Groupe des sénateurs canadiens
Le Groupe des sénateurs canadiens (GSC) est un groupe parlementaire au Sénat du Canada, fondé en novembre 2019 par des sénateurs cherchant une approche plus indépendante et axée sur les régions dans le travail de la Chambre. Établi comme un caucus non partisan, il fonctionne avec un plafond d'effectifs auto-imposé pour encourager la diversité des points de vue. Ses membres contribuent à l'étude législative, aux travaux des comités et aux débats, visant à offrir une réflexion sereine sous l'angle des enjeux régionaux et de l'indépendance individuelle des sénateurs. Les principes fondateurs du groupe incluent une attention particulière à la représentation régionale et l'évitement des pièges de la pensée unique grâce à sa taille réduite.
Formation et principes fondateurs
Le Groupe des sénateurs canadiens a été officiellement formé le 4 novembre 2019 par une coalition de 11 sénateurs issus de divers horizons. Les membres fondateurs comprenaient huit sénateurs ayant quitté le Groupe des sénateurs indépendants (GSI), deux ayant quitté le caucus sénatorial du Parti conservateur et un sénateur précédemment non affilié. Dans des entrevues, le leader intérimaire Scott Tannas a cité des motivations spécifiques pour la scission, notamment une perception de manque d'indépendance au sein du GSI lors de débats législatifs controversés sur les moratoires sur les pétroliers de la côte ouest et d'autres dossiers énergétiques au printemps 2019. Tannas a également exprimé des craintes que le GSI, avec 58 membres à l'époque, était devenu trop grand, risquant d'étouffer une plus grande diversité de points de vue et d'approches nécessaires à un travail sénatorial efficace. Pour contrer la pensée unique et assurer des délibérations significatives, les membres fondateurs ont convenu d'un principe fondamental : plafonner l'effectif du GSC à un maximum de 25 sénateurs.
Ce choix structurel était conçu pour favoriser une collaboration plus étroite et garantir que tous les membres puissent contribuer activement. La création du groupe a également été présentée comme un effort renouvelé pour se concentrer sur les enjeux régionaux, une mission constitutionnelle fondamentale du Sénat que les fondateurs estimaient pouvoir être mieux servie par un caucus plus petit et plus agile. Parmi ceux ayant rejoint le nouveau groupe se trouvait la sénatrice Elaine McCoy, qui avait précédemment été la première facilitatrice du Groupe des sénateurs indépendants de 2016 à 2017. La fondation du GSC a représenté un moment important dans l'évolution continue de la structure des groupes au Sénat suite aux réformes de 2015 initiées par le premier ministre Justin Trudeau.
Croissance initiale et défection de membres
Le GSC a rapidement attiré des sénateurs supplémentaires après son lancement, démontrant l'attrait de son modèle indépendant. Le 18 novembre 2019, à peine deux semaines après sa formation, les sénateurs Percy Downe et Jean-Guy Dagenais ont rejoint le groupe. Downe, ancien membre du Groupe progressiste du Sénat et du Caucus des libéraux du Sénat, a déclaré qu'il soutenait toujours le Parti libéral mais était attiré par la diversité des points de vue au sein du GSC. Jean-Guy Dagenais, un conservateur, a cité des désaccords avec les positions sociales de l'ancien chef conservateur Andrew Scheer et la faible importance perçue que Scheer accordait au Québec comme raisons de sa défection. Ces ajouts précoces ont souligné le rôle du GSC comme une destination pour les sénateurs désillusionnés par leurs anciens caucus partisans ou cherchant une affiliation parlementaire moins rigide.
D'autres défections vers le GSC sont survenues les années suivantes, souvent liées à une insatisfaction envers la direction des partis. Le 4 février 2022, le sénateur Dennis Patterson a quitté le caucus conservateur pour rejoindre le GSC, citant comme raison finale sa déception que les membres du parti ne condamnent pas les manifestations du Convoi de la liberté. Plus tard cette année-là, le 4 août 2022, le sénateur Larry Smith a également quitté le caucus conservateur pour le GSC, tout en précisant qu'il demeurerait membre du Parti conservateur lui-même. Ces mouvements ont montré le positionnement du GSC comme un groupe où les sénateurs pouvaient maintenir leurs inclinaisons politiques personnelles tout en exerçant une plus grande indépendance dans leurs fonctions parlementaires. Le plafond d'effectifs de 25 membres du groupe signifiait qu'il pouvait accepter sélectivement de nouveaux membres alignés sur son mandat indépendant et axé sur les régions.
Direction et structure interne
Le Groupe des sénateurs canadiens élit son équipe de direction pour des mandats de deux ans, avec des rôles incluant un leader, un leader adjoint, une agente de liaison et une présidente. Le leader fondateur était le sénateur Scott Tannas, qui a servi depuis la création du groupe le 4 novembre 2019. La leader adjointe initiale était Josée Verner, et la première présidente était la sénatrice Robert Black. Le rôle d'agent de liaison, responsable de la coordination interne, a été occupé par le sénateur Percy Downe à partir du 20 novembre 2019. Au fil du temps, ces postes ont connu des changements, avec Dennis Patterson servant comme leader adjoint de mars 2022 à octobre 2023 et Rebecca Patterson servant comme leader adjointe à partir d'octobre 2023.
En janvier 2026, une nouvelle équipe de direction a été élue pour le mandat 2026 à 2028, marquant un changement générationnel pour le groupe. L'honorable Flordeliz (Gigi) Osler a été élue leader, succédant à Scott Tannas. L'honorable Robert Black est passé du poste de présidente à celui de leader adjoint. L'honorable Krista Ross, précédemment agente de liaison adjointe, a été élue agente de liaison, et l'honorable Mary Robinson a été élue présidente. Dans sa déclaration de départ, Tannas a exprimé sa confiance en la nouvelle équipe, soulignant la mission fondatrice du GSC de permettre aux sénateurs de parler, d'agir et de voter indépendamment tout en assurant un examen législatif approfondi. La nouvelle leader Gigi Osler a mis en avant les fondements du caucus sur le respect, le travail d'équipe et un engagement envers un travail constructif et fondé sur des principes au Sénat. Ce changement de direction est intervenu dans le contexte de discussions plus larges sur l'orientation future du Sénat et le rôle des groupes indépendants.
Membres et statut au Sénat
En 2026, le Groupe des sénateurs canadiens détient 15 sièges au Sénat, ce qui en fait le troisième groupe en importance dans la Chambre après le Groupe des sénateurs indépendants (37 sièges) et le Groupe progressiste du Sénat (17 sièges). L'effectif du groupe a fluctué depuis sa fondation, influencé par de nouvelles nominations, des démissions et des changements d'affiliation de sénateurs. Le plafond auto-imposé de 25 membres du GSC demeure une caractéristique déterminante, destinée à préserver son caractère de corps délibératif plus petit. Cela contraste avec le Groupe des sénateurs indépendants plus important, qui comptait 41 membres à la fin de 2026 et a connu des discussions internes sur le fait que sa taille pourrait mener à la fragmentation. Les règles du Sénat exigent un minimum de neuf sénateurs pour former un groupe officiel, ce qui donne accès aux ressources parlementaires et aux sièges aux comités.
La composition du groupe comprend des sénateurs aux parcours professionnels divers, du droit et de la médecine aux affaires et aux politiques publiques, qui partagent un intérêt commun pour un Sénat indépendant et modernisé. Le statut du GSC en tant que groupe reconnu garantit que ses membres peuvent participer pleinement au processus législatif et aux travaux des comités. Les membres se voient attribuer des postes dans divers comités permanents du Sénat en fonction de la taille du groupe et des ententes internes. La taille plus réduite du GSC permet une implication plus directe de chaque sénateur dans les processus décisionnels et les discussions politiques du groupe par rapport aux caucus plus importants.
Le GSC dans un Sénat en mutation
Le Groupe des sénateurs canadiens évolue dans un Sénat qui a subi des réformes importantes depuis 2015, lorsque le premier ministre Justin Trudeau a retiré les sénateurs du caucus national du Parti libéral et a établi le Comité consultatif indépendant sur les nominations au Sénat. Cela a conduit à un afflux de sénateurs ostensiblement indépendants, dont la plupart ont rejoint le Groupe des sénateurs indépendants. La formation du GSC en 2019 a été un signe précoce de diversification au sein de ce nouvel environnement indépendant. Cependant, la structure du Sénat reste en flux, comme en témoignent les rumeurs en 2026 d'un éventuel sixième groupe à former par des sénateurs dont Hassan Yussuff et Rodger Cuzner, que certaines sources ont suggéré pourrait signaler un retour vers un caucus soutenant le gouvernement. Ces rumeurs étaient liées à une lutte de pouvoir perçue au sein du GSI suite à une élection serrée de la facilitatrice entre Lucie Moncion et Hassan Yussuff à la fin de 2025.
Les premières nominations au Sénat du premier ministre Mark Carney en juillet 2026 ont encore modifié la dynamique. Les nominations du député conservateur Richard Martel et du secrétaire principal de M. Carney, Tom Pitfield, aux côtés des experts Rodney Ouellette et Geeta Tucker, ont été accompagnées d'un changement des critères du comité consultatif. Le gouvernement a supprimé l'exigence de non-partisanerie, mettant plutôt l'accent sur l'expertise dans les industries stratégiques et les systèmes de réglementation. Ce changement a rouvert le débat public sur le profil idéal des sénateurs. Un sondage Abacus Data de juillet 2026 a révélé que les Canadiens étaient divisés, 35 % approuvant et 31 % désapprouvant la nomination de personnes ayant un fort passé partisan. Ces développements ont un impact direct sur des groupes comme le GSC, fondé sur des principes d'indépendance, et qui pourrait faire face à une Chambre avec une présence partisane renouvelée. La réponse du groupe à ce paysage changeant mettra à l'épreuve son engagement fondateur envers une approche non partisane et axée sur les régions.
Nominations sénatoriales récentes notables
Les nominations au Sénat du premier ministre Mark Carney en juillet 2026 ont amené quatre nouveaux membres à la Chambre, qui ont prêté serment le 28 septembre 2026. Bien que ces personnes nommées n'aient pas immédiatement rejoint le Groupe des sénateurs canadiens, leurs parcours illustrent l'évolution des critères de sélection pour le Sénat et les types d'expertise qui entrent maintenant dans l'institution. Les nominations incluaient des personnes ayant une expérience politique et professionnelle significative, marquant un écart par rapport aux nominations strictement non partisanes de la décennie précédente. L'inclusion du député en exercice Richard Martel et du conseiller du premier ministre Tom Pitfield a suscité un débat particulier sur la partisanerie et le rôle du Sénat, Carney soutenant qu'une telle expérience pourrait rendre l'institution plus efficace. Les nominations ont été faites suite à un changement des critères du comité consultatif qui a supprimé l'exigence de non-partisanerie.
- Richard Martel : Ancien député conservateur élu à quatre reprises pour Chicoutimi–Le Fjord (2018, 2019, 2021, 2025) et ancien entraîneur de hockey dans la LHJMQ et la LNAH.
- Rodney Ouellette : Médecin, chercheur en cancérologie et fondateur de l'Institut de recherche sur le cancer de l'Atlantique, nommé à l'Ordre du Nouveau-Brunswick en 2025.
- Thomas Pitfield : Entrepreneur, cadre en technologie et fondateur de Data Sciences et de Canada 2020, qui a servi comme secrétaire principal du premier ministre Mark Carney.
- Geeta Tucker : Comptable professionnelle agréée et cadre d'entreprise qui a servi comme présidente et directrice générale de CPA Manitoba de 2019 à 2026.
La réaction du public à ces nominations, mesurée par Abacus Data, a montré que les électeurs libéraux étaient les plus favorables. Les électeurs conservateurs, néo-démocrates et du Bloc Québécois étaient plus sceptiques. Ces nominations ont le potentiel d'influencer l'équilibre et la dynamique entre les groupes parlementaires du Sénat à l'avenir. Si les nouveaux sénateurs rejoignent des groupes existants ou forment un nouveau caucus, cela pourrait modifier l'influence relative du GSC et des autres groupes indépendants dans la Chambre.
Rôle et activités au Sénat
Le Groupe des sénateurs canadiens contribue aux fonctions fondamentales du Sénat que sont l'examen législatif, les travaux d'enquête des comités et la représentation des intérêts régionaux. Les membres du GSC siègent à divers comités permanents du Sénat, où ils examinent la législation gouvernementale, étudient des enjeux de politiques publiques et produisent des rapports. La taille plus petite du groupe et l'absence de whip partisan permettent à ses membres d'aborder ce travail avec un degré d'indépendance, votant selon leur jugement personnel et le mérite de chaque dossier. Cela correspond à l'objectif déclaré du GSC de fournir une réflexion sereine, un principe constitutionnel destiné à assurer un examen attentif de la législation adoptée par la Chambre des communes. L'accent du groupe sur les enjeux régionaux amène souvent ses membres à défendre des projets de loi et des études pertinents pour leurs provinces et territoires.
Le groupe participe également au travail plus large de modernisation du Sénat, plaidant pour des réformes procédurales qui augmentent la transparence et l'efficacité. En tant que groupe parlementaire reconnu, le GSC reçoit des ressources pour soutenir ses opérations et le travail de ses membres. L'équipe de direction, en particulier l'agente de liaison, aide à coordonner les activités du groupe et son approche des travaux parlementaires à venir. En maintenant son plafond d'effectifs, le GSC vise à garantir que tous ses sénateurs puissent participer de manière significative aux débats et aux affectations aux comités, favorisant un environnement collaboratif axé sur un travail politique substantiel plutôt que sur la stratégie partisane. Les activités du GSC font partie de la transformation continue du Sénat en un organe législatif plus indépendant et efficace.
Groupe des sénateurs canadiens : questions fréquentes
Qu'est-ce que le Groupe des sénateurs canadiens ?
Le Groupe des sénateurs canadiens est un groupe parlementaire au Sénat du Canada, fondé le 4 novembre 2019. C'est un caucus non partisan de sénateurs qui fonctionnent indépendamment, sans whip de parti, et se concentrent sur la représentation régionale et l'examen législatif. Le groupe a été créé par des sénateurs qui voulaient une alternative plus petite et plus délibérative au grand Groupe des sénateurs indépendants. En 2026, il détient 15 sièges au Sénat et fonctionne avec un plafond d'effectifs auto-imposé de 25.
Qui est la leader actuelle du Groupe des sénateurs canadiens ?
La leader actuelle du Groupe des sénateurs canadiens est la sénatrice Flordeliz (Gigi) Osler. Elle a été élue leader dans le cadre de la nouvelle équipe de direction du groupe pour le mandat 2026 à 2028, succédant au leader fondateur Scott Tannas. Le leader adjoint pour le même mandat est le sénateur Robert Black, l'agente de liaison est la sénatrice Krista Ross et la présidente est la sénatrice Mary Robinson. Cette équipe gère les affaires internes du groupe et le représente dans les travaux du Sénat.
Pourquoi le Groupe des sénateurs canadiens a-t-il été formé ?
Le groupe a été formé le 4 novembre 2019 par 11 sénateurs pour plusieurs raisons clés. Les membres fondateurs ont cité un manque perçu d'indépendance au sein du grand Groupe des sénateurs indépendants lors des débats sur la législation pétrolière et gazière au printemps 2019. Ils croyaient également que le GSI était devenu trop grand avec 58 membres, entravant la diversité des points de vue. Pour promouvoir un débat authentique et éviter la pensée unique, les fondateurs ont convenu de plafonner l'effectif du GSC à 25. Un recentrage sur les enjeux régionaux, une fonction fondamentale du Sénat, était une autre motivation déclarée pour sa création.
En quoi le GSC diffère-t-il du Groupe des sénateurs indépendants ?
Le Groupe des sénateurs canadiens diffère du Groupe des sénateurs indépendants principalement par sa taille et ses principes fondateurs. Le GSC a un plafond d'effectifs auto-imposé de 25 pour rester petit et agile, tandis que le GSI est beaucoup plus important, avec 41 membres à la fin de 2026. Le GSC a été fondé explicitement par des sénateurs cherchant une alternative au GSI, qu'ils estimaient être devenu trop grand et avoir fait preuve d'un manque d'indépendance sur certains dossiers. Les deux groupes sont non partisans et leurs membres ne sont pas soumis à la discipline de vote, mais l'échelle plus petite du GSC est une différence structurelle déterminante.
Les sénateurs du GSC peuvent-ils être membres d'un parti politique ?
Oui, les sénateurs du Groupe des sénateurs canadiens peuvent maintenir leur appartenance à un parti politique. Le groupe lui-même est non partisan, ce qui signifie qu'il n'impose pas de ligne de parti. Par exemple, le sénateur Larry Smith a rejoint le GSC en août 2022 mais a précisé qu'il demeurait membre du Parti conservateur. De même, le sénateur Percy Downe a rejoint le groupe en 2019 tout en déclarant qu'il soutenait toujours le Parti libéral. Le GSC permet aux sénateurs d'être affiliés à un parti à titre personnel tout en exerçant un jugement indépendant dans leur travail au Sénat.
Comment les nominations récentes au Sénat ont-elles affecté des groupes comme le GSC ?
Les nominations au Sénat du premier ministre Mark Carney en juillet 2026, qui incluaient un député conservateur en exercice et son propre secrétaire principal, ont signalé un changement potentiel dans le processus de nomination. Le gouvernement a supprimé le critère de non-partisanerie du Comité consultatif indépendant sur les nominations au Sénat, mettant plutôt l'accent sur l'expertise. Cela pourrait conduire à un Sénat avec des personnes nommées plus ouvertement partisanes, modifiant potentiellement la dynamique entre les groupes indépendants comme le GSC et tout futur caucus aligné sur le gouvernement. Les rumeurs d'un sixième groupe en formation en 2026 suggèrent également un réalignement continu au sein de la structure des groupes du Sénat.
Sources et lectures complémentaires
- Groupe des sénateurs canadiens (Wikipédia, en anglais)
- New Leadership Team for the Canadian Senators Group (csg.sencanada.ca)
- Sources say senators planning to create sixth group as ... (ipolitics.ca)
Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-30.




