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vendredi 23 octobre 2026 Actualités et politique nationales

Mohawk people

Le peuple mohawk, connu dans sa propre langue sous le nom de Kanien'kehá:ka ou le Peuple du Silex, est un peuple autochtone des forêts du Nord-Est de l'Amérique du Nord et la nation la plus à l'est de la Confédération haudenosaunee, aussi appelée Iroquois ou Six Nations. Son territoire traditionnel était centré sur la vallée de la Mohawk dans l'État actuel de New York, s'étendant dans le sud du Québec, l'est de l'Ontario et certaines parties de la Nouvelle-Angleterre. Historiquement reconnus comme des guerriers redoutables et des diplomates habiles, les Mohawks ont joué un rôle central à l'époque du commerce des fourrures et dans les conflits coloniaux qui ont suivi. Aujourd'hui, les communautés mohawks sont situées des deux côtés de la frontière canado-américaine, avec des populations importantes au Québec et en Ontario, où elles travaillent activement à préserver leur langue, leur culture et leur souveraineté politique.

Origines et société traditionnelle

Le peuple mohawk est l'une des cinq nations originelles qui ont formé la Confédération haudenosaunee, une alliance politique et culturelle fondée entre 1400 et 1600 de notre ère. Selon la tradition orale, les pacificateurs Deganawida et Hiawatha ont d'abord apporté la Grande Loi de la Paix aux Mohawks, qui ont ensuite aidé à convaincre les nations oneida, onondaga, cayuga et sénèque de se joindre à eux. La nation tuscarora s'est jointe plus tard, entre 1722 et 1723, formant ainsi les Six Nations. Au sein de cette confédération, les Mohawks portent le titre de Gardiens de la Porte de l'Est, responsables de la protection des approches orientales de leur territoire collectif. La société mohawk est matrilinéaire, ce qui signifie que l'identité clanique et les liens de parenté se transmettent par la lignée maternelle. La nation est organisée en trois clans: la Tortue, l'Ours et le Loup. Les matriarches de clan, ou oyanders, détenaient un pouvoir considérable, notamment celui de sélectionner les chefs masculins, ou sachems, qui représentaient le peuple au Grand Conseil. Les Mohawks étaient des agriculteurs, leur alimentation et leur culture étant centrées sur les Trois Sœurs: le maïs, les haricots et la courge, célébrées lors de cérémonies comme la Danse du Maïs Vert. Ils étaient également des chasseurs, des trappeurs et, historiquement, des guerriers redoutables.

Mohawk people
Photo: Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Premiers contacts européens et guerres des castors

Les Mohawks ont rencontré pour la première fois des Européens le 28 juin 1609, lorsqu’un groupe mené par l’explorateur français Samuel de Champlain, accompagné d’alliés wendats (Hurons), a affronté un groupe de guerre mohawk près de Ticonderoga. Ce premier contact violent, au cours duquel Champlain a utilisé des armes à feu contre les guerriers mohawks, a marqué le début d’une période de profonds changements et de conflits. Les Hollandais ont établi le fort Nassau à la confluence des rivières Hudson et Mohawk en 1614, à la recherche de fourrures. Les Mohawks, après avoir chassé les marchands mohicans rivaux de la région vers 1628, ont assuré une position dominante dans le commerce des fourrures avec les Hollandais. Cette alliance leur a fourni des produits européens, notamment des armes à feu, qu’ils ont utilisées lors des conflits connus sous le nom de guerres des castors contre les nations autochtones alliées aux Français, comme les Wendats, les Algonquins et les Ojibwés. Le contact européen a également apporté des épidémies dévastatrices. Une épidémie de variole en 1635 a réduit la population mohawk d’environ 63 %, passant de 7740 à 2830 personnes. Durant cette période, des missionnaires jésuites de la Nouvelle-France ont commencé à œuvrer sur le territoire mohawk, ce qui a conduit à la conversion de certains Mohawks au catholicisme.

Vidéo : The Mohawk people ( Native American Culture Series ) (Books galore By Prajakta, YouTube)

Migration et établissement des communautés du Nord

Tout au long de la fin du 17e et du début du 18e siècle, de nombreux Mohawks convertis au catholicisme se sont relocalisés dans les villages de mission établis par les jésuites français le long du fleuve Saint-Laurent, au sud de Montréal. Cette migration a mené à la fondation de communautés mohawks durables qui existent encore aujourd'hui sous forme de réserves. Kahnawà:ke (historiquement appelé Caughnawaga) a été établi en premier, suivi de Kanesatake. Dans les années 1740, un autre établissement a été fondé en amont, devenu connu sous le nom d'Akwesasne (Saint-Régis). Ces communautés sont devenues des refuges pour les Mohawks et pour des personnes adoptées d'autres nations. Une figure notable de cette époque est Kateri Tekakwitha, une femme mohawk née à Ossernenon à la fin des années 1650, qui s'est convertie au catholicisme et a ensuite déménagé à Kahnawà:ke. Elle a été canonisée sainte par l'Église catholique en octobre 2012. La population de ces établissements a encore augmenté après la guerre d'Indépendance américaine, alors que des Mohawks loyaux à la Couronne britannique cherchaient refuge au Canada. Un autre groupe, mené par John Deseronto, s'est établi à la baie de Quinte, fondant ce qui est aujourd'hui le territoire mohawk de Tyendinaga. Les Mohawks ont également combattu comme alliés des Britanniques contre les États-Unis lors de la guerre de 1812.

Map of the Hudson River Watershed, including the Mohawk River.
Photo: Karl Musser / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

La Révolution américaine et le déplacement

Durant la guerre de la Révolution américaine, la plupart des Mohawks se sont alliés aux Britanniques. Ils espéraient que ces derniers les aideraient à empêcher les colons américains d'empiéter sur leurs terres dans la vallée de la Mohawk. Le chef de guerre Joseph Brant (Thayendanegea) a mené des raids fructueux contre les établissements coloniaux. En représailles, l'expédition Sullivan a détruit de nombreux villages et récoltes haudenosaunees. La plupart des Mohawks ont été contraints de quitter leur patrie ancestrale. Joseph Brant a conduit un important contingent vers une concession de terre le long de la rivière Grand, dans l'actuel Ontario, accordée par la Couronne britannique à titre de compensation, qui est devenue la réserve des Six Nations de la rivière Grand. D'autres Mohawks se sont retirés vers les communautés existantes près de Montréal ou vers le fort Niagara. La nation mohawk a signé le traité de Canandaigua avec les États-Unis le 11 novembre 1794, lequel a confirmé ses droits fonciers à New York, mais sa présence y est demeurée grandement réduite.

Communautés et population contemporaines

Les Mohawks contemporains vivent dans plusieurs communautés distinctes, souvent à cheval sur des frontières provinciales et internationales. Ces communautés sont des centres de préservation culturelle, d'activisme politique et de développement économique. Kahnawà:ke, située sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent près de Montréal, est une communauté active avec ses propres institutions financières et entreprises. Akwesasne (Saint-Régis) est une communauté unique dont le territoire s'étend de part et d'autre du fleuve Saint-Laurent, englobant des parties du Québec, de l'Ontario et de l'État de New York. Kanesatake, au nord-ouest de Montréal, est un autre établissement mohawk important. En Ontario, les principales communautés incluent la réserve des Six Nations de la rivière Grand, la réserve des Premières Nations la plus peuplée au Canada, et le territoire mohawk de Tyendinaga. D'autres communautés incluent le territoire mohawk de Wahta en Ontario et Ganienkeh dans l'État de New York. La langue mohawk, le kanien’kéha, est activement enseignée et promue, bien que l'anglais soit largement parlé et que le français soit également utilisé par un nombre croissant de personnes au Québec.

  • Akwesasne/Saint-Régis : Territoire au Québec, en Ontario et dans l'État de New York.
  • Kahnawà:ke : Réserve sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, au Québec.
  • Kanesatake : Communauté au nord-ouest de Montréal, au Québec.
  • Six Nations de la rivière Grand : Réserve près de Brantford, en Ontario.
  • Tyendinaga : Réserve sur la baie de Quinte, en Ontario.
  • Territoire mohawk de Wahta : Réserve dans la région de Muskoka, en Ontario.
  • Territoire de Ganienkeh : Établissement dans l'État de New York, fondé en 1974.
  • Kanatsiohareke : Établissement dans l'État de New York, acheté en 1993.
Title: "A Wilde, called Sychnecta, of the Mohawk from North America, seen in Blaauw Jan 1764" Description: A Mohawk Indian that could be see
Photo: Smit, A. (etser), Barbiers, Pieter (1717-1780) / Wikimedia Commons (Public domain)

Activisme politique et droits fonciers

Un moment clé fut la formation de la Société des guerriers mohawks (Rotisken’rakéhte) à Kahnawà:ke en 1971, qui emploie des tactiques comme des barrages routiers et des occupations pour protéger les droits autochtones et l’environnement. En 1974, des Mohawks de Kahnawà:ke et d’Akwesasne ont occupé un camp pour filles abandonné à Moss Lake, dans l’État de New York, ce qui a finalement mené à la création du territoire de Ganienkeh. La crise d’Oka en 1990 fut un important conflit foncier et une confrontation impliquant des manifestants mohawks à Kanesatake, la Sûreté du Québec et l’Armée canadienne. En 2006, une occupation similaire a eu lieu sur un chantier de construction à Caledonia, en Ontario, connue sous le nom de conflit des Douglas Creek Estates. Les nations mohawks ont constamment rejeté les politiques fédérales qu’elles jugent menaçantes pour leur souveraineté. Elles continuent d’exercer leur intendance sur des terres au-delà des limites des réserves. Au début du 21e siècle, des causes judiciaires liées au jeu et à des revendications territoriales dans l’État de New York étaient en instance.

Les travailleurs du fer mohawks et la vie économique

À partir de la fin du 19e siècle, de nombreux hommes mohawks sont devenus réputés pour leur compétence et leur intrépidité en tant que monteurs de charpentes métalliques. Cette spécialisation a des racines profondes, les Mohawks ayant d'abord travaillé comme draveurs et pagayeurs sur les rapides de Lachine près de Montréal. Leur réputation s'est accrue, et au début et au milieu du 20e siècle, des équipes de monteurs mohawks de Kahnawà:ke, d'Akwesasne et d'autres réserves ont joué un rôle déterminant dans la construction des ponts et des gratte-ciel de New York, notamment l'Empire State Building et le pont George-Washington. Ils étaient célèbres sous le nom de « skywalkers ». Ce métier spécialisé est devenu une tradition transmise dans les familles, offrant des opportunités économiques et forgeant une identité communautaire distincte liée à la compétence, au courage et au travail collectif. Bien que l'ère des grands contrats de main-d'œuvre spécialisée ait décliné dans les années 1970, les monteurs mohawks continuent de contribuer à d'importants projets de construction partout en Amérique du Nord. Environ 200 monteurs mohawks ont participé à la reconstruction du One World Trade Center après les attentats du 11 septembre 2001.

Culture et vie contemporaine

La culture mohawk demeure résiliente, ancrée dans les enseignements de la Grande Loi de la Paix, le système clanique et la Confédération haudenosaunee. La langue mohawk est un pilier essentiel de l’identité, et des programmes de revitalisation sont actifs dans les écoles et les communautés. Les danses et les chants sociaux sont considérés comme des dons sacrés, utilisés pour célébrer les moments clés et renforcer l’unité communautaire. La valeur traditionnelle de la paix reste fondamentale dans la vision du monde de la nation. Sur le plan économique, les communautés se sont diversifiées. Kahnawà:ke, par exemple, accueille une variété d’entreprises privées et possède sa propre institution financière. Politiquement, de nombreuses communautés mohawks maintiennent des systèmes de gouvernance parallèles, fonctionnant à la fois sous leur gouvernance traditionnelle de la Longhouse et sous les structures de conseil de bande imposées par le gouvernement fédéral. Elles négocient activement avec les gouvernements provinciaux et fédéral sur les questions de juridiction, de gestion des ressources et de droits issus de traités. Le Conseil de la Nation mohawk est composé de neuf Rotiyanehson, trois de chacun des trois clans, les chefs du Clan de l’Ours servant de Gardiens du Feu.

Questions sur Mohawk people

Que signifie « Kanien'kehá:ka » ?

Kanien'kehá:ka est le nom que se donnent les Mohawks dans leur propre langue. Cela se traduit par « Peuple du lieu du silex ». Le nom « Mohawk » leur a été attribué par d'autres groupes, dérivé d'un terme algonquien signifiant approximativement « ils mangent des choses vivantes ».

Quel était le rôle des Mohawks au sein de la Confédération haudenosaunee ?

En tant que membre le plus à l'est des cinq nations fondatrices de la Confédération haudenosaunee, les Mohawks sont connus comme les Gardiens de la Porte de l'Est. Leur rôle consistait à être le premier point de contact pour la confédération depuis l'est et à protéger les approches orientales de leur territoire collectif.

Pourquoi les Mohawks sont-ils célèbres comme monteurs de charpentes métalliques ?

Les Mohawks ont acquis leur renommée comme monteurs de charpentes métalliques à partir de la fin du 19e siècle, notamment depuis la communauté de Kahnawà:ke. Ils ont développé une réputation pour leur habileté, leur agilité et leur intrépidité à travailler sur les hautes structures d'acier. Cette spécialisation a débuté avec la construction de ponts près de leurs réserves et s'est étendue à des projets majeurs à New York. Environ 10 % de tous les monteurs de charpentes métalliques de la région de New York sont des Mohawks.

Où vivent la plupart des Mohawks aujourd'hui ?

La plupart des Mohawks vivent aujourd'hui dans des communautés du nord de l'État de New York et du sud-est du Canada, principalement autour du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent. Les communautés mohawks modernes incluent Akwesasne, Tyendinaga, Kahnawà:ke, Kanesatake, Wahta et Six Nations de la rivière Grand. De nombreux Mohawks vivent également en milieu urbain.

Qu'était la crise d'Oka ?

La crise d'Oka était un important conflit territorial et une confrontation en 1990 impliquant des manifestants mohawks à Kanesatake, la Sûreté du Québec et l'Armée canadienne. Elle a commencé lorsque la ville d'Oka, au Québec, a prévu d'agrandir un terrain de golf sur un cimetière mohawk. La crise a attiré l'attention internationale sur les revendications territoriales autochtones au Canada.

Qui était sainte Kateri Tekakwitha ?

Sainte Kateri Tekakwitha était une femme mohawk née à la fin des années 1650 à Ossernenon, dans l'actuel État de New York. Après la mort de ses parents de la variole, elle a déménagé avec des proches à Caughnawaga. Elle s'est convertie au catholicisme romain et était connue pour sa foi profonde. Elle a été canonisée en octobre 2012, devenant la première sainte catholique autochtone d'Amérique du Nord.

Sources et lectures complémentaires

Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-18.

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