Mohawks
Les Mohawks, connus dans leur propre langue sous le nom de Kanien'kehá:ka ou « Peuple du Silex », sont une nation autochtone des forêts du Nord-Est et le membre le plus à l'est de la Confédération haudenosaunee, aussi appelée Iroquois ou Six-Nations. Leur territoire traditionnel était centré sur la vallée de la Mohawk dans l'État actuel de New York, s'étendant dans le sud du Québec, l'est de l'Ontario et certaines parties de la Nouvelle-Angleterre. Historiquement connus comme des guerriers redoutables et des diplomates habiles, les Mohawks ont joué un rôle central à l'ère du commerce des fourrures et dans les conflits coloniaux subséquents, façonnant l'histoire du nord-est de l'Amérique du Nord. Aujourd'hui, des communautés mohawks sont situées des deux côtés de la frontière canado-américaine, avec des populations importantes au Québec et en Ontario, où elles travaillent activement à préserver leur langue, leur culture et leur souveraineté politique.
Origines et société traditionnelle
Les Mohawks sont l'une des cinq nations originales qui ont formé la Confédération haudenosaunee, une alliance politique et culturelle fondée entre 1400 et 1600 de notre ère. Selon la tradition orale, les pacificateurs Deganawida et Hiawatha ont d'abord apporté la Grande Loi de la Paix aux Mohawks, qui ont ensuite aidé à convaincre les nations Oneida, Onondaga, Cayuga et Seneca de se joindre à eux. La nation Tuscarora s'est jointe plus tard, entre 1722 et 1723, formant les Six-Nations. Au sein de cette confédération, les Mohawks détiennent le titre de Gardiens de la Porte de l'Est, responsables de la protection des approches orientales de leur territoire collectif. La société mohawk est matrilinéaire, ce qui signifie que l'identité clanique et la parenté sont tracées par la lignée maternelle. La nation est organisée en trois clans : la Tortue, l'Ours et le Loup. Les matriarches de clan, ou oyanders, détenaient un pouvoir significatif, incluant la sélection des chefs masculins, ou sachems, qui représentaient le peuple au Grand Conseil. Les Mohawks étaient des agriculteurs, leur alimentation et leur culture étant centrées sur les « Trois Sœurs », le maïs, les haricots et la courge, célébrées lors de cérémonies comme la Danse du Maïs Vert. Ils étaient également des chasseurs, des trappeurs habiles et, historiquement, des guerriers redoutables.

Premier contact européen et les guerres du Castor
Les Mohawks ont d'abord rencontré des Européens en juillet 1609, lorsqu'un groupe mené par l'explorateur français Samuel de Champlain, accompagné d'alliés wendats (Hurons), a engagé un groupe de guerre mohawk près de Ticonderoga. Ce premier contact violent, où Champlain utilisa des armes à feu contre des guerriers mohawks, initia une période de changement et de conflit profonds. Les Hollandais établirent le fort Nassau à la confluence des rivières Hudson et Mohawk en 1614, à la recherche de fourrures. Les Mohawks, après avoir repoussé les commerçants mohicans rivaux de la région vers 1628, assurèrent une position dominante dans le commerce des fourrures avec les Hollandais. Cette alliance leur fournit des biens européens, incluant des fusils, qu'ils utilisèrent dans la série de conflits connus sous le nom de guerres du Castor contre les nations autochtones alliées aux Français, comme les Wendats, les Algonquins et les Ojibwés. Le contact européen apporta aussi des épidémies dévastatrices. Une épidémie de variole en 1635 réduisit la population mohawk d'environ 63 %. Durant cette période, des missionnaires jésuites de la Nouvelle-France commencèrent à opérer sur le territoire mohawk, conduisant à la conversion de certains Mohawks au catholicisme.
Migration et établissement des communautés du Nord
Tout au long de la fin du 17e siècle et du début du 18e siècle, de nombreux Mohawks convertis au catholicisme se sont relocalisés dans des villages de mission établis par les Jésuites français le long du fleuve Saint-Laurent au sud de Montréal. Cette migration a conduit à la fondation de communautés mohawks durables qui existent aujourd'hui sous forme de réserves. Kahnawà:ke (historiquement appelé Caughnawaga) fut établi en premier, suivi de Kanesatake. Dans les années 1740, un autre établissement fut fondé en amont, qui devint connu sous le nom d'Akwesasne (Saint-Régis). Ces communautés devinrent des refuges pour les Mohawks et des peuples adoptés d'autres nations. Une figure notable de cette époque est Kateri Tekakwitha, une femme mohawk née à Ossernenon dans les années 1650 qui se convertit au catholicisme et déménagea plus tard à Kahnawà:ke. Elle fut canonisée comme sainte dans l'Église catholique en octobre 2012. La population de ces établissements augmenta encore après la guerre d'Indépendance américaine, alors que des Mohawks loyaux à la Couronne britannique cherchaient refuge au Canada. Un autre groupe, mené par John Deseronto, s'installa à la baie de Quinte, établissant ce qui est aujourd'hui le territoire mohawk de Tyendinaga.

La Révolution américaine et le déplacement
Ils espéraient que les Britanniques les aideraient à empêcher les colons américains d'empiéter sur leurs terres dans la vallée de la Mohawk. Le chef de guerre Joseph Brant (Thayendanegea) mena des raids réussis contre les établissements coloniaux. La plupart des Mohawks furent contraints de quitter leur patrie ancestrale. Joseph Brant mena un important contingent vers un territoire le long de la rivière Grand dans l'Ontario actuel, accordé par la Couronne britannique en compensation, qui devint la réserve des Six Nations de la rivière Grand. D'autres Mohawks se retirèrent vers les communautés existantes près de Montréal ou vers le fort Niagara. La nation mohawk signa le traité de Canandaigua avec les États-Unis en 1794, qui affirmait leurs droits fonciers dans l'État de New York, mais leur présence y resta grandement diminuée.
Communautés modernes et population
Les Mohawks contemporains vivent dans plusieurs communautés distinctes, chevauchant souvent les frontières provinciales et internationales. Ces communautés sont des centres de préservation culturelle, d'activisme politique et de développement économique. Kahnawà:ke, située sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent près de Montréal, est une communauté active avec ses propres institutions financières et entreprises. Akwesasne (Saint-Régis) est une communauté unique dont le territoire s'étend sur le fleuve Saint-Laurent, englobant des parties du Québec, de l'Ontario et de l'État de New York. Kanesatake, au nord-ouest de Montréal, est un autre établissement mohawk important. En Ontario, les principales communautés incluent les Six Nations de la rivière Grand, la réserve des Premières Nations la plus peuplée du Canada, et le territoire mohawk de Tyendinaga. D'autres communautés incluent le territoire mohawk de Wahta en Ontario et Ganienkeh dans l'État de New York. La langue mohawk, le kanien’kéha, est activement enseignée et promue, bien que l'anglais soit largement parlé et que le français soit aussi utilisé par un nombre croissant de personnes au Québec.
Les principales communautés mohawks modernes incluent Akwesasne, Tyendinaga, Kahnawà:ke, Kanesatake, Wahta et Six Nations de la rivière Grand. Ces communautés sont principalement situées dans le nord de l'État de New York et le sud-est du Canada. Elles sont situées autour du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent. Les Mohawks habitent aussi de nombreuses zones urbaines aujourd'hui.
- Akwesasne/Saint-Régis : Territoire au Québec, en Ontario et dans l'État de New York.
- Kahnawà:ke : Réserve sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, au Québec.
- Kanesatake : Communauté au nord-ouest de Montréal, au Québec.
- Six Nations de la rivière Grand : Réserve près de Brantford, en Ontario.
- Tyendinaga : Réserve sur la baie de Quinte, en Ontario.
- Territoire mohawk de Wahta : Réserve à Muskoka, en Ontario.
- Territoire de Ganienkeh : Établissement dans l'État de New York, fondé en 1974.
- Kanatsiohareke : Établissement dans l'État de New York, acheté en 1993.

Activisme politique et droits territoriaux
Un moment clé fut la formation de la Société des guerriers mohawks (Rotisken’rakéhte) à Kahnawà:ke en 1971, qui emploie des tactiques comme des barrages routiers et des occupations pour protéger les droits autochtones et l'environnement. En 1974, des Mohawks de Kahnawà:ke et d'Akwesasne occupèrent un camp pour filles abandonné à Moss Lake, dans l'État de New York, conduisant finalement à l'établissement du territoire de Ganienkeh. Cette crise attira l'attention internationale sur les revendications territoriales autochtones au Canada. En 2006, une occupation similaire eut lieu sur un chantier de construction à Caledonia, en Ontario, connue sous le nom de conflit de Douglas Creek Estates. Les nations mohawks ont constamment rejeté les politiques fédérales qu'elles considèrent comme menaçant leur souveraineté, comme la Loi sur la réorganisation des Indiens de 1935 et les tentatives de « termination » dans les années 1950. Elles continuent d'exercer leur intendance sur des terres au-delà des limites des réserves par le biais de processus légaux comme la Loi sur la préservation des sites historiques nationaux.
Les monteurs de charpentes métalliques mohawks et la vie économique
À partir de la fin du 19e siècle, de nombreux hommes mohawks sont devenus renommés pour leur habileté et leur intrépidité en tant que monteurs de charpentes métalliques. Cette spécialisation a des racines profondes, les Mohawks travaillant initialement comme radeleurs et pagayeurs maniant les rapides de Lachine près de Montréal. Leur réputation grandit, et au début et au milieu du 20e siècle, des équipes de monteurs mohawks de Kahnawà:ke, d'Akwesasne et d'autres réserves furent déterminantes dans la construction des ponts et des gratte-ciel de New York, incluant l'Empire State Building et le pont George-Washington. Ils étaient célèbres sous le nom de « skywalkers » (marcheurs du ciel). Ce métier spécialisé devint une tradition transmise dans les familles, offrant des opportunités économiques et favorisant une identité communautaire distincte liée à la compétence, au courage et au travail collectif. Alors que l'ère des grands contrats de main-d'œuvre spécialisée déclina vers les années 1970, les monteurs mohawks continuent de contribuer à des projets de construction majeurs à travers l'Amérique du Nord, incluant la reconstruction du site du World Trade Center après le 11 septembre 2001.
Culture et vie contemporaine
La culture mohawk reste résiliente, ancrée dans les enseignements de la Grande Loi de la Paix, le système clanique et la Confédération haudenosaunee. La langue mohawk est un pilier critique de l'identité, et des programmes de revitalisation sont actifs dans les écoles et les communautés. Les danses et chants sociaux sont considérés comme des dons sacrés, utilisés pour célébrer des moments clés et favoriser l'unité communautaire. La valeur traditionnelle de la paix reste fondamentale à la vision du monde de la nation. Économiquement, les communautés se sont diversifiées. Kahnawà:ke, par exemple, accueille une variété d'entreprises privées et sa propre institution financière. Politiquement, de nombreuses communautés mohawks maintiennent des systèmes de gouvernance doubles, fonctionnant à la fois sous leur gouvernance traditionnelle de la Longue Maison et sous les structures de conseil de bande imposées par le gouvernement fédéral. Elles négocient activement avec les gouvernements provinciaux et fédéraux sur les questions de juridiction, de gestion des ressources et de droits issus de traités. L'histoire du peuple mohawk est une histoire d'adaptation et de persévérance, de son ancien rôle de Gardiens de la Porte de l'Est à ses luttes modernes pour la souveraineté et la continuité culturelle face à des défis permanents.
Questions sur Mohawks
Que signifie « Kanien'kehá:ka » ?
Kanien'kehá:ka est le nom que le peuple mohawk se donne dans sa propre langue. Cela se traduit par « Peuple du Silex ». Le terme reflète leur identité et leur lien avec leur territoire traditionnel. Le nom « Mohawk » leur a été donné par d'autres groupes, dérivé d'un terme algonquien. Utiliser leur désignation propre est un signe de respect pour leur culture et leur souveraineté.
Quel était le rôle des Mohawks dans la Confédération haudenosaunee ?
En tant que membre le plus à l'est des cinq membres originaux de la Confédération haudenosaunee, les Mohawks sont connus comme les Gardiens de la Porte de l'Est. Leur territoire traditionnel était centré sur la vallée de la Mohawk dans l'État actuel de New York. Leur rôle impliquait d'être le premier point de contact pour la confédération depuis l'est. Les Mohawks sont un peuple autochtone des forêts du Nord-Est de l'Amérique du Nord.
Pourquoi les Mohawks sont-ils célèbres en tant que monteurs de charpentes métalliques ?
Les Mohawks ont acquis leur renommée en tant que monteurs de charpentes métalliques à partir de la fin du 19e siècle, particulièrement dans la communauté de Kahnawà:ke. Ils ont développé une réputation d'habileté, d'agilité et d'intrépidité à travailler sur l'acier en hauteur, gagnant le surnom de « skywalkers » (marcheurs du ciel). Cette spécialisation a commencé avec la construction de ponts près de leurs réserves et s'est étendue à des projets majeurs à New York, incluant des gratte-ciel et des ponts. Le métier est devenu une tradition culturelle et économique transmise à travers les générations.
Où vivent la plupart des Mohawks aujourd'hui ?
La plupart des Mohawks habitent aujourd'hui dans des communautés du nord de l'État de New York et du sud-est du Canada, principalement autour du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent. Les communautés mohawks modernes incluent Akwesasne, Tyendinaga, Kahnawà:ke, Kanesatake, Wahta et Six Nations de la rivière Grand. Akwesasne est une réserve notable qui s'étend sur le fleuve Saint-Laurent de part et d'autre des frontières internationales actuelles dans l'État de New York, où elle est connue sous le nom de réserve mohawk de Saint-Régis. Il y a aussi de nombreux Mohawks vivant dans des zones urbaines.
Qu'était la crise d'Oka ?
La crise d'Oka était un important conflit territorial et une confrontation en 1990 impliquant des manifestants mohawks, la police provinciale du Québec et l'Armée canadienne. Elle a mis en lumière les tensions concernant la souveraineté mohawk et les droits territoriaux. La crise a commencé lorsque la ville d'Oka, au Québec, a planifié d'agrandir un terrain de golf sur un cimetière mohawk à Kanesatake. En réponse, des Mohawks de la Société des guerriers, fondée à Kahnawake en 1971, ont utilisé des barricades et des occupations pour protester.
Qui était sainte Kateri Tekakwitha ?
Sainte Kateri Tekakwitha était une femme mohawk née à la fin des années 1650 à Ossernenon dans l'État actuel de New York. Après la mort de ses parents de la variole, qui l'a aussi marquée de cicatrices, elle a déménagé avec des proches à Caughnawaga sur la rive nord de la rivière Mohawk. Elle s'est convertie au catholicisme romain et était connue pour sa foi profonde. Kateri Tekakwitha a été béatifiée à la fin du 20e siècle et a été canonisée en octobre 2012, devenant la première sainte catholique amérindienne. Elle est aussi reconnue par les Églises épiscopale et luthérienne, et un sanctuaire lui a été construit dans l'État de New York.
Sources et lectures complémentaires
- Mohawks (Wikipédia, en anglais)
- Culture and History (srmt-nsn.gov)
- Mohawk | Dance | Research Starters | EBSCOhost (ebsco.com)
- Mohawk (Kanien'kehà:ka) (quebec.ca)
- The League of Nations (haudenosauneeconfederacy.com)
Vérifié par la rédaction de Nosy Mag. Mise à jour le 2026-10-18.





