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mardi 27 octobre 2026 Actualités et politique nationales

Langues salish de la côte

Les langues salish de la côte constituent une branche de la famille linguistique salish, parlées par les peuples autochtones de la région du Nord-Ouest du Pacifique, qui s'étend du sud-ouest de la Colombie-Britannique au nord-ouest de l'État de Washington. Cette famille linguistique englobe de nombreuses langues et dialectes distincts, historiquement centrés autour des bassins du détroit de Géorgie et de Puget Sound. Ces langues sont essentielles à l'identité culturelle et au patrimoine de nombreuses Premières Nations et tribus, notamment les Musqueam, Squamish, Tsleil-Waututh, Cowichan et Sto:lo au Canada. Aujourd'hui, les langues salish de la côte sont en danger critique d'extinction, et des efforts de revitalisation sont en cours pour les préserver et les enseigner aux nouvelles générations de locuteurs.

Contexte géographique et historique

Le territoire traditionnel des langues salish de la côte englobe les régions côtières et les voies navigables intérieures du Nord-Ouest du Pacifique. Au Canada, cela comprend une grande partie de la côte sud-ouest de la Colombie-Britannique, particulièrement autour du détroit de Géorgie, de l'île de Vancouver et du Lower Mainland. Aux États-Unis, les langues sont parlées autour du Puget Sound dans l'État de Washington. Cette région inclut les sites de villes modernes comme Vancouver et Seattle. Les preuves archéologiques indiquent que les peuples salish de la côte habitent cette région depuis des millénaires, certains sites montrant une occupation continue depuis environ 9000 AEC. L'environnement, riche en ressources comme le saumon et le cèdre, a profondément façonné les cultures et les modes de subsistance de ces communautés. Historiquement, les gens vivaient dans des villages d'hiver permanents dans de grandes maisons à poteaux et à planches de cèdre et se déplaçaient vers des campements temporaires pour la cueillette estivale. Les langues salish de la côte sont aussi appelées langues salish centrales. Le terme Salish de la côte fait référence à la fois aux langues et aux cultures des peuples qui les parlent.

Sujet : Carte des populations salish de la côte (Coast Salish) en Colombie-Britannique au Canada et dans l'état de Washington aux États-Unis
Photo : Arct / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Classification linguistique et diversité

Les langues salish de la côte forment une branche primaire au sein de la plus vaste famille linguistique salish, qui inclut aussi les langues salish de l'intérieur parlées plus à l'intérieur des terres. Les linguistes débattent parfois de l'inclusion des langues tsamosanes et tillamook dans la branche salish de la côte, certains les classant comme des branches distinctes. Le groupe salish de la côte n'est pas une langue unique, mais une famille de nombreuses langues et dialectes apparentés. Les principaux groupes linguistiques au sein des salish de la côte incluent le halkomelem, le squamish, le sechelt et l'ensemble des langues des détroits du Nord. Au sud, le lushootseed est une branche majeure englobant des dialectes parlés par les tribus autour du Puget Sound. La langue nuxálk de la côte centrale de la Colombie-Britannique a aussi été considérée comme salish de la côte, car elle partage au moins un changement phonologique avec la branche, mais elle présente aussi des similarités avec les langues salish de l'intérieur. Si elle en est un membre, elle a été la première à se séparer du reste. Les langues et dialectes au sein de la branche salish de la côte sont nombreux, certains n'ayant plus aujourd'hui de locuteurs natifs vivants, un statut souvent marqué dans les études linguistiques par un symbole de croix.

Vidéo : Coast Salish Language, Growing Native (Vision Maker Media, YouTube)

Statistiques contemporaines des locuteurs et vitalité

Selon les données du Recensement de la population de 2021, la vitalité des langues salish au Canada présente un tableau mitigé de défis persistants et de résilience. Un total de 5 305 personnes au Canada ont déclaré pouvoir parler une langue salish suffisamment bien pour soutenir une conversation. Cependant, seulement 1 720 personnes ont déclaré une langue salish comme leur langue maternelle, c'est-à-dire la première langue apprise dans l'enfance et encore comprise. Cet écart indique un apprentissage significatif comme langue seconde. La grande majorité des locuteurs de langues salish, 97,0 %, résident en Colombie-Britannique. L'âge moyen des locuteurs de langues salish est de 40 ans. L'âge moyen de ceux dont la langue maternelle est salish est de 50 ans, ce qui suggère que la transmission familiale reste un défi critique. L'indice de langue seconde montre que pour de nombreuses langues salish, plus de personnes peuvent parler la langue que ne l'ont apprise comme première langue, indiquant des programmes d'éducation pour adultes réussis. Le nombre total de personnes au Canada parlant une langue salish était de 5 305 en 2021, avec environ 1 095 personnes la parlant comme langue maternelle selon une analyse. Le tableau suivant montre les données sur les locuteurs et la langue maternelle pour les langues salish les plus couramment déclarées lors du recensement canadien de 2021.

LangueLocuteursLangue maternelle
Halkomelem1 410415
Secwepemctsin (Shuswap)1 090420
Syilx (Okanagan)710240
Ntlakapamux (Thompson)Données incluses dans l'agrégatDonnées incluses dans l'agrégat
LillooetDonnées incluses dans l'agrégatDonnées incluses dans l'agrégat

La Colombie-Britannique abrite presque tous les locuteurs de langues salish spécifiques. Par exemple, 99,3 % des locuteurs de halkomelem vivent dans la province. De même, 98,3 % des locuteurs de lillooet et 97,9 % des locuteurs de syilx résident en Colombie-Britannique. La catégorie « Langues salish, non incluses ailleurs » comptait aussi 91,5 % de ses locuteurs vivant dans la province. Les langues salish sont le plus couramment parlées dans la province de la Colombie-Britannique. La répartition des langues salish au début du 19e siècle montrait une large dispersion géographique.

Home of the Coast Salish.
Photo : Chris Light / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Causes de la mise en danger des langues

Le statut menacé des langues salish de la côte est une conséquence directe des politiques coloniales et des traumatismes historiques. L'arrivée des explorateurs et commerçants européens au 18e siècle a marqué le début d'une période de profonds changements. L'établissement de postes de traite comme Fort Langley sur le territoire halkomelem et Fort Victoria sur le territoire lekungen par la Compagnie de la Baie d'Hudson a attiré des colons dans la région. Des épidémies dévastatrices de variole aux 18e et 19e siècles ont causé un déclin catastrophique de la population, perturbant les communautés et la transmission des connaissances. Une épidémie en 1862 a tué à elle seule environ 14 000 Autochtones de la côte nord-ouest d'avril à décembre cette année-là. Au milieu du 19e siècle, les traités Douglas ont été signés sur l'île de Vancouver entre 1850 et 1854. La politique la plus dommageable a été le système fédéral canadien des pensionnats autochtones, qui cherchait activement à assimiler les enfants autochtones en leur interdisant de parler leurs langues ancestrales. Cette suppression systématique sur plusieurs générations a créé une rupture dans le transfert intergénérationnel de la langue. La cérémonie du potlatch a aussi été interdite par la loi canadienne, supprimant un contexte cérémoniel clé pour l'usage de la langue.

Efforts de revitalisation et de préservation

Au cours des dernières décennies, des efforts concertés des Premières Nations, des établissements d'enseignement et des organisations communautaires visent à inverser la perte linguistique. Les programmes de revitalisation opèrent à plusieurs niveaux, de l'immersion en petite enfance aux cours de langue pour adultes. De nombreuses communautés ont développé des projets de dictionnaire et de grammaire, ainsi que des enregistrements d'histoires orales avec les Aînés pour préserver les connaissances linguistiques. Les universités et collèges, comme l'Université de la Colombie-Britannique et l'Université Simon Fraser, offrent des cours dans des langues comme le halkomelem. La technologie numérique joue un rôle de plus en plus important, avec des cours en ligne, des applications mobiles, des groupes de médias sociaux et des archives audio-vidéo rendant les ressources d'apprentissage plus accessibles. Parmi les initiatives notables, on compte le travail de l'Upper St̓át̓imc Language Culture and Education Society pour le lillooet et des plateformes en ligne pour apprendre le secwepemctsin et le nłeʔkepmxcín. Des performances publiques, comme celle de Carlyn Andres de la Première Nation Katzie chantant la chanson des Beatles « Blackbird » en hən̓q̓əmin̓əm̓ en juin 2019, aident à sensibiliser le public à ces langues menacées. La classification interne de la famille salish est complexe, les linguistes proposant différents modèles allant d'une à trois branches principales pour les langues côtières.

  • Cours crédités d'université et de collège en langues autochtones, comme ceux à l'Université Thompson Rivers pour le secwepemctsín.
  • Programmes d'immersion communautaires pour enfants et adultes gérés par les autorités éducatives des Premières Nations.
  • Création de dictionnaires, manuels et orthographes, comme le dictionnaire lushootseed publié par les Presses de l'Université de Washington.
  • Archives numériques d'enregistrements d'Aînés et d'histoires orales, incluant des leçons audio sur des plateformes comme SoundCloud.
  • Développement d'applications d'apprentissage linguistique et de modules en ligne pour l'auto-apprentissage.
  • Utilisation des médias sociaux et de plateformes vidéo comme YouTube pour des leçons et de la pratique.
  • Intégration de la langue dans l'art public, la signalisation et les cérémonies officielles pour normaliser son usage.
  • La reconstruction théorique de la syntaxe et de la phonologie du proto-salish est un domaine de recherche linguistique actif.
Coast Salish canoe in Port Townsend Bay, ca. 1900 by McCurdy, James G. American Memory from the Library of Congress
Photo : Wikimedia Commons (domaine public)

Signification culturelle et pratiques

Les langues salish de la côte sont profondément liées aux visions du monde, aux traditions juridiques et aux expressions artistiques de leurs peuples. La cérémonie du potlatch, un système complexe de gouvernance et de distribution des richesses, repose sur l'art oratoire dans la langue ancestrale pour conférer des noms, un statut et des droits sur les territoires de chasse et de pêche. Comme d'autres peuples autochtones de la côte nord-ouest, les Salish de la côte sont connus pour leur art, avec des poteaux de maison et des motifs mettant en scène des animaux et des êtres spirituels. Les histoires orales et les légendes sont les principaux véhicules de transmission des valeurs culturelles et de l'histoire. L'histoire de la création du monde, des animaux et des humains par le Vieux-Homme-du-Ciel est un exemple partagé par de nombreuses nations salish de la côte. Ces histoires soulignent l'importance sacrée de créatures comme le saumon et de ressources comme le cèdre rouge. Les langues elles-mêmes sont considérées comme sacrées, incarnant la relation unique entre le peuple et son territoire. Les connaissances écologiques traditionnelles sur l'environnement et la gestion des ressources sont encodées dans la langue. Les langues salish de la côte sont parlées autour de la majeure partie des bassins de Géorgie et de Puget Sound.

Premières Nations et communautés notables

De nombreuses Premières Nations en Colombie-Britannique sont des peuples salish de la côte qui parlent ou parlaient historiquement des langues de cette famille. Ces nations, bien que distinctes, partagent des liens culturels et familiaux forts. Le groupe linguistique halkomelem est particulièrement répandu, englobant de nombreuses Premières Nations en Colombie-Britannique, dont les Sto:lo, Cowichan, Musqueam et Tsleil-Waututh. La langue des détroits du Nord est parlée par les peuples WSÁNEĆ. Parmi les Premières Nations salish de la côte clés au Canada, on compte les Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh, dont les territoires traditionnels se trouvent dans la région de Vancouver. D'autres nations importantes sont les Cowichan Tribes, la Nation Sto:lo, la Première Nation Stz'uminus et la Première Nation Snuneymuxw. Le terme Salish de la côte inclut aussi spécifiquement six Premières Nations sur l'île de Vancouver : Cowichan, Chemainus, Penelakut, Lyackson, Halalt et Lake Cowichan. Dans l'État de Washington, des tribus comme les Suquamish, Tulalip, Swinomish et Puyallup parlent des dialectes du lushootseed. Ces communautés sont à l'avant-garde de la revitalisation linguistique contemporaine, des batailles juridiques pour les droits fonciers et de la poursuite des pratiques culturelles salish de la côte.

Structure de la famille linguistique salish

Les langues salish de la côte appartiennent à la plus grande famille linguistique salish, une sous-famille des langues autochtones nord-américaines parlées de la côte du Pacifique aux Rocheuses. La famille salish est entièrement composée de langues en danger ou gravement menacées avec de faibles taux de locuteurs fluides. Au Canada, le halkomelem, le shuswap et l'okanagan sont les langues les plus parlées au sein de cette famille élargie. Le nombre total de personnes au Canada parlant une langue salish était de 5 305 en 2021. La répartition des langues salish au début du 19e siècle montrait une large dispersion géographique. La classification interne de la famille salish est complexe, les linguistes proposant différents modèles allant d'une à trois branches principales pour les langues côtières. La reconstruction théorique de la syntaxe et de la phonologie du proto-salish est un domaine de recherche linguistique actif, aidant à comprendre les relations historiques entre des langues comme les salish de la côte et les salish de l'intérieur. La famille salish est une famille linguistique distincte sans relation génétique prouvée avec d'autres grandes familles linguistiques nord-américaines.

Langues salish de la côte : questions fréquentes

Combien de personnes parlent les langues salish de la côte aujourd'hui ?

Selon le recensement canadien de 2021, 5 305 personnes ont déclaré pouvoir parler une langue salish suffisamment bien pour soutenir une conversation. Parmi elles, 1 720 personnes ont déclaré une langue salish comme leur langue maternelle. La langue salish la plus parlée au Canada est le halkomelem, avec 1 410 locuteurs. Ces chiffres incluent à la fois les langues salish de la côte et de l'intérieur. Le nombre de personnes capables de parler une langue salish est plus élevé que celui de celles qui l'ont apprise comme langue maternelle, indiquant un apprentissage actif comme langue seconde. L'âge moyen des locuteurs de langues salish est de 40 ans.

Quelle est la différence entre les Salish de la côte et les Salish de l'intérieur ?

Les Salish de la côte et les Salish de l'intérieur sont deux branches primaires de la plus grande famille linguistique salish. La différence clé est géographique et culturelle. Les langues salish de la côte sont parlées par les peuples habitant la côte du Nord-Ouest du Pacifique, autour du détroit de Géorgie et du Puget Sound. Les langues salish de l'intérieur sont parlées par les peuples vivant plus à l'intérieur des terres, dans les régions de plateau de la Colombie-Britannique et du nord-ouest des États-Unis. Bien qu'apparentées, les langues de ces deux branches ne sont pas mutuellement intelligibles. Culturellement, les peuples salish de la côte ont des traditions davantage axées sur les ressources maritimes et le cèdre, tandis que les cultures salish de l'intérieur sont adaptées aux ressources fluviales et terrestres du plateau intérieur.

Les langues salish de la côte sont-elles apparentées à d'autres familles linguistiques autochtones ?

Les langues salish de la côte font partie de la famille linguistique salish, qui est considérée comme une famille linguistique distincte sans relation génétique prouvée avec d'autres grandes familles linguistiques nord-américaines comme l'athabaskan ou l'algonquien. La famille salish est son propre isolat linguistique sur le continent. La famille est divisée en branches, les salish de la côte étant l'une d'elles, aux côtés des salish de l'intérieur et peut-être d'autres comme les tsamosanes. Les langues au sein de la famille salish partagent une langue ancestrale commune, le proto-salish, mais ont divergé significativement au fil du temps. Les linguistes étudient les changements phonologiques pour retracer ces relations historiques.

Quels sont quelques exemples de mots salish de la côte ?

De nombreux mots salish de la côte reflètent le lien profond avec l'environnement local. Par exemple, le mot halkomelem pour « merci » est « huy ch q'u ». Les toponymes à travers la Colombie-Britannique et Washington sont souvent d'origine salish de la côte. Le nom de la ville de Seattle provient du nom d'un chef duwamish et suquamish, Si'ahl. Apprendre et utiliser ces mots originaux est une partie clé de la revitalisation linguistique et de la reconnaissance de l'histoire autochtone du territoire. Des guides linguistiques communautaires, comme le Halq'eméylem Language Guide de la Première Nation Kwikwetlem, fournissent un vocabulaire accessible aux apprenants.

Pourquoi les langues salish de la côte sont-elles en danger ?

Les langues salish de la côte sont en danger principalement en raison des impacts dévastateurs du colonialisme. Historiquement, les maladies introduites comme la variole ont causé une perte massive de population aux 18e et 19e siècles, une épidémie de 1862 tuant à elle seule environ 14 000 personnes. Les politiques d'assimilation forcée des gouvernements canadien et américain, notamment le système des pensionnats, ont activement puni les enfants pour avoir parlé leurs langues, coupant la transmission intergénérationnelle. Le potlatch a aussi été interdit par la loi canadienne, supprimant un contexte cérémoniel clé pour l'usage de la langue. L'urbanisation, le déplacement des terres traditionnelles par des traités comme les traités Douglas et la domination de l'anglais dans toutes les sphères de la vie ont marginalisé davantage ces langues.

Comment puis-je soutenir la revitalisation des langues salish de la côte ?

Vous pouvez soutenir les efforts de revitalisation linguistique en vous informant sur l'histoire et la situation actuelle des langues et des nations qui les parlent. Assistez à des événements culturels publics et à des cérémonies lorsque vous y êtes invité, et écoutez la langue être parlée. Soutenez les organisations et artistes autochtones qui intègrent la langue dans leur travail. Si vous êtes éducateur, plaidez pour l'inclusion de contenu autochtone précis et de ressources linguistiques dans les programmes. Suivez la direction des communautés autochtones elles-mêmes, en respectant leurs protocoles et leur propriété intellectuelle concernant leurs langues. Le soutien financier aux programmes linguistiques communautaires est aussi crucial. Utiliser et promouvoir des ressources éducatives authentiques aide à soutenir ces projets vitaux.

Sources et lectures complémentaires

Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-27.

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