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vendredi 23 octobre 2026 Actualités et politique nationales
Carney à l'Assemblée générale de l'ONU dans un contexte de tensions mondiales et de menaces commerciales de Trump
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Carney à l'Assemblée générale de l'ONU dans un contexte de tensions mondiales et de menaces commerciales de Trump

Le premier ministre Mark Carney mènera une diplomatie à haut risque à l'Assemblée générale de l'ONU tout en gérant l'escalade de la guerre commerciale de Trump et les réactions contre les liens Canada-UE.

ML

Le premier ministre Mark Carney arrivera à New York la semaine prochaine pour la 81e Assemblée générale des Nations Unies, où les tensions géopolitiques, les conflits commerciaux avec les États-Unis et les efforts de réforme de l'ONU domineront les discussions. La participation du dirigeant canadien survient à un moment critique pour la coopération internationale, le système multilatéral faisant face à des défis sans précédent en raison des dynamiques de pouvoir changeantes et des mouvements nationalistes à travers le monde. Bien qu'il ne soit pas prévu qu'il prononce un discours formel, le premier ministre compte participer à des réunions diplomatiques clés et à des initiatives multilatérales pendant le sommet de trois jours, du 23 au 25 septembre, représentant l'engagement continu du Canada envers l'engagement mondial malgré la montée des tendances isolationnistes.

Priorités diplomatiques à l'ONU

L'agenda de M. Carney comprend le co-hébergement d'un événement de haut niveau avec la France et le Royaume-Uni pour faire avancer la solution à deux États pour Israël et la Palestine. Cela fait suite à la reconnaissance conjointe de l'État palestinien par les trois nations l'année dernière, un geste qui a marqué un changement significatif dans la politique occidentale envers le conflit. Des hauts fonctionnaires décrivent cette rencontre comme une occasion de démontrer un soutien continu au cadre tout en évaluant les progrès de sa mise en œuvre et en abordant les récents développements dans la région.

La visite survient quelques semaines après que le Canada s'est joint aux nations européennes pour interdire les importations provenant des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, s'alignant sur le droit international qui considère ces territoires comme illégalement occupés. Ce changement de politique a suscité de vives critiques du Centre consultatif des relations juives et israéliennes, qui a qualifié l'approche du Canada de « dangereux deux poids, deux mesures ». L'organisation soutient que l'ONU cible injustement Israël tout en ignorant les violations des droits de la personne par d'autres nations, pointant ce qu'elle perçoit comme un biais systémique au sein de l'organisme international.

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Partenariats multilatéraux sous pression

M. Carney participera à deux événements de partenariat significatifs qui soulignent les priorités stratégiques du Canada sur la scène mondiale. Il se joindra à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour la réunion de l'Alliance internationale OceanEye, axée sur l'investissement durable dans les océans et le partage de données. Cette initiative reflète les préoccupations croissantes concernant la préservation des écosystèmes marins et le potentiel économique d'une gestion responsable des ressources océaniques.

Le premier ministre animera également une table ronde avec le président du Conseil européen, António Costa, et le président kényan, William Ruto, pour renforcer la coopération multilatérale, en se concentrant particulièrement sur les défis du développement et les questions de sécurité affectant à la fois l'Afrique et les nations occidentales. Ces engagements surviennent alors que l'ONU entreprend d'importants efforts de réforme au milieu d'une instabilité financière causée par le gel du financement américain et de questions plus larges sur l'efficacité de l'organisation à relever les défis mondiaux contemporains.

Les relations Canada-UE suscitent la colère de Trump

Des récentes avances entre le Canada et l'Union européenne ont accru les tensions avec Washington, créant un paysage diplomatique complexe pour M. Carney. Mme von der Leyen a récemment proposé que le Canada devienne le premier « membre associé » de l'UE, un concept qui formaliserait les liens économiques et politiques déjà étroits entre les deux partenaires. Ce rapprochement potentiel a suscité de vives critiques de la part de l'administration Trump, le président américain qualifiant l'idée d'« acte potentiellement hostile » et menaçant d'imposer des tarifs supplémentaires sur les produits européens en réponse.

Les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis continuent de se détériorer après l'effondrement des négociations le mois dernier, Trump imposant des tarifs de 50 % sur divers produits canadiens et prévoyant d'interdire certaines importations plus tard ce mois-ci. Dans un geste symbolique soulignant les tensions, le président a signé un décret renommant le lac Ontario en « lac America », tandis qu'une nouvelle note de service ordonne aux agences fédérales américaines d'éliminer les produits canadiens des achats gouvernementaux. Ces actions représentent le conflit commercial le plus important entre les deux voisins depuis des décennies, menaçant les chaînes d'approvisionnement et l'intégration économique qui se sont développées au fil des générations.

Défis de la réforme de l'ONU

L'Assemblée générale se réunit alors que les Nations Unies font face à des questions existentielles sur leur rôle et leur structure. L'administration Trump s'est retirée de plusieurs agences de l'ONU, dont l'OMS et l'UNESCO, tout en exigeant des changements structurels à l'organisme international. Ce retrait a créé une instabilité financière pour l'organisation et soulevé des questions sur sa capacité à relever les défis mondiaux sans la pleine participation des États-Unis. Le processus de sélection du prochain secrétaire général de l'ONU ajoute une autre couche de complexité au rassemblement de cette année, les États membres étant divisés sur l'orientation future de l'institution.

Les fonctionnaires canadiens soulignent que M. Carney travaillera avec des partenaires pour aider à bâtir une ONU plus efficace, mieux équipée pour remplir ses priorités fondamentales de paix et de sécurité, de développement et de droits de la personne. Cela s'aligne sur le rôle historique du Canada en tant que bâtisseur de ponts au sein de la communauté internationale, bien que l'environnement polarisé actuel présente des défis sans précédent pour cette approche traditionnelle.

Aucune rencontre prévue avec les États-Unis

Des fonctionnaires canadiens confirment qu'aucune rencontre n'est prévue entre M. Carney et M. Trump ou d'autres membres de l'administration américaine pendant l'Assemblée générale, bien que les dirigeants pourraient se croiser lors de l'événement de grande envergure. L'absence de discussions bilatérales planifiées reflète la relation tendue entre les deux gouvernements, contrastant avec la coordination traditionnellement étroite entre les dirigeants canadiens et américains lors de tels forums internationaux. La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, prononcera le discours formel du Canada devant l'assemblée, exposant les positions du pays sur les enjeux mondiaux clés.

Le premier ministre a présenté sa participation comme faisant partie de la stratégie plus large du Canada pour façonner l'ordre international en évolution. « À un moment où l'ordre international est refait, le Canada entend contribuer à le façonner », a déclaré M. Carney. « Nous nous assoirons avec des partenaires anciens et nouveaux, nous défendrons les règles qui protègent notre souveraineté, et nous transformerons la coopération en réelles opportunités pour les travailleurs et les entreprises canadiens. » Cette déclaration souligne la tentative du Canada de se positionner comme un acteur constructif dans un paysage mondial en rapide évolution, même si les alliances traditionnelles sont soumises à des tensions sans précédent.

Implications stratégiques pour le Canada

La visite de M. Carney à l'ONU représente un test critique de la capacité du Canada à naviguer dans un paysage mondial de plus en plus fracturé. Le premier ministre doit équilibrer un engagement multilatéral fondé sur des principes avec les réalités économiques pragmatiques, alors que l'hostilité américaine envers les institutions internationales grandit. Ses efforts pour approfondir les liens avec l'Europe pourraient soit fournir un contrepoids crucial au protectionnisme américain, soit provoquer des représailles supplémentaires de l'administration Trump, nécessitant un calibrage minutieux des messages diplomatiques et des positions politiques.

L'assemblée sert également de plateforme pour le Canada afin de démontrer des positions de politique étrangère indépendantes, notamment concernant la paix au Moyen-Orient, tout en gérant les sensibilités politiques intérieures. Alors que les alliances traditionnelles se tendent sous les pressions géopolitiques, la diplomatie de M. Carney pourrait aider à déterminer si les puissances moyennes comme le Canada peuvent maintenir leur influence par la construction de coalitions plutôt qu'en comptant sur le leadership américain. Les résultats de ces engagements auront des implications durables sur le rôle du Canada dans les affaires mondiales et sa capacité à protéger les intérêts nationaux à une époque de concurrence entre grandes puissances et d'incertitude institutionnelle.