Navanethem Pillay remporte le prix Nobel de la paix pour son travail en droit international
La juge née en Afrique du Sud a été reconnue pour ses efforts visant à promouvoir la paix et le droit international.
OSLO — Navanethem Pillay, ancienne cheffe des droits de l'homme des Nations Unies et juge à la Cour internationale de justice, a remporté le prix Nobel de la paix à Oslo, vendredi.
Jørgen Watne Frydnes, président du comité norvégien du Nobel, a qualifié Pillay, née en Afrique du Sud et âgée de 85 ans, de « l'une des grandes défenseures des principes juridiques internationaux de notre époque ».
« Son engagement envers la justice et la dignité humaine est une source d'espoir et d'inspiration pour tous ceux qui cherchent à bâtir un monde plus pacifique », a déclaré M. Frydnes.
À LIRE AUSSI : Sass Jordan, la chanteuse de rock montréalaise lauréate d'un Juno, s'éteint à 63 ans
À LIRE AUSSI : La Banque du Canada pourrait hausser les taux d'intérêt la semaine prochaine pour la première fois en trois ans
Le comité a affirmé qu'un fil conducteur relie ses premiers travaux de défense de Nelson Mandela et d'autres victimes de l'apartheid à son service en tant que juge dans des causes internationales clés.
Pillay a reçu la nouvelle alors qu'elle assistait à une session du Forum de Nuremberg en Allemagne.
« Premièrement, en ce lieu, vos applaudissements signifient beaucoup pour moi », a-t-elle dit, en référence au site des procès des criminels de guerre nazis qui ont contribué à jeter les bases du droit international.
« Étant juge et avocate, je veux quand même vérifier », a déclaré Pillay au sujet de cet honneur, exprimant sa gratitude d'être avec des collègues qui soutiennent les droits de la personne.
Le prix survient à un moment de « défis existentiels » pour le droit international, a indiqué le comité.
« Nous observons un glissement vers la politique de puissance au détriment des cadres juridiques et du respect mondial pour le droit et la justice », a déclaré M. Frydnes.
Le comité a dit vouloir rappeler que la capacité de résoudre les conflits sans violence dépend de l'État de droit international.
Pillay fait partie des juges de la CIJ qui entendent une cause concernant le traitement de la minorité ethnique rohingya par le Myanmar et la question de savoir si cela constitue un génocide.
Elle était également présidente de la Commission d'enquête des Nations Unies sur le territoire palestinien occupé, qui a conclu l'an dernier qu'Israël avait commis un génocide à Gaza.
Pillay a qualifié les actions d'Israël à Gaza d'« outrage moral et d'urgence juridique ». Israël a rejeté le rapport en le qualifiant de « scandaleux ».
Évoquant vendredi la réaction à ce rapport, Pillay a déclaré : « On interprète la loi, on examine tous les faits, afin que la prise de décision soit impartiale. »
Sa victoire ramène l'attention sur la querelle persistante du président américain Donald Trump avec la Cour pénale internationale.
Dans un discours devant l'Assemblée générale des Nations Unies le mois dernier, M. Trump a qualifié la cour d'« institution hors de contrôle » et de « tribunal anti-américain ».
L'Institut Nobel a déclaré que Pillay avait joué un rôle déterminant pour garantir que les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le génocide soient poursuivis.
« Son indépendance, son expertise et sa fermeté ont fait d'elle l'une des juristes internationales les plus respectées de notre temps », a indiqué l'institut.
Pillay est née à Durban de parents d'origine tamoule indienne. En 1967, elle est devenue la première femme à ouvrir un cabinet d'avocats au Natal et la première femme non blanche à siéger à la Haute Cour d'Afrique du Sud.
Elle a également siégé au Tribunal pénal international pour le Rwanda et à la Cour pénale internationale.
Le prix de la paix est le cinquième Nobel décerné cette semaine, après ceux de littérature, de chimie, de physique et de médecine. Le prix d'économie sera remis lundi.
La cheffe de l'opposition vénézuélienne Maria Corina Machado avait remporté le prix de la paix en 2025.
« Je pourrais partager ce prix avec Trump », a plaisanté Pillay auprès des journalistes vendredi, en référence au fait que Mme Machado avait donné sa médaille Nobel à M. Trump à la Maison-Blanche au début de cette année.
Le prix Nobel de la paix, d'une valeur d'environ 1,7 million de dollars canadiens, doit être remis à Oslo le 10 décembre.
Avec des informations de The Globe and Mail, CBC News et CityNews