Manon Massé
Manon Massé est une femme politique canadienne et une figure importante de la scène politique de gauche au Québec. Elle a été députée de la circonscription montréalaise centrale de Sainte-Marie–Saint-Jacques à l'Assemblée nationale de 2014 à 2026 et porte-parole du parti Québec solidaire de 2017 à 2023. Féministe ouvertement lesbienne et militante communautaire de longue date, Massé a joué un rôle clé dans la fondation de Québec solidaire et en est devenue la première candidate en 2006. Sa carrière politique, marquée par la défense de la justice sociale, de l'action environnementale et des droits des personnes LGBTQ+, a pris fin lorsqu'elle a choisi de ne pas se représenter aux élections provinciales de 2026.
Jeunesse et militantisme communautaire
Manon Massé est née le 22 mai 1963 à Windsor, au Québec, de parents ouvriers, Fernande Migneault et Gilles Massé. Elle passe ses sept premières années à Windsor avant que sa famille ne déménage à Boucherville, une banlieue de Montréal. Elle étudie au Cégep Édouard-Montpetit et poursuit une majeure en théologie à l'Université de Montréal. La vie professionnelle de Massé commence dans l'organisation communautaire de base et les mouvements sociaux. Elle travaille avec des organismes comme le Comité social Centre-Sud et la Fédération des femmes du Québec, se consacrant aux causes féministes et aux droits des travailleurs. Son militantisme précoce comprend des rôles de coordination pour des événements majeurs comme la Marche du pain et des roses de 1995 et la Marche mondiale des Femmes de 2000.
Cette base en éducation populaire est devenue le terreau de sa carrière politique. Massé décrit cette approche comme collaborative, où les gens travaillent ensemble pour développer une compréhension et déterminer des actions pour soutenir ou combattre l'injustice. Son travail dans la communauté, particulièrement dans le secteur qui deviendra plus tard sa circonscription, lui a donné un lien profond avec les réalités de la vie ouvrière, à l'image de celle de ses parents. Cette période de plus de deux décennies dans l'organisation communautaire l'a convaincue que les institutions politiques existantes ne répondaient pas aux besoins des gens ordinaires. Au début des années 2000, cette frustration l'a menée à une conclusion décisive : elle entrerait elle-même en politique électorale pour faire le travail, préparant ainsi le terrain pour sa participation à la fondation d'un nouveau parti politique.

Fondation de Québec solidaire et premières candidatures électorales
Manon Massé a été cofondatrice du mouvement politique Option citoyenne, qui a ensuite fusionné pour former Québec solidaire, un parti prônant la social-démocratie, l'environnementalisme et la souveraineté du Québec. Elle est devenue la toute première candidate du parti, se présentant dans une élection partielle en 2006 dans la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques qu'elle représenterait plus tard. Lors de cette première tentative, elle a obtenu 22 % des voix. Le chemin de Massé vers l'Assemblée nationale n'a pas été immédiat, puisqu'elle a essuyé plusieurs défaites électorales avant sa percée. Sa persévérance reflétait son engagement profond envers la vision du parti d'une société dotée de services publics forts et d'une répartition équitable des richesses.
Son dévouement à la solidarité internationale était également évident durant cette période. En 2011, elle a participé à la Flottille de la liberté II, représentant Québec solidaire à bord du bateau canadien pour Gaza nommé Tahrir. Cette action a démontré sa volonté de s'engager dans les questions de justice mondiale parallèlement à son travail politique national. Ces années de campagne et de militantisme ont solidifié son rôle de figure fondatrice au sein de Québec solidaire, préparant le terrain pour la croissance future du parti. Ses candidatures répétées, bien qu'initialement infructueuses, ont été cruciales pour établir une présence durable du parti dans le centre de Montréal et développer le réseau de base qui mènerait éventuellement au succès électoral.
Élection à l'Assemblée nationale et travail dans la circonscription
La persévérance politique de Manon Massé a culminé lors de l'élection générale québécoise de 2014, où elle a été élue députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques à sa cinquième tentative. Sa victoire a été serrée, l'emportant par une marge de seulement 91 voix sur la candidate du Parti libéral du Québec, Anna Klisko. Klisko a demandé un recomptage judiciaire, mais le juge présidant a rejeté la demande le 11 avril 2014, invoquant des preuves insuffisantes d'irrégularités dans le processus électoral. Cette victoire a assuré à Québec solidaire son troisième siège à l'Assemblée. La circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques, qui englobe le Village gai de Montréal et des quartiers centraux densément peuplés et diversifiés, est devenue la base à partir de laquelle elle a défendu des politiques progressistes pendant les douze années suivantes.
En tant que députée, Massé s'est concentrée sur des questions centrales pour sa circonscription et son passé de militante, notamment le logement, les services sociaux et les droits des communautés marginalisées. Elle a servi comme porte-parole de l'opposition officielle pour plusieurs dossiers, reflétant les priorités du parti et son expertise. Après les élections provinciales de 2022, ses responsabilités de porte-parole ont été officiellement désignées pour inclure les Relations avec les Premières Nations et les Inuits, les Services sociaux pour les personnes vivant avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l'autisme, la Solidarité sociale et l'Action communautaire, l'Itinérance et les questions de la communauté LGBTQ+. Au cours de la dernière année de son mandat, du 9 décembre 2025 au 27 août 2026, elle a occupé le rôle de porte-parole du deuxième groupe d'opposition pour la Jeunesse et pour la communauté LGBTQIA2S+. Son travail à l'Assemblée visait constamment à amplifier les voix souvent exclues du discours politique.

Leadership comme porte-parole de Québec solidaire
En mai 2017, lors d'un congrès du parti, Manon Massé a été élue porte-parole de Québec solidaire aux côtés de l'activiste Gabriel Nadeau-Dubois, poursuivant la tradition du parti d'un leadership partagé entre une femme et un homme. Dans ce rôle, elle est devenue l'une des figures publiques les plus visibles du parti et sa candidate proposée pour le poste de première ministre lors des élections générales québécoises de 2018. Cette élection a constitué une percée historique pour Québec solidaire, le parti triplant son nombre de sièges de trois à dix, obtenant le statut de troisième parti devant le Parti québécois. Ce résultat représentait la meilleure performance du parti à ce jour. Le leadership de Massé a été central dans cette croissance, mettant des questions comme les changements climatiques, la transition écologique et les affaires autochtones au premier plan de la plateforme du parti.
Son engagement international s'est poursuivi dans son rôle de leadership, notamment lorsqu'elle a témoigné devant la Cour suprême d'Espagne le 29 avril 2019, en raison de sa participation comme observatrice internationale lors du référendum sur l'indépendance de la Catalogne en 2017. Après six ans comme porte-parole, Massé a annoncé en mai 2023 qu'elle quitterait ce rôle. Elle a été remplacée par Émilise Lessard-Therrien en novembre 2023. Son mandat comme porte-parole a été une période d'expansion et de consolidation significative pour Québec solidaire. Elle a exprimé sa confiance que le parti formerait un jour le gouvernement du Québec.
Priorités politiques et militantisme
Tout au long de sa carrière, le militantisme politique de Manon Massé a été défini par une concentration constante sur le féminisme, l'environnementalisme et l'inclusion sociale. Elle soutenait que défendre les droits des communautés les plus ostracisées et discriminées défendait en fin de compte les droits de tous. Son travail sur la justice économique, comme la défense d'un salaire minimum décent, était explicitement formulé à travers une lentille féministe. En tant que politicienne ouvertement lesbienne, elle est devenue une figure publique importante pour les communautés 2S/LGBTQIA+ du Québec, utilisant sa plateforme pour faire avancer les questions politiques connexes à l'Assemblée nationale. Elle considérait le militantisme politique comme un continuum incluant l'organisation communautaire, l'action directe et le travail parlementaire, tous visant à remettre en question les privilèges enracinés.
Son approche était fondamentalement inclusive, façonnée par sa croyance en l'éducation populaire et la résolution collaborative de problèmes. Massé soutenait que les personnes vivant une situation sont les plus qualifiées pour en trouver les solutions, un principe qui a guidé son travail tant comme militante qu'élue. Elle était critique envers les partis politiques qui cherchaient à maintenir les privilèges systémiques, positionnant Québec solidaire comme une force pour y mettre fin et assurer le bien commun. Même en planifiant son départ de la politique électorale, elle a souligné que son engagement envers le militantisme et le travail communautaire, particulièrement au sein des communautés queer, se poursuivrait. Elle a présenté son départ non pas comme un abandon de la politique, mais comme un départ de l'institution spécifique du parlementarisme.

Départ de la politique électorale
En mai 2023, Manon Massé a annoncé qu'elle ne serait pas candidate aux élections générales québécoises de 2026, mettant ainsi fin à sa carrière de douze ans comme députée. Elle a confirmé qu'elle demeurerait dans son siège et comme membre du caucus de Québec solidaire jusqu'à ce que les élections soient déclenchées. Réfléchissant à ses trois mandats complets, elle a déclaré avoir bousculé les choses et contribué à rendre le Québec plus ouvert, juste et inclusif. Sa décision a suivi celle de son ancien co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois, qui a également démissionné et choisi de ne pas se représenter. L'annonce de Massé a marqué la fin d'une ère pour Québec solidaire, alors que deux de ses figures fondatrices les plus en vue quittaient la politique de première ligne.
Massé a été claire sur le fait que son départ de l'Assemblée nationale ne signifiait pas un retrait de l'engagement politique et social. Elle a déclaré que son engagement ne se termine pas avec ce départ, mais commence une autre étape pour continuer à porter la voix de ceux qui ne sont pas écoutés. Elle a exprimé son intention de demeurer active dans le militantisme et le travail communautaire, en se concentrant particulièrement sur les communautés queer. Avec une durée moyenne du mandat d'un député étant de 4,5 ans, son mandat de douze ans était remarquablement long, lui permettant de laisser une empreinte substantielle sur son parti et les causes qu'elle a défendues. Ses derniers mois en fonction ont été consacrés à remplir ses rôles de porte-parole, préparant une transition hors de la politique institutionnelle tout en conservant son identité de militante.
Historique électoral
Le parcours électoral de Manon Massé retrace l'ascension de Québec solidaire d'un mouvement naissant à un parti politique établi au Québec. Ses campagnes ont toujours été menées dans la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques. Elle a été la première candidate de Québec solidaire lors de l'élection partielle de 2006, où elle a obtenu 22 % des voix. Elle a été élue à l'Assemblée nationale lors de l'élection de 2014, sa cinquième tentative, remportant le troisième siège du parti. Sa marge de victoire était de 91 voix. La demande de recomptage judiciaire par son adversaire a été rejetée par le juge présidant le 11 avril 2014. Elle n'a pas sollicité de nouveau mandat lors des élections générales de 2026.
Vie personnelle et identité publique
L'identité publique de Manon Massé est profondément liée à son militantisme politique. Elle est une politicienne ouvertement lesbienne, ce qui en a fait une représentante visible pour les communautés LGBTQ+ au Québec. Elle partage sa vie avec sa conjointe, Ghislaine Goulet. Massé s'est toujours identifiée comme féministe, et son militantisme s'enracine dans des décennies de travail avec des organisations de femmes et des mouvements de justice sociale. Son récit personnel fait souvent référence à son éducation ouvrière en tant qu'enfant d'ouvriers d'usine, qu'elle crédite pour avoir façonné sa compréhension des inégalités économiques et des privilèges. Ce parcours a inspiré son engagement à vie envers l'éducation populaire et l'action collective comme outils de changement social. Au-delà de ses fonctions officielles, Massé est restée engagée dans les événements communautaires et les discussions publiques, intervenant souvent lors de conférences et de sommets. Elle a exprimé la conviction que la gauche politique doit s'unir face aux attaques directes contre les droits et le progrès, dépassant la pureté idéologique pour présenter un front uni. Sa devise personnelle, selon laquelle elle arrêtera de faire de la politique seulement le jour de sa mort, résume sa vision de la politique comme un engagement à vie envers le militantisme, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur des institutions formelles.
Manon Massé : questions fréquentes
Pour quoi Manon Massé est-elle connue ?
Manon Massé est surtout connue comme une députée de Québec solidaire de longue date, ancienne porte-parole du parti, et une militante féministe et pour la justice sociale de premier plan au Québec. Elle a été la première candidate à se présenter sous la bannière de Québec solidaire en 2006 et a été élue pour représenter Sainte-Marie–Saint-Jacques à l'Assemblée nationale en 2014. Elle a été porte-parole de 2017 à 2023, contribuant à mener le parti à son résultat historique de dix sièges lors de l'élection de 2018. Son militantisme s'est constamment concentré sur des questions comme les droits des personnes LGBTQ+, l'action environnementale, les relations avec les Autochtones et la justice économique.
Pourquoi Manon Massé a-t-elle quitté la politique ?
Manon Massé a annoncé en mai 2023 qu'elle ne solliciterait pas de nouveau mandat aux élections provinciales de 2026, mettant fin à ses douze années de mandat comme députée. Elle a présenté son départ comme une transition hors de la politique parlementaire institutionnelle plutôt que comme une retraite du militantisme politique en général. Dans sa déclaration, elle a exprimé sa fierté pour son travail et sa confiance que Québec solidaire formerait un jour le gouvernement. Elle a indiqué qu'elle demeurerait active dans le militantisme, particulièrement au sein des communautés queer, considérant cela comme la prochaine étape de son engagement à vie envers la justice sociale.
Quelle circonscription Manon Massé représentait-elle ?
Manon Massé a représenté la circonscription montréalaise centrale de Sainte-Marie–Saint-Jacques à l'Assemblée nationale du Québec de 2014 à 2026. Cette circonscription urbaine comprend des quartiers tels que le Village gai, Centre-Sud et des parties du centre-ville de la ville. C'est dans cette même circonscription qu'elle a lancé sa carrière politique comme première candidate de Québec solidaire lors d'une élection partielle en 2006. Le caractère diversifié et densément peuplé de la région en faisait une base appropriée pour son travail sur des questions comme le logement, l'itinérance et les droits des communautés marginalisées.
Qui Manon Massé a-t-elle remplacée comme porte-parole de Québec solidaire ?
Lorsque Manon Massé a été élue porte-parole en mai 2017, elle a succédé à Françoise David. La structure du parti comporte traditionnellement deux porte-parole, une femme et un homme, servant simultanément. Massé a été élue aux côtés de Gabriel Nadeau-Dubois, qui a succédé à Amir Khadir. Cette transition de leadership a marqué un changement générationnel au sein de Québec solidaire, passant de ses figures fondatrices à des militants ayant acquis une notoriété grâce aux mouvements étudiants et sociaux.
Manon Massé est-elle mariée ?
Manon Massé n'est pas mariée mais partage sa vie avec sa conjointe, Ghislaine Goulet. Massé est ouvertement lesbienne, et sa relation et son identité font partie de son profil public en tant que politicienne et défenseure des droits des personnes LGBTQ+. Elle a parlé de l'importance de la visibilité et de la représentation des communautés queer en politique. Les détails concernant sa vie familiale privée au-delà de sa conjointe ne font pas partie des informations publiques qu'elle a divulguées.
Quelles étaient les principales responsabilités politiques de Manon Massé avant son départ ?
Durant son dernier mandat, Manon Massé a occupé plusieurs rôles de porte-parole officielle pour le deuxième groupe d'opposition, Québec solidaire. Du 9 décembre 2025 au 27 août 2026, elle a servi comme porte-parole pour la Jeunesse et pour la communauté LGBTQIA2S+. Suite à l'élection de 2022, ses dossiers de porte-parole attribués incluaient également les Relations avec les Premières Nations et les Inuits, les Services sociaux pour les personnes ayant une déficience intellectuelle ou de l'autisme, la Solidarité sociale et l'Action communautaire, et l'Itinérance. Ces responsabilités reflétaient son expertise et l'engagement du parti envers la justice sociale, la réconciliation avec les Autochtones et le soutien aux groupes marginalisés.
Sources et lectures complémentaires
- Manon Massé (Wikipédia, en anglais)
- Québec Solidaire's Manon Massé will step back after 12 ... (cbc.ca)
- Our Community: Manon Massé (cbrc.net)
- QS MNA Manon Massé won't run in next provincial election (montrealgazette.com)
Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-31.





