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mardi 27 octobre 2026 Actualités et politique nationales

William Osgoode

William Osgoode (mars 1754 – 17 janvier 1824) fut le premier juge en chef du Haut-Canada, une figure juridique fondatrice du début de l’histoire de l’Ontario. Formé à Oxford et admis au barreau anglais, il fut nommé en 1791 et joua un rôle central dans l’adaptation du droit anglais aux besoins de la nouvelle colonie. Son œuvre inclut la rédaction de la Loi sur l’organisation judiciaire de 1794, qui établit le système judiciaire de la province, ainsi que son mandat au Conseil exécutif. Bien que son mandat judiciaire ait été relativement bref, son nom demeure associé à des institutions juridiques canadiennes majeures, notamment Osgoode Hall et la faculté de droit Osgoode Hall.

Jeunesse et formation en Angleterre

William Osgoode naît à Londres, en Angleterre, en mars 1754, fils unique de William Osgood, un bonnetier prospère de Leeds. Son père était méthodiste et ami de l’évangéliste John Wesley, qui prêcha son sermon funèbre en décembre 1767. Le jeune Osgoode reçoit une éducation classique à l’école méthodiste de Kingswood, près de Bath, une institution fondée par Wesley. Il s’inscrit à Christ Church, Oxford, en 1768, obtenant un baccalauréat ès arts en 1772 et une maîtrise ès arts en 1777. Il entre à Lincoln's Inn en 1773 et est admis au barreau anglais le 11 novembre 1779. La même année, il publie Remarks on the law of descent, une critique des Commentaries de Sir William Blackstone, qui contribue à établir sa réputation de penseur juridique. Il développe une pratique de rédacteur juridique dans les cours d’équité plutôt que comme avocat de common law. Les traditions familiales suggérant qu’il était un intime de William Pitt ou un fils naturel de George II sont sans fondement historique. Il passe également une année en France avant son admission au barreau.

St Mary's, Harrow on the Hill, 2015
Photo : Edwardx / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Nomination et travaux judiciaires au Haut-Canada

Osgoode est nommé premier juge en chef du Haut-Canada le 31 décembre 1791. Il arrive à Québec en juin 1792 et se rend au Haut-Canada avec le lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe, avec qui il développe une solide relation de travail. Osgoode vit avec la famille Simcoe à Newark (aujourd’hui Niagara-on-the-Lake) pendant une grande partie de cette année. Sa tâche principale est d’adapter le droit anglais à la nouvelle colonie, et il sollicite principalement l’avis d’avocats anglais. Sa contribution législative la plus importante est la Loi sur l’organisation judiciaire de 1794, qui établit un système de tribunaux de district et une cour supérieure provinciale, jetant les bases de la pratique de la common law au Haut-Canada. Il siège également au Conseil exécutif de Simcoe et est président du Conseil législatif. Durant son mandat, une loi est introduite en 1793 pour abolir l’importation de personnes asservies dans la province, bien qu’elle exempte les personnes déjà réduites en esclavage et leur commerce. Osgoode partage avec le marchand Richard Cartwright une vision d’un Haut-Canada peuplé de Loyalistes de l’Empire-Uni comme rempart contre les États-Unis. Il permet également aux juges de paix de célébrer des mariages lorsque des prêtres anglicans ne sont pas disponibles.

Mandat comme juge en chef du Bas-Canada et conflits politiques

En 1794, Osgoode est nommé juge en chef du Bas-Canada. Son séjour à Québec est marqué par d’importants conflits politiques. Il s’affronte d’abord avec le gouverneur Robert Prescott au sujet des tentatives de régler la question complexe des concessions de terres dans la région. Lorsque Prescott est rappelé, Osgoode entre en conflit avec son successeur, le lieutenant-gouverneur Robert Shore Milnes. Dans son rôle judiciaire, il adopte une position personnelle ferme contre l’esclavage, libérant systématiquement les personnes asservies qui comparaissent devant lui lors de procès, malgré l’absence de législation interdisant la pratique dans la colonie. Cette action, combinée au refus de l’Assemblée législative de traiter la question, contribue à ce que des personnes asservies quittent leurs maîtres sans conséquences légales. Osgoode a également des opinions fortes sur l’établissement de l’Église d’Angleterre, regrettant avec l’évêque Jacob Mountain qu’elle n’ait aucune prétention légale à la dîme au Bas-Canada. Il exprime des opinions aristocratiques, y compris une sympathie conditionnelle pour le duel sous un code de retenue. Il est surpris durant l’élection de 1792 à Montréal de découvrir que les femmes pouvaient voter. Il entretient une correspondance privée avec le sous-secrétaire d’État britannique John King, offrant des commentaires partisans sur ses collègues.

Late Georgian Palladian and neoclassical - John Ewart and William Warren Baldwin. 1832 National Historic Site of Canada - Ontario Heritage A
Photo : edk7 / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Retour en Angleterre, travaux ultérieurs et décès

Osgoode démissionne de son poste au Bas-Canada en 1801 et retourne à Londres. Il y vit le reste de sa vie en gentleman campagnard. Il continue de s’engager dans la réforme juridique, devenant membre de la Commission royale sur les tribunaux de droit. Son travail au sein de cette commission contribue aux efforts qui mèneront finalement à l’Uniformity of Process Act en 1832, une importante réforme du droit procédural anglais. Il demeure célibataire et mène une vie privée. William Osgoode meurt à Londres le 17 janvier 1824. Il est inhumé à l’église St. Mary de Harrow-on-the-Hill. Son héritage en Angleterre est moins marqué qu’au Canada, où son nom restera attaché à des institutions juridiques majeures. Son testament lègue sa succession à son neveu, le révérend William Osgood.

Héritage physique : Osgoode Hall et la faculté de droit

L’héritage physique le plus durable de William Osgoode est Osgoode Hall à Toronto. La Law Society of Upper Canada (aujourd’hui la Law Society of Ontario) est fondée en 1797 et établit son siège social à l’angle de l’avenue University et de la rue Queen. Le bâtiment original est terminé en 1832 et nommé en l’honneur d’Osgoode, premier juge en chef de la province. Le complexe abrite la Cour d’appel de l’Ontario, la Law Society of Ontario et des bureaux judiciaires. À l’intérieur, une plaque commémorative rend hommage à Osgoode, et des plaques de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada et de la Fondation du patrimoine ontarien reconnaissent le site. Le bâtiment a également servi de premier foyer à l’enseignement du droit. La Law Society fait de la faculté de droit Osgoode Hall une institution permanente en 1889. En 1969, la faculté de droit est transférée à l’Université York. Le complexe Osgoode Hall, la faculté de droit de York et une station de métro adjacente à Toronto portent tous son nom. L’ancien canton d’Osgoode en Ontario porte également son nom.

  • Osgoode Hall : Début de la construction en 1829, achevé en 1832. Nommé en l’honneur de William Osgoode.
  • Objectif initial : Siège de la Law Society of Upper Canada et accueil des tribunaux.
  • Faculté de droit Osgoode Hall : Fondée de façon permanente en 1889 par la Law Society.
  • Transfert à l’Université York : Effectué en 1969.
  • Mémoriaux : Plaque à l’intérieur d’Osgoode Hall. Plaque de la Commission des lieux et monuments historiques. Panneau de la Fondation du patrimoine ontarien.

La Société Osgoode d’histoire du droit canadien

Fondée en 1979, la Société Osgoode d’histoire du droit canadien est un organisme savant qui perpétue l’étude du droit au Canada. La Société publie des livres sur un éventail varié de sujets en histoire du droit canadien et crée et préserve une archive d’histoire orale. En date de 2026, la Société a publié plus de 125 livres et enregistré plus de 715 histoires orales de divers membres de la profession juridique, ce qui en fait le plus grand programme d’histoire orale au monde consacré à l’histoire du droit. Tous ses travaux sont soutenus par la Fondation du droit de l’Ontario. Les activités de la Société incluent des lancements de livres et des événements pour ses membres tout au long de l’année. Son archive d’histoire orale comprend des entrevues avec des personnalités marquantes comme l’ancien procureur général et juge en chef de l’Ontario Roy McMurtry, l’ancien ministre fédéral Allan Rock, le premier député noir du Canada Lincoln Alexander et l’avocat célèbre John Robinette. La Société parraine également la série de balados Time Immemorial explorant des épisodes de l’histoire juridique canadienne. Les publications de la Société incluent des ouvrages sur l’histoire constitutionnelle, des biographies de juges et des études sur la pratique du droit.

Caractère, philosophie juridique et évaluation historique

Les évaluations historiques décrivent Osgoode comme un homme aux bonnes manières, à la bienveillance et au tempérament tranquille, qui était populaire parmi l’élite coloniale du Haut-Canada. Il était apprécié de figures comme Richard Cartwright et a entretenu une longue correspondance avec Elizabeth Simcoe. Sa philosophie juridique était conservatrice, aristocratique et fermement alignée sur la défense de l’autorité de la Couronne. L’historien Douglas Hay note qu’Osgoode s’est fait une réputation d’instrument efficace du pouvoir de l’État, au détriment de l’impartialité judiciaire, et qu’il était déterminé à soutenir un gouvernement aristocratique, monarchique et antidémocratique. Il considérait les tribunaux comme des instruments pour protéger le monarque. Il nourrissait une méfiance profonde et inconditionnelle envers l’influence américaine. Bien qu’il n’ait pas laissé un corpus substantiel de décisions judiciaires, son héritage réside dans ses rédactions législatives et le système judiciaire fondateur qu’il a contribué à créer. Ses adaptations pragmatiques du droit anglais, bien que conçues pour une élite coloniale, ont fourni une première structure administrative pour ce qui deviendrait l’Ontario. Ses interventions personnelles contre l’esclavage au Bas-Canada, bien que non fondées sur une législation, ont été un trait notable de son passage au banc. On note également sa belle apparence et son rôle de médiateur entre les fonctionnaires au Bas-Canada.

Publications et influence savante

L’influence savante d’Osgoode commence tôt avec sa publication de 1779, Remarks on the law of descent. Cet ouvrage est une critique des influents Commentaries on the laws of England de Sir William Blackstone, démontrant l’engagement d’Osgoode envers les principales théories juridiques de son époque et sa capacité de pensée juridique indépendante. Cette publication a probablement contribué à sa réputation professionnelle et a pu faciliter sa nomination au banc canadien. Au-delà de cela, son principal héritage écrit consiste en les lois qu’il a rédigées, notamment la Loi sur l’organisation judiciaire de 1794. Son œuvre est aujourd’hui étudiée principalement à travers les publications de la Société Osgoode d’histoire du droit canadien, qui, en date de 2026, a publié plus de 125 livres sur des sujets allant de l’histoire constitutionnelle à la pratique juridique professionnelle. Le programme d’histoire orale de la Société, avec plus de 715 entrevues, préserve en outre le contexte et l’évolution de la profession juridique canadienne qu’Osgoode a contribué à initier. Aucune autre publication majeure d’Osgoode n’est connue au-delà de son traité juridique précoce.

William Osgoode : questions fréquentes

Qui était William Osgoode ?

William Osgoode fut le premier juge en chef du Haut-Canada, nommé en 1791. Né à Londres en 1754 et formé à Oxford, il était avocat avant de venir au Canada. Il a servi comme juge en chef à la fois au Haut-Canada et au Bas-Canada et fut responsable de la rédaction de lois clés du début de la colonie, dont la Loi sur l’organisation judiciaire de 1794 qui établit le système judiciaire de la province. Il retourna en Angleterre en 1801 et y mourut en 1824.

D’où vient le nom d’Osgoode Hall ?

Osgoode Hall est nommé en l’honneur de William Osgoode. Le bâtiment, achevé en 1832 à Toronto, fut construit comme siège de la Law Society of Upper Canada. Il fut nommé en son honneur en tant que premier juge en chef de la province. Aujourd’hui, l’édifice abrite la Cour d’appel de l’Ontario et la Law Society of Ontario, et son nom est partagé par la faculté de droit fondée à l’origine entre ses murs.

Qu’a fait William Osgoode au sujet de l’esclavage au Canada ?

En tant que juge en chef du Bas-Canada, William Osgoode a personnellement refusé de reconnaître la légalité de l’esclavage. Il a systématiquement ordonné la libération des personnes asservies qui comparaissaient devant lui en cour, malgré l’absence de législation interdisant l’esclavage dans la colonie à l’époque. Ses actions, combinées à l’inaction de la législature, ont permis aux personnes asservies de quitter leurs maîtres sans pénalité légale. Au Haut-Canada, il faisait partie du conseil qui adopta une loi en 1793 pour abolir l’importation de personnes asservies, bien qu’elle ne libère pas celles déjà réduites en esclavage.

Qu’est-ce que la Société Osgoode d’histoire du droit canadien ?

La Société Osgoode d’histoire du droit canadien est un organisme fondé en 1979 qui promeut l’étude et la préservation du passé juridique du Canada. Elle publie des livres sur un large éventail de sujets d’histoire du droit et maintient le plus grand programme d’histoire orale au monde consacré à l’histoire du droit. En date de 2026, la Société a publié plus de 125 livres et enregistré plus de 715 entrevues d’histoire orale. Elle est soutenue par la Fondation du droit de l’Ontario et porte le nom de William Osgoode.

Où William Osgoode a-t-il fait ses études de droit ?

William Osgoode n’a pas fréquenté une faculté de droit au sens moderne. Osgoode est entré à Lincoln's Inn en 1773 et a été admis au barreau anglais en 1779. Sa formation académique s’est faite à Christ Church, Oxford, où il a obtenu un baccalauréat et une maîtrise ès arts. La faculté de droit portant son nom, la faculté de droit Osgoode Hall, fut fondée bien après sa mort, en 1889.

Combien de temps William Osgoode est-il resté au Canada ?

Le séjour de William Osgoode au Canada a duré environ neuf ans. Il arrive en 1792 pour occuper son poste de juge en chef du Haut-Canada. En 1794, il déménage au Bas-Canada (Québec) pour en devenir le juge en chef. Il démissionne de ce poste et retourne en Angleterre en 1801, où il vit le reste de sa vie.

Sources et lectures complémentaires

Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-27.

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