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mercredi 28 octobre 2026 Actualités et politique nationales

Philippe Couillard

Philippe Couillard est un conseiller en affaires canadien, ancien neurochirurgien et homme politique qui a été le 31e premier ministre du Québec de 2014 à 2018. Membre du Parti libéral du Québec, il a mené le parti à une victoire majoritaire en 2014, mettant fin au mandat de Pauline Marois. Son passage au pouvoir a été marqué par l’austérité budgétaire, l’adoption de la première loi québécoise sur l’aide médicale à mourir et une priorité accordée au développement économique. Après sa carrière politique, Couillard a œuvré comme conseiller principal dans le secteur privé, se concentrant sur les initiatives en santé et en énergie verte.

Jeunesse et carrière médicale

Philippe Couillard est né à Montréal le 26 juin 1957, fils de Joseph Alfred Jean Pierre Couillard de Lespinay et d’Hélène Yvonne Pardé. Il obtient son doctorat en médecine de l’Université de Montréal en 1979. Il complète ensuite sa certification de spécialiste en neurochirurgie au même établissement en 1985. Couillard commence sa pratique en neurochirurgie à l’Hôpital Saint-Luc de Montréal, où il est chef du département de neurochirurgie de 1989 à 1992. De 1992 à 1996, il travaille à l’étranger, contribuant à fonder un département de neurochirurgie à Dhahran, en Arabie saoudite. À son retour au Québec, Couillard se joint à la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke comme professeur de 1996 à 2003. Il occupe également des rôles administratifs importants, étant chirurgien en chef et directeur du Département de chirurgie du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke de 2000 à 2003. Son statut professionnel est reconnu par des nominations à des conseils nationaux et internationaux, notamment comme représentant canadien au conseil de la Société de Neurochirurgie de Langue Française de 1999 à 2003 et au Conseil et au Comité des affaires publiques du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada de 2000 à 2003.

Philippe Couillard, à Québec, lors de la cérémonie du Jour du souvenir 2014
Photo : Asclepias / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Entrée en politique et mandat de ministre de la Santé

Couillard entre en politique provinciale en 2003, quittant sa carrière médicale pour se présenter sous la bannière du Parti libéral du Québec dans la circonscription montréalaise de Mont-Royal. Il est élu lors du scrutin d’avril 2003 et est nommé ministre de la Santé et des Services sociaux par le premier ministre Jean Charest le 29 avril 2003. À titre de ministre, il acquiert une réputation de communicateur efficace et devient l’un des ministres les plus populaires du gouvernement Charest. Son mandat, qui dure jusqu’en 2008, est le plus long exercé sans interruption par un ministre de la Santé au Québec depuis les années 1950.

Durant son premier mandat, les réalisations majeures de Couillard incluent l’obtention d’une augmentation de 4,2 milliards de dollars du budget provincial de la santé. Il pilote d’importants changements législatifs, dont des modifications à la Loi sur le tabac qui interdisent de fumer dans tous les lieux publics au Québec. Il supervise également une restructuration du réseau de la santé, réduisant le nombre d’accréditations syndicales locales dans le secteur. Lors de l’élection de 2007, Couillard change de circonscription pour se présenter dans Jean-Talon, dans la région de Québec, remplaçant Margaret Delisle qui ne se représentait pas. Il remporte le siège malgré une forte poussée de l’Action démocratique du Québec. Il est reconduit comme ministre de la Santé et assume aussi le rôle de ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale. Le 25 juin 2008, Couillard annonce sa démission comme ministre et député. Il est remplacé comme ministre et comme député de Jean-Talon par Yves Bolduc. Le 23 juin 2010, Couillard est nommé au Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité et devient par le fait même membre du Conseil privé.

Vidéo : Philippe Couillard steps down from politics in emotional goodbye (The Canadian Press, YouTube)

Retour en politique et chemin vers le poste de premier ministre

Après sa démission, Couillard travaille dans le secteur privé. Le 3 octobre 2012, il annonce son retour en politique, entrant dans la course pour succéder à Jean Charest à la tête du Parti libéral du Québec. Le 17 mars 2013, il remporte la chefferie au premier tour, recueillant 58,5 % des voix et défaisant les anciens ministres Raymond Bachand et Pierre Moreau. Pour obtenir un siège à l’Assemblée nationale, Couillard est élu dans la circonscription libérale sûre d’Outremont le 9 décembre 2013, après que Bachand se soit retiré.

Lorsque la première ministre Pauline Marois déclenche des élections anticipées en mars 2014, Couillard prend la décision stratégique de se présenter dans la circonscription de Roberval, où il a élu domicile, laissant la candidature d’Outremont à Hélène David. La campagne de 2014 commence avec des sondages montrant une course serrée, mais Couillard axe sa plateforme sur la santé, l’éducation et l’emploi tout en critiquant la gestion économique du gouvernement Marois et en s’opposant à la Charte des valeurs québécoise proposée. Au fil de la campagne, l’appui aux libéraux croît significativement. Couillard mène les libéraux à la victoire dans 70 des 125 sièges de l’Assemblée nationale et défait la première ministre Marois dans sa propre circonscription. Le soir de l’élection, Couillard s’engage à améliorer le climat des affaires au Québec, à mettre fin aux politiques divisives et à travailler en collaboration avec les autres provinces et le gouvernement fédéral. Il est assermenté comme 31e premier ministre du Québec le 23 avril 2014, nommant un cabinet de 26 ministres pour entamer son mandat.

Philippe Couillard en 2018 lors d'une mission à Washington
Photo : Merick Seguin / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Passage au pouvoir et politiques clés

Le passage de Couillard au pouvoir a été défini par une priorité accordée à la discipline budgétaire, au développement économique et à plusieurs débats importants de politique sociale. À son arrivée, son gouvernement fait face à un déficit budgétaire de près de 6 milliards de dollars. Travaillant avec le ministre des Finances Carlos Leitão, il met en œuvre des coupures dans les dépenses et des hausses d’impôts, parvenant à un budget équilibré dès 2015. Le gouvernement présente ensuite quatre budgets équilibrés consécutifs durant son mandat. Ces mesures fiscales incluent toutefois des réductions des dépenses en éducation et en santé, ce qui contribue à un déclin de la popularité de son gouvernement avec le temps. En 2015, son gouvernement annonce également le projet de train léger du Réseau express métropolitain pour la région de Montréal.

Dans le domaine des politiques sociales, le gouvernement Couillard joue un rôle déterminant dans l’adoption de la loi historique du Québec sur l’aide médicale à mourir (AMM) en 2014. La loi, qui permettait initialement aux patients en phase terminale de demander une mort assistée, est la première au Canada. Sur les questions environnementales, son gouvernement retire la protection de plusieurs zones préservées et autorise l’exploitation forestière dans des habitats de caribous, arguant que cela stimulerait la croissance économique et la création d’emplois. Le gouvernement annonce aussi son opposition au développement du gaz de schiste en 2014 en raison des préoccupations environnementales soulevées dans un rapport gouvernemental. L’un des actes les plus controversés de son mandat est l’adoption du projet de loi 62 en octobre 2017, qui interdit le port de couvre-visage pour les personnes qui donnent ou reçoivent des services publics. La loi attire des critiques nationales et internationales en raison de son impact sur les femmes musulmanes qui portent le niqab ou la burqa. Couillard défend la législation, affirmant que dans une société libre et démocratique, les gens devraient pouvoir se voir le visage lorsqu’ils interagissent.

Défaite électorale de 2018 et départ

Après un mandat au pouvoir, Couillard mène le Parti libéral du Québec à l’élection provinciale d’octobre 2018. La campagne se déroule dans un contexte de fatigue des électeurs face aux mesures d’austérité des libéraux et de montée de la Coalition Avenir Québec (CAQ) sous François Legault. Le gouvernement Couillard est défait, et la CAQ remporte une majorité. Couillard est personnellement réélu dans sa circonscription de Roberval avec une confortable marge. Il démissionne comme chef du Parti libéral du Québec et comme député le 4 octobre 2018, mettant fin à sa carrière politique formelle.

Carrière post-politique et réflexions ultérieures

Depuis son départ, Couillard est retourné dans le secteur privé comme conseiller en affaires. Il rejoint d’abord le cabinet d’avocats mondial Dentons comme conseiller principal. En 2022, il devient vice-président, Canada, pour l’entreprise britannique de technologie de batteries Britishvolt, travaillant sur des plans pour une gigafactory canadienne. Il quitte ce poste en octobre 2022 après que l’entreprise a abandonné ses ambitions canadiennes. En mars 2023, il se joint à la firme de consultation en affaires publiques StrategyCorp Inc. comme conseiller principal, où il fournit des conseils stratégiques sur les enjeux de la santé et de l’économie propre.

Au fil des ans, Couillard a exprimé des réflexions complexes sur la politique phare de son gouvernement, la loi sur l’aide médicale à mourir. Dans une entrevue de 2024, il affirme se sentir partagé alors que la pratique s’est étendue au-delà de son champ d’application initial pour les patients en phase terminale. Il note que des opposants l’avaient averti que la portée de la loi s’élargirait. Il se demande s’il voterait à nouveau pour la même loi étant donné ses extensions subséquentes, tout en rappelant la profonde souffrance d’anciens patients comme justification de la législation originale.

Vie personnelle et reconnaissance

Philippe Couillard est marié et réside dans la région de Roberval au Québec depuis avant son élection de 2014. Son parcours de neurochirurgien et d’universitaire demeure un aspect déterminant de son identité publique. Sa nomination au Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité en 2010 lui a valu d’être membre du Conseil privé de la Reine pour le Canada, une distinction qui confère le titre honorifique de « Très honorable » et les lettres post-nominales CP. Au-delà de son travail politique et médical, ses rôles de conseiller post-politique l’ont maintenu engagé dans les conversations nationales sur la politique de santé et la stratégie économique.

Philippe Couillard : questions fréquentes

Que faisait Philippe Couillard avant de devenir premier ministre du Québec ?

Avant d’entrer en politique, Philippe Couillard a mené une carrière marquante comme neurochirurgien et professeur de médecine. Il obtient son doctorat en médecine de l’Université de Montréal en 1979 et devient neurochirurgien certifié en 1985. Il est chef du département de neurochirurgie à l’Hôpital Saint-Luc de Montréal de 1989 à 1992 et plus tard au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke de 1996 à 2003. De 1992 à 1996, il pratique la médecine à Dhahran, en Arabie saoudite, contribuant à y établir un département de neurochirurgie.

Quelles ont été les réalisations majeures de Philippe Couillard comme ministre de la Santé du Québec ?

À titre de ministre de la Santé et des Services sociaux de 2003 à 2008, Couillard supervise une expansion significative du budget de la santé, qui augmente de 4,2 milliards de dollars. Il est responsable d’une loi qui interdit de fumer dans tous les lieux publics au Québec. Son mandat voit aussi une réduction du nombre d’accréditations syndicales locales dans le secteur de la santé. Il lance la Politique québécoise du médicament et modifie la Loi sur la protection de la jeunesse.

Pourquoi Philippe Couillard a-t-il démissionné comme premier ministre ?

Philippe Couillard n’a pas démissionné de son poste de premier ministre volontairement. Son gouvernement a été défait par la Coalition Avenir Québec lors de l’élection provinciale d’octobre 2018 après n’avoir servi qu’un seul mandat. Suite à cette défaite, Couillard a démissionné comme chef du Parti libéral du Québec et comme député de Roberval le 4 octobre 2018. Cette perte électorale a mis fin à son mandat comme 31e premier ministre du Québec, un poste qu’il occupait depuis 2014.

Que fait Philippe Couillard maintenant après la politique ?

Depuis son départ de la politique, Philippe Couillard travaille comme conseiller principal dans le secteur privé. Il a d’abord rejoint le cabinet d’avocats Dentons dans un rôle consultatif. En 2022, il devient vice-président, Canada, pour l’entreprise de batteries Britishvolt, mais quitte ce poste en octobre 2022. Depuis mars 2023, il est conseiller principal au sein de la firme de consultation en affaires publiques StrategyCorp Inc., où il fournit des conseils stratégiques sur la santé et la transition du Canada vers une économie zéro carbone.

Quel a été le rôle de Philippe Couillard dans la loi sur l’aide médicale à mourir (AMM) ?

Philippe Couillard était premier ministre lorsque l’Assemblée nationale du Québec a adopté une loi en 2014 établissant les conditions de l’aide médicale à mourir. La loi était la première au Canada. Il a depuis déclaré se sentir partagé face à cette décision, car la pratique s’est étendue au-delà de sa portée initiale pour les conditions en phase terminale. Couillard a salué l’adoption du projet de loi original, mais s’est demandé s’il voterait à nouveau pour celui-ci étant donné les extensions subséquentes.

Qu’était le projet de loi 62 adopté sous le premier ministre Couillard ?

Le projet de loi 62 était une loi controversée adoptée par le gouvernement Couillard en octobre 2017. Il s’agissait d’une interdiction québécoise du port de couvre-visage pour les personnes qui donnent ou reçoivent des services publics. La législation a retenu l’attention nationale et internationale car elle touchait principalement les femmes musulmanes qui portent le niqab ou la burqa. Couillard a soutenu la loi, affirmant qu’il s’agissait d’une simple question de communication et de sécurité dans une société libre et démocratique où les gens devraient se voir le visage.

Sources et lectures complémentaires

Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-28.

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