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samedi 31 octobre 2026 Actualités et politique nationales

Savoirs traditionnels

Les savoirs traditionnels, souvent désignés par le terme « savoirs autochtones » dans le contexte canadien, englobent les systèmes cumulatifs et dynamiques de connaissances, de pratiques, de valeurs et de visions du monde développés par les peuples autochtones au fil des générations, grâce à une interaction intime avec leurs territoires. Au Canada, cela inclut les systèmes de savoirs distincts des Premières Nations, des Inuits et des Métis, qui sont indissociables de l'identité culturelle, de la langue, de la gouvernance et de la survie. Ces systèmes de savoirs sont de plus en plus reconnus comme essentiels pour relever des défis contemporains tels que la conservation de la biodiversité, l'adaptation aux changements climatiques et la gestion durable des ressources. L'intégration et la protection des savoirs autochtones dans les politiques, les lois et la science canadiennes représentent un aspect crucial de la réconciliation et des relations de nation à nation.

Définir les savoirs autochtones et traditionnels

Le terme « savoirs autochtones » est de plus en plus utilisé dans la législation canadienne et par les organismes de réglementation, car il englobe les connaissances évolutives des peuples autochtones et inclut des concepts connexes comme les savoirs traditionnels, les savoirs écologiques traditionnels et les études d'utilisation des terres. Il est défini comme un corpus unique de connaissances rassemblées par des générations de peuples autochtones vivant en étroite relation avec leurs territoires et ressources traditionnels. Ces savoirs sont à la fois cumulatifs et dynamiques, fondés sur des expériences historiques tout en s'adaptant aux changements sociaux, économiques, environnementaux et politiques. Au niveau international, des organisations comme l'UNESCO les définissent comme les compréhensions, les habiletés et les philosophies développées par des sociétés ayant une longue histoire d'interaction avec leur milieu naturel, faisant partie intégrante d'un complexe culturel qui inclut la langue, les systèmes de classification et les pratiques sociales.

Les savoirs autochtones font partie d'un système holistique plus large qui englobe les interrelations culturelles, environnementales, économiques, sanitaires, politiques et spirituelles. Ils doivent être compris dans le contexte de la langue, des perspectives et des visions du monde des détenteurs de ces savoirs eux-mêmes. Ces connaissances peuvent se manifester sous des formes tangibles, comme la compréhension des espèces fauniques ou les usages des plantes traditionnelles, et sous des formes intangibles, comme la signification spirituelle d'un paysage ou des sites utilisés pour l'enseignement et les cérémonies. Les aspects intangibles sont profondément enracinés dans les cultures autochtones et sont souvent centraux pour l'identité des nations et des communautés autochtones.

Au sein des communautés autochtones, la transmission des savoirs est un processus intergénérationnel, qui se fait par l'apprentissage auprès des aînés, des porteurs de savoirs et des pratiques communautaires. Ce système de transfert est un élément clé de la continuité culturelle. Des autorités internationales de premier plan, comme l'avocate australienne Terri Janke, notent qu'au sein des communautés autochtones, le terme « traditionnel » peut être problématique car il peut laisser entendre que la culture est statique ou figée dans le temps. Au Canada, la terminologie privilégiée dans les contextes officiels évolue vers « savoirs autochtones » pour refléter leur nature vivante et adaptative, une pratique suivie par des organismes comme l'Agence d'évaluation d'impact du Canada et la Commission canadienne de sûreté nucléaire.

Navajo-Weberinnen in der Navajo Nation Reservation, Mai 1972
Photo : Terry Eiler / Wikimedia Commons (domaine public)

Caractéristiques fondamentales et vision du monde holistique

Les systèmes de savoirs autochtones se caractérisent par leur nature holistique, reliant le territoire, la spiritualité, la communauté et les modes de vie en un tout intégré. Un rapport du Conseil international pour la science les décrit comme un corpus cumulatif de connaissances, de savoir-faire, de pratiques et de représentations maintenu et développé par des peuples ayant une longue histoire d'interaction avec l'environnement naturel. Ces ensembles sophistiqués de compréhensions, d'interprétations et de significations font partie intégrante d'un complexe culturel qui englobe la langue, les systèmes de dénomination et de classification, les pratiques d'utilisation des ressources, les rituels, la spiritualité et la vision du monde. D'un point de vue autochtone, ces savoirs ne peuvent être séparés de manière significative des terres et des ressources dont ils sont issus, un concept puissamment illustré par la question d'un aîné gitksan concernant les revendications territoriales : « Si c'est votre terre, où sont vos histoires ? »

Ces systèmes de savoirs sont typiquement ancrés dans un lieu, issus d'une observation et d'une interaction profondes et à long terme avec des environnements spécifiques. Il en résulte des systèmes de classification détaillés et une compréhension des zones écologiques, des interactions entre espèces et des patrons saisonniers. Par exemple, le peuple Kayapo d'Amérique du Sud a développé un système de classification extensif des zones écologiques de la savane tropicale amazonienne pour mieux gérer le territoire. Au Canada, cela se traduit par une expertise approfondie des écosystèmes locaux, essentielle pour des activités comme la chasse, la pêche, l'agriculture et la médecine. Les savoirs sont également intrinsèquement pratiques, englobant des technologies et des techniques de subsistance, de sage-femmerie, d'ethnobotanique, de médecine traditionnelle, de navigation céleste et d'artisanat.

Contrairement aux traditions occidentales de propriété intellectuelle, de nombreuses communautés autochtones ont de fortes traditions de gardiennage plutôt que de propriété privée sur les savoirs. Les lois coutumières dictent souvent qui peut utiliser différents types de connaissances à des moments et des lieux spécifiques, et précisent les obligations qui les accompagnent. Par exemple, un chasseur pourrait être autorisé à tuer un animal uniquement pour nourrir la communauté, et non pour un gain personnel. L'appropriation ou l'utilisation abusive de ces savoirs n'est pas seulement une question juridique, mais peut être offensante pour les traditions et avoir des répercussions spirituelles au sein des systèmes cosmologiques autochtones. Par conséquent, les communautés autochtones soutiennent que l'utilisation de leurs savoirs par d'autres exige du respect, de la sensibilité et, souvent, des ententes formelles de partage des avantages.

Vidéo : An Introduction to Traditional or Indigenous Knowledge TEK (Conservationists in Action, YouTube)

Applications dans la gestion environnementale et la science

Les savoirs écologiques traditionnels (SET) sont de plus en plus reconnus comme une ressource cruciale dans la gestion environnementale et l'adaptation climatique. Face aux conditions climatiques qui changent rapidement, les peuples autochtones du Canada puisent dans une sagesse millénaire pour élaborer des stratégies d'adaptation. Les SET fournissent une base de référence détaillée et à long terme pour comprendre les changements environnementaux, offrant des perspectives sur le comportement des espèces, les régimes météorologiques et la santé des écosystèmes qui complètent les données scientifiques occidentales. Ces savoirs s'avèrent inestimables pour la conservation de la biodiversité, car ils incluent souvent des pratiques et des systèmes cosmologiques qui favorisent une éthique de conservation et une récolte durable.

Dans les contextes réglementaires, les organismes canadiens intègrent formellement les savoirs autochtones dans leurs processus. La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a élaboré un cadre pour s'assurer que les savoirs autochtones sont respectés, protégés et pris en compte aux côtés de la science occidentale dans les examens réglementaires et environnementaux des projets nucléaires. La CCSN reconnaît que les façons de savoir autochtones améliorent la compréhension des impacts potentiels des projets et renforcent la rigueur des examens. Cette approche soutient la mise en œuvre par le gouvernement du Canada de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA). De même, la Loi sur l'évaluation d'impact mentionne explicitement la prise en compte des savoirs autochtones dans les évaluations de projets.

Des collaborations innovantes démontrent la valeur de l'intégration des systèmes de savoirs dans la recherche scientifique. Dans l'Ouest canadien, des collaborations entre des gardiens de savoirs traditionnels autochtones et des chimistes ont fait progresser des solutions pour traiter des infections graves. Ces collaborations s'appuient sur les traditions de guérison par les plantes médicinales autochtones. En éducation et en sensibilisation, des projets comme des spectacles de planétarium coproduits mêlent les histoires haudenosaunee du ciel nocturne à l'astronomie moderne. Cela illustre une approche pratique d'intégration des systèmes de savoirs autochtones dans l'éducation scientifique et l'engagement public.

  • La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) applique un cadre sur les savoirs autochtones dans ses processus réglementaires.
  • La recherche collaborative dans l'Ouest canadien utilise des plantes médicinales autochtones pour traiter les infections au SARM et au Candida albicans.
  • L'Université McMaster et les Six Nations de la rivière Grand ont coproduit des spectacles de planétarium sur l'astronomie haudenosaunee.
  • La Dre Arzu Sardarli de l'Université des Premières Nations du Canada plaide pour une éducation scientifique holistique intégrant divers systèmes de savoirs.
  • La Loi sur l'évaluation d'impact exige légalement la prise en compte des savoirs autochtones dans les évaluations environnementales fédérales.
19th Century tribal women harvesting wild rice in the traditional manner.
Photo : S. Eastman / Wikimedia Commons (domaine public)

Cadres internationaux et juridiques pour la protection

La protection des savoirs traditionnels fait l'objet de débats internationaux depuis des décennies, portant sur les droits de propriété intellectuelle, les droits humains et les accords environnementaux. Les instruments internationaux clés incluent la Convention sur la diversité biologique (CDB), adoptée en 1992, qui fut le premier grand traité environnemental à aborder les savoirs traditionnels. L'article 8(j) de la CDB oblige les parties signataires à respecter, préserver et maintenir les savoirs des communautés autochtones et locales et à en promouvoir l'application plus large avec l'approbation et la participation des détenteurs, en encourageant le partage équitable des avantages. L'accord protège également l'utilisation coutumière des ressources biologiques compatible avec la conservation. En 2006, 188 nations avaient ratifié la CDB, bien que le voisin du Canada, les États-Unis, l'ait signée mais ne l'ait pas ratifiée.

L'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) joue un rôle central par le biais de son Comité intergouvernemental sur la propriété intellectuelle et les ressources génétiques, les savoirs traditionnels et le folklore (CIG). Ce comité négocie des instruments juridiques internationaux pour la protection des savoirs traditionnels (ST) et des expressions culturelles traditionnelles (ECT). Les travaux de l'OMPI ont été stimulés par l'adoption de l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) de l'Organisation mondiale du commerce, qui a créé des conflits potentiels avec les principes de la CDB sur l'accès et le partage des avantages. La Déclaration de Doha de 2001 a élargi un examen de l'ADPIC pour inclure sa relation avec la CDB et la protection des savoirs traditionnels et du folklore.

L'instrument des droits humains le plus important est la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), adoptée en 2007. La DNUDPA affirme le droit des peuples autochtones de maintenir, contrôler, protéger et développer leur patrimoine culturel, leurs savoirs traditionnels et leurs expressions culturelles traditionnelles. Le Canada s'est engagé à mettre en œuvre la DNUDPA par la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. D'autres cadres importants incluent la Convention 169 de l'Organisation internationale du Travail (1989) concernant les peuples indigènes et tribaux, et les travaux continus du Groupe de travail des Nations Unies sur les populations autochtones, établi après la première réunion à Genève en 1982 qui a conduit à la commémoration de la Journée internationale des peuples autochtones chaque 9 août.

  • La Convention sur la diversité biologique (CDB) a été adoptée en 1992 lors de la conférence CNUED.
  • La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) a été adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies en 2007.
  • L'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) héberge le Comité intergouvernemental sur la propriété intellectuelle et les ressources génétiques, les savoirs traditionnels et le folklore (CIG).
  • La Convention 169 de l'Organisation internationale du Travail concernant les peuples indigènes et tribaux date de 1989.
  • Le Groupe de travail des Nations Unies sur les populations autochtones a tenu sa première réunion à Genève en 1982.
  • La Déclaration de Doha, qui a abordé l'ADPIC et les savoirs traditionnels, a été émise en 2001.

Défis de l'appropriation et du domaine public

Un défi majeur auquel font face les communautés autochtones est l'appropriation et l'utilisation abusive de leurs savoirs et expressions culturelles sans consentement ni partage des avantages. Les communautés ont résisté à l'utilisation de symboles et de dessins traditionnels comme mascottes, au brevetage des usages traditionnels de plantes médicinales, à la modification de chants traditionnels et au droit d'auteur sur des histoires traditionnelles. Le conflit porte souvent sur les conceptions divergentes de la propriété et du domaine public. Dans le droit occidental de la propriété intellectuelle, la protection du droit d'auteur est temporaire. Après une période déterminée, les œuvres entrent dans le domaine public et peuvent être utilisées librement. Cependant, de nombreux peuples autochtones n'acceptent pas que leurs histoires, leurs chants ou leurs savoirs deviennent un bien public librement disponible simplement en raison de l'écoulement du temps.

Comme l'expriment les Tulalip Tribes de l'État de Washington, le fait que les expressions culturelles traditionnelles soient partagées ne confère pas automatiquement le droit à d'autres de les utiliser. Ils soutiennent que ces expressions ne sont pas dans le domaine public parce que les peuples autochtones n'ont pas utilisé les systèmes de PI occidentaux, mais en raison d'un manque de reconnaissance et de respect des lois coutumières qui régissent leur utilisation. Cela crée un dilemme éthique et pratique, car l'idée de restreindre l'utilisation d'informations apparemment disponibles publiquement est considérée comme problématique par beaucoup dans les nations développées. Trois grandes approches de protection ont émergé à l'échelle mondiale : traiter les savoirs traditionnels comme un patrimoine culturel, les protéger comme un droit humain collectif, ou utiliser des mesures de propriété intellectuelle existantes ou nouvelles.

Au Canada et à l'international, il n'existe pas de système juridique sui generis (unique) universellement accepté pour protéger les savoirs traditionnels. Certaines nations explorent de telles mesures, tandis que d'autres sont indécises. Les peuples autochtones eux-mêmes ont montré une ambivalence envers l'approche par la propriété intellectuelle. Certains sont prêts à étudier comment les brevets, droits d'auteur ou marques de commerce existants peuvent être adaptés. D'autres estiment que de nouvelles formes de droits collectifs sont nécessaires, arguant que l'accent du système de PI sur la propriété individuelle et la commercialisation est incompatible avec les concepts culturels autochtones qui mettent l'accent sur le gardiennage et la responsabilité. De nombreux défenseurs affirment que la forme de protection la plus appropriée passe par le cadre des droits humains collectifs, qui peut protéger les identités distinctes et le patrimoine culturel.

Climate change poses threats to indigenous peoples’ health, well-being, and ways of life, according to the Third U.S. National Climate Asses
Photo : NASA Goddard Space Flight Center from Greenbelt, MD, USA / Wikimedia Commons (domaine public)

Expressions contemporaines et voies d'avenir

La vitalité des savoirs autochtones est évidente dans leurs applications contemporaines et le mouvement croissant pour leur revitalisation. La sage-femmerie autochtone en est un exemple puissant, soutenant la transmission des savoirs, renforçant l'identité culturelle et assurant la continuité des modes de vie. Le thème de la Journée internationale des peuples autochtones du 9 août 2026 est « Honorer les sages-femmes autochtones : Préserver la vie et le bien-être », mettant en lumière leur rôle de détentrices de savoirs et la nécessité de surmonter les obstacles structurels au sein des systèmes de santé formels. Un événement en ligne connexe des Nations Unies le 10 août 2026 discutera des voies politiques pour protéger les systèmes de soins dirigés par les Autochtones.

Les initiatives universitaires et communautaires travaillent activement à rapprocher les systèmes de savoirs. La Conférence nationale sur les systèmes de savoirs autochtones de 2026 comporte un pilier axé sur « Traduire la tradition en innovation ». La publication « Savoirs autochtones, lieux ancestraux » de l'UNESCO examine les changements au sein des sites désignés par l'UNESCO. Des conférences comme la Conférence internationale sur les savoirs autochtones et le patrimoine culturel en Océanie prévue les 15 et 16 juillet 2026 à Hawaï offrent des plateformes de dialogue mondial. Ces efforts s'inscrivent dans une approche holistique de l'éducation scientifique prônée par des chercheurs comme la Dre Arzu Sardarli, qui intègre divers systèmes de savoirs pour relever des défis interdisciplinaires complexes.

La voie à suivre au Canada implique de poursuivre le travail sur plusieurs fronts clés. Il s'agit de respecter les principes de la DNUDPA et des lois connexes comme la Loi sur l'évaluation d'impact. Cela exige des modèles de collaboration éthiques, comme le respect de principes tels que OCAP® (Propriété, Contrôle, Accès et Possession) dans la recherche, et la garantie d'un véritable partage des avantages. Cela implique également de soutenir la transmission intergénérationnelle par la revitalisation linguistique, l'éducation sur le terrain et la reconnaissance des aînés et des gardiens de savoirs. En tant que système vivant, les savoirs autochtones ne sont pas une relique du passé, mais une ressource dynamique essentielle pour bâtir des avenirs durables, favoriser la réconciliation et relever des défis communs comme les changements climatiques.

  • La Journée internationale des peuples autochtones est observée chaque année le 9 août.
  • Le thème 2026 de la Journée internationale est « Honorer les sages-femmes autochtones : Préserver la vie et le bien-être ».
  • Un événement en ligne de l'ONU sur la sage-femmerie autochtone est prévu le 10 août 2026 à 8 h 30 HAE.
  • La Conférence internationale sur les savoirs autochtones et le patrimoine culturel en Océanie (ICIKCHO-26) est prévue les 15 et 16 juillet 2026 à Hawaï, États-Unis.
  • La Conférence nationale sur les systèmes de savoirs autochtones en 2026 inclut un pilier sur « Traduire la tradition en innovation ».
  • L'UNESCO a publié un rapport phare intitulé « Savoirs autochtones, lieux ancestraux ».

Savoirs traditionnels : questions fréquentes

Quelle est la différence entre les savoirs traditionnels et les savoirs autochtones ?

Dans le contexte canadien, « savoirs autochtones » (SA) est le terme plus large et de plus en plus privilégié utilisé dans la législation et par les organismes gouvernementaux. Il englobe les connaissances évolutives des Premières Nations, des Inuits et des Métis et inclut des concepts connexes comme les savoirs traditionnels, les savoirs écologiques traditionnels et l'utilisation traditionnelle des terres. Le terme « savoirs traditionnels » est parfois perçu comme impliquant que la connaissance est statique ou figée dans le temps, tandis que « savoirs autochtones » reconnaît sa nature dynamique, cumulative et adaptative. Au niveau international, des organisations comme l'OMPI peuvent utiliser « savoirs traditionnels » (ST) plus spécifiquement en relation avec des domaines comme la médecine et la botanique, tandis que « savoirs autochtones » est associé aux enjeux culturels et au développement durable.

Comment les savoirs autochtones sont-ils utilisés pour lutter contre les changements climatiques au Canada ?

Les peuples autochtones au Canada appliquent les savoirs écologiques traditionnels (SET), un sous-ensemble des savoirs autochtones, pour élaborer des stratégies d'adaptation climatique. Cette sagesse millénaire fournit des observations détaillées et à long terme des régimes environnementaux, du comportement des espèces et des changements écosystémiques, offrant une base de référence cruciale pour comprendre les impacts climatiques. Les SET informent des pratiques de gestion durable des ressources qui renforcent la résilience, comme des techniques spécifiques de chasse, de pêche et d'intendance des terres adaptées aux conditions changeantes. Ces savoirs ancrés dans le lieu sont de plus en plus intégrés aux données scientifiques occidentales dans la recherche et la planification des politiques climatiques pour créer des mesures d'adaptation plus robustes et efficaces pour les communautés et les écosystèmes à travers le pays.

Quelles lois ou politiques canadiennes exigent la prise en compte des savoirs autochtones ?

La principale loi fédérale faisant référence aux savoirs autochtones est la Loi sur l'évaluation d'impact, qui exige leur prise en compte lors des évaluations environnementales des grands projets. La Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones engage le Canada à mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies. Cette déclaration affirme les droits des Autochtones de maintenir, contrôler, protéger et développer leurs savoirs traditionnels. Les organismes de réglementation fédéraux ont établi des cadres formels pour respecter, protéger et prendre en compte les savoirs autochtones aux côtés de la science occidentale. Ces cadres s'appliquent aux examens de projets et à la surveillance environnementale.

Les savoirs autochtones peuvent-ils être brevetés ou protégés par droit d'auteur ?

Protéger les savoirs autochtones par les outils occidentaux de propriété intellectuelle (PI) comme les brevets et les droits d'auteur est complexe et souvent controversé. Les brevets protègent les nouvelles inventions, ce qui entre en conflit avec la nature ancienne et collective de nombreux savoirs traditionnels. Le droit d'auteur protège les œuvres originales d'auteur pour une durée limitée, après quoi elles entrent dans le domaine public, un concept que de nombreux peuples autochtones rejettent pour leurs histoires et leurs chants. Bien que certaines communautes explorent l'utilisation des mécanismes de PI existants, beaucoup soutiennent qu'ils sont mal adaptés. L'accent est de plus en plus mis sur le développement de systèmes de droits sui generis (uniques) ou sur l'utilisation d'un cadre de droits humains qui reconnaît le gardiennage collectif, contrôle l'accès et assure le partage des avantages selon les lois coutumières, plutôt que de forcer les savoirs autochtones dans des modèles de PI incompatibles.

Quel est le rôle de la sage-femmerie autochtone dans la transmission des savoirs ?

La sage-femmerie autochtone est une expression puissante des systèmes de savoirs autochtones, jouant un rôle critique dans la transmission intergénérationnelle des savoirs. Les sages-femmes sont des détentrices de savoirs qui soutiennent la continuité des pratiques culturelles, des langues et des valeurs liées à la naissance, à la famille et au bien-être communautaire. Elles renforcent l'identité culturelle en intégrant des pratiques traditionnelles, des médecines et des soins spirituels. La prochaine Journée internationale des peuples autochtones du 9 août 2026 mettra en lumière ce thème, honorant les sages-femmes en tant que soignantes et soulignant la nécessité de surmonter les obstacles structurels au sein des systèmes de santé formels pour reconnaître et soutenir les soins et la transmission des savoirs dirigés par les Autochtones, culturellement appropriés, pour les générations futures.

Comment les universités canadiennes intègrent-elles les savoirs autochtones dans l'enseignement des sciences ?

Les universités canadiennes développent de plus en plus des modèles collaboratifs et engagés avec les communautés pour intégrer les savoirs autochtones dans l'enseignement et la recherche scientifiques. Des exemples incluent la coproduction de spectacles de planétarium qui mêlent les histoires autochtones du ciel nocturne à l'astronomie, comme l'ont fait les Six Nations de la rivière Grand et l'Université McMaster. Certains établissements développent des cours « autochtonisés », comme des cours de chimie qui intègrent les savoirs traditionnels sur les aliments. Les collaborations de recherche, comme celles entre des gardiens de savoirs autochtones et des chimistes pour développer des médicaments à partir de plantes traditionnelles, changent de paradigme vers des partenariats éthiques et réciproques. Des chercheurs plaident également pour une éducation scientifique holistique qui valide de multiples systèmes de savoirs, préparant les étudiants à relever des défis mondiaux complexes à travers une perspective plus inclusive et culturellement sensible.

Sources et lectures complémentaires

Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-31.

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