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samedi 31 octobre 2026 Actualités et politique nationales

Loi sur une économie canadienne unique

La Loi sur une économie canadienne unique, connue sous le nom de projet de loi C-5, est une loi fédérale adoptée en 2025 pour renforcer la souveraineté économique du Canada. La loi a été une réponse aux pressions économiques de la guerre commerciale de 2025 avec les États-Unis. Elle vise à réduire la dépendance commerciale externe du Canada en supprimant les obstacles fédéraux au commerce intérieur et à la mobilité de la main-d'œuvre et en créant un processus d'approbation accéléré pour les grands projets d'infrastructure. La législation a été adoptée sous le gouvernement minoritaire libéral du premier ministre Mark Carney.

Contexte et contexte politique

La Loi sur une économie canadienne unique est née d'une période de crise économique déclenchée par une guerre commerciale avec les États-Unis sous la présidence de Donald Trump. Ce conflit a révélé la forte dépendance du Canada aux marchés américains et exposé les vulnérabilités de l'économie nationale. En réponse, les politiciens et les analystes ont intensifié leurs appels à démanteler les obstacles au commerce intérieur entre les provinces et les territoires. La crise a également relancé une conversation nationale sur la nécessité de projets d'infrastructure ambitieux pour renforcer la sécurité économique. Mark Carney a été assermenté comme premier ministre le 14 mars 2025, après avoir remporté l'élection à la direction libérale de 2025. Il a fait campagne sur la promesse d'éliminer tous les obstacles fédéraux au commerce intérieur et à la mobilité de la main-d'œuvre d'ici la fête du Canada et de réaliser des projets majeurs à une vitesse sans précédent. À la suite d'une élection anticipée, les libéraux de Carney ont formé un gouvernement minoritaire et ont déposé le projet de loi C-5 quelques jours après le retour du Parlement.

The Centre Block, Canadian Parliament building, with the Peace Tower in front, Ottawa, Southern Ontario.
Photo : Saffron Blaze / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Dispositions clés de la loi

La Loi sur une économie canadienne unique est un projet de loi omnibus contenant deux lois distinctes. La partie 1 édicte la Loi sur le libre-échange et la mobilité de la main-d'œuvre au Canada. Elle établit un cadre pour supprimer les obstacles fédéraux à la circulation des biens, des services et des travailleurs entre les frontières provinciales et territoriales. Son principe fondamental est la reconnaissance mutuelle, selon laquelle un bien ou un service qui répond aux normes de sa province d'origine est automatiquement réputé répondre à toute norme fédérale équivalente pour le commerce interprovincial. De même, les permis ou certificats professionnels accordés par une province ou un territoire doivent être reconnus par les régulateurs fédéraux. La loi accorde au Cabinet le pouvoir de créer des exceptions réglementaires à ce régime. La partie 2 édicte la Loi sur la construction du Canada, qui crée une voie d'approbation accélérée pour les projets d'infrastructure déclarés d'intérêt national. Une fois qu'un tel projet est désigné par le Cabinet, toutes les conclusions et décisions fédérales nécessaires en vertu de diverses lois sont réputées avoir été rendues en faveur du projet. Le ministre responsable peut alors émettre un seul document d'autorisation qui remplace tous les autres permis fédéraux. Le Cabinet détient également de vastes pouvoirs réglementaires pour exempter les projets désignés d'autres lois, bien que des amendements aient exclu de ce pouvoir des lois fondamentales comme le Code criminel et la Loi sur les produits dangereux.

Vidéo : House of Commons passes One Canadian Economy Act (Prime Minister of Canada, YouTube)

Processus législatif et adoption

Le gouvernement Carney a agi rapidement pour faire adopter le projet de loi C-5, utilisant des motions de procédure pour accélérer son cheminement au Parlement avant la pause estivale. À la Chambre des communes, une motion a été approuvée le 16 juin 2025, limitant sévèrement le débat, ne permettant qu'à deux députés de chaque parti officiel et un chacun du NPD et des Verts de prendre la parole par étape. L'étude en comité au Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités a été limitée à seulement deux jours, les 17 et 18 juin. Le projet de loi a été adopté en deuxième lecture et renvoyé au comité le 16 juin, avec l'appui des libéraux au pouvoir et de l'opposition officielle conservatrice. Le Bloc québécois, le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert se sont opposés à la motion d'accélération et au projet de loi lui-même. Le comité a approuvé le projet de loi avec des amendements peu après minuit le 18 juin. Il a été adopté en troisième lecture à la Chambre le 20 juin, dernier jour de séance avant la pause. Le Sénat a suivi un processus également accéléré par une motion de programmation, menant une étude préalable et limitant tous les votes au 27 juin. Le Sénat a adopté le projet de loi en première et deuxième lecture le 25 juin et a accordé la troisième lecture le 26 juin. Le projet de loi a reçu la sanction royale plus tard dans la même journée, devenant ainsi loi. Les étapes clés du calendrier législatif comprenaient :

  • Dépôt et première lecture du projet de loi C-5 en juin 2025.
  • Approbation de la motion d'accélération par la Chambre des communes le 16 juin 2025.
  • Étude en comité de la Chambre les 17 et 18 juin 2025.
  • Troisième lecture et adoption à la Chambre des communes le 20 juin 2025.
  • Adoption en première et deuxième lecture au Sénat le 25 juin 2025.
  • Troisième lecture au Sénat et sanction royale le 26 juin 2025.
  • Entrée en vigueur de la partie 1 prévue pour le 1er janvier 2026.

Facteurs pour les désignations d'intérêt national

La Loi sur la construction du Canada exige que le ministre prenne en compte une série de facteurs avant de recommander au Cabinet de déclarer qu'un projet est d'intérêt national. La loi fournit une liste non exhaustive pour guider la prise de décision. Les facteurs énumérés incluent la capacité du projet à renforcer l'autonomie, la résilience et la sécurité du Canada, ainsi qu'à fournir des avantages économiques ou non économiques significatifs au pays. Les décideurs sont également invités à considérer la probabilité de réussite du projet et son potentiel à faire progresser les intérêts des peuples autochtones. L'alignement avec les objectifs du Canada en matière de changements climatiques et de transition énergétique est un autre facteur listé. La loi oblige le ministre à consulter les peuples autochtones à la fois lors de la désignation d'un projet d'intérêt national et lors de l'émission ou de la modification de l'autorisation unique de projet.

Soutien et critiques

L'accueil réservé à la Loi sur une économie canadienne unique a été profondément divisé. La Loi sur le libre-échange et la mobilité de la main-d'œuvre au Canada (partie 1) a reçu un large soutien des groupes d'affaires et a été moins controversée parmi les partis d'opposition. La Chambre de commerce du Canada a salué le projet de loi pour avoir su répondre au moment de la guerre commerciale. En revanche, la Loi sur la construction du Canada (partie 2) a fait face à de vives critiques de la part des organisations autochtones, des groupes environnementaux et des politiciens progressistes. L'Assemblée des Premières Nations a convoqué une réunion d'urgence des chefs lorsque le projet de loi a été déposé, accusant le gouvernement de chercher des pouvoirs pour bafouer les droits autochtones. Des groupes comme Ecojustice et West Coast Environmental Law ont critiqué la possibilité de contourner les évaluations environnementales. Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice a comparé les dispositions d'accélération aux politiques de l'ancien premier ministre Stephen Harper. Le projet de loi a toutefois reçu le soutien de certains syndicats, comme ceux représentés par le directeur Sean Strickland, qui a souligné le besoin urgent de projets créateurs d'emplois.

Mise en œuvre et surveillance

La mise en œuvre de la Loi sur une économie canadienne unique est échelonnée. La Loi sur le libre-échange et la mobilité de la main-d'œuvre au Canada doit entrer en vigueur le 1er janvier 2026, comme fixé par décret. Les règlements d'application, appelés Règlement sur le libre-échange et la mobilité de la main-d'œuvre au Canada, entreront également en vigueur à cette date pour prescrire les exceptions et les conditions. Pour la Loi sur la construction du Canada, la surveillance est assurée par un comité parlementaire de surveillance mandaté, constitué en tant que Comité mixte spécial sur l'exercice des pouvoirs en vertu de la Loi sur la construction du Canada. Ce comité est chargé de surveiller l'utilisation de la loi. La loi exige que le ministre responsable fasse réaliser un examen annuel indépendant de l'état de chaque projet d'intérêt national désigné. La législation contient également une clause de caducité de cinq ans, après laquelle aucun nouveau projet ne peut être désigné dans le cadre du processus accéléré.

Justification économique et impact projeté

La justification économique centrale de la Loi sur une économie canadienne unique est de libérer le potentiel économique national et de réduire la vulnérabilité aux chocs externes. Le gouvernement a cité des données montrant que le commerce interprovincial représente près de 20 % du produit intérieur brut du Canada. Bien que la plupart des obstacles relèvent de la compétence provinciale, la loi vise à montrer le leadership fédéral en supprimant ses propres obstacles. La Loi sur la construction du Canada est conçue pour attirer les investissements privés en offrant une certitude réglementaire et en raccourcissant les délais d'approbation. Le gouvernement a soutenu qu'accélérer les projets de construction nationale dans des secteurs comme l'énergie et les transports contribuerait directement à la croissance économique et à la création d'emplois.

Préoccupations juridiques et constitutionnelles

Dès son dépôt, le projet de loi C-5, en particulier la partie 2, a soulevé d'importantes préoccupations juridiques et constitutionnelles. Les sections de droit autochtone et de droit de l'environnement de l'Association du Barreau canadien ont averti que le projet de loi risque de saper les droits ancestraux et issus de traités protégés constitutionnellement. Les critiques se sont concentrées sur les vastes pouvoirs discrétionnaires accordés au Cabinet pour exempter des projets de lois et sur la possibilité que le processus d'autorisation unique marginalise des évaluations environnementales approfondies et des consultations significatives. La déclaration du ministre de la Justice Sean Fraser en juin 2025, selon laquelle l'obligation de consulter n'accorde pas un droit de veto absolu, a amplifié les craintes. Le cadre législatif, qui présume que toutes les approbations fédérales nécessaires ont été obtenues une fois qu'un projet est désigné, crée une présomption légale que les critiques soutiennent pourrait entrer en conflit avec les obligations constitutionnelles de la Couronne.

Législation provinciale connexe

La Loi sur une économie canadienne unique a été déposée en tandem avec une législation provinciale similaire visant à réduire les obstacles au commerce intérieur. En Ontario, le gouvernement de Doug Ford a adopté deux lois connexes plus tôt en 2025. La Loi sur la protection de l'Ontario en libérant notre économie et la Loi sur la protection de l'Ontario par le libre-échange au sein du Canada étaient toutes deux des réponses à la guerre commerciale avec les États-Unis. Ces projets de loi ontariens visaient également à accélérer les approbations de projets d'infrastructure, attirant les critiques de groupes autochtones comme la Nation Nishnawbe Aski, qui représente 49 Premières Nations dans le nord de l'Ontario. La loi fédérale a été présentée comme complémentaire à ces efforts provinciaux, visant à éviter un patchwork de lois réciproques à travers le pays.

Loi sur une économie canadienne unique : questions fréquentes

Quel est l'objectif principal de la Loi sur une économie canadienne unique ?

L'objectif principal de la Loi sur une économie canadienne unique est de renforcer la souveraineté économique du Canada en réponse à la guerre commerciale de 2025 avec les États-Unis. La législation contient deux parties distinctes pour y parvenir. La partie 1 vise à supprimer les obstacles fédéraux au commerce et à la mobilité de la main-d'œuvre entre les provinces et les territoires. La partie 2 est conçue pour accélérer la construction de grands projets d'infrastructure jugés vitaux pour l'intérêt national.

Comment la loi modifie-t-elle les règles du commerce interprovincial ?

La loi modifie les règles du commerce interprovincial en établissant un principe de reconnaissance mutuelle dans la partie 1. Selon cette règle, un bien ou un service qui répond aux exigences réglementaires de sa province d'origine est automatiquement considéré comme répondant aux exigences fédérales équivalentes pour le commerce interprovincial. La loi exige également que le gouvernement fédéral reconnaisse les permis professionnels délivrés par les provinces, ce qui élimine les exigences redondantes pour les travailleurs qui se déplacent entre les frontières. Ce cadre s'applique lorsqu'une norme fédérale porte sur le même aspect d'un bien ou d'un service et vise à atteindre un objectif similaire à la norme provinciale.

Qu'est-ce qu'un projet d'« intérêt national » en vertu de la Loi sur la construction du Canada ?

Un projet d'« intérêt national » en vertu de la Loi sur la construction du Canada est un grand projet d'infrastructure que le Cabinet déclare d'importance critique pour le Canada. Avant cette désignation, le ministre doit prendre en compte des facteurs spécifiques, tels que la capacité du projet à renforcer l'autonomie, la résilience et la sécurité du pays, ou à fournir des avantages économiques. Le ministre doit également considérer si le projet fait progresser les intérêts des peuples autochtones et aide le Canada à atteindre ses objectifs en matière de changements climatiques. La loi oblige le ministre à consulter les peuples autochtones chaque fois qu'il effectue une désignation d'intérêt national.

Pourquoi les groupes autochtones ont-ils critiqué la loi ?

Les groupes autochtones ont critiqué la loi parce qu'ils soutiennent que le processus d'approbation accéléré de la partie 2 pourrait permettre au gouvernement de contourner leurs droits. L'Assemblée des Premières Nations a convoqué une réunion des chefs pour coordonner une réponse le jour même où le projet de loi a été déposé. Des groupes comme la Nation Nishnawbe Aski, représentant 49 Premières Nations, ont averti d'un « été long et chaud » et accusé le gouvernement de vouloir « bafouer » leurs droits. Ils ont également critiqué le gouvernement pour ne leur avoir donné qu'une semaine pour examiner le projet de loi avant son dépôt.

Quels partis politiques ont soutenu la loi ?

Le Parti libéral au pouvoir et l'opposition officielle, le Parti conservateur, ont soutenu la loi et les motions visant à accélérer son adoption. Le Bloc québécois, le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert se sont opposés à la législation. Ces partis d'opposition ont cité des préoccupations concernant les garanties environnementales, les droits autochtones et la concentration du pouvoir au Cabinet. Le projet de loi a été adopté avec le soutien des libéraux et des conservateurs à la Chambre des communes et au Sénat.

Quand les différentes parties de la loi sont-elles entrées en vigueur ?

La Loi sur une économie canadienne unique dans son ensemble a reçu la sanction royale et est devenue loi le 26 juin 2025. La partie 1, la Loi sur le libre-échange et la mobilité de la main-d'œuvre au Canada, est entrée en vigueur le 1er janvier 2026. La partie 2, la Loi sur la construction du Canada, est entrée en vigueur immédiatement après la sanction royale en juin 2025. La Loi sur la construction du Canada comprenait également une clause de caducité de cinq ans, après laquelle aucun nouveau projet ne pouvait plus être désigné en vertu de ses dispositions.

Sources et lectures complémentaires

Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-31.

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