Maskwacis
Maskwacis est une communauté non constituée du centre de l'Alberta, au Canada, située à environ 70 kilomètres au sud d'Edmonton, à l'intersection des autoroutes 2A et 611. Le nom de cette communauté, qui signifie « collines des ours » en cri, était Hobbema jusqu'à son changement officiel le 1er janvier 2014, afin de retrouver son nom autochtone d'origine. Maskwacis est le pôle central de cinq réserves appartenant à quatre Premières Nations cries, la nation crie d'Ermineskin, la nation crie Samson, la tribu Louis Bull et la Première Nation Montana, collectivement connues sous le nom des Quatre Nations de Maskwacis, toutes signataires du Traité no 6. C'est un centre important pour la culture, l'éducation et la gouvernance cries, abritant des institutions comme le Maskwacis Cultural College et le Maskwacis Cree Tribal Council.
Histoire et changement de nom
La région maintenant connue sous le nom de Maskwacis s'est appelée « Bear Hills » (Collines des ours) depuis des temps immémoriaux, un nom enregistré par le père Constantine Scollen lorsqu'il a tenté d'y rétablir une mission catholique à la fin de 1884 et en 1885. Le nom Hobbema a été imposé lors de la construction du chemin de fer Calgary and Edmonton en 1891, lorsqu'une gare a été nommée d'après le peintre néerlandais Meindert Hobbema. Cela a créé une anomalie, car les communautés environnantes conservaient des noms autochtones comme Ponoka, Wetaskiwin et Menaik, tandis que le pôle central portait un nom européen. Un effort concerté des membres de la communauté et des dirigeants a abouti à la restauration officielle du nom cri d'origine, Maskwacis, le 1er janvier 2014. L'histoire de la région est également marquée par l'influence du chef Bobtail et du père Scollen, qui ont réussi à persuader de jeunes hommes de ne pas se joindre à la Rébellion du Nord-Ouest en 1885.

Géographie et gouvernance
Maskwacis n'est pas une seule municipalité constituée, mais une communauté à cheval sur plusieurs juridictions. Elle est située à la frontière de la réserve d'Ermineskin 138, de la réserve Samson 137 et du comté de Ponoka. La partie nord se trouve dans la réserve d'Ermineskin 138, à l'ouest de la route 2A, tandis que la partie sud est sur la réserve Samson 137, à l'est de la route 2A. Un hameau situé dans le comté de Ponoka constitue la portion restante à l'ouest de la route, au sud des terres d'Ermineskin. Sur le plan administratif, la partie d'Ermineskin relève de la division de recensement no 11, tandis que les parties de Samson et du comté de Ponoka se trouvent dans la division de recensement no 8. La communauté sert de point central pour cinq réserves appartenant à quatre Premières Nations cries distinctes, collectivement appelées les Quatre Nations de Maskwacis. Ces nations sont :
- Nation crie d'Ermineskin (Réserve no 138)
- Nation crie Samson (Réserves no 137 et no 137A)
- Tribu Louis Bull (Réserve no 138B)
- Première Nation Montana (Réserve no 139)
Les quatre nations sont signataires du Traité no 6. Le Maskwacis Cree Tribal Council représente ces nations. Le mandat du conseil est de soutenir les nations souveraines dans la défense des droits issus des traités et des droits autochtones. Il travaille à co-développer des programmes et services spécifiques pour ses nations membres.
Démographie
En tant que localité désignée, la zone spécifique du hameau de Maskwacis a enregistré une population de 64 habitants lors du Recensement de la population de 2021, vivant dans 14 de ses 15 logements privés. Cela représente une augmentation de 6,7 % par rapport aux 60 personnes recensées en 2016. La superficie des terres était de 0,25 kilomètre carré, ce qui donne une densité de population de 256,0 personnes par kilomètre carré. Lors du recensement de 2016, la superficie des terres était de 0,27 kilomètre carré avec une densité de 226,2 personnes par kilomètre carré. Ces chiffres concernent uniquement la localité désignée dans le comté de Ponoka et ne reflètent pas les populations beaucoup plus importantes vivant dans les réserves des Premières Nations adjacentes. La population totale des cinq réserves desservies par Maskwacis était de 7 663 personnes selon le recensement de 2016, ce qui indique que la communauté est un pôle de services pour une population autochtone régionale nettement plus large. Le profil démographique est majoritairement cri, avec des liens culturels et familiaux profonds entre les Quatre Nations.
Éducation et institutions culturelles
Maskwacis est un centre important pour l'éducation autochtone et la préservation culturelle. L'institution principale est le Maskwacis Cultural College, qui a déménagé sur un site de la nation crie Samson. Le collège offre une éducation postsecondaire ancrée dans les savoirs et les perspectives cries. Sa mission comprend l'enseignement de l'histoire entre les peuples autochtones et non autochtones, de l'héritage des pensionnats autochtones et des intersections entre les droits issus des traités, les droits constitutionnels et les droits de la personne au Canada. La communauté abrite également CHOB-TV. L'éducation primaire et secondaire pour les Quatre Nations est supervisée par la Maskwacis Education Schools Commission, qui gère 11 écoles dans les communautés d'Ermineskin, Samson, Louis Bull, Montana et Ma-Me-O. La division scolaire régionale de Wetaskiwin No 11 exploite des écoles publiques desservant la région, dont la Pigeon Lake Regional School. La communauté a autrefois abrité l'Ermineskin Indian Residential School, une partie douloureuse de son histoire qui informe son travail actuel en éducation et en réconciliation. Sur le plan culturel, la communauté accueille un pow-wow annuel et a vu naître les groupes pionniers de hip-hop des Premières Nations War Party et Team Rezofficial.
Vie communautaire et services
La vie communautaire à Maskwacis est soutenue par plusieurs institutions et initiatives clés axées sur la santé, la justice et la jeunesse. Le centre Pê Sâkâstêw, un établissement fédéral à sécurité minimale, opère dans la communauté en s'appuyant sur des processus de guérison autochtones. Pour relever les défis liés à la criminalité et aux gangs, des programmes communautaires comme le Hobbema Cadet Corps ont été établis pour engager des enfants dès l'âge de huit ans. La journaliste primée Briar Stewart a documenté les expériences de cadets de Maskwacis dans son documentaire Journey to Jamaica. La communauté dispose d'un centre d'emploi et d'un conseil de santé pour répondre aux besoins locaux. Le Maskwacis Cree Tribal Council s'engage à bâtir un avenir solide guidé par la loi naturelle, en mettant l'accent sur des nations en santé, des familles connectées à leur culture et l'entraide mutuelle. Les événements communautaires, comme le Maskwacis Talent Show et les initiatives Rock the Vote en 2026, mettent en lumière l'engagement local et l'expression culturelle. La communauté organise également des événements pour la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, avec des danseurs et des groupes de tambour autochtones, des vendeurs et des opportunités d'apprentissage et de réflexion.
Résidents notables et impact culturel
Maskwacis a été le foyer de nombreuses personnes ayant apporté des contributions significatives dans divers domaines. L'influence de la communauté s'étend à la littérature, la musique, le sport et le service public. Parmi les résidents notables, on compte le Dr Wilton Littlechild (né en 1944), avocat, ancien chef cri, grand chef de la Confédération des traités no 6 et ancien député, qui est un défenseur éminent des droits autochtones. Henry Norwest (vers 1881 à 1918) était un tireur d'élite métis distingué ayant servi avec le Corps expéditionnaire canadien pendant la Première Guerre mondiale, réputé pour son habileté. Shane Yellowbird (1979 à 2022) était un chanteur et auteur-compositeur de musique country acclamé, connu pour son yodel et ses succès dans les palmarès. Ted Hodgson (né en 1945) est un ancien attaquant professionnel de hockey sur glace qui a joué dans l'Association mondiale de hockey. Willie Nepoose (mort vers 1997-1998) était un homme injustement reconnu coupable de meurtre au deuxième degré en 1987, dont l'affaire a mis en lumière des problèmes dans le système de justice. La communauté a également été le cadre d'une série de nouvelles de l'auteur W. P. Kinsella, dont des recueils comme Dance Me Outside, The Fencepost Chronicles, Brother Frank's Gospel Hour et The Secret of the Northern Lights. Ces histoires, situées à Hobbema, ont été controversées pour leur appropriation de la voix autochtone et leur utilisation de stéréotypes. Dans le sport, la communauté abritait autrefois l'équipe de hockey junior A des Hobbema Hawks.
Les Quatre Nations et les relations issues des traités
L'identité et la gouvernance de Maskwacis sont intrinsèquement liées aux Quatre Nations cries qui l'entourent. Chaque nation est une entité souveraine avec sa propre direction et administration, mais elles collaborent étroitement par l'intermédiaire du Maskwacis Cree Tribal Council. Les engagements déclarés du conseil incluent la construction d'un avenir solide guidé par la loi naturelle, le soutien aux nations souveraines pour défendre les droits issus des traités et les droits autochtones, et la responsabilité envers ses nations membres. Un principe fondamental pour la communauté est le concept de Wahkohtowin (parenté) et Sakihitowin (amour), qui met l'accent sur le soutien mutuel. Les nations s'engagent activement dans les processus politiques, comme en témoignent des événements comme la séance d'information sur le référendum albertain de 2026 tenue à Maskwacis, visant à établir des liens avec les électeurs des Premières Nations. Des aînés de Maskwacis ont lancé des appels publics pour que les électeurs des Premières Nations participent aux référendums, soulignant l'importance de l'engagement civique pour façonner leur avenir. La ville voisine de Wetaskiwin, dont le nom cri wi taskî win signifie avoir de bonnes relations, est souvent citée par des dirigeants comme le Dr Wilton Littlechild comme un exemple vivant de l'objectif de réconciliation, qu'il nomme ReconciliAction pour lier le concept à des mesures tangibles.
Maskwacis : questions fréquentes
Quelles Premières Nations font partie de Maskwacis ?
Maskwacis sert de pôle pour quatre Premières Nations cries, collectivement connues sous le nom des Quatre Nations de Maskwacis. Ce sont la nation crie d'Ermineskin, la nation crie Samson, la tribu Louis Bull et la Première Nation Montana. Ensemble, elles gouvernent cinq réserves : Ermineskin 138, Samson 137, Samson 137A, Louis Bull 138B et Montana 139. Toutes sont signataires du Traité no 6.
Qui sont des personnes notables de Maskwacis ?
Parmi les personnes notables de Maskwacis, on compte le Dr Wilton Littlechild, avocat, ancien chef et grand chef du Traité no 6. Henry Norwest, un tireur d'élite très décoré de la Première Guerre mondiale. Le chanteur de musique country Shane Yellowbird. Et l'ancien joueur de hockey professionnel Ted Hodgson. L'auteur W. P. Kinsella a écrit des nouvelles situées dans la communauté, et les groupes pionniers de hip-hop des Premières Nations War Party et Team Rezofficial y sont originaires.
Où se trouve Maskwacis ?
Maskwacis est une communauté non constituée du centre de l'Alberta, au Canada, à l'intersection de la route 2A et de la route 611, à environ 70 kilomètres au sud d'Edmonton. Elle comprend des parties de deux réserves de Premières Nations cries, Ermineskin 138 au nord et Samson 137 au sud, ainsi qu'un hameau adjacent dans le comté de Ponoka. La communauté dessert également trois autres réserves voisines : Samson 137A, Louis Bull 138B et Montana 139. Géographiquement, elle chevauche les limites de ces réserves et du comté, avec des parties dans la division de recensement no 11 et no 8.
Pourquoi Hobbema a-t-il été renommé Maskwacis ?
La communauté a été renommée de Hobbema à Maskwacis le 1er janvier 2014 pour restaurer son nom cri d'origine. Le nom Hobbema est apparu en 1891 lorsqu'une gare ferroviaire a été nommée d'après le peintre néerlandais Meindert Hobbema pendant la construction du chemin de fer Calgary and Edmonton. Cela a créé une incohérence, car toutes les communautés voisines avaient des noms d'origine autochtone comme Ponoka, Menaik et Wetaskiwin. Le changement de nom officiel a corrigé cette anomalie historique et a réaffirmé l'identité autochtone de la communauté.
Qu'est-ce que le Maskwacis Cultural College ?
Le Maskwacis Cultural College est un établissement d'enseignement postsecondaire qui a déménagé sur la nation crie Samson. Il offre une éducation axée sur la culture et l'histoire cries, ainsi que sur la relation entre les peuples autochtones et non autochtones. Le collège explore des sujets tels que l'héritage des pensionnats autochtones, les droits issus des traités et les contributions des Autochtones au Canada. La communauté abrite également CHOB-TV. L'institution vise à inspirer des vies épanouies et à maintenir son rôle de leader en éducation culturelle.
Qu'est-ce que le centre Pê Sâkâstêw ?
Le centre Pê Sâkâstêw est un établissement fédéral à sécurité minimale situé à Maskwacis. Il fonctionne sur la base de processus de guérison autochtones plutôt que sur des modèles correctionnels punitifs traditionnels. Le centre fait partie d'une approche visant à intégrer les pratiques culturelles autochtones dans le système de justice et de réadaptation. Il représente une initiative axée sur la communauté dans le contexte plus large de Maskwacis, qui a également établi des programmes comme le Hobbema Cadet Corps pour relever les défis locaux.
Sources et lectures complémentaires
- Maskwacis (Wikipédia, en anglais)
- Maskwacis Cree Tribal Council (mctc.ca)
- Maskwacis Cultural College (mccedu.ca)
Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-11-01.




