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jeudi 29 octobre 2026 Actualités et politique nationales

Revendications territoriales autochtones au Canada

Les revendications territoriales autochtones au Canada sont des affirmations juridiques par les Premières Nations, les Inuit et les Métis visant à faire reconnaître et respecter par les gouvernements fédéral et provinciaux leurs droits inhérents à la terre et aux ressources. Ces revendications cherchent à corriger les torts historiques, y compris les traités non respectés, la mauvaise gestion des biens et la dépossession des territoires ancestraux. Le règlement de ces revendications est une composante centrale de la réconciliation et du renouvellement des relations entre la Couronne et les Autochtones au Canada. En 2022, le gouvernement fédéral est engagé dans des discussions à plus de 170 tables de négociation à travers le pays, impliquant plus de 500 communautés autochtones et plus d'un million de personnes.

Contexte historique et cadres politiques

L'ère moderne des revendications territoriales autochtones au Canada a débuté en 1973 suite à la décision de la Cour suprême dans l'affaire Calder c. Colombie-Britannique, qui a reconnu pour la première fois l'existence du titre autochtone en droit canadien. En réponse, le gouvernement fédéral a établi la Politique sur les revendications territoriales globales pour traiter les affirmations de titre sur les terres ancestrales où aucun traité n'avait jamais été signé. Cette politique a créé un processus de négociation visant à produire des traités modernes qui échangeraient le titre autochtone contre des droits définis, des terres et une compensation financière. Simultanément, le gouvernement a créé un processus pour les revendications particulières, qui traitent des manquements aux obligations légales liées aux traités historiques, à la Loi sur les Indiens ou à la mauvaise gestion des biens des Premières Nations par la Couronne. Pendant des décennies, ces deux cadres politiques ont défini l'approche gouvernementale, bien qu'ils aient été critiqués pour imposer l'extinction du titre et pour des conflits d'intérêts inhérents, particulièrement dans le processus des revendications particulières où le gouvernement agit à la fois comme défendeur et arbitre.

Transparent inukshuk Canada icon
Photo : Moxy / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Revendications globales et traités modernes

Les revendications globales, souvent appelées aujourd'hui négociations de traités modernes, traitent de l'affirmation du titre autochtone par des groupes autochtones qui n'ont pas signé de traités historiques avec la Couronne. Ces négociations sont complexes et peuvent couvrir un large éventail de questions, y compris la propriété foncière, le partage des revenus des ressources, l'autonomie gouvernementale et les droits culturels. Le premier accord majeur fut la Convention de la Baie James et du Nord québécois signée en 1975 avec les Cris et les Inuit, précipitée par le projet hydroélectrique d'envergure de la Baie James. En 2017, un total de 25 traités modernes avaient été signés à travers le Canada, et ces accords couvrent désormais plus de 40 % de la masse terrestre du Canada. Les traités modernes sont protégés constitutionnellement en vertu de l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, et ils servent d'accords fondateurs qui guident la relation continue entre les signataires autochtones et les gouvernements canadiens. La portée des traités modernes est vaste, impliquant souvent d'importants transferts de terres et des règlements financiers. Les négociations sont menées par les communautés et visent à mettre en œuvre les droits et l'autodétermination autochtones. En Colombie-Britannique, où la plupart des Premières Nations n'ont jamais signé de traités, un processus distinct a évolué. En 2019, la Politique de reconnaissance et de réconciliation des droits pour les négociations de traités en Colombie-Britannique a été élaborée conjointement par le Canada, la Colombie-Britannique et le Sommet des Premières Nations, s'éloignant formellement des anciennes politiques et alignant les négociations sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Plus de 70 groupes autochtones négocient actuellement des traités modernes.

Vidéo : Canada’s Legal Fight Over Indigenous Land (Bloomberg Television, YouTube)

Processus des revendications particulières et réforme

Les revendications particulières sont des griefs juridiques déposés par les Premières Nations contre le gouvernement du Canada pour manquement à ses obligations légales, comme le non-respect des promesses des traités, la prise impropre de terres de réserve ou la mauvaise gestion des fonds et des biens des bandes. Ces revendications n'impliquent pas le titre autochtone mais sont basées sur les responsabilités existantes de la Couronne. Le gouvernement résout généralement les revendications particulières validées en négociant une compensation financière, souvent en échange de l'extinction par la Première Nation de ses droits sur la terre en question. Pendant des décennies, les Premières Nations ont critiqué le processus des revendications particulières pour un conflit d'intérêts fondamental, car le gouvernement fédéral est le défendeur, finance la recherche et décide unilatéralement d'accepter ou non une revendication. La revendication d'un processus indépendant est une priorité de longue date. En 2020, l'Assemblée des Premières Nations a adopté une résolution appelant à l'élaboration conjointe d'un processus entièrement indépendant pour les revendications particulières, conforme à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. En 2022, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada a reçu un mandat fédéral pour co-élaborer un centre indépendant de règlement des revendications particulières avec l'APN. Ce travail en cours vise à retirer le gouvernement de son rôle de juge et de partie aux revendications.

Première NationType de revendicationDate de soumissionStatut (en 2023/2024)
Première Nation d'AttawapiskatDroit foncier issu de traité6 juin 2023En évaluation par l'Ontario
Première Nation de BeaverhouseTerre de réserve5 juillet 2018Évaluation en cours
Première Nation de Henvey InletLimite15 juillet 2021En révision par l'Ontario
Première Nation de MagnetawanLimite28 juin 2022En évaluation par l'Ontario
Mohawks of the Bay of QuinteTerre de réserve12 mars 2020En révision par l'Ontario

Ajouts aux réserves et arriérés fonciers

La politique et le processus d'Ajouts aux réserves permettent aux Premières Nations d'ajouter de nouvelles terres à leur base de réserve existante pour répondre aux besoins communautaires en matière de logement, de développement économique et de pratiques culturelles. Ce processus est essentiel pour soutenir les populations croissantes et l'autodétermination. Cependant, le processus d'ATR existant est largement considéré comme défectueux, les ajouts simples prenant souvent des années et les propositions complexes prenant des décennies pour obtenir l'approbation fédérale. En 2022, il y avait plus de 1 300 demandes d'ATR en attente d'une action gouvernementale. Ces retards privent les Premières Nations d'opportunités économiques et rendent la planification communautaire à long terme extrêmement difficile. Les problèmes qui affligent le processus incluent des négociations prolongées avec des tiers comme les municipalités, de longues évaluations environnementales et un manque de financement et de personnel fédéral dédié. La réforme de la politique d'ATR est une priorité nationale clé pour les dirigeants des Premières Nations. L'Assemblée des Premières Nations a de nombreux mandats de résolution appelant au changement, et le document Chemin de la guérison de la chef nationale RoseAnne Archibald identifie la réforme de l'ATR comme essentielle. Le gouvernement fédéral a reconnu le problème, la lettre de mandat de 2021 du ministre des Relations Couronne-Autochtones priorisant la réforme de l'ATR et le budget fédéral de 2021 engageant 43 millions de dollars sur trois ans pour soutenir la réforme et s'attaquer à l'arriéré. L'objectif de la réforme est de créer un processus conforme à la Déclaration des Nations Unies qui permette aux Premières Nations d'ajouter des terres aux réserves rapidement et efficacement, débloquant ainsi des opportunités de croissance et de développement communautaire.

Négociations contemporaines et approches fondées sur les droits

Depuis 2015, le gouvernement fédéral s'éloigne de plus en plus des cadres rigides des anciennes politiques sur les revendications territoriales globales et le droit inhérent. À leur place, le Canada s'engage avec ses partenaires autochtones dans des tables de discussion sur la Reconnaissance des droits des Autochtones et l'autodétermination. Ces négociations sont conçues pour être plus flexibles et réactives aux priorités uniques de chaque groupe autochtone, co-élaborant des accords qui font progresser la mise en œuvre des droits de l'article 35 sans exiger l'extinction du titre autochtone. Les discussions peuvent couvrir un large éventail de sujets, y compris la gouvernance, la juridiction, les terres et les ressources, et les relations fiscales. Ce changement représente une tentative de démanteler un héritage colonial et de construire des relations renouvelées basées sur le partenariat et la reconnaissance des droits. L'ampleur de cet effort de négociation contemporain est significative. Le gouvernement est engagé dans des discussions à plus de 170 tables à travers le Canada, représentant plus de 500 communautés autochtones et plus d'un million de personnes. Un exemple marquant de cette nouvelle approche est les négociations des Algonquins de l'Ontario, le seul processus de traité moderne actuellement en cours en Ontario. Leur revendication couvre un territoire de 36 000 kilomètres carrés dans l'est de l'Ontario, une région avec une population non autochtone d'environ 1,5 million de personnes. Après avoir signé une entente de principe en 2016, les parties sont maintenant à l'étape finale des négociations du traité, qui pourrait aboutir au premier traité moderne et protégé constitutionnellement de l'Ontario. Ce cas met en lumière à la fois le potentiel et la complexité du règlement des revendications territoriales dans les régions densément peuplées du Canada.

Perspectives des partis politiques

Différents partis politiques canadiens ont proposé des approches variées des revendications territoriales autochtones, reflétant des différences idéologiques plus larges. Le Parti libéral du Canada s'est concentré sur les accords d'autonomie gouvernementale, les négociations bilatérales et les outils législatifs comme la Loi sur la gestion des terres des premières nations comme méthodes permettant aux communautés de réacquérir des terres et une juridiction, en mettant l'accent sur un changement progressif au sein des structures existantes. Lorsqu'il était au gouvernement, le Parti conservateur a présenté en 2012 la Loi sur la propriété foncière des premières nations, visant à faciliter la propriété individuelle sur les réserves pour stimuler le développement économique, la présentant comme faisant partie du processus de réconciliation. Le Nouveau Parti démocratique a préconisé le projet de loi Reconnaissance des accords pré-confédéraux avec les peuples autochtones, qui exigerait le consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones avant que le gouvernement ne procède à des développements sur leurs terres. Le Parti vert a montré son soutien par la solidarité avec les protestations menées par les Autochtones contre des projets de ressources comme l'expansion du pipeline Trans Mountain et en incluant des candidats autochtones. Le Bloc Québécois a historiquement concentré sa politique autochtone davantage sur l'amélioration des conditions de vie, de l'éducation et de l'accès aux services plutôt que sur les revendications territoriales spécifiquement.

Revendications territoriales autochtones au Canada : questions fréquentes

Quelle est la différence entre les revendications territoriales globales et les revendications particulières ?

Les revendications globales, souvent appelées aujourd'hui traités modernes, traitent de l'affirmation du titre autochtone par des groupes autochtones qui n'ont jamais signé de traités historiques avec la Couronne. Elles sont de grande portée et impliquent la négociation de droits, de terres et d'autonomie gouvernementale. Les revendications particulières sont des griefs juridiques formulés par les Premières Nations contre le Canada pour manquement à ses obligations légales, comme le non-respect des termes d'un traité ou la mauvaise gestion des terres et des biens de réserve. Elles aboutissent généralement à une compensation financière plutôt qu'à la création de nouvelles relations conventionnelles.

Qu'est-ce que le processus d'Ajouts aux réserves et pourquoi est-il problématique ?

Le processus d'Ajouts aux réserves permet aux Premières Nations d'ajouter de nouvelles terres à leur base de réserve existante pour répondre aux besoins de croissance et de développement communautaire. Il est problématique parce qu'il est notoirement lent et inefficace, les approbations prenant souvent des années, voire des décennies. En 2022, il y avait un arriéré de plus de 1 300 demandes d'ATR en attente. Ces retards entravent le développement économique, le logement et la planification communautaire, conduisant à des appels généralisés à une réforme pour créer un processus plus rapide et plus efficace conforme aux droits des Autochtones.

Que sont les tables de reconnaissance des droits des Autochtones et d'autodétermination ?

Ce sont des forums de négociation contemporains établis depuis 2015 où le gouvernement fédéral et les groupes autochtones co-élaborent des accords pour faire progresser la mise en œuvre des droits autochtones en vertu de l'article 35 de la Constitution. Ils représentent un éloignement des anciennes politiques de revendications territoriales plus rigides. Ces tables sont flexibles, menées par les communautés et peuvent couvrir un large éventail de questions, y compris la gouvernance, les terres et les ressources. En 2022, le Canada est engagé dans des discussions à plus de 170 de ces tables à travers le pays.

Quel est le conflit d'intérêts dans le processus des revendications particulières ?

Le conflit d'intérêts réside dans le fait que le gouvernement du Canada est le défendeur dans les revendications particulières, car il est accusé de manquer à ses obligations, mais il contrôle également le processus. Le gouvernement finance la recherche, dispose d'une période unilatérale pour examiner les revendications et décide d'accepter ou de rejeter une revendication sur la base de ses propres conseils juridiques. Les Premières Nations soutiennent depuis longtemps que ce système est injuste et ont préconisé un processus entièrement indépendant. En 2022, le gouvernement a commencé à co-élaborer un centre indépendant de règlement des revendications particulières avec l'Assemblée des Premières Nations.

Quelle était la décision Calder et pourquoi était-elle importante ?

L'arrêt Calder était un arrêt de 1973 de la Cour suprême du Canada qui, pour la première fois, a reconnu l'existence du titre autochtone en droit canadien. Cette reconnaissance que le titre existait avant l'affirmation coloniale a été un tournant juridique. La décision a directement poussé le gouvernement fédéral à établir sa Politique sur les revendications territoriales globales plus tard la même année. Cette politique a créé le processus de négociation de traités modernes pour traiter les revendications globales sur les terres non cédées.

Combien de groupes autochtones négocient actuellement des traités modernes ?

En 2017, 140 groupes autochtones sont en train de négocier une revendication globale, ou traité moderne, avec le gouvernement fédéral. Ces négociations impliquent des questions complexes de propriété foncière, d'autonomie gouvernementale et de droits sur les ressources. Le premier traité moderne fut la Convention de la Baie James et du Nord québécois signée en 1975. Les traités modernes sont protégés constitutionnellement et couvrent plus de 40 % de la masse terrestre du Canada.

Sources et lectures complémentaires

Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-29.

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