la promotion de la réconciliation. Il fonctionne selon le principe de « Bezhig miigwan », qui enseigne le respect pour chaque survivant comme une seule plume d'aigle et met l'accent sur la responsabilité collective. Le centre fournit une gamme de ressources pour les chercheurs, les éducateurs et le public. Les principaux outils et ressources accessibles au public comprennent :

  • La Carte interactive des pensionnats autochtones avec 140 emplacements de sites.
  • Une archive numérique des déclarations des survivants et des documents historiques.
  • Le registre des enfants décédés.
  • Du matériel éducatif pour les écoles et les institutions.
  • L'accès à la photographie aérienne historique des sites scolaires de 1924 à 1998.

La Ligne d'écoute téléphonique nationale de crise pour les pensionnats autochtones offre un soutien 24 heures sur 24 aux anciens élèves et à leurs familles. Le CNVR est situé sur les terres ancestrales des peuples anishinaabeg, cris, ojicris, dakotas et dénés, et sur la patrie de la Nation métisse. Ces ressources soutiennent la vision de la CVR d'un effort national soutenu pour se souvenir de cette histoire. Le système des pensionnats autochtones a eu des effets néfastes à long terme sur les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Liste des pensionnats autochtones au Canada : questions fréquentes

Combien y a-t-il eu de pensionnats autochtones au Canada ?

La Convention de règlement relative aux pensionnats autochtones (CRPA) reconnaît officiellement 139 pensionnats autochtones qui ont fonctionné avec le soutien du gouvernement fédéral à travers le Canada. Ce nombre a été ajusté au fil du temps, à partir d'une liste originale de 130 en 2007. Il est important de noter que cette liste n'inclut pas toutes les institutions, comme certains externats ou écoles qui fonctionnaient sans financement fédéral. L'entente distincte pour Terre-Neuve-et-Labrador en 2016 a ajouté des écoles de cette province qui ne faisaient pas partie de la CRPA originale.

Quand le dernier pensionnat autochtone a-t-il fermé ?

Le dernier pensionnat autochtone à fermer a été Kivalliq Hall à Rankin Inlet, au Nunavut, qui a fermé ses portes en 1997. C'était un foyer pour étudiants inuits. Kivalliq Hall a été ajouté à la liste officielle des écoles reconnues dans le cadre de la Convention de règlement relative aux pensionnats autochtones en 2019 suite à une décision judiciaire. Avant cette addition, de nombreux récits historiques indiquaient que la dernière école avait fermé en 1996, faisant référence au pensionnat autochtone Gordon en Saskatchewan.

Pourquoi les pensionnats autochtones ont-ils été créés ?

Les pensionnats autochtones ont été créés comme un outil de la politique gouvernementale pour assimiler les enfants autochtones à la société euro-canadienne. L'intention explicite, telle qu'énoncée dans les documents historiques et confirmée par la Commission de vérité et réconciliation, était de séparer les enfants de leurs familles et de leurs cultures pour les « civiliser ». Cette politique était motivée par des objectifs coloniaux visant à prendre le contrôle des terres et des ressources en éliminant les identités et les obligations juridiques autochtones distinctes. Le système était calqué sur des institutions similaires dans d'autres colonies britanniques et aux États-Unis.

Qu'est-ce que la Convention de règlement relative aux pensionnats autochtones ?

La Convention de règlement relative aux pensionnats autochtones (CRPA) est un règlement global d'action collective. Il a été conclu entre les survivants, l'Assemblée des Premières Nations, des représentants inuits, le gouvernement fédéral et les églises. La CRPA a officiellement reconnu 139 pensionnats autochtones à travers le Canada aux fins d'indemnisation. Elle a établi la Commission de vérité et réconciliation et a fourni des fonds pour des projets de guérison et de commémoration.

Qu'est-ce que la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation ?

La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation est un jour férié fédéral observé chaque année le 30 septembre. Elle a été établie en réponse à l'Appel à l'action 80 du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation. Cette journée honore les enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux des pensionnats autochtones, les survivants, leurs familles et leurs communautés. Elle est destinée à être une journée de commémoration publique et de réflexion sur l'histoire tragique et les impacts durables des pensionnats autochtones, favorisant la sensibilisation et la compréhension parmi tous les Canadiens.

Qu'était la Commission de vérité et réconciliation ?

La Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR) était une commission établie pour documenter l'histoire et les impacts du système des pensionnats autochtones. Elle a conclu que les pensionnats autochtones étaient une tentative systématique, parrainée par le gouvernement, de détruire les cultures et les langues autochtones, qualifiant cette intention de génocide culturel. Le travail de la CVR comprenait la collecte de déclarations de survivants et la création d'un rapport avec des Appels à l'action. Le Centre national pour la vérité et la réconciliation poursuit maintenant des aspects clés du travail de la CVR, y compris la sauvegarde des archives des déclarations des survivants. Les conclusions de la CVR ont été cruciales pour sensibiliser le public aux préjudices infligés par les écoles.

Sources et lectures complémentaires

Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-29.

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